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FOCUS : les élections législatives du 2 juillet 2000

Anda 37-38 - Avril-juillet 2000 

Rappel des législatives précédentes

Après sept décennies dominées par un parti unique, le Parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM), en juillet 1990, six partis politiques présentaient des candidats et des listes aux premières élections législatives libres. Le mode de scrutin mixte favorisa l'électorat conservateur des campagnes au détriment de celui, plus enclin au changement, des grandes villes. 422 députés furent élus à la chambre haute (Ikh Khural ou " Grand Khural ") du parlement de transition, bicaméral : les communistes obtenaient 62% des voix, le parti démocrate 24%, le Parti national démocratique 6%, le Parti social-démocratique mongol (PSDM) 5,5%, le Parti travailliste libre et le parti uni 1,2% chacun.
Aux législatives de juin 1992, après que la Mongolie se fut dotée d'une nouvelle constitution instaurant un régime parlementaire fort, le mode de scrutin majoritaire à un tour qui avait été adopté favorisa excessivement ces derniers : avec seulement 54% des voix, ils s'assurèrent 92% des 76 sièges.
Malgré les efforts des partis d'opposition pour faire modifier la loi électorale, le PPRM refusa, à l'approche des élections de juin 1996, de modifier le mode de scrutin. Cette fois-là pourtant, cela se retourna contre lui : avec 47% des voix, la Coalition d'union démocratique enleva 50 des 76 sièges. L'opposition bénéficiait du fait de ne pas avoir été associée aux affres de la transition vers l'économie de marché. Mais les candidats des petits partis, du fait du scrutin majoritaire, n'eurent aucun siège.

 

