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Actualité
PolitiqueElections locales : nouvelle victoire pour le PPRM. Comme les législatives et présidentielles, les élections des représentants aux assemblées provinciales et de district (sum), ont lieu tous les quatre ans. Les précédentes s'étaient déroulées le 6 octobre 1996. Celles-ci se sont tenues le 1er octobre 2000. Le vote se fait par un scrutin majoritaire à un tour. La participation a été particulièrement faible : sur 1 066 147 électeurs inscrits, seuls 647 718 se sont présentés dans les quelque 1400 bureaux de vote, soit 60,75 %. Lors des législatives de juillet 2000, la participation avait été de 80 %. C'est dans la capitale que l'indifférence a été la plus forte, avec à peine 53 % de votants ; dans le district de Bayangol, une participation inférieure à 50 % a d'ailleurs imposé un nouveau tour de scrutin. Début septembre, échaudées par leurs mauvais résultats aux législatives, les principales forces d'opposition et ex-partenaires, le Parti national démocratique mongol (PNDM) de R. Amardjargal et les socio-démocrates du PSDM, dirigé par R. Gontchigdordj, avaient décidé de se présenter à ces élections locales sous une même bannière, et de préparer une éventuelle fusion. Ils étaient bientôt rejoints par quatre autres partis dont le Parti démocratique de la renaissance, de l'ancien premier ministre D. Byambasüren, et les Verts. De leur côté, les dirigeants du Parti démocrate mongol (S. Erdene), du Parti du courage civique (S. Oyun), du Parti républicain (B. Djargalsaïkhan) et de cinq autres partis s'entendaient pour coordonner leurs campagnes électorales respectives, et plaçaient à la tête de cette alliance S. Oyun. C'est donc en rangs plus serrés, annonciateurs des recompositions à venir, que les partis politiques mongols avaient choisi cette fois de se présenter devant les électeurs. Au lieu des 17 listes en lice aux élections législatives, il n'y avait en présence que deux coalitions (formées de 14 partis au total), deux partis (le PPRM, ; le Nouveau parti socialiste démocratique mongol de B. Erdenebat), et des indépendants. Cette stratégie tardive n'a toutefois pas empêché le Parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM, ex-communiste) de gagner haut la main les élections locales, avec 552 candidats élus, contre 113 pour l'opposition ; à Oulan-Bator, il a emporté 39 des 40 sièges. Dans l'opposition, la coalition PNDM-PSDM et al. a obtenu le plus de sièges (87), suivie par le Nouveau parti socialiste démocratique (10), le Parti républicain (1). Enfin, quinze sièges sont allés à des candidats indépendants. (EDN 4.09 au 9.10.2000, MM 14 09 et 4, 9.10.00) Recomposition de l'opposition. Après avoir essuyé deux déroutes électorales au cours de l'année 2000, et alors que pointent à l'horizon de juin 2001 les élections présidentielles, les deux principaux partis d'opposition, le PNDM et les socio-démocrates (principaux acteurs de la coalition portée au pouvoir en 1996, et qui s'étaient présentés séparément aux législatives 2000), le Parti religieux démocratique, mais aussi le Parti démocratique de la renaissance de D. Byambasüren et le Parti démocratique de S. Erdene, qui ne faisaient pas parti de la coalition démocratique (1996-2000) ont annoncé le 28 septembre leur fusion au sein d'un nouveau parti, le Parti démocrate mongol. L'assemblée fondatrice a eu lieu le 6 décembre 2000. La date et le slogan (" 1206, Etat unifié - 06.12, Parti unifié ") évoquent l'unification des tribus mongoles sous sa bannière par Gengis khan. 1500 personnes étaient présentes, dont P. Otchirbat, premier président mongol élu au suffrage universel, qui a officiellement annoncé fin décembre son adhésion au nouveau grand parti d'opposition. C'est D. Dorligdjav, qui vient de quitter la tête de la compagnie Erdenet, qui a été élu président du nouveau parti. Né à Uvs en 1959, D. Dorligdjav est diplômé d'un Institut militaire de Russie et a occupé un temps les fonctions de vice-premier ministre. Le vice-président du Parti démocrate est Dj. Narantsatsralt. Les deux secrétaires-généraux sont S. Mendsaïkhan, ancien-ministre de l'Environnement et Dz. Enkhbold, qui était à la tête du Comité de la propriété étatique. Deux personnalités ont été sélectionnées pour les élections présidentielles de juin 2001 : R. Gontchigdordj, président de la précédente assemblée, et l'ex-premier ministre M. Enkhsaïkhan. Les chefs des deux partis, respectivement R. Amardjargal et R. Gontchigdordj, avaient signé un accord préliminaire au lendemain de leur défaite aux élections locales. Le programme du nouveau parti a été préparé par l'ex-député B. Batbayar (Baabar), pour les socio-démocrates, et M. Enkhsaïkhan, ex-premier ministre, pour le PNDM. (Le premier avait d'ailleurs adressé une lettre aux responsables des deux partis, avant même les élections locales, intitulée " Fin du romantisme révolutionnaire et début du pragmatisme ordinaire ", dans laquelle il faisait l'éloge du PPRM pour sa capacité à se réformer et se rajeunir et appelait à davantage de professionnalisme, de compétence et de discipline au sein de l'ex-coalition.) La réaction du public a été positive. Un sondage réalisé entre le 15 et le 30 décembre 200 indiquait que le Parti démocrate était soutenu par 35,5% des personnes interrogées, contre 39% pour le PPRM. Fin janvier, les Verts de D. Basandordj ont signé un accord de coopération avec ce nouveau grand parti d'opposition. Quant aux autres partis d'opposition (le Parti du courage civique de
S. Oyun, le Nouveau parti socialiste démocratique de B. Erdenebat
et le Parti républicain de B. Djargalsaïkhan), ils s'apprêtaient
début février à former à leur tour un autre
grand parti d'opposition. (MM 4 et18.10, 13.12.00, 9.01.01, EDN 22.01,
5.02.01) Mea culpa du PPRM. À l'occasion de la commémoration annuelle des victimes des purges politiques des années trente, N. Enkhbayar, chef du parti et actuel premier ministre, a demandé pardon au peuple mongol, au nom du PPRM (parti populaire révolutionnaire mongol), pour son incapacité à mettre un frein à la répression politique avant qu'elle ne prenne les proportions que l'on sait. " La répression politique, a-t-il déclaré, est l'événement le plus triste de notre histoire. Il n'y a personne dans le pays qui n'ait été affecté ou frappé par ces terribles années. ". Le chef du PPRM a aussi demandé pardon pour les persécutions politiques des années cinquante et soixante menées à l'initiative des principaux organes du parti. Plusieurs membres importants du gouvernement étaient présents à la cérémonie qui s'est tenue devant le monument rappelant la répression, et également Ts. Dzorig, fils de l'ancien dirigeant communiste Yu. Tsedenbal qui régna jusqu'en 1984. Les participants se sont ensuite retrouvés au Musée de la répression politique où ils ont été