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Actualité
Anda
36 - Janvier 2000
Le dzud : situation au 21 mars 2000
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Le dzud (prononcer "dzoude") blanc est une calamité
naturelle caractérisée par des chutes de neige anormalement
abondantes dans ce pays au climat très sec. La neige, par
ailleurs durcie par les grands froids de l'hiver mongol, est alors
si épaisse qu'elle ne permet plus aux troupeaux de brouter
les herbes d'habitude accessibles sous le mince manteau nival, ni
même de se déplacer, les condamnant à geler
et périr sur place. Un cinquième de la population
et près du quart du cheptel (7 millions de têtes de
bétail) sont concernées. Certaines zones sont à
plus de 1000 km de la capitale où s'organisent les secours
: l'aïmak (province) de Dzavkhan est à 1200 km, celui
d'Uvs à 1700 km. Les aïmaks d'Övörkhangaï
et de Dundgobi ont été les plus touchés. Le
21 mars, on parlait de 1, 6 million de têtes de bétail
déjà victimes du dzud. L'actuel radoucissement (trop)
important des températures et la fonte de la neige qu'il
entraîne diminuent les possibilités pour le cheptel
de s'abreuver avec la neige environnante. De nombreuses femelles
abandonnent leur petit. Au-delà de ces terribles pertes et
de leur impact économique sur une Mongolie fragile, les conséquences
du dzud se feront sentir à long terme. Le ministre de la
santé soulignait fin mars les problèmes causés
aux familles d'éleveurs qui ont dû changer de territoire.
Les écoles rurales manquent de charbon et de provisions.
Avec le radoucissement, les charognes deviennent des sources potentielles
d'infections et de contamination de l'eau. Le ministre de l'environnement
craignait pour sa part des innondations lorsque fondra cette quantité
anormale de neige.
Les bonnes volontés s'organisaient pour porter secours aux
éleveurs des zones les plus touchées. Ainsi par exemple,
sous l'égide d'un des plus célèbres lutteurs,
le "grand titan" B.Bat-Erdene, s'est tenue le 18 mars
une compétition au profit de l'aide aux éleveurs,
tandis qu'ailleurs, les employés d'une usine donnaient une
journée de salaire. Une équipe des Nations-Unies spécialisée
dans les désastres naturels s'est rendue dans les zones affectées
pour évaluer les dégâts, et tous les moyens
d'information ont été mobilisés pour sensibiliser
la communauté internationale à la détresse
de ces terrible dzud de l'année 2000.
Pour d'autres informations, http://www.mol.mn/mer/disaster.htm
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Politique intérieure
10 ans déjà. Le 10 décembre 1999, les Mongols
fêtaient le Jour de la démocratie, qui commémore le
premier rassemblement organisé par l'Union démocratique
mongole à l'occasion de la journée internationale des droits
de l'homme le 10 décembre 1989. S'ils n'étaient alors que
deux cents à réclamer ouvertement sur la place Sükhbaatar
le multipartisme, la liberté de la presse et le respect des droits
de l'homme, plusieurs milliers allaient bientôt les suivre et entraîner
en mars 1990 la résignation du bureau politique du PPRM, le parti
unique, puis les premières élections libres le 29 juillet
de la même année.
Notons que l'exposition du musée national d'histoire consacrée
à l'histoire du mouvement démocratique mongol présentait
aussi des documents relatifs à la réunion du comité
central du PPRM de 1964 qui conduisit à l'expulsion de Ts. Lookhuudz,
B. Nyambuu et B. Surmaadjav, considérés aujourd'hui comme
précurseurs de la démocratie. (MM 8 et 15/12/99)
Amendements à la Constitution de 1992. Le 24 décembre
1999, le Grand Khural a voté à la quasi unanimité
en faveur d'une proposition d'amendements à la constitution portant
sur les procédures de vote au parlement. Les petits partis non
représentés au Grand Khural ont vivement protesté
contre ce qu'ils appellent une " conspiration des grands partis "
et ont réclamé un référendum sur la question.