Elections législatives 2000


On comprend que l'échéance des législatives 2000 se rapprochant, la question de la loi électorale ait occupé les esprits ces derniers mois. Le début de la session de printemps du Grand Khural, début avril, lui a été consacré. Les socio-démocrates ont soumis un projet en vue d'établir 26 circonscriptions élargies (une pour chaque province et cinq pour Oulan-Bator), chacune ayant 2 à 4 mandats, au lieu des 76 circonscriptions actuelles à un candidat. Le PPRM soutenait cette dernière proposition, mais non le Parti national démocratique mongol (PNDM) qui a jugé le délai trop court pour changer le mode de scrutin avant les législatives ; c'était un facteur de division supplémentaire pour les membres de la coalition au pouvoir. Le parti du courage civique récemment formé a considéré de son côté qu'un tel mode de scrutin desservait les petits partis. Le Grand Khural a finalement voté le 14 avril contre une modification de la loi électorale et a maintenu le découpage actuel en 76 circonscriptions.
Les candidats se présentent donc dans 76 circonscriptions électorales. Ils sont élus à la majorité simple avec un seuil de 25% des voix. La capitale et ses districts sont divisés en vingt circonscriptions, la plupart des provinces en trois circonscriptions (seul l'aïmag de Govisümber n'a qu'une circonscription).
Éclatement de la coalition. Malgré l'appel à l'union lancé le 17 mars par les deux principaux chefs de file R. Amardjargal (PNDM) et R. Gontchigdordj (PSDM), la conférence des socio-démocrates réunie les 15-16 mars a finalement refusé par 63 voix contre 48 de renouveler l'alliance stratégique de 1996 et a choisi de se présenter indépendamment (ce qui n'améliore pas les chances des petits partis).
La nouvelle mouture de la Coalition d'union démocratique se trouve donc quasi réduite au PNDM, qui a signé un accord le 24 avril avec un seul de ses anciens partenaires, le parti démocratique des croyants mongol (PDCM), de poids bien moindre. (S'inspirant des principes bouddhiques, le PDCM, formé en 1990 mais déclaré en 1991 après le vote de la loi introduisant la liberté de culte, fait état de 10 000 adhérents ; il devait, cette fois-ci, présenter des candidats.) Le maintien du nom "Coalition d'union démocratique" par le le PNDM et le PDCM n'a pas été du goût de leurs ex-partenaires. Interpellée sur ce point, la commission électorale a tranché en faveur des premiers. Notons par ailleurs la défection de personnalités du PNDM tels S. Erdene, S. Bilegsaïkhan, D. Khuvitögöldör, T. Erdenebileg et Kh. Khulan, qui sont allés former ou rejoindre de nouveaux partis.
S'il est certain que cette division affaiblit les partis démocrates nés après 1990 face au puissant PPRM, elle est toutefois logique en raison des positions bien différentes des deux éléments principaux : dans un discours prononcé le 12 mai, le premier ministre Amardjargal définissait son parti (le PNDM) comme libéral-conservateur et prônait une réduction du rôle de l'État dans l'économie, tandis que le PSDM était qualifié récemment de parti "le plus à gauche des partis de droite" par un de ses membres.
Toutefois, à la différence des élections précédentes, les démocrates, qu'il s'agisse des socio-démocrates ou du parti national démocratique, pourront se prévaloir d'une expérience du pouvoir, et la succession des gouvernements de la coalition aura sans doute permis de frotter un certain nombre de ces nouveaux politiciens aux réalités du pouvoir. Ainsi, parmi les candidats retenus par le PNDM, on trouve 13 députés, 4 ministres et 7 anciens ministres.
S'éloignant des libéraux du PNDM (dont la popularité a pâti des affaires de corruption), les socio-démocrates du PSDM trouveront peut-être un allié du côté du PPRM. Certains membres de ce dernier parti ne manquent d'ailleurs pas de critiquer les tendances réformistes de N. Enkhbayar. Ainsi, D. Gankhuyag lui reproche, entre autres, l'écartement de L. Tüdev de la direction d'Ünen (" Vérité ", la Pravda mongole), la création d'une faction socialiste démocratique au sein du parti et une volonté non avouée d'union avec le PSDM (le PPRM est d'ores et déjà membre de l'Internationale socialiste) qui serait à ses yeux une liquidation du parti. Signe de cette évolution, une partie des membres du PPRM a rejoint le Nouveau parti socialiste démocratique mongol de B. Erdenebat. Malgré tout, le vieux parti ex-communiste paraît le mieux placé dans la course, devant le PSDM et le PNDM. Il espère obtenir au moins 30% des voix, et des instituts de sondage vont même jusqu'à lui en promettre plus de 40%.
Le Parti du courage civique (Irghenii dzorig nam), une nouvelle formation dirigée par S. Oyun, sœur du député assassiné S. Dzorig - dont le nom signifie "courage" - a choisi pour emblème un faucon blanc (symbole de courage et de détermination) et une étoile rouge (représentant l'héritage toujours vivant de Dzorig, le "père de la démocratie"), sur un fond blanc évoquant la pureté et la justice. Établi début mars, il bénéficie de la popularité de S. Oyun, qui était classée deuxième personnalité politique préférée des Mongols dans un sondage effectué fin mars. Le 19 avril, le Parti du courage civique et le Parti des Verts décidaient de former une coalition. Après avoir annoncé qu'elle nommerait des candidats dans chaque circonscription électorale, cette coalition en a finalement retiré quelques-uns.