accueillis par la fille de P. Ghenden, l'un des principaux dirigeants de la Mongolie jusqu'en 1936, qui fut exécuté à Moscou en 1937. (MM 13/09/00) Le PPRM, fondé le 1er mars 1921 [sous le nom de Parti populaire mongol, le qualificatif révolutionnaire ayant été ajouté par la suite] célébrera cette année son 80e anniversaire. Il compte aujourd'hui 110 000 membres. Il tiendra son congrès le 28 février 2001. (MM 15.11.00) Parallèlement, la Fondation Tsedenbal célébrait le 18 septembre le 84e anniversaire du dirigeant communiste au pouvoir depuis 1952 et déposé en 1984, qui acheva sa vie à Moscou avec sa femme russe, la mal-aimée Filatova. Ses titres de " maréchal " et de " héros du travail " lui avaient été enlevés en 1990, mais la fondation, active depuis 1993, est parvenue en 1997 à le faire " réhabiliter " (sic). Grâce à de généreux donateurs (la compagnie pétrolière Oyuunii Undraa, la compagnie minière Erel), la fondation envisage d'élever l'année prochaine un monument à sa gloire devant le théâtre dramatique et de faire publier ses " uvres ". La compagnie Erel a déjà dévoilé le 26 novembre dernier une statue représentant le jeune Tsedenbal assis, qu'elle a fait ériger devant l'école secondaire Erel, en hommage à la contribution que Tsedenbal aurait apportée au développement culturel de la Mongolie. Il est plutôt connu pour sa répression de la dissidence des années 1960-1970, et pour avoir refusé la réhabilitation de nombreuses des purges des années 1930. Vie législativeLa session d'automne a ouvert le 2 octobre 2000. Le parlement compte, rappelons-le, 72 députés du PPRM, trois députés de l'opposition et un indépendant. A l'issue de la session inaugurale, le député du PNDM, Dj. Narantsatsralt, a déclaré à la presse que l'opposition n'avait pas pu s'exprimer. Les députés devaient traiter une trentaine de projets de lois, en particulier la loi de finances 2001, les principales tendances du développement économique et social du pays, et les amendements aux lois fiscales. N'avaient pas été discutées non plus par la précédente assemblée les lois sur les médias et le programme national contre la corruption. Une des questions qui devait être débattue est l'adhésion de la Mongolie à la 182e convention de l'Organisation internationale du travail, qui vise à lutter contre le travail des enfants dans les mines et sur les marchés, la prostitution et la mendicité enfantines (or, en Mongolie, à la fin de 1999, 15 000 enfants étaient déscolarisés). (MM 4.10 et 11.10.00) La question longuement débattue du statut de la terre est à nouveau à l'ordre du jour. Le document définissant les tendances du développement du pays indique que " la terre est essentielle au développement social ". Le ministère de l'Environnement classe 83 % des terres comme " agricoles " [au sens large incluant les pâturages], 12 % comme forestières, 3,43 % comme réserves naturelles, et 0, 26% comme urbaines, le reste consistant en voies d'eaux, terrestres ou ferrées. Le cheptel, en croissance depuis plusieurs années, montre une trop forte augmentation du nombre de chèvres, élevées pour le cachemire, mais qui, mangeant les plantes jusqu'à la racine, occasionnent d'importants dégâts aux pâturages. Huit millions d'hectares sont d'ores et déjà désertifiés, et vingt millions sont considérés comme surpâturés. Par ailleurs, les mines, les routes, les activités militaires ou stratégiques concourent à la diminution de la surperficie des pâturages. L'agriculture proprement dite occupe 1,2 million d'hectares, dont le quart environ est laissé en friche faute de moyens ; 61 % des terres agricoles sont considérées comme détériorées. Un groupe de travail uvre à une réforme des lois sur la terre datant de 1994, qui peut être assimilée à une première étape vers une privatisation du sol, selon D. Ganbat, qui préside ce groupe de travail. Le projet envisage de donner aux autorités locales le droit d'accorder des titres de propriétés (zones urbaines, terres agricoles), mais les pâturages devraient rester propriété de l'Etat. Des droits d'usage seraient accordés aux éleveurs, qui garderaient l'usage de leurs camps d'hiver ancestraux. La gestion des pâtures relèveraient des autorités locales. Le projet évoque aussi une taxe sur les pâturages dont le revenu servirait à entretenir les puits, devenus pour la plupart inutilisables depuis le démantèlement des coopératives d'élevage. (MM 8 et 15.11.00) Crise constitutionnelle. Réunie le 29 novembre 2000, la Cour constitutionnelle a annulé les amendements à la constitution, votés le 24 décembre 1999 par 96,7 % des députés du Grand Khoural (Ikh Khural) et entrés en vigueur depuis le 15 juillet 2000, qui stipulaient que les députés au parlement pouvaient concurremment détenir un portefeuille dans le gouvernement. La Cour avait considéré dans une décision du 15 mars 2000 que ces amendements violaient la constitution, mais le parlement mongol avait exprimé son désaccord avec cette décision le 28 juillet suivant. La décision du 29 novembre n'a toujours pas convaincu le parlement. Le 14 décembre 2000, les députés réadoptaient avec 90 % des voix un projet de loi portant sur les mêmes amendements... Quelques jours plus tard, le président mettait son veto aux modifications de la constitution. (MM 29.11, 20.12.00, Önöödör 21.12.00) Relations extérieures
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ÉconomieLe nouveau gouvernement (PPRM), qui cherche à concilier politique sociale et exigences économiques, a déclaré qu'il ferait de l'éducation sa priorité, et que des crédits plus importants seraient consacrés au système de soins. Il a aussi promis de doubler les salaires d'ici 2004. Sur le plan économique, il entend réduire la dette du commerce extérieur. Des baisses d'impôt (jusqu'à 30 %) seront consenties aux entreprises, et la taxe sur les produits d'importation réduite aux alentours de 10 %. La privatisation, que le nouveau gouvernement veut " ouverte et juste ", devrait aussi concerner des entreprises d'Etat du secteur énergétique et minier, ce qui rassurera la société américaine AES qui s'intéresse aux centrales thermiques d'Oulan-Bator.Parmi les privatisables, on trouve en particulier " Gobi " (principale entreprise de cachemire), la première société d'importation de produits pétroliers NIC (Neft Import Concern), et la Banque de commerce et de développement. Seule manque à la liste des " quatre grandes " la compagnie aérienne mongole MIAT, que souhaitait aussi privatiser l'ancien gouvernement. |
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Vu l'importance des investissements, les grandes sociétés concernées seront fort probablement acquises par des sociétés étrangères. Le PPRM, qui souhaite aujourd'hui ces privatisations, les avait bloquées en début d'année 2000, lorsqu'elles avait été proposées par l'ancien gouvernement.