L'ancien premier ministre D. Byambasüren, chef du Parti de la renaissance,
y voit l'échec du système monocamériste et suggère
un régime présidentiel à deux chambres. Neuf partis
se sont d'ailleurs regroupés à son initiative pour faire
front commun. Aux yeux de députés de la majorité
comme Da. Ganbold (dont la nomination comme premier ministre par le parlement
avait été refusée à sept reprises courant
1998), il s'agit d'une confirmation du régime parlementaire pour
lequel avait opté la Mongolie dans sa constitution de 1992. Ces
amendements, qui visent à éviter à l'avenir le vide
gouvernemental qu'a connu le pays en 1998 à la suite de la chute
du gouvernement Elbegdordj, devraient être effectifs à compter
du 15 juillet 2000. (MM 29/12/99)
Elections 2000. En juillet 2000, les électeurs renouvelleront
au suffrage universel direct les 76 députés du Grand Khural.
La discussion de la réforme de la loi électorale, prévue
pour la session parlementaire de printemps, n'a finalement pas eu lieu.
Certains avançaient qu'il était désormais trop tard
pour modifier la loi électorale. En octobre, le parlement, soutenu
par une organisation américaine proche du parti républicain*,
a cependant organisé une conférence sur ce thème.
Nombreux sont en effet ceux qui souhaiteraient voir instauré un
mode de suffrage proportionnel, où les électeurs choisissent
un parti plutôt qu'un candidat, au lieu de l'actuel mode de scrutin
direct dans lequel un candidat se présente individuellement, représentant
ou non un parti. L'actuel système tendrait à favoriser les
candidats locaux, même peu expérimentés politiquement,
de même qu'il sous-représenterait l'électorat urbain
et désavantagerait les petits partis absents du Grand Khural où
dominent, d'une part, les nationaux-démocrates (PNDM) et les socio-démocrates
(PSDM) de la Coalition démocratique (qui avait emporté 50
des 76 sièges en 1996), et, d'autre part, les anciens communistes
du Parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM). (MM 13/10/99)
* Il s'agit de l'International Republican Institute. L'ancien
premier ministre S. Byambasüren, qui dirige à présent
le parti démocratique de la renaissance, s'est d'ailleurs inquiété
des aides étrangères dans le cadre des éléctions
et a recommandé qu'une limitesoit posée à un tel
soutien. (On se souvient que les républicains ont joué un
rôle important dans le succès de la coalition démocratique
en 1996.)
Sondages et popularité. Selon un sondage d'octobre 99,
deux hommes d'affaires, B. Djargalsaïkhan, le patron de Buyan (cachemire)
et B. Erdenebat, le patron de Erel (mines, construction, assurance, banque,
et autres secteurs sont représentés dans ce conglomérat)
sont considérés, avec le président Bagabandi, le
premier ministre R. Amardjargal et le chef du PPRM, N. Enkbayar, comme
les cinq personnalités politiques d'avenir. Djargalsaïkhan
est un vieux routier du marché noir, puis de la politique; son
" parti capitaliste ", fondé en 1992, a pris depuis le
nom de Parti républicain ; fier de ses contacts internationaux,
il se fait fort, promet-il aujourd'hui, de donner du travail à
tous les chômeurs. Erdenebat et son Nouveau parti socialiste mongol,
très médiatiques, viennent de débarquer sur la scène
politique (voir Anda 35); ils doivent beaucoup
de leur popularité aux nombreux artistes et sportifs qui les ont
rejoints. Le PPRM, où le Nouveau parti socialiste a débauché
une bonne partie de ses membres, ne les apprécie guère et
dénie aux magnats des affaires un rôle à jouer dans
la politique mongole. En ce qui concerne la popularité des principaux
partis, c'est le PPRM qui est à ce jour le plus populaire auprès
des électeurs : en novembre, plus de 40 % des sondés lui
auraient accordé leur voix, contre 19% au parti social-démocrate
et 16% seulement au parti national-démocrate (qui avait obtenu
le meilleur score aux législatives de 1996 avec 40 % des suffrages
exprimés). Notons que le PPRM fait un bon score non seulement auprès
des retraités (61%) mais aussi auprès des étudiants
(55%). Il n'est pas indifférent non plus, dans la perspective de
la campagne électorale à venir, que le PPRM soit aussi le
seul parti financièrement prospère. (MM 3/11, 8 et 22/12/99)
Corruption. Le jugement a été rendu en octobre sur
l'affaire Mon Macau. Cette affaire avait éclaté avec le
vote le 22 janvier 1999 d'une loi interdisant les casinos, alors que la
société Mon Macau s'apprêtait à en ouvrir un
à grands frais. Le vice-président de la société
Mon Macau, L. Baïgal, et les trois députés - D. Battulga,
S. Battchuluun, ex-ministre de la justice, et D. Enkhbaatar, tous trois
membres du PNDM -- accusés d'avoir empoché des pots-de-vins
lors d'un appel d'offres pour ouvrir un casino en Mongolie, ont été
finalement condamnés le 20 octobre dernier à des peines
de prison allant de 3 à 5 ans. B. Enkhmandakh, un proche du PPRM
qui avait été inquiété, a été
finalement acquitté. C'est la première fois que des députés
sont ainsi condamnés et le jugement marque un point important dans
la lutte anti-corruption
Par ailleurs, en septembre, des responsables de la Banque de la reconstruction
ont été déclarés coupables d'avoir provoqué
la faillite de la banque avant sa prise de contrôle par la banque
Golomt.