Au printemps 2000, on comptait 24 partis politiques officiellement reconnus par la Cour suprême de Mongolie. Le 27 avril, date limite d'enregistrement des partis par la Commission électorale générale, ils étaient 20 partis inscrits, dont 7 regroupés en trois coalitions. Par rapport à 1996 - ils étaient alors 12 partis dont 7 groupés en coalitions -, on remarque que le nombre des partis inscrits dans la course a quasi doublé, et que ces partis tendent aujourd'hui à se présenter indépendamment plutôt qu'en coalition.
Les partis ayant prévu de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions sont le PPRM, le PSDM, la coalition PNDM-Parti religieux, la coalition Parti du courage civique-Verts. Le Nouveau parti démocratique socialiste mongol (NPDSM) en présente 73 ; le Parti démocrate mongol, 72 ; le Parti républicain, 69 ; le Parti libéral-démocrate mongol, 31 ; la Grande coalition, 30 (établie en janvier 2000 autour de 9 partis non représentés au parlement, elle n'en comptait plus en avril que trois : le Parti pour l'unité, le Parti traditionnel (conservateur) et le Parti démocratique de la renaissance) ; le Nouveau parti libéral-démocrate civil mongol, 27 ; le Nouveau parti social-démocrate mongol, 10 ; le Parti mongol de la solidarité, 7 ; le Parti mongol traditionnel uni, 2, et le Parti des travailleurs mongols, 1. Il y a en outre 29 candidats indépendants. Sur un total de 660 candidats, on compte 75 femmes. En 1992, seuls 3% des députés élus étaient des femmes ; elles étaient 11% en 1996. C'est le Parti du courage civique qui présente le plus grand pourcentage de candidates (20%).
Les plus gros budgets engagés dans la campagne sont ceux du NPDSM de B. Erdenebat, du PPRM (dont les luxueuses installations de billard et de sauna récemment construites à son siège ont fait jaser) et du PNDM avec environ 760 millions de Tg (tougriks), du PSDM (100 millions de Tg).
La contribution financière que doit apporter le candidat varie entre 1 et 5 millions de tougriks : le PNDM est le plus exigeant, qui demande cinq millions à ses candidats, le PSDM en requiert trois, la "grande coalition" deux, tandis que le Parti républicain du riche Djargalsaïkhan (président de la société de cachemire Buyan) n'en demande aucune. En revanche, Patrie-NPDSM de l'autre grand homme d'affaires en lice, B.Erdenebat (directeur de Erel, compagnie minière dont les activités se sont diversifiées, et qui est en train de se tailler une place dans les médias - édition, télévision " Erel TV " lancée en juin, radios FM prévues), qui a parlé de dépenser 5 à 7 milliards de Tg pour ces élections, apportera une contribution de 3 à 20 millions de Tg à chacun de ses candidats, en fonction de la circonscription et de leurs chances d'être élu. S. Oyun, la présidente du Parti du courage civique regrettait lors d'une conférence de presse le coût de la campagne (la minute de télévision coûte de 20.000 à 35.000 tougriks).

Le fait d'être ou non un enfant du pays devrait jouer un rôle important, et de nombreux candidats se présentent dans leur province natale, jusqu'à Ts. Dzorig, le fils de Yu. Tsedenbal (secrétaire du parti de 1952 à 1984) et de sa femme russe, qui se présente à Uvs, province natale de son père, au nom du Parti du courage civique. Ts. Dzorig, qui a passé une grande partie de sa vie en Russie, avait demandé et obtenu il n'y a pas si longtemps la nationalité mongole. Selon la présidente du Parti du courage civique, S. Oyun, bien qu'il ne parle par couramment le mongol, il le lit, l'écrit et le comprend. Le fils de celui qu'on qualifie parfois de " Brejnev mongol " considère qu'il est de son devoir de servir son pays, en mémoire de son père.
Les sondages indiquent que les anciens premiers ministres qui se présentent, tels Dj. Narantsatsralt, ancien maire de la capitale(dans la circonscription n° 20, aïmag du Gobi central ou Dundgovi), R. Amardjargal, l'actuel premier mi nistre qui se présente dans le district Bayangol à Oulan-Bator, Ts. Elbegdordj dans l'aïmag oriental ou Dornod, tous trois du PNDM, ou encore l'ancien premier ministre du gouvernement PPRM (1992-1996) R. Djasraï, qui se présente dans le Gobi-Altaï, ont de bonnes chances d'être élus.
Celui qui fut le premier en poste après la victoire de la coalition en 1996, M. Enkhsaïkhan, n'est pas candidat, mais fait campagne pour des représentants du PNDM. Le tout premier ministre de la Mongolie démocratique, Byambasüren, fondateur du parti de la Renaissance qui a été récemment l'un des initiateurs de la "grande" coalition des petits partis non représentés au parlement, n'est pas candidat. Quant à l'ancien président P. Otchirbat, il soutient officiellement trois candidats issus des trois principaux partis parlementaires.
Plusieurs personnalités venues du monde associatif - il y a aujourd'hui environ 1400 orgzanisations non gouvernementales (ONG) en Mongolie - sont aussi candidats : citons L. Odontchimeg, président de la Croix-Rouge mongole, R. Nyamdordj, qui dirige l'association nationale des lutteurs, N. Gerelsüren, présidente de la Fédération des femmes mongoles. B. Chadraa, le président de l'Académie des sciences, est aussi candidat, de même que le célèbre lutteur Bat-Erdene.
Le nombre d'électeurs (à partir de 18 ans) s'élève à 1.345.493. Pour que les élections soient valides, il faut que 50% des électeurs aient voté. Dans cette jeune démocratie, la participation électorale est encore très forte : elle était de 95,6% en 1992, et de 92,5% en 1996.