Lors du débat au parlement de la loi de finances 2001 adoptée le 17 novembre dernier, le ministre des Finances Tch. Ulaan a rappelé que la croissance du PIB n'était plus que de 3 %, ce qui représente une diminution de moitié par rapport à 1995, et a insisté sur la pression toujours plus forte du poids de la dette sur les finances du pays. L'ensemble de la dette, intérieure et extérieure, est en effet estimée à 138 milliards de Tg.
Revu à la baisse au cours du débat, le budget 2001 prévoit 314 milliards de Tg en revenus et 405 milliards en dépenses. Par rapport à 2000, les dépenses sont réduites de 18 milliards, dont 4 milliards pour la branche investissements. Le gouvernement voulant réduire la dette et ayant promis d'augmenter les salaires des fonctionnaires, le salaire minimum, les retraites et les allocations, il lui faudra disposer de recettes supplémentaires.
Il compte y arriver par un meilleur contrôle des revenus et des fuites de capitaux, l'élargissement de l'assiette fiscale, l'augmentation de certaines taxes (c'est ainsi que la TVA et les droits de douane ont été augmentés de 2 points), l'instauration de nouvelles taxes (taxe foncière pour les habitants de la capitale, et d'une taxe de 50 à 100 Tg par bod, unité de cheptel équivalant à une tête de grand bétail ou à 5 moutons) et la réduction de certaines exemptions, alors que la promesse du PPRM à ses électeurs était de réduire la pression fiscale de 30 %.
Selon un fonctionnaire des services fiscaux, l'impôt sur les entreprises, qui représentait 63 % du total des revenus fiscaux en 1996, n'en représentait plus que 23 % en 1999. Ceci s'explique non seulement par les difficultés engendrées par la transition à l'économie de marché, mais aussi parce que les entreprises cherchent de plus en plus à échapper à l'impôt. Cette économie parallèle représenterait selon certains spécialistes 30 % du PIB. Des enquêtes montrent qu'en 1998, 39 % des sociétés n'avaient pas payé d'impôts. L'essentiel des contribuables (96 %) dans ce domaine consiste en petites et moyennes entreprises, dont les revenus sont inférieurs à 100 millions de Tg, et elles n'ont généré pour le fisc mongol en 1998 que 3 millions de Tg, au lieu des 20 millions normalement attendus. Le gouvernement table aussi sur la libération des prix de l'électricité et du chauffage en décembre 2000 pour générer des revenus pour l'Etat (à compter du 15 décembre, le prix de l'électricité a augmenté de 14,2 %, et celui du chauffage de 35,7 %). Il attend quelque 20 ou plus milliards de Tg de la privatisation de grosses entreprises publiques.
Le premier ministre N. Enkhbayar a déclaré qu'il était prioritaire de revivifier les relations avec le FMI, et s'est dit prêt à entendre les conseils des pays donateurs afin de mieux résoudre les problèmes rencontrés avec les partenaires étrangers.
(MM 17.09, 25.10, 22, 29.11, 27.12.00, EDN 16, 26, 30.10.00, 8, 29.11.00, 24.01.01)
Le programme d'action du gouvernement comporte en particulier un grand projet de développement économique présenté sous le nom de " Route du millénaire ", qui prévoit l'établissement de cinq grandes régions économiques reliées par des axes routiers (est-ouest et nord-sud pour les axes principaux). Il a été adopté fin janvier par le parlement avec 80 % des voix.
(EDN 26.01.01)
Infractions au droit du travail. Le contrôle par les autorités de 177 entreprises étrangères ou à capitaux étrangers dans les secteurs textile, hôtelier, mécanique ou de construction, a permis de constater plus de mille infractions au droit du travail mongol. Outre le paiement des salaires avec retard ou le non-paiement des heures supplémentaires.
Par ailleurs, les services douaniers américains ont interdit l'importation de produits fabriqués par une entreprise textile à capitaux chinois après la révélation que cette dernière utilisait le travail forcé des enfants 14 h par jour et 7 jours sur 7.
(MM 29.11, 13.12. 00)
Au cours de la dernière décennie, la Mongolie a connu une baisse importante de ses exportations de viande (ou de bétail sur pied). Cette année par exemple, Makhimpex, principale entreprise mongole dans ce domaine, qui traite annuellement 16 000 t de viande par an (la production de la Mongolie tout entière est de 200 000 t), a acheté neuf fois moins de bétail qu'en 1990. Les partenaires russes, qui étaient pour l'essentiel à Irkoutsk et Oulan-Oudé, ont beaucoup réduit leurs importations (d'autant que la Russie a reçu en 1999 près de 200 000 t de viande en aide humanitaire) ; par ailleurs, les abattoirs mongols ont dû faire face à de grandes difficultés financières pour s'adapter aux nouvelles normes, quand ils n'ont pas fait faillite ; les éleveurs, désormais propriétaires de leur cheptel, étaient de leur côté plutôt soucieux de le faire croître. Aujourd'hui, les exportations semblent toutefois reprendre. Les deux compagnies qui importent à elles seules 80 % de la viande mongole exportée ne sont plus sibériennes, mais moscovites, et de nouveaux marchés s'ouvrent pour la Mongolie au Moyen-Orient et en Corée du Sud. La vieille tradition de conduire les troupeaux vers les lieux d'abattage autrefois les marchés autour des nombreux monastères, aujourd'hui, la capitale où est concentré le tiers de la population du pays , que l'emploi de camions à l'époque socialiste avait quelque peu oblitérée, reprend. L'exercice consiste à mener lentement les troupeaux, à l'automne, quand les pâtures sont encore riches, de sorte que le bétail continue à engraisser en chemin. Par exemple, mener en 40 jours un troupeau de deux cents têtes depuis l'Arkhangaï jusqu'à Oulan-Bator, soit quelque 700 km. Mais les temps ont changé : l'hospitalité sous les tentes n'est plus ce qu'elle était, et surtout, se lamentent les conducteurs de troupeaux, les voleurs de bétail " infestent la steppe ", les obligeant à une surveillance incessante. (MM 25/10/00)
Changement de directeur à Erdenet. D. Dorligdjav, que le précédent gouvernement avait réussi, à grand-peine, à mettre en lieu et place de Ch. Otgonbileg, un proche du président Bagabandi, a été remplacé, comme beaucoup d'autres responsables (dont le gouverneur Ünenbat, de la Banque de Mongolie) par l'actuelle équipe au pouvoir. Le passage du flambeau a été fait cette fois dans le respect des traditions et de la décision du gouvernement : en quittant la tête de la plus grande entreprise du pays (mongolo-russe, elle contribue pour près de 40 % au budget de l'Etat), D. Dorligdjav n'a pas verrouillé son bureau ni emporté le sceau : au contraire il a remis ce sceau à son successeur, accompagné d'une tasse de laitage, et a souligné les compétences de Kh. Narankhüü, vice-ministre de l'Insdutrie et du Commerce extérieur. Depuis, D. Dorligdjav a été nommé à la tête du nouveau grand parti d'opposition (voir supra).