Selon le classement de l'observatoire international de la corruption Transparency
International, la Mongolie n'est toutefois pas si mal placée :
elle se situe au 43e rang des 99 pays pris en considération cette
année. En comparaison, l'Estonie est 27e, le Kazakhstan et la Kirghizie
86e et 87e. Les autorités mongoles se préoccupent de ce
phénomène et des projets de loi étaient préparés
cet automne pour être discutés à la session de printemps.
(MM 27/10, 3/11 et 29/12/99)
Enquête sur le meurtre de S. Dzorig. Le chef de la police
mongole, D. Mörön, qui a enquêté dans le cadre
de l'affaire de corruption Mon Macau, mais n'avait pas encore été
en mesure d'arrêter les meurtriers du leader démocrate et
ministre des insfrastructures S. Dzorig assassiné le 2 octobre
1998, a été remplacé fin novembre par Tch. Amarbold,
le nouveau ministre de la justice, qui a déjà occupé
ce poste de 1996 à 1998. Plusieurs députés ont questionné
le ministre pour cette décision soudaine, prise sans consultation
préalable du parlement. Partant du principe qu'à l'époque
du meurtre, S. Dzorig était un candidat très probable au
poste de premier ministre, la police envisageait un crime plutôt
politique, avait déclaré peu auparavant D. Mörön.
(MM 1 et 8/12/99)
Vie des partis. O. Dachbalbar, l'excentrique député
ultra-nationaliste, est mort le 16 octobre dernier, des suites d'une maladie
du foie. Connu pour ses positions parfois outrageuses (louant Hitler ou
prônant la suppression de l'armée au profit de quelques missiles
nucléaires) et sa vindicte nationaliste qui lui faisait rejeter
jusqu'à toute aide internationale, il avait obtenu un siège
au Grand khural aux élections de 1996. N'appartenant à aucune
des grandes formations représentées, il votait généralement
avec le PPRM ; sa voix a été souvent déterminante
dans ce parlement où la majorité des deux tiers (requise
pour contrer un véto présidentiel) n'était pas facilement
trouvée. Dachbalbar avait quitté au début de l'année
1999 le Parti uni traditionnel qu'il avait fondé, pour en former
un nouveau, le Parti pour la justice, que préside G. Galina. Malgré
ce profil politique haut en couleurs, O. Dachbalbar restera plus probablement
dans les mémoires des Mongols comme un de leurs grands poètes
de cette fin de siècle. (MM 20/10/99)
Un nouveau chef pour le PNDM. L'actuel premier ministre R. Amardjargal
a remplacé Dj. Narantsatsralt à la tête du Parti national
démocratique mongol, de même que ce dernier avait, en devenant
premier ministre en décembre 1998, remplacé son prédécesseur
Elbegdordj à la tête du PNDM. Par ailleurs, fin janvier,
ce parti se trouvait à son tour confronté à une scission
: 208 membres avaient décidé de fonder en effet un nouveau
parti, le Parti démocratique mongol. Parmi eux, les députés
S. Bilegsaïkhan, D. Khuvitögöldör et Kh. Dachdzeveg.
(EDN 20/01/2000)
Les socio-démocrates du PSDM et les ex-communistes du PPRM étaient
présents au congrès de l'Internationale socialiste qui s'est
tenu du 8 au 10 novembre dernier. Le PSDM en est membre, le PPRM posait,
lui, sa candidature. (MM 10/11/99)
La compagnie Erel (mines et construction) et son président, B.