Vie législative

La session d'automne du Grand Khural s'est close le 4 février : longue de 90 jours, elle a voté 50 lois et 45 résolutions, dont les lois relatives à la protection de l'environnement et celle relative au statut non nucléaire de la Mongolie. En revanche, le parlement n'a pu adopter la loi sur l'électricité et le chauffage, ni décider la privatisation d'entités économiques importantes.
La session de printemps, qui a débuté le 2 avril 2000, s'est achevée courant mai, pour cause de campagne électorale.

Relations extérieures

Europe. Tuyaa, ministre des Relations extérieures, s'est rendue en visite de travail à Bruxelles début février, où il a été question d'exportations de viande mongole et de réduction des taxes sur les produits textiles mongols. La réunion de la commission mixte s'est déroulée en avril à Oulan-Bator.
Les 10 et 11 février, N. Tuyaa était en Finlande, pays avec lequel il est question d'établir une liaison aérienne. (EDN 10, 15/02/00)
Du 28 février au 3 mars, le premier ministre mongol R. Amardjargal était, de son côté, en visite en Grande-Bretagne. Par ailleurs, la Banque européenne de reconstruction et de développement a décidé d'appuyer la demande d'adhésion à cette banque de la Mongolie. (EDN 07/04/00)
Début juin, le président Bagabandi était en visite officielle en Allemagne, en Italie et au Vatican, où il a été reçu en audience par le pape, ainsi qu'en Bulgarie. (EDN 12/06/.00)

La Turquie accueillera davantage d'étudiants mongols (ils sont aujourd'hui 300). Un accord de coopération militaire a également été signé en vertu duquel des experts militaires mongols seront formés à l'Académie militaire de Turquie. Le ministre mongol de la Culture, A. Battör, était d'ailleurs présent à Ankara lors du 8e " Qurildai " ou Forum pour la fraternité et la coopération des peuples turcs, et a signé à cette occasion un accord de coopération culturelle.
(EDN 14/02, 21/03 et 29/03/00)

Chine. A la suite des récentes élections à Taïwan, la Mongolie a tenu à rappeler qu'elle ne reconnaissait qu'une seule Chine, Taïwan faisant partie intégrante du territoire de la R.P.C., et qu'un seul gouvernement légitime, celui de Pékin dont elle soutenait la politique de réunification pacifique dans le cadre du principe "un Etat, deux systèmes". (Ce qui n'empêche pas les échanges économiques de se développer avec Taïwan.). (EDN 24/03/00)
Fin avril, c'est en Chine que la ministre des Relations extérieures passait une semaine. Elle y a, entre autres choses, signé un document relatif à la livraison de pétrole chinois à la Mongolie.
Les relations avec le grand voisin du sud sont décidemment à l'ordre du jour. Après les socio-démocrates, qui se sont rendus dans les zones économiques libres à l'invitation du parti communiste chinois du 13 au 18 mars, c'était au tour d'une délégation de parlementaires mongols de se rendre en Chine le 20 mars. (EDN 20/03/00)

Corée. A compter du mois d'avril, la Corée du Sud autorise 900 ressortissants mongols à travailler sur son territoire, au lieu de 500 précédemment. (EDN 7/04/00). Rappelons qu'environ 10.000 Mongols résident actuellement en Corée.