(EDN 27.10.00)
Le projet de construction d'une centrale hydro-électrique de 12 MW par la compagnie Erel à Maïkhan-Tolgoï, dans la province à majorité kazakhe de Bayan-Ölghii, district de Tsenghel [où vivent les Touvas], soulève de vives critiques quant à sa rentabilité future et à son impact sur l'environnement. Le gouvernement a ordonné une étude de faisabilité. Rappelons que Erel est liée au Nouveau parti socialiste démocratique mongol, qui a fusionné début décembre dans le Parti démocrate.
Le projet quadriennal " Cent mille lumières ", reposant sur une coopération avec le gouvernement allemand, a été approuvé par le nouveau gouvernement en octobre dernier. Au cours de la première année, 500 familles d'éleveurs nomades seront équipées d'un générateur à énergie renouvelable (eau, air ou soleil) qui leur permettra de se fournir en électricité. (MM 11.10.00)
A Dalandzadgad, dans la province du Gobi-Sud (Ömnögovi), une nouvelle centrale thermique d'une capacité de 25 000 kW/h est entrée en service fin octobre 2000. Construite par Hyundai avec l'assistance de la Corée du Sud, elle utilisera 36 000 t de charbon d'une mine voisine. Précédemment, la province produisait chèrement son électricité au moyen d'une station électrique requérant 5 à 6 t de diesel par jour (MM 1/11/00).
Deux nouveaux dispensaires viennent d'être construits au Khentii, avec l'aide du PNUD et de volontaires de Raleigh, en utilisant comme matériau de base de la paille, isolante et économique (straw bale technology). Deux autres dispensaires du même type existent déjà. (MM 11.10.00)
Transport. Un petit avion (Cessna 2000) de la compagnie Blue Sky Aviation, spécialisée dans les services pour ONG et compagnies privées est arrivé du Kansas en Mongolie début octobre 2000, via l'Alaska et la Sibérie. Il assurera des vols sur des destinations lointaines ou non desservies par la MIAT (la compagnie mongole ne dessert plus les sum, districts, depuis1990). Ce sera l'occasion de rouvrir certaines pistes locales. Bureau de BSA à Oulan-Bator : 00 976 11 312 085. (MM 11.10.00)
Téléphone. Nouveaux codes depuis le 18 novembre dernier. A noter, le 11 pour la capitale. (MM 29.11.00)
L'un des premiers actes marquants du nouveau gouvernement a été la fermeture de trois journaux jugés particulièrement violents ou pornographiques en septembre dernier. D'autres journaux ont reçu des amendes et des mises en garde (MM 18, 27/10/00)
Selon des chiffres du ministère de la Justice et des Affaires intérieures, on publiait en Mongolie, dans la première moitié de l'année 2000, 130 journaux (dont cinq quotidiens et 24 hebdomadaires), 27 magazines, et l'on comptait 27 chaînes de télévision et 25 stations de radio fonctionnant régulièrement. Le nombre de journaux officiellement enregistrés est de mille environ. (EDN 10.01.01, MM 18, 25.10.00)
La capitale mongole a fêté son " 361e anniversaire " fin octobre. Parmi les événements de cette journée : danses traditionnelles, danses bouddhiques tsam, récitations de prières par les moines du monastère de Dachtchoïlon, ainsi qu'un concours récompensant qui saurait le mieux attester de son nom de clan : la famille gagnante, qui a pu retracer sa généalogie sur 13 générations, était de la minorité bouriate et a empoché 1,5 million de tougriks. La perte des noms de clans et la mauvaise connaissance de sa généalogie familiale par la majorité khalkha, aggravée par la destruction ou la confiscation des archives familiales à l'époque communiste, inquiètent une partie des Mongols, car elle rend impossible l'application de la tradition exogamique qui interdit le mariage entre individus ayant un ancêtre patrilinéaire commun jusqu'à la 9e génération. Or, la plupart des Khalkhas, ne peuvent retracer leurs ancêtres au-delà de trois générations. L'obligation nouvelle d'adopter, outre le nom personnel, un nom de famille, ovog ner, a obligé nombre d'entre eux à faire des recherches généalogiques pour identifier leur clan d'origine, quitte à s'inventer un nouveau nom de famille lorsque toute trace des ancêtres faisait défaut (à l'époque communiste, c'est le nom personnel du père, signalé dans l'usage courant par des initiales, qui servait de nom de famille). (MM 1 et 8.11.00)
Les Bouriates ont, pour leur part, bien conservé les noms de clan et la connaissance de leur ascendance patrilinéaire sur plusieurs générations ; ceux qui vivent en Mongolie, dans les province Orientale (Dornod) et Khentii, sont venus de Transbaïkalie dans les années vingt et ont maintenu leurs traditions chamaniques et claniques. Depuis quelques années, les Bouriates célèbrent d'ailleurs leur propre festival, l'Altargana naadam : cette année, le festival s'est déroulé du 4 au 7 août, à Dachbalbar (les précédents avaient eu lieu en 1994 à Dadal, en 1996 à Binder et en 1998 à Batchireet, et le prochain doit se tenir en 2002, à Aga, en Russie, de l'autre côté de la frontière). Une soixantaine de Bouriates d'Aga était venue y participer, mais ceux de Chine (qui vivent au Hulunbuir, en Mongolie-Intérieure, et se rattachent à la même migration) n'ont pu se rendre au festival, à la grande déception de tous. Lors de la cérémonie d'ouverture, dans le petit stade de Dachbalbar, des chevaux ont défilé en arborant les bannières des onze clans des Bouriates Khoris. Le festival comportait aussi une pièce de théâtre sur les purges dont les Bouriates (qui avaient le double tort d'avoir fui le bolchévisme et d'être plus éduqués que la moyenne) furent tout particulièrement victimes, et ce dès 1933, avec l'affaire Lhümbe : 251 des 317 personnes qui furent alors jugées comme " contre-révolutionnaires " étaient des Bouriates de Khentii et Dornod. S. Dzorig, l'un des initiateurs du mouvement démocratique de 1989-2000, assassiné le 2 octobre 1999 alors qu'il était ministre des Insfrastructures du gouvernement de coalition et était pressenti pour être premier ministre, est originaire de cette communauté bouriate de Mongolie (son grand-père était venu d'Aga). Une salle du musée de Dachbalbar, qui vient d'être particulièrement bien rénové, lui est dédiée.