Erdenebat, chef du Nouveau parti socialiste démocratique mongol
(une scission du PPRM) élargissent encore leurs activités
en fondant une imprimerie. En octobre a été posée
en effet la première pierre des "Imprimeries Erel" :
équipées de matériel autrichien moderne, elles auront
la capacité d'imprimer 100 000 exemplaires par jour. (MM 13/10/99)
Relations extérieures
Chine. Les efforts mongols en vue d'améliorer les échanges
économiques avec le voisin chinois, efforts particulièrement
soutenus au cours de l'année passée, semblent porter leurs
fruits. Il s'agit d'attirer davantage les investisseurs chinois, et surtout
de convaincre Chinois et Russes de faire passer sur le territoire mongol
le gazoduc qui devrait relier les réserves de gaz naturel de Kovitka
(découvertes en 1987), via Sakha (Yakoutie), à la Chine.
Celle-ci est en effet très désireuse aujourd'hui de chauffer
ses villes au gaz naturel plutôt qu'au traditionnel charbon. Le
passage du gazoduc, et probablement d'une ligne haute tension, via la
Mongolie, le long des 1100 km de voie ferrée offre le trajet
le plus court. Début novembre, c'était au tour du premier
ministre R. Amardjargal de se rendre à Pékin pour y rencontrer
Zhu Rongji et le président Jiang Zemin. A cette occasion, un accord
a été signé pour établir en Mongolie, en coopération
avec une société de Hong-Kong, une usine de molybdène.
(MM 27/10 et 10/11/1999)
Enfin, le 20 janvier, un accord était signé entre le ministère
des Insfrastructures mongol et la compagnie russe Yukos concernant le
transit, via la Mongolie, du pétrole russe destiné à
la Chine. Ceci fait suite à un accord russo-chinois de livraison
d'un million de tonnes de pétrole à la Chine d'ici juillet
2000. Celle-ci envisageant à l'avenir d'en acheter annuellement
20 à 30 millions de tonnes, on procède à des études
de faisabilité d'un oléoduc Angarsk-Pékin long de
2.315 km dont plus d'un millier le long du transmongolien. En contrepartie,
le budget mongol recevrait annuellement 20 millions de USD. (EDN 21/01/2000)
Corée du Nord. R. Amardjargal s'est aussi rendu à
Pyongyang début novembre où il a été question
d'échanges et de liens d'investissements. Les relations avec la
Corée du Nord, qui avaient été fortes à l'époque
communiste, se sont depuis progressivement réduites au point que
la Corée avait fermé son ambassade à Oulan-Bator
l'été dernier tandis que les relations avec la Corée
du Sud prenaient le dessus. Néanmoins, la Mongolie, qui s'oppose
à toutes sanctions internationales contre Pyongyang, souhaite continuer
à coopérer avec les Coréens du Nord en vue de développer
en particulier un accès à la mer pour la Mongolie. (MM 10/11/99)
Corée du Sud. Fin janvier, c'est le ministre de la Justice
de la Corée du Sud qui était à Oulan-Bator pour y
signer avec son homologue mongol un protocole de coopération. Ils
sont en effet 12.000 Mongols à travailler sous contrat en Corée,
contrats dont la partie coréenne est prête à augmenter
le nombre. Ce chiffre est à mettre en parallèle avec celui
des Coréens résidant en Mongolie (cf. infra "Societé")
(EDN 28/01/2000).
Kazakstan. La président Nursultan Nazarbaev était
en visite officielle en Mongolie les 22-24 novembre.
Kirghizie. Le président mongol Bagabandi s'est rendu en
visite officielle à Bichkek pour la première fois les 4
et 5 décembre 1999. Askar Askaev, le président kirghiz était
venu en Mongolie en 1993. Les liens sont peu développés
entre ces deux pays pourtant proches. Un accord de coopération
a été signé pour essayer de les promouvoir. Le président
mongol a ensuite poursuivi son voyage vers les Pays-Bas (signature d'un
accord portant sur la protection de l'environnement), Prague (signature
d'un accord sur l'échange de travailleurs) et Varsovie (qui envisage
de rouvrir son ambassade en 2000).