Vietnam. Le président de la république socialiste du Vietnam Chan Duk Luong, accompagné de personnalités d'affaires, a effectué à la mi-avril une visite officielle en Mongolie (la précédente visite à un niveau comparable remonte à 1955). Les chambres de commerce des deux pays ont signé un accord de coopération. (EDN 17/04/00)

Kalmoukie (Fédération de Russie). Le président Kalmouk Kirsan Ilumdjinov, s'est rendu en Mongolie le 14 juin dernier. Il a participé au culte de Gengis Khan organisé par l'Institut Ikh Dzasag le 18 juin (cf. infra). (EDN 15/06/00)

Commerce extérieur

La Mongolie est l'un des cinq pays qui reçoit le plus d'aides et de prêts par habitant. La dette étrangère dépasse depuis quelques années 200 millions de USD. L'industrie et les exportations ont décliné (par exemple, depuis 1989, la production de manteaux en peau de mouton a chuté de près de 50 fois, celle des minoteries est trois fois inférieur). Le concentré de cuivre reste la principale exportation (35% en 1997). Le pays produit aussi 30 % de la laine de chameau du monde. Un des facteurs de la baisse des produits manufacturés tient aux exportations de matières premières, légales ou illégales, vers la Chine.
(EDN 15/02/00)

Selon des chiffres donnés le 23 mai par Dj. Ünenbat, le gouverneur de la banque centrale mongole, l'inflation au cours des douze mois précédents a augmenté de 14,2%, en raison notamment de l'augmentation du prix de la viande (qui a atteint 1500Tg le kilo), l'inflation moyenne annuelle restant toutefois inférieure à 10%.
Les réserves en dollars n'ont jamais été aussi importantes (140 millions de USD en mai), grâce au cachemire et aux financements des institutions internationales. Le prix du cachemire a beaucoup augmenté. Les cours de l'or et du cuivre ont aussi grimpé, ce qui devrait maintenir le bon niveau des réserves en devises. (EDN 24/05/00)
De son côté, l'économiste et ancien premier ministre B. Byambasüren a expliqué que la récente baisse du dollar (passé de 1.100 Tg à 1.010-1.020 Tg pour 1 USD) s'expliquait entre autres par le "dollar-laine", c'est-à-dire les dollars rentrés dans le pays du fait du prix artificiellement haut de la laine (expression du déclin continu de l'industrie de la laine qui n'est plus en mesure de transformer les matières premières du pays : un kg de laine qui coûtait 14.000 Tg en 1997 coûte aujourd'hui 48.000 Tg), mais aussi par la part dominante de la monnaie chinoise, le yuan, dans le secteur des biens de consommation, qui réduit d'autant le besoin en dollars. (EDN 24/05/00)

Réforme du système bancaire. Il est notoire que les banques d'Etat insolvables qu'on s'arrangeait pour ne pas fermer ni privatiser, et les banques privées mal contrôlées ne servaient pas le développement économique du pays. Le gouvernement semble bien décidé à régler le problème.
La banque centrale mongole a fermé deux banques d'Etat particulièrement coûteuses, dont la Banque de reconstruction qui affichait un taux record de mauvais prêts (95%). Les critères désormais imposés aux banques sont plus sévères, en ce qui concerne le capital minimum requis, par exemple. Quant à la Banque agricole, son réseau dans les camapagnes et son importance sociale sont tels que, bien qu'insolvable, on envisage de la garder mais en la confiant à un spécialiste étranger. Enfin, la privatisation de la plus grande de ces banques, la Banque du commerce et du développement, doit être bientôt discutée par les législateurs.
Il reste à augmenter la part de la monnaie dans les échanges intérieurs, part qui a beaucoup décliné ces dernières années. Les réformes envisagées devraient promouvoir la croissance et doter la Mongolie d'un solide système bancaire. D'ailleurs, les institutions internationales paraissent confiantes : la Banque mondiale a accordé en avril un prêt de 32 millions de USD pour restructurer le secteur financier, et la BAsD dispense ses conseils.
(The Economist 6/05/00, p. 88)