Journées moscovites. Début octobre se sont déroulées à Oulan-Bator les Journées culturelles de Moscou, à l'occasion de laquelle une délégation de 140 Moscovites (artistes du Bolchoï, sportifs, représentants du monde des affaires) est venue. Il s'agissait pour les Mongols de surmonter le ressentiment à l'égard de l'ex-" grand frère ", palpable depuis le départ des troupes et des conseillers soviétiques, et le rejet de la culture russe qui l'a accompagné au profit des influences occidentale et japonaise. Et en écho aux relations bilatérales qui sont en nette amélioration (voir visite de Poutine supra), le public d'Oulan-Bator a fait un accueil enthousiaste à cette nouvelle amitié fondée dorénavant, selon les termes de Ts. Dzorig, fils de l'ancien leader communiste Tsedenbal, " sur l'égalité ". (MM 11.10.00)
Une importante exposition d'art bouddhique s'est tenue du 8 septembre
au 10 octobre 2000 à la Galerie d'art moderne du Centre culturel
d'Oulan-Bator sous le titre " L'héritage artistique de la
Mongolie ". Organisée par l'Institut mongol d'art bouddhique
Dzanabadzar, elle témoigne du remarquable renouveau de cet art
en Mongolie depuis la chute du communisme. Fer de lance de cette renaissance,
le Vénérable Pürevbat : fils d'éleveur dont
les dons artistiques furent reconnus par un ancien lama, il partit étudier
les beaux-arts, tout d'abord à l'Institut d'art d'Oulan-Bator,
puis à Moscou, où il étudia la peinture occidentale.
De retour à Oulan-Bator, il décida de devenir moine et entra
à l'Institut bouddhique, où les places étaient très
alors extrêment limitées. Il y découvrit deux vieux
moines experts en art bouddhique qui l'initièrent à cet
art, puis acheva sa formation en Inde, où il étudia trois
ans auprès du peintre de tangkas du dalaï lama et d'un autre
lama expert dans l'art des mandalas. Il voyagea aussi dans les différents
pays himalayens où il rencontra de nombreux artistes locaux et
collecta des matériaux. À son retour en Mongolie, en1993,
il ouvrit un collège d'art au sein de l'Institut bouddhique de
Gandan. Malgré les grandes difficultés matérielles
rencontrées, l'école est devenue l'une des meilleures dans
son domaine. Par ailleurs ; l'école a aussi traduit en mongol moderne
une centaine de volumes bouddhiques relatifs à l'art, et édité
une vingtaine de volumes de textes russes sur l'architecture présentant
un intérêt pour les artistes bouddhistes, et plus largement
mongols.![]()
Ce sont ses oeuvres et celles de ses disciples et élèves de l'Institut Dzanabadzar au cours des dix dernières années qui étaient présentées dans le cadre de cette exposition : tangkas peintes dans un style propre qui, tout en étant fidèles au canon bouddhique, incorpore des éléments locaux (tels que mantras et syllabes sacrées en écriture mongole ou fleurs sauvages de Mongolie) ; tangkas en appliqué ou brodées ; sculptures de divinités en métal, bois ou papier-mâché dans la tradition de Dzanabadzar ; maquettes de temples et de stoupas ; mandalas en trois dimensions ; costumes et masques des danses tsam, etc. Ont été particulièrement remarquées une maquette du paradis d'Amitabha avec palais et personnages, en bois, ainsi que 150 grilles iconométriques, servant à assurer de parfaites proportions aux représentations de divinités, qui sont en outre colorées, et une série de 400 grilles d'un genre nouveau, pour figurer des animaux (cheveaux, chameaux, yaks, cerfs, etc.), que Pürevbat a élaborées d'après d'anciens dessins collectés en Mongolie. Ces grilles sont d'autrant plus intéressantes qu'elles sont rarement montrées.
L'exposition comportait aussi des photos contemporaines illustrant les paysages mongols, le mode de vie ou la culture religieuse. Un catalogue avec reproductions en couleur et en noir en blanc accompagnait l'exposition (£25).
Pour tout renseignement concernant cette exposition, qui doit encore voyager au Japon, en Corée et en Russie, et peut être louée, contacter : Ven. Pürevbat, Director, Zanabazar Institute of Buddhist Art, Gandan tegtchen ling, Oulan-Bator Fax : 976 11 360 354 (à l'attention du Mongolian Institute of Buddhist Art).
Pour d'autres informations ou pour commander le catalogue, s'adresser à Sue Byrne, Tibet Foundation, e-mail < enquiries@tibet-foundation.org> ou sbyrne@easynet.co.uk, fax : 00 44 (0)207 404 2366.
Une réplique exacte du char de procession de Maitreya (mo. Maidar), procession qui n'a plus eu lieu depuis 1937, vient d'être offerte par une fondation religieuse d'Amsterdam. Haute de 9 m et large de 6, elle a été réalisée d'après des photos de l'original de 1937 par les étudiants de l'Académie d'art sur bois d'Amsterdam. (MM 11.10.00)
Un temple de Gheser a été élevé à Amgalan, l'ancien quartier chinois de la capitale, grâce au don d'un commerçant chinois. L'ancien temple avait été détruit en 1937. (MM 13.12.00)
En novembre dernier, les Mongols ont célébré le 76e anniversaire de la première constitution mongole adoptée le 26 novembre 1924. Il y a eu, bien sûr, un tournoi de lutte, le " jeu viril " (eriin naadam) par excellence des Mongols. (MM 29.11.00).