Russie. De retour de sa tournée en Europe, le président
mongol et la ministre des relations extérieures N. Tuyaa, ont rencontré
Boris Yeltsine, dans un contexte d'échanges russo-mongols toujours
endormis et supplantés à présent par les échanges
sino-mongols. A l'ordre du jour de cette rencontre, la question de la
dette mongole à l'égard de la Russie (que le chef du PPRM
Enkhbayar qualifiait, lors d'une entrevue avec le dalaï lama en octobre
dernier, de "terrible fardeau sur les épaules de la Mongolie"),
ainsi que le projet de gazoduc international entre la Russie et le Chine
que les Mongols aimeraient tant voir passer chez eux. La partie mongole
est repartie satisfaite puisque, sur ce dernier point, Bagabandi a obtenu
le soutien du président russe. Ce dernier a aussi accepté
l'envoi d'un plus grand nombre d'étudiants mongols en Russie. Enfin,
il a été décidé d'abaisser le tarifs sur les
marchandises mongoles transitant par la Russie. Il est en outre prévu
que les premiers ministres des deux pays se rendront mutuellement visite
en 2000. (MM 8 et 22/12/99)
Touva. Les incursions de Touvines sur le territoire de l'aïmag
mongol d'Uvs pour y voler des troupeaux (chevaux en particulier) ont augmenté
en automne, saison où les bêtes sont grasses. Pourtant, à
la suite des demandes répétées des officiels locaux,
le ministère de la Défense avait arrêté en
juin 1999 une centaine de personnes. En janvier 2000, un nouveau degré
de violence était toutefois franchi avec l'assassinat dans le district
de Tes (Dzavkhan) d'une famille entière d'éleveurs par des
voleurs de troupeaux armés venus de Touva. (MM 13/1 et 29/12/99
; EDN 20/01/2000)
Société
La capitale mongole célébrait le 29 octobre le "360e
anniversaire de sa fondation", ou plus précisément
de la fondation de l'örgöö ou tente-palais du premier pontife
bouddhique mongol, l'öndör ghegheen Dzanabazar, alors âgé
de cinq ans, au lieu dit Chireet Tsagaannuurt, (dans l'actuel aïmag
d'Arkhangaï). Fils du Tücheet khan Gombodordj, l'un des trois
chefs khalkhas, il venait en effet d'être déclaré
bouddha vivant (en mongol, ghegheen " lumineux ") et placé
à la tête de l'Eglise bouddhique mongole. Son palais-monastère,
composé de tentes et de temples démontables, devint à
partir du XVIIe siècle le centre religieux et commercial du pays
khalkha, un centre mobile qui se déplaça à travers
la Mongolie centrale tout au long du XVIIIe siècle. Ce n'est qu'en
1779 qu'on le voit se fixer sur la rive nord de la Toula, sur le site
de l'actuelle capitale, mais cela ne l'empêcha pas, au cours des
cent quarante années qui suivirent d'effectuer une vingtaine de
déplacements dans les environs. Entre 1780 et 1870, plus de 70
temples devaient être construits, l'un des plus remarquables étant
le temple à base carrée et à hauts murs construit
par Agvaan-Khaidav qui abritait l'immense statue de cuivre dorée
de Maitreya, le bouddha du futur, fabriquée dans les fonderies
de Doloonnuur, en Mongolie méridionale
Les célébrations ont culminé, comme il se doit,
par un tournoi de lutte remporté par l'"éléphant"
Sumyabadzar face au "titan" Bat-Erdene, onze fois vainqueur
du Naadam national.
Oulan-Bator en quelques chiffres : la capitale est située
à une altitude de 1.350 m ; la température moyenne est de
2°C, et les températures les plus extrêmes enregistrées
sont de -44°C et +38°C
La capitale compte 9 districts, dont Baganuur, qui est en fait une mine
de charbon à 130 km à l'est de la ville. La municipalité
est auto-suffisante financièrement. Oulan-bator est à l'origine
de 30 % du PNB mongol, de 29 % de la production industrielle et de 60%
de sa production énergétique. Son cheptel dépasse
les 300.000 têtes de bétail.
Enfin, on compte aujourd'hui 800 magasins et une vingtaine de marchés
d'alimentation, quelque 1.600 restaurants et cafés.
Education et monde rural. Lors de la seconde conférence
des jeunes éleveurs qui a eu lieu à Oulan-Bator en octobre,
les participant ont réclamé un meilleur accès à
l'éducation et aux soins pour les familles d'éleveurs, et
en particulier pour ceux vivant le plus loin des villes. L'enseignement
à distance est jugé le plus approprié pour permettre
aux enfants des 170.000 familles nomades d'acquérir une éducation.