Nalaïkh : du charbon au pétrole. A 45 km à l'est d'Oulan-bator, la ville de Nalaïkh, où fut établie la première mine de charbon du pays, aujourd'hui fermée, se prépare de meilleurs jours dans le pétrole. A la suite d'un projet préparé par un Institut de construction de Pékin, on y a posé début juin la première pierre d'une raffinerie. Nécessitant un investissement de 120 millions de USD, elle sera construite par une société principale chinoise et une société russe. La raffinerie sera exploitée par une société mixte sino (HK)-mongole. Elle emploiera 1200 ouvriers et raffinera 800.000 à 1 million de tonnes de pétrole annuellement en vue de produire principalement essence (41%), diesel (30%) et kerosène (8%). Pendant les cinq premières années, la raffinerie se procurera le brut à l'étranger, puis emploiera le pétrole des gisements mongols (Dornod), dont quelques barils étaient exportés pour la première fois il y a deux ans. (EDN 12/06/00)

Société

Recensement 2000. Les résultats préliminaires du recensement de janvier 2000 indiquent une augmentation de la population de 16,6% par rapport au dernier recensement de 1989, avec une population totale d'un peu moins de 2,4 millions : 2.382.500 habitants.
A l'encontre de la baisse enregistrée au début des années quatre-vingt-dix, on observe une légère croissance de la population depuis deux ou trois ans. Le pays est toujours aussi jeune : les moins de 17 ans représentent près de 41% de la population, tandis que les plus de 60 ans sont à peine 5%. Le tiers (32.5%) de la population vit à Oulan-Bator. Le nombre de Mongols vivant dans des appartements rejoint désormais celui des habitants des gher ou yourtes traditionnelles.
A l'étranger, les Mongols sont particulièrement nombreux en Corée du Sud (10 000), en Allemagne (3000), ainsi qu'aux Pays-Bas et en Suisse où ils sont quelques centaines. Il ne faut pas oublier non plus les quelque 40 000 Kazakhs citoyens mongols qui résident actuellement au Kazakstan. Notons que, selon la loi électorale, seuls les Mongols présents dans le pays peuvent participer aux élections : les ressortissants mongols résidant à l'étranger ne voteront donc pas lors des législatives de juillet.
(EDN 27/03, 20/04/00)

Chômage en baisse. Les chiffres du chômage baissent lentement mais régulièrement depuis trois ans.
Oulan-Bator, les provinces Centrale (Töv), du Gobi-Sud (Ömnögovi), du Gobi-Est (Dornogovi), du Gobi central (Dundgovi), d'Uvs et de Khövsgöl affichent le taux de chômage le plus bas (3 à 5 %), puis viennent les provinces de Sükhbaatar, Övörkhangaï et Arkhangaï. Dans les autres provinces, le taux se situe entre 5 et 12 %. A la fin de 1999, le pays comptait 40.000 chômeurs, soit une baisse de 10 % par rapport à 1998.
(EDN 11/02 et 5/05/00)

Traditions

Religion. Sur les 260 lieux de culte connus en Mongolie, 150 sont officiellement enregistrés auprès du ministère de la Justice, dont 90 temples et monastères bouddhiques, 40 églises chrétiennes, 4 lieux Bahai et une mosquée.
(EDN 8/05/00)
Selon le khambo lama (abbé) du monastère de Gandantegtchinlen, on compte 140 monastères et temples bouddhiques regroupant 2500 lamas. Il estime par ailleurs à dix ou vingt milliers le nombre de convertis au christianisme.
Des efforts sont faits actuellement pour traduire en mongol des textes bouddhiques. Des bouddhistes américains s'apprêtent d'ailleurs à ouvrir un centre d'enseignement où les Mongols pourront étudier l'anglais et l'informatique (The Australian, déc.1999, cité par Tricycle, The Buddhist magazine, fév. 2000). Récemment le Mongol Messenger daté du 17 mai, consacrait justement une demi-page à la "leçon n°1" d'un bouddhiste américain Thubten Gyatso, de la Fondation pour la préservation de la tradition Mahayana, sur la compassion.
Adresse électronique de cette fondation : <fpmt-mongolia@magicnet.mn>.