D'après une résolution commune du ministère des Finances et de celui de l'Education, les directeurs d'école secondaire sont désormais tenus d'offrir un enseignement d'écriture mongole et devront organiser chaque année une compétition dans cette écriture. [Il s'agit de l'écriture traditionnelle verticale dérivée de l'écriture ouïgoure ancienne, dont a dérivé par la suite l'écriture mandchoue, et qui est toujours en usage en Mongolie-Intérieure.] (MM 22.11.00)
En 2001, Oulan-Bator envisage d'organiser un Festival des arts populaires à l'occasion du 80e anniversaire de la Révolution de 1921, et les gouverneurs de districts de la capitale sont appelés à organiser des pré-sélections. (EDN 26.01)
Cinéma. Un nouveau film historique, produit par la société de production 'Mongol Kino', est sorti en novembre dernier. Tourné en noir et blanc, " La dernière épouse du khan " n'aurait pourtant jamais pu, en raison de son sujet, mais aussi des scènes érotiques ou de purges politiques qu'il comporte, être réalisé à l'époque communiste. Réalisé par Dj. Solongo, il est en effet consacré à la vie de Ghenenpil, l'épouse que prit en 1923 (après la mort de sa première épouse, Dondogdulam), le 8e Bogdo Ghegheen, élevé au titre de khan par les Mongols après la chute du suzerain mandchou en Chine. Bogdo khan devait lui-même mourir l'année suivante en 1924. Ghenenpil retourna alors dans son Khentii natal où elle se maria et eut des enfants, avant de souffrir des purges communistes. L'auteur présente son film comme un document sur cette " tache noire " de l'histoire mongole ; plus largement, il offre une description de la société mongole des années 1920-1940, encore très nomade et empreinte de religiosité bouddhique. L'auteur du scénario, Ravdan, connaissait très bien la vie de Ghenenpil pour avoir été son voisin. La fille de Ghenenpil, Dordjkhand, âgée de 70 ans, était présente à la projection du film en avant-première.
(MM 15.11.00)
Archéologie. Des douzaines de gravures rupestres s'étendant sur deux kilomètres ont été découvertes près de Bayan-Ölghii sur le mont Khüren-Dzürkh, parmi lesquelles des figures d'animaux aujourd'hui disparus. La découverte a été faite par les employés du Centre de recherche économique et sociale local. (MM 11.10.00)
Une expédition russo-mongole travaillant sur la période néolithique en Mongolie aurait mis au jour des traces de présence humaine dans une grotte de Bayankhongor (Tsagaan) remontant à 800 000 ans. Jusqu'à présent, les chercheurs n'avaient pas trouvé d'attestation de présence humaine avant 500 000 ans sur le territoire mongol. (MM 13.12.00)
Une équipe d'archéologues mongols et allemands a découvert les vestiges d'une fabrique de briques vieille de 700 ans près du site de Karakoroum (Kharkhorin) et d'Erdene Dzuu. (MM 13.09.00)
Au nord du pays, à 40 km au nord de Mörön, capitale de la province de Khövsgöl, ce sont les vestiges du palais de Möngke khan qui auraient été découverts par D. Navaan. Un monument en l'honneur de ce khan, petit-fils de Gengis (par son plus jeune fils, Tolui) qui régna de 1251 à 1259, avait déjà été découvert en 1955, non loin de là. Les fondations révèlent des murs d'enceinte larges de 2 m d'épaisseur, à l'intérieur desquels se trouvent les traces d'un palais de 280 m_ soutenu par de nombreuses colonnes et qui était probablement construit en briques. L'étude du site (2 km x 1 km) a révélé une vingtaine d'autres constructions. (EDN 6.10. et MM 11.10.00)
De son côté, une équipe mongolo-coréenne a trouvé à Bayangol (dans l'Övörkhangaï, au sud-est d'Arvaïkheer) les vestiges de ce qui pourrait être le palais d'été d'Ögödei, qu'ils ont appelés " la cité de porcelaine ".
C'est aussi dans ce même bassin de l'Orkhon, sur les bords de l'Önghiin gol, que l'on cherche aussi les vestiges de la capitale des Xiongnu, Lunchen. Le bassin de l'Orkhon a été, au cours des siècles, le centre politique de plusieurs confédérations et tribus nomades et, pour finir, des Mongols, qui y établirent leur capitale, Karakoroum [Kharkhorin]. Plusieurs ruines de cités fortifiées ont été trouvées dans un rayon de 8 à 25 km autour de Karakoroum. Il s'agirait du site de Khögchin Orkhonii Dörvöldjin [litt. " arré du Vieil Orkhon ", les cités étant généralement établies sur un plan carré, et non circulaire comme le camp nomade khüree] (MM 11 et 25.10.00)
Des archéologues chinois ont annoncé en septembre dernier avoir localisé la tombe de Gengis khan dans l'Altaï chinois, à Qinghe, dans le Turkestan oriental (Xinjiang), non loin de la province de Bayan-Ölghii, la plus à l'ouest de la Mongolie (aujourd'hui majoritairement habitée par des Kazakhs). En l'absence d'informations précises, les spécialistes mongols restent très sceptiques et préfèrent s'en tenir aux sources qui indiquent que le grand khan a été enterré dans le massif du Khentii, au nord-est d'Oulan-Bator, sur l'actuel territoire de la Mongolie. Une expédition nippo-mongole, dite des " Trois rivières ", armée de milliers de dollars et des techniques les plus pointues, y avait cherché au début des années quatre-vingt-dix la fameuse tombe, mais sans succès.
(EDN 20.09.00, MM 27/09/00).
Les Mongols souhaitent d'ailleurs, dans leur grande majorité, que la sépulture de Gengis khan reste inviolée. Ils n'ont sans soute guère apprécié non plus la déclaration d'un écrivain kazakh prétendant, quant à lui, que Gengis khan reposait en territoire kazakh, et qui a promis d'indiquer le lieu de la tombe si le président Nursultan Nazarbaev s'engageait à la protéger. (EDN 25.01.01).
Une autre théorie évoquée cette année la situe dans le Gobi-Altaï, près de la montagne Djinst, dans le district de Khaliun. Le lieu abriterait plusieurs sépultures d'aristocrates mongols, et une légende dit que Gengis y serait aussi enterré. (MM 17.05.00)
Le 24 janvier 2001 s'est tenue à la Poste centrale une exposition-vente de timbres intitulée " Gengis Khan, Homme du millénaire ". Douze panneaux de timbres sur Gengis Khan et son époque étaient exposés. Le plus cher est un timbre commémoratif de l'événement historique qu'a été la désignation de Gengis comme Homme du millénaire; il vaut 37 850 Tg.