Depuis dix ans en effet, la privatisation du bétail, le démantèlement
des coopératives (negdel), qui géraient aussi les services
socio-culturels, et la crise économique ont amené les jeunes
ruraux à quitter très tôt l'école pour aider
leurs parents nomades dans les travaux d'élevage. (MM 27/10/1999)
Courses hivernales. Avec le retour des longues festivités
du nouvel an lunaire, il est devenu courant, ces dernières années,
de faire courir les chevaux, toujours montés par des enfants, en
plein hiver par des températures de -20°C. Cette année,
c'est une course d'étalons de 10 km qui est prévue, ce qui
ne règle pas la question des conséquences de ces courses
sur la santé des enfants jockeys, commentait un journaliste du
quotidien ödriin sonin opposé à ces pratiques. De son
côté, le directeur du Centre pour les enfants mongols a protesté
auprès de l'Association mongole des sports équestres. (EDN
20/01/2000)
Étrangers. En octobre 1999, il y avait 3.442 étrangers
originaires de 58 pays : les Chinois sont les plus nombreux (43%), suivis
par les Russes et les ressortissants de la CEI (35%) ; les Coréens
(5,6%) se placent en troisième position. (MM 20/10/99, EDN 10/02/2000)
Santé. Le gouvernement et UNAIDS ont fait appel à
Médecins Sans Frontières pour lancer en Mongolie le 1er
décembre une campagne de prévention contre le SIDA et les
maladies sexuellement transmissibles (MST), à l'instar de ce que
MSF a réalisé à Moscou en 1997. La campagne durera
six mois. Quoique apparemment peu touchée par le SIDA (les chiffres
officiels ne font état jusqu'à présent que de deux
cas), la Mongolie a une population particulièrement jeune (70 %
de moins de 30 ans) et donc susceptible d'être atteinte à
son tour par l'épidémie de SIDA qui touche la Russie, la
Chine et plus généralement l'Asie. Les cas de MST sont,
eux, bien plus nombreux et ont décuplé en dix ans. (MM 3/11
et 8/12/99)
Drogue. Le canabis, qui pousse à l'état sauvage
dans les provinces du nord ou qui est cultivé dans la région
d'Erdenet, et la morphine, ont commencé à infiltrer les
collèges mongols, en particulier les écoles privées.
Selon les collégiens interrogés, la drogue transite par
l'école russe ; certaines drogues viennent aussi de Chine. (MM
3/11/99)
Quant à la cigarette, sa consommation est en nette augmentation
: on en a vendu un milliard en 1997, contre 64 millions en 1992. (MM 1/12/99)
Culture
Les Mongols et Tchoïbalsan. La restauration de la statue
de Khorlooghiin Tchoïbalsan, érigée en 1971 devant
l'Université nationale, a été l'occasion d'un petit
sondage sur le bien fondé de l'opération. Il apparaît
que la plupart des personnes questionnées ont une opinion positive
du "Staline mongol" qui régna en maître sur le
pays de 1936, année où le premier ministre Genden fut arrêté
et envoyé en Russie, jusqu'à sa mort en 1952. Reconnu dès
1962 comme responsable des terribles purges de 1937-1939 demandées
par Staline et dont il fut le diligent exécuteur, sa statue fut
barbouillée en rouge en 1990 pour rappeler la violence de sa dictature.
Aujourd'hui pourtant, beaucoup préfèrent voir en lui un
patriote qui n'aurait commis d'erreurs que sous la pression de Staline,
et approuvent la remise en état du monument. (MM 17/10/99)
Signalons qu'un protocole de coopération a été
signé en décembre à Moscou entre le président
de la Commission pour l'étude de la répression, Do. Ganbold,
et son homologue russe. Il devrait faciliter l'accès aux archives
russes concernant les victimes mongoles des purges. (MM 29/12/1999)
Philatélie. Un timbre doré à l'or fin représentant
Gengis Khan, "homme du millénaire" a été
émis par les postes mongoles (Mongol Chuudan). (MM 3/11/99)
Fouilles à Karakoroum. Des archéologues japonais
et mongols travaillent depuis trois ans sur le site de l'ancienne capitale
mongole (en mongol moderne : Kharkhorin) détruite par les Ming
après la chute de la dynastie mongole Yuan qui régna sur
la Chine jusqu'en 1368. A la fin du XVIe siècle, ses pierres servirent
dans la construction du monastère d'Erdene Dzuu. Celui-ci est donc
examiné de près par l'équipe d'archéologues
qui reprend le travail plus ou moins là où les savants russes
l'avaient laissé . Une douzaine de vestiges portant des inscriptions
en mongol, chinois, perse et tibétain ont été ainsi
mis au jour. L'une de ces inscriptions commémore la fondation d'une
mosquée en 1320. Selon les chercheurs, la zone abriterait les vestiges
enfouis d'une trentaine d'autres cités, d'où leur colère
à l'idée émise par certains d'y déplacer la
capitale mongole. (MM 29/12/99)
Le député B. Batbayar, de son nom de plume Baabar, a ouvert
en janvier son propre site internet avec photos, articles, etc., et surtout
ses ouvrages traduits en anglais : www.Baabar.com
Religion
Bouddhisme. Lors d'une rencontre avec N. Enkhbayar, chef du PPRM,
le 9 octobre dernier, le dalaï-lama a confirmé que, ne souhaitant
pas s'immiscer dans les affaires intérieures de la Mongolie, il
avait rappelé à Dharamsala le 9e bogdo qui, à son
insu, était arrivé incognito en Mongolie le 13 juillet.