Bouddhisme et politique. Le premier jour du nouvel an lunaire, le 6 février, le président N. Bagabandi, ainsi que le premier ministre Amardjargal et le président du parlement R. Gonchigdorj, accompagnés de leurs épouses, se sont rendus au monastère de Gandantegtchilen où ils ont assisté aux services religieux.
(EDN 8/02/00)

Une statue du bouddha haute de 12 mètres, sculptée dans de la pierre blanche locale, sera érigée sur Dzaan tolgoï ("colline de l'éléphant"), où se trouve l'ovoo de Tasgan, a annoncé D. Tchoïdjamts, le khambo lama du monastère de Gandantegtchinlen, lors des prières inaugurales qui se sont tenues le 18 mai dans un Palais de la lutte bondé.
Dans son discours, l'abbé a insisté sur l'importance au XXIe siècle du respect de la nature environnante, derrière laquelle le bouddhisme voit des esprits maîtres des lieux (edzen savdag) sanctionnant les mauvaises actions des humains.
La date choisie pour cette cérémonie correspond au 15e jour du premier mois de l'été, une date importante du calendrier bouddhique. "108" moines et abbés étaient réunis pour l'occasion, et 108 lampes à beurre ont été allumées (le chiffre rappelle le nombre de volumes du canon bouddhique: on le retrouve aussi dans les 108 graines du chapelet boudhique ou les 108 stoupas du mur d'enceinte d'Erdene dzuu). La cérémonie s'est accompagnée d'un tournoi de lutte. Le khambo lama a remercié les donateurs tels le parti national démocratique mongol, le palais de la lutte, le "titan consacré" B. Bat-Erdene. Le premier ministre Amardjargal, le président du parlement Gontchigdordj, le directeur d'Erdenet étaient aussi présents ou représentés.
(Ödriin sonin 19/05/00)

Tibet Times (tibtimes@vsnl.com) rapporte l'inauguration, le 18 mai dernier, du monastère de Jonang (anciennement Sangye Choeling) à Shimla, en présence du gouverneur de l'Himachal Pradesh. A cette occasion fut saluée la contribution du [9e] Djebtsoundamba mongol au maintien de la tradition de Jonang. (C'est en 1991 que le 14e dalaï lama a restauré le titre du khoutougtou khalkha Djebtsoundamba, et en 1997 qu'il lui a offert le monastère de Sangye Choeling pour y faire revivre la tradition Jonang, l'une des cinq traditions bouddhiques représentées en Inde aujourd'hui.

Jeux traditionnels. Le 38e tournoi de lutte qui s'est déroulé au Nouvel an, et auquel est prêtée une importance symbolique présageant des succès des lutteurs pour le reste de l'année, a vu la défaite de l'"éléphant" D. Sumyabadzar (vainqueur du naadam organisé lors de l'anniversaire de la capitale fin octobre) devant un jeune lutteur non titré, et ce dès le 4e tour. Mais c'est Ts. Magaldjav, le jeune "lion" de la province Sükhbaatar qui a fait la plus forte impression en éliminant les lutteurs les plus réputés, hormis l'exceptionnel "grand titan" B. Bat-Erdene. C'est ce dernier, onze fois vainqueur au naadam national, qui a remporté le tournoi de Tsagaan sar… pour la 12e fois : un record qui n'est pas près d'être battu puisque les plus célèbres de ses prédécesseurs, Mönkhbat et Bayanmönkh, ne l'ont gagné "que" sept fois. (EDN 8/02/00)
Cette année, le naadam national se déroulera peu de temps après les élections, auxquelles le grand titan Bayanmönkh, ainsi que le faucon A. Ganbaatar sont candidats. Il a été proposé cette année de faire lutter 768 athlètes, comme ce fut le cas en 1994, ce qui devrait permettre à un plus grand nombre de gagner de nouveaux titres.(EDN 15/06/00)
Signalons que D. Sumyabadzar et B. Bat-Erdene participeront aux Jeux olympiques de Sydney.