En 1962, une série de quatre timbres (le Portrait de Gengis Khan, le Suld blanc, la Pierre de Gengis et le Paiz de Gengis) avait été imprimée à l'occasion du 800e anniversaire de la naissance de Gengis Khan. C'est le célèbre peintre Ts. Yadamsüren qui les avait dessinés. Quelques jours seulement après leur mise en circulation, les autorités d'alors les avaient fait retirer de la vente, considérant ces timbres comme " une atteinte à l'internationalisme prolétarien " et comme " diffusant une idéologie nationaliste ". Les timbres interdits furent remis en circulation en 1990.
L'exposition, qui durera un mois, présente environ 100 timbres différents, dont certains avec application d'or. (EDN 25.01.01)
Résultats très décevants aux Jeux de Sidney pour la délégation mongole composée de 20 athlètes, dont pour la première fois des nageurs. La délégation était menée, pour la troisième fois, par le grand champion de lutte, le Titan (avraga) B. Bat-Erdene, 36 ans, qui est aussi l'un des plus riches hommes d'affaires du pays. Les médailles espérées au tir féminin en particulier ( D. Mönkhbayar, médaille de bronze à Barcelone), en boxe ou en judo ne se sont pas concrétisées. Un échec à attribuer en partie aux difficultés économiques de la dernière décade qui ont rendu très aléatoires les conditions d'entraînement de la plupart des athlètes. C'est la première fois depuis les jeux de Tokyo en 1964 que les Mongols reviennent sans médaille. En outre, un lutteur qui avait obtenu une 5e place dans la catégorie des moins de 58 kg a été disqualifié après un test anti-dopage qui s'est révélé positif. (MM 6.09, 4 et 25.10.00)
Des cavaliers mongols en route vers l'Atlantique.
En décembre 2000, une expédition a quitté la Mongolie dans l'espoir de rejoindre à cheval les rivages de l'Atlantique 15 000 km plus loin, à la fin de 2002, pour le 840e anniversaire de la naissance de Gengis khan, après avoir traversé l'Altaï, le sud des monts Oural, le nord du Caucase et les Alpes, et longé la Caspienne, l'Adriatique et la Méditerranée. L'expédition se veut une réflexion sur le passé et un appel à une coexistence pacifique de l'humanité à l'aube du troisième millénaire. Elle est aussi dédiée aux hommes et aux chevaux qui ont oeuvré pour la victoire contre le fascisme durant la 2e guerre mondiale. Les Mongols envoyèrent à l'époque en soutien à l'Armée rouge plus de 500 000 chevaux, dont 90 000 atteignirent l'Elbe ; les survivants furent ensuite employés à diverses tâches dans les pays de l'Est et en Asie centrale. Les onze membres de l'expédition proviennent de différents secteurs professionnels et représentent les trois principales religions présentes en Mongolie : chamanisme, bouddhisme et islam (Kazakhs). Après avoir mouillé les sabots de leurs montures mongoles dans l'eau de l'océan Atlantique, les cavaliers se dirigeront vers Paris où doivent être organisées pour l'occasion manifestations et concerts divers. (MM 4.10.00).
Football. La Mongolie va participer pour la première fois au Championnat du Monde de Football. Le tournoi préliminaire doit avoir lieu en février 2001 en Arabie Saoudite. La Mongolie se retrouve dans le même groupe que le Vietnam, l'Arabie Saoudite et le Bangladesh. (EDN 25.01.01)
Sumo. Lors du tournoi d'hiver de sumo professionnel qui s'est tenu à Tokyo, trois athlètes mongols ont, pour la première fois, concouru dans le groupe Makuuchi, c'est-à-dire au plus haut niveau. Dans le passé, seuls trois lutteurs américains avaient été autorisés à concourir dans le groupe Makuuchi.
(EDN 26.01.01)
Cirque. B. Oyuntungalag, 10 ans, élève à l'École du Cirque d'Oulan-Bator a gagné le premier prix et reçu la médaille d'or, ainsi que la Coupe de la ville de Monaco et un prix spécial pour performance exceptionnelle au festival international des jeunes artistes de cirque qui s'est tenu à Monaco le 3 février 2001. (EDN 6.02.01)
L'exportation de 50 faucons vers le Koweït a suscité les protestations d'environnementalistes mongols qui auraient noté une diminution inquiétante du nombre de ces oiseaux, dans la région de Tchoïr notamment. Chaque oiseau rapporte 2760 USD à l'Etat mongol (MM 11.10.00)
Les autorisations de chasse attribuées au début de la saison de chasse portaient en particulier sur 314 mouflons et ibex, 61 faucons, 19 gazelles à queue blanche et 50 gazelles à queue noire, et pour les besoins intérieurs, sur 83 000 marmottes, 5600 antilopes à queue blanche.
Devant la diminution inquiétante du nombre des gazelles, le bureau du World Wide Fund (WWF) à Oulan-Bator a demandé instamment au gouvernement d'interdire la chasse entre le 1er et le 15 décembre 2000, et tant que les études scientifiques sur les populations de gazelles de la steppe de Daourie ne seront pas achevées. Cette chasse commerciale n'est officiellement autorisée que pour un quota d'environ 20 000 gazelles par an, mais l'on estime en fait à 100 000 le nombre de gazelles abattues annuellement, parfois en masse, à la mitraillette.
À la construction du transmongolien dans les années 1940, qui a coupé la route de migration des gazelles, se sont ajoutées les chasses intensives de 1942-1945 pour fournir en viande l'Armée rouge (avec, selon certains, un chiffre de 500 000 gazelles tuées par an), puis, depuis une dizaine d'années, une augmentation dramatique du braconnage. (MM 11.10 et 8.11.00)
Une réunion organisée sous l'égide du WWF s'est tenue les 27 et 28 octobre 2000. Elle concernait le mouflon argali (Ovis ammon), protégé depuis 1953. Il en resterait entre 10 000 et 50 000 individus.
(MM 1.11.00)
Une réserve a été établie par la Mongolie et la Chine à la frontière entre le sud-ouest de Mongolie et le nord-est de la région du Xinjiang (Turkestan oriental), et s'accompagne d'un accord entre les deux pays pour protéger le chameau sauvage (khavtgaï).(MM 18/10/00)
Un recensement de la faune et de la flore des lacs mongols (de l'Ouest et de l'Övörkhangaï) indiquent qu'ils abritent 75 sortes de poissons et 300 sortes d'autres animaux aquatiques. (MM 20.12.00)
Inquiétude pour les rennes des Doukhas (Tsaatanes) : alors que leur nombre a beaucoup diminué (il en reste à peine 600), une partie du cheptel est atteinte d'une maladie non identifiée.