Le 9e bogdo n'avait pas fait état, lors de sa demande de visa à
Moscou, de sa dignité ecclésiastique, ses demandes d'invitation
antérieures lui ayant toujours été refusées.
Les autorités mongoles étaient d'autant plus fâchées
qu'elles déroulaient à l'époque le tapis rouge pour
le président chinois Jiang Zemin.
Une partie des Mongols refuse de voir dans ce moine tibétain exilé
en Inde depuis l'âge de 20 ans la réincarnation du 8e bogdo,
bien qu'il ait été officiellement reconnu comme tel par
le dalaï-lama en 1991. Mais les fidèles, qui ont fait de généreuses
donations, et le clergé bouddhique mongol, qui l'a consacré
chef spirituel du pays, lui ont réservé un accueil enthousiaste.
(MM 20/10/99)
Une statue du bouddha en cuivre doré de près de 3m de haut
a été consacrée cet automne au monastère de
Dachtchoïlin. Signalons aussi que l'abbé du monastère
de Gandan a effectué une viste en Europe fin octobre au cours de
laquelle il a eu une entrevue avec le pape Jean-Paul II.
Le souvenir de Dandzanravdjaa. Dans l'aïmag du Gobi oriental
(Dornogobi), à 60 km à l'ouest de Dzuunbayan se trouve le
lieu de naissance d'un célèbre réincarné (khoutouktou)
du XIXe siècle : Noyon Khutagt Dandzanravdjaa, devin, médecin,
artiste, aimant les femmes et l'alcool, et auteur de pièces de
théâtre dont le drame chanté " Saran Kökhöö
" (1830), pour lequel il fit même édifier un amphithéâtre
dans sa région natale.
Il y a quelques années, on a crié au miracle quand, en plein
hiver, un lys se mit à pousser à l'emplacement de sa bibliothèque,
alors que l'on reconstruisait à côté le temple détruit
de Khamar.
A Saïchand, un musée lui est dédié, où
l'on peut voir sa collection d'herbes médicinales et les cadeaux
que lui fit l'empereur mandchou. Par ailleurs, un film qui lui est consacré,
Dogchin khutagtiin sakhius (" l'esprit gardien du féroce koutouktou
"), était au programme du 11e Festival international de films
de Palm Springs, Californie. (MM 3/11 et 1/12/99)
Le 6 février, premier jour du Tsagaan sar, le président
et le premier ministre, ainsi que le président du parlement, se
sont rendus au monastère de Gandan avec leurs épouses pour
assister au service religieux du nouvel an et offrir des mandalas. (EDN
6/02/2000)
Environnement
Difficultés climatiques. A l'automne, en prévision
de l'hiver, de nombreux éleveurs avaient été évacués
des provinces touchées cet été par la sécheresse,
en particulier les aïmag Central (Töv), Gobi central (Dundgobi)
et Gobi oriental (Dornogobi). Dans les aïmaks de l'ouest (Dzavkhan,
Gobi-Altaï, Bayan-ölghii, Bayankhongor), il a fallu importer
du foin des régions centrales.
Bayankhongor a été l'une des premières régions
enfouies sous une épaisse couche de neige (une calamité
pour l'élevage appelée dzud blanc) dès la fin du
mois d'octobre ; des centaines d'éleveurs avaient dû être
évacués et de nombreuses familles se sont retrouvées
complètement coupées du monde.
