|
|
|
Actualité
N. Bagabandi réélu président
de la république de Mongolie avec 58% des suffrages
Election présidentielle du 20 mai 2001. Pour la
3e fois depuis 1992, année où fut adoptée la nouvelle
constitution démocratique, les Mongols étaient appelés
à élire au suffrage universel direct leur président
de la république pour un mandat de quatre ans. Rappelons que lors
de la première élection présidentielle (juin 1993),
les électeurs avaient porté au pouvoir avec 58% des voix
P. Otchirbat, le président sortant (précédemment
nommé par le parlement bicaméral de 1990-1992), qui avait
choisi de défendre les couleurs des jeunes partis démocrates
d'opposition ; l'élection présidentielle de mai 1997 avait
ramené à ce poste un candidat du parti populaire révolutionnaire
mongol (PPRM), N. Bagabandi, avec 61% des suffrages.
En raison de la nature parlementaire du régime politique mongol,
les enjeux des présidentielles sont moindres que ceux des législatives,
qu'elles suivent d'ailleurs d'un an. Bien qu'il revienne au président
en exercice de choisir le premier ministre dans le parti ayant obtenu
le plus de suffrages, on sait que ce sont les députés, grâce
à leur possibilité de contrecarrer le veto du président
à la majorité qualifiée des deux tiers, qui ont le
dernier mot (la dispute entre le président Bagabandi et le parlement
sur les amendements à la constitution qui autorisent les députés
à détenir concurremment des portefeuilles ministériels
en est une illustration). Toutefois, comme on l'a vu sous le gouvernement
de coalition démocratique (1996-2000), le président est
en mesure de gêner l'action des députés et du gouvernement.
Cette-fois-ci, en accordant dès le premier tour, avec 58 % des
voix, une confortable majorité au président sortant, Natsaghiin
Bagabandi, représentant du PPRM vainqueur des législatives
2000, contre 36,5% seulement au candidat du PDM (parti démocrate
mongol), les électeurs ont rejeté la possibilité
d'une nouvelle cohabitation entre anciens communistes du PPRM et nouveaux
partis démocratiques, qui s'était installée en 1993
(avec inversion des rôles en 1997). Aucune des deux grandes mouvances
n'avait jusqu'à présent gagné à la fois les
législatives et les présidentielles. Malgré l'appel
de certains - dont des membres du PPRM - à élire un président
issu de l'opposition afin de compenser la surreprésentation du
PPRM à la chambre, la majorité des électeurs a finalement
préféré concentrer tous les pouvoirs dans les mains
du parti majoritaire à la chambre, pour éviter sans doute
l'instabilité gouvernementale que la Mongolie a connue en 1998-2000
quand le président et le PPRM obstruaient l'action du gouvernement
de coalition.
Seuls les partis représentés au Grand Khural national étant
autorisés à présenter un candidat à la présidentielle,
étaient concernés cette fois-ci : le PPRM (détenteur
de 72 des 76 sièges au parlement) ; le parti démocrate mongol
(PDM), fondé en décembre 2000 par la fusion des membres
de l'ancienne coalition démocratique au pouvoir (parti national
démocratique mongol et parti social-démocrate notamment)
et du parti de la renaissance de D. Byambasüren ; le parti du courage
civique de S. Oyun ; et le nouveau parti socialiste démocratique
mongol (NPSDM) de B. Erdenebat, ces trois derniers disposant chacun d'un
siège. Le NPSDM ayant décidé fin mars de soutenir
le candidat du PPRM, trois candidats étaient finalement en lice
:
- le président sortant, N. Bagabandi, né en 1950 dans la
province Dzav-khan, ingénieur de formation. Il a finalement été
désigné le 26 mars à l'unanimité par la conférence
du PPRM pour défendre cette fois encore les couleurs des ex-communistes.
Chef d'une des mouvances au sein du PPRM, Bagabandi aurait pu se voir
préférer l'ancien premier ministre P. Djasraï, ou L.
Enebich, le secrétaire-général du parti, chef d'une
autre mouvance, mais celui-ci n'a pas montré d'empressement à
abandonner la présidence du parlement. En dépit de la mésentente
notoire entre Enkhbayar, président du parti et actuel chef du gouvernement,
et Bagabandi, qui avait refusé sa nomination comme premier ministre
après la victoire du PPRM aux législatives 2000 (s'appuyant
sur une décision de la cour constitutionnelle contre le cumul des
mandats), il n'a fallu qu'un quart d'heure au premier ministre Enkhbayar
pour convaincre les 244 membres de la conférence du parti d'endosser
la candidature de N. Bagabandi. Les différentes factions au sein
du PPRM s'étaient probablement accordées au préalable
sur ce choix.
Outre le soutien de son parti et celui du NPSDM (qui avaient obtenu respectivement
50,2% et 10,7% des voix aux législatives 2000), N. Bagabandi pouvait
aussi compter sur celui du parti uni traditionnel (conservateur) de Khürelbaatar
et sur celui du parti de l'unité de N. Nyam-Osor.