(MM 4/10.00, EDN 6/10/00).
Un nouveau désastre climatique (dzud) frappe les régions mongoles
Début octobre, la Croix-Rouge mongole, inquiète des mauvaises conditions climatiques, avait fait une tournée dans 14 aïmag et procédé à une distribution de produits de première nécessité. La sévérité de l'hiver 2000-2001 est d'autant plus grave qu'elle fait suite au " dzud blanc " (désastre climatique par excès de neige) de l'hiver dernier, qui a entraîné la perte de 2,5 millions de têtes de bétail, à deux étés consécutifs particulièrement secs, ainsi qu'à un problème général de gestion des pâturages, sans parler des dégâts irrémédiables occasionnés à une partie des pâturages de Khovd par une invasion de sauterelles l'été dernier. En raison de la sécheresse, un million de têtes de bétail ont dû être déplacées en novembre de la province d'Övörkhangaï (Khangaï-Sud) vers les régions voisines avant l'hiver. La Banque mondiale, le Japon, la Chine, etc. ont commencé à fournir une aide. Dès la mi-décembre, 30 000 têtes avaient déjà péri, à Gobi-Sümber et à Dzavkhan en particulier.
Fin décembre, une terrible tempête de neige mêlée de sable a frappé la Mongolie-Intérieure, notamment le Silingol, formant une couche de 60 cm. Plus de 20 personnes ont péri.
La vague de froid de janvier-février s'est étendue de l'Afghanistan à la Sibérie méridionale et à la Mongolie. Les températures descendaient jusqu'à -50°C la nuit et à -35°C le jour (on a relevé -52,9°C à Üyentch, Selenghe). La neige trop abondante ou la glace ont empêché les troupeaux de brouter comme ils le font d'ordinaire sous la mince couche de neige. A Oulan-Oudé (Bouriatie), les centrales électriques ont subi des avaries sévères; les autorités se sont toutefois efforcées toutefois de stabiliser la température dans les appartements aux alentours de 10/15°C. Les prévisions pour février et mars faisaient craindre de nouvelles chutes de neige importantes.
La Mongolie a sollicité une aide des Nations-Unies dès le mois de décembre. Une équipe de spécialistes était dépêchée le 9 janvier afin d'évaluer la situation et de préparer l'appel à l'aide internationale. Un accident d'hélicoptère, survenu le 14 janvier à Maltchin (Uvs), devait coûter la vie à certains d'entre eux ainsi qu'à deux journalistes japonais, et au député Ch. Otgonbileg (ancien directeur d'Erdenet), causant en tout la mort de 9 personnes. L'appareil a pris feu à l'atterrissage. Une quinzaine de passagers et membres d'équipage ont pu être sauvés et ont été transportés à l'hôpital traumatologique d'Oulan-Bator.
Le travail de l'ONU a toutefois continué et le 30 janvier, l'appel à une aide internationale de 12 M USD était lancé . On estimait alors que le dzud touchait quelque 100 000 éleveurs et 20 millions de têtes de bétail. Plus de 600 000 têtes avaient péri, 2 à 3 millions avaient été déplacées vers d'autres provinces, et un million environ pâturait soit aux frontières, soit sur le territoire des réserves naturelles.
Les pertes cette année s'annoncent donc plus sévères encore que celles de l'an dernier, qui s'élevaient déjà à 2,5 millions de têtes. En fait, le cheptel mongol qui comptait 33,5 millions de têtes à la fin de l'année 1999, n'était plus que de 30,1 millions au recensement de décembre 2000, soit une baisse de plus de 10%.
On craint pour ce dzud de l'année du Dragon la perte de 6 millions de têtes, soit 1/5e du cheptel. Rappelons que les pertes enregistrées lors du dzud de l'année du Singe (1944-1945) se montaient à 8,6 millions de têtes. (MM 11.10, 22.11.00, EDN 3, 23, 31.01, AFP 14.01, 4.02.01, REUTERS 9.01.01)
Les Nations Unies et le gouvernement mongol ont lancé un appel à l'aide internationale en faveur des éleveurs touchés pour le deuxième hiver consécutif par un dzud rigoureux. Les dons peuvent être adressés à :
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State Emergency Commission Ulaanbaatar 210644, Partizany gudamj-1 c/o Banque de développement du commerce de Mongolie n° de compte : 21 350 135 |
ou : c/o Ambassade de Mongolie en France 5, Avenue Robert Schuman 92100 Boulogne |
Dans un article écrit par Enkh-Amgalan, directeur du Centre de sciences politiques, au sujet de ce second désastre climatique, ce dzud est analysé comme un avertissement aux Mongols qui n'ont pas su maintenir l'équilibre écologique. En effet, à l'époque communiste, le cheptel ne dépassait pas les 25 millions de têtes, et l'usage des pâturages était strictement régulé par les coopératives d'élevage. La privatisation a entraîné une forte croissance du cheptel, devenu une sorte d'assurance contre le risque pour les éleveurs, qui tenaient à le garder aussi pour leurs enfants, et qui de toutes façons ne trouvaient plus les mêmes débouchés sur le marché. Ils ont de ce fait eu tendance à se rapprocher des régions centrales, économiquement plus développées. Associée à l'abandon de nombreux puits qui rend inutilisable une partie des pâturages, cette migration vers les zones centrales a entraîné un déséquilibre dans l'utilisation des pâtures, qui, en Mongolie, n'est pas réglementée. Chacun rivalise pour en tirer profit, et des pratiques de surpâturage déraisonnables se sont fait jour. Pour l'auteur, il convient que l'État encourage les pratiques collectives traditionnelles et la responsabilité des éleveurs. (MM 20.12.00)
Tremblement de terre
Plusieurs tremblements de terre ont été enregistrés durant les mois de novembre, décembre et janvier dans plusieurs provinces, le plus fort (5,1 de magnitude sur l'échelle de Richter) a touché la province de Bayan-Ölghii. Le plus fort tremblement de terre en Mongolie a eu lieu en 1905 dans les régions de Khan-Khökhii et Bulnai, d'une magnitude de 11-12 sur l'échelle de Richter et a ouvert une crevasse de 300 km de long.
(EDN 9.01 et 26.01.01, MM 22.11.00)
B. Yandjimaa résidant dans le district d'Ulaangom a donné naissance à des triplés, 2 garçons et 1 fille, pesant respectivement 3kg, 2kg et 2,9 kg. Ce sont les premiers triplés mongols du nouveau millénaire. Avec l'arrivée des triplés, le père et la mère ont désormais 5 fils et 5 filles. (EDN 6.02.01)