Le gouvernement a déclaré l'état d'urgence. (MM 13,20/10
et 29/11/99)
En janvier-février, les trop abondantes chutes de neige continuaient
à rendre très précaire la survie des troupeaux dans
67 districts, répartis dans onze aïmag, tout particulièrement
Bayankhongor et Gobi-central. Ce dzud a occasioné d'importantes
pertes de bétail (500 000 têtes selon les chiffres du 10
février). L'aide gouvernementale et privée s'organisait.
La province de Bulgan abritait ainsi sur ses pâturages 140 000 têtes
de bétail. (EDN 9 et 10/02/2000)
énergie solaire. à la campagne. Le gouvernement
a ratifié un programme national visant à équiper
d'ici 2005 les familles rurales en batteries solaires, ainsi qu'à
fournir des panneaux solaires aux écoles, hôpitaux et bâtiments
publics des centres de districts.
Gazelles. Le ministère de la nature et de l'environnement
a autorisé cet hiver la chasse de 2. 000 gazelles à queue
blanche. La chasse en avait été interdite la saison dernière
en raison d'une maladie du sabot qui avait diminué le nombre des
gazelles. La majeure partie des bêtes tuées est vendue à
des commerçants chinois. (MM 27/10/99)
Retombées radioactives. R. Chinaï, journaliste de
l'agence mongole Montsame à Bayan-ölghii, tire la sonnette
d'alarme. En effet, rien n'a encore été fait pour débarrasser
cette province à majorité kazake de l'ouest de la Mongolie
du taux de radioactivité qui l'affecte. Ce taux anormalement haut
de radioactivité dû aux 600 essais nucléaires soviétiques
de Semipalatinsk, à 700 km à l'ouest, et aux 50 essais chinois
dans le Lopnor, à 500 km au sud, a été scientifiquement
constaté dès 1975, bien qu'officiellement on ait nié
tout problème. Pour la population locale en revanche, diverses
maladies et malformations, la raréfaction des plantes et des arbres
ou la mort inexpliquée du bétail observées depuis
une trentaine d'années sont à mettre au compte de cette
radioactivité.
Le mouvement anti-nucléaire " Nevada-Semipalatinsk "
au Kazakstan, qui a récolté deux millions de signatures
au Kazakstan en 1989 et a conduit cette même année à
l'arrêt des essais, n'a pu que confirmer les inquiétudes
des Kazaks de Bayan-ölghii. En 1996, des spécialistes occidentaux
venus dans la région attestaient à leur tour de cette radioactivité,
relevant sur le mont Tsambagarav un taux 50 fois supérieur à
la normale. La Mongolie a demandé l'aide du Département
de la Défense américain, dont un représentant était
présent l'été dernier, pour analyser la situation
et tenter d'y remédier. (MM 1/12/99)
Le bassin du lac Uvs, qui se situe à l'ouest du pays, le
long de la frontière russe, fait depuis dix ans l'objet d'études
sur les changements climatiques mondiaux. Six colloques internationaux
ont déjà été organisés depuis 1989
sur cette zone qui a été classée en 1998 dans la
réserve de la biosphère mondiale de l'UNESCO. Dans cette
zone, strictement protégée depuis 1994, sseront étudiées
étudiées les modifications atmosphériques, biologiques,
géologiques, hydrologiques, ainsi que l'impact humain sur l'environnement.
L'intérêt de la zone réside dans l'extrême diversité
écologique qu'elle offre dans un espace limité (7.710 km2).
Autour du lac Uvs, le plus grand de Mongolie (3350 km2), d'une profondeur
moyenne de 12 à 15 mètres, s'étend une zone de désert
et de steppe désertique située à une altitude de
800 m environ. Non loin s'élèvent les monts Türghen,
Tsagaan chuvuut et Khan Khökhii, entre 2500 et 4000 m : là
se trouvent des glaciers et des neiges permanentes, des paysages de toundra
comme de forêts, et de nombreux cours d'eau rejoignent les lacs
du bassin. Le climat est tout aussi contrasté, très sec,
avec des températures pouvant atteindre -58°C en hiver et 40°C
en été. La faune et la flore y sont très riches :
citons le léopard des neiges, le daim musqué, l'élan,
l'ibex, le mouflon, plusieurs espèces de gazelles, de belettes
et de renards. (MM 29/12/99)
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