En avril un tournoi de lutte a par ailleurs réuni des athlètes de trois grandes régions de peuplement mongol (Mongolie, Mongolie-Intérieure et Bouriatie), chacune témoignant de particularités dans son style.
Ainsi, les lutteurs bouriates luttent poitrine nue, sans boléro, tandis que ceux de Mongolie méridionale en portent un très large et lourdement clouté, ainsi que des pantalons bouffants dotés aux genoux et aux jambes de protections ornées et colorées. Ils suspendent autour de leur cou un collier de rubans (dzanghia) qui témoignent du nombre de leurs victoires. Pendant le combat, cet encombrant ornement est rejeté dans le dos. Autre particularité des lutteurs du Sud, leur "danse rituelle" lorsqu'ils se présentent sur l'aire : ils lancent leurs jambes sur le côté, à la manière, disent certains, du chameau.
En juin, un autre tournoi a réuni des lutteurs de Touva, de Bouriatie et de Mongolie-Intérieure.
(MM 26/04/00, EDN 15/06/00)

Un culte à Gengis Khan, tel qu'il s'en déroulait dans l'ancienne Mongolie, a été célébré le 18 juin à l'Institut Ikh Dzasag ("Grande Loi"). Autrefois, le culte à la bannière blanche (depuis longtemps interrompu), avait lieu au monastère d'Erdene dzuu ; celui à la bannière noire se déroule encore aujourd'hui en Mongolie-Intérieure, à Edzen Khoroo. Les Kalmouks vivant aux Etats-Unis célèbrent chaque année un culte à Gengis Khan.
Le 18 juin, douze offrandes différentes ont été présentées, après l'invocation des esprits par un chamane. A l'issue de la cérémonie, l'Institut du nomadisme a décoré seize personnes de l'ordre de Gengis Khan, qui ont reçu le titre de Bilgüün nomtch ("Sage lettré"). (EDN 19/06/00)

Environnement

Nouvelles zones protégées. Le bassin des rivières Onon et Baldj, situé dans la province du Khentii (parc 1), du Khentii et de Dornod (parc 2), au total 416 000 hectares, a été classé parc naturel, de même que plusieurs autres zones situées à l'ouest : le mont Khan-Khökhii et le lac Khyargas à Uvs, les monts Tsambagarav et Sielkhem, ainsi que Develiin aral (classé réserve naturelle) à Bayan-Ölghii, les monts Tarbagatai, à cheval sur les provinces de Dzavkhan et de Bayankhongor. Le parc national de Gobi gurvan saïkhan a été étendu.
Ce sont désormais plus de 20 millions d'hectares, soit 13 % du territoire mongol, qui bénéficient du statut de zone protégée, grâce en particulier au soutien du World Wide Fund. L'objectif est de protéger 30 % du territoire. (EDN 30/03/00, MM 3/05/00)

Culture

Une université mixte mongole-kazakh sera prochainement créée dans la province majoritairement kazakh de Bayan-Ölghii.(EDN 25/04/00)

Une exposition de 134 documents photo est organisée à Oulan-Bator par l'agence Magnum du 2 juin au 2 juillet. A cette occasion, des séminaires seront organisés pour les photographes mongols. La manifestation est réalisée avec le concours de la Fondation Soros, de l'ambassade de France, de la banque Golomt et de l'Union des artistes mongols. (EDN 1/05/00)

La Mongolie exposera cet automne plusieurs de ses célèbres pièces archélogiques provenant de tombes xiongnu (tapis, crâne, etc.), dans le cadre de l'exposition internationale qui se tiendra à Paris et à Madrid de septembre 2000 à juillet 2001.
(EDN 11/05/00)

Un mois consacré à la Mongolie a lieu du 1er mai au 5 juin à New-York, durant lequel se tiennent une vingtaine de manifestations importantes : concerts,films, expositions (photos, pièces anciennes, dinosaures), cours d'osselets, de contortion, de lutte et de tir à l'arc. Parmi les visiteurs, on attend en particulier des Kalmouks, dont une importante communauté vit dans le New-Jersey voisin. (MM 17/05/00)

Taux de change au 19/06/2000 :
1 USD = 1060 tougriks    A la une