- le candidat du parti démocrate mongol (PDM), fondé en
décembre 2000 à l'initiative des deux principaux partis
de l'ancienne coalition, était Radnaasümberel Gontchigdordj.
Né en 1953 dans l'Arkhangaï, ce mathématicien de renom,
fils d'un ex-moine lettré, a été président
du Petit Khural (1990-1992) puis du Grand Khural national (1996-2000).
Il était jusqu'à la fusion de décembre dernier le
dirigeant du parti social-démocrate (PSDM). 
R. Gontchigdordj a été désigné par le parti
démocrate mongol à l'issue d'un marathon électoral
qui s'est déroulé du 3 janvier au 4 mars au sein des comités
locaux, dans lequel il était opposé à une autre grande
personnalité du parti démocrate, M. Enkhsaïkhan, qui
fut le premier chef de gouvernement de la coalition démocratique,
lui-même membre de l'ancien parti national démocratique (PNDM)
qui était largement majoritaire au sein de cette coalition.
Notons que les règles du parti démocrate ont été
modifiées pour inclure d'office dans le comité directeur
du parti les anciens présidents des cinq partis fondateurs, ainsi
que d'anciens premiers ministres et présidents de la nation : c'est
ainsi que le premier président élu au suffrage universel
P. Otchirbat, mais aussi R. Amadjargal, D. Byambasüren, M. Enkhsaikhan
et Ts. Elbegdordj, ou encore R. Gontchig-dordj sont membres d'office du
comité, de même que D. Dorligdjav, président du parti
démocrate, Dj. Narantsatsralt et S. Mendsaïkhan, les vice-présidents,
Dz. Enkhbold, le secrétaire-général, ainsi que le
député L. Gündalaï, seul élu non affilié
lors des dernières législatives, qui a rejoint depuis le
parti démocrate mongol où il préside l'une des 8
commissions (lois).
Le PDM fait état d'environ 100 000 membres (soit un peu moins que
le PPRM qui en avance 118 000). R. Gontchigdordj pouvait aussi compter
sur l'appui du parti Vert, si l'on se réfère à l'accord
passé avec ce parti au début de l'année.
- le troisième candidat en lice, L. Dachnyam, était présenté
par le parti du courage civique (PCC). Né en 1943 dans l'Arkhangaï,
spécialiste en relations économiques internationales à
l'Institut d'histoire de l'Académie des sciences de Mongolie, il
a été vice-président du Grand Khural et conduisait,
aux dernières législatives, la liste du Parti pour la Mongolie.
Cette candidature n'allait pas de soi. Le soutien du parti du courage
civique paraissait en effet initialement acquis au candidat du parti démocrate,
R. Gontchigdordj. La vive opposition de certains membres influents du
conseil politique du parti du courage civique (Dz. Naranmandakh, Kh. Khulan
et L. Erdenetuul) a fait pourtant préférer, après
plusieurs jours de discussion, la nomination d'un candidat propre. Fondé
en mars dernier, ce parti est présidé par S. Oyun (sur
de S. Dzorig, ministre des Infrastructures assassiné en octobre
1999, membre du PSD mongol). En juin 2000, le parti du courage civique
avançait 40 000 membres et sympathisants. Lors de la réunion
de son comité national en février 2001, ce parti s'est défini
comme un parti conservateur prônant le développement d'une
classe moyenne forte par le biais d'une fiscalité appropriée,
et a insisté sur le besoin de développer en Mongolie une
troisième force politique.
Un amendement à la loi relative aux élections présidentielles,
introduit en janvier dernier, avait interdit l'organisation de festivités
culturelles ou sportives ou toute autre manifestation durant la campagne
électorale (certains ont d'ailleurs porté plainte contre
ce qu'ils considéraient être une atteinte aux libertés
fondamentales).
Selon un sondage réalisé en mars dans la capitale et quelques
provinces, le candidat du PPRM était le grand favori de ces élections,
et seuls 30% des personnes interrogées se prononçaient en
faveur de R. Gontchigdordj, tandis qu'à peine 4% soutenait le candidat
du parti du courage civique ; au fur et à mesure de la campagne,
l'écart semblait s'être un peu réduit entre les candidats
du PPRM et du PDM. Notons qu'une dizaine de jours avant les élections,
le PDM s'était vivement élevé contre ce qu'il jugeait
être un évident favoritisme des médias d'Etat vis-à-vis
du candidat du gouvernement, allant jusqu'à menacer de retirer
son candidat.
Ils ont été 1.110.000 électeurs à voter,
soit un taux de participation de 82,94% (un peu supérieur en province
: 83,38%, contre 81,94% dans la capitale). Ce taux est légèrement
plus faible que lors de la présidentielle de 1997 (près
de 85%), mais ce fléchissement n'est pas comparable à la
baisse de participation observée aux dernières élections
législatives, où la participation a été de
81,4% contre 92,5% aux législatives de 1996, ni à celle
des élections locales d'octobre 2000, qui n'ont déplacé
que 61% des électeurs. Le scrutin a été suivi par
des observateurs de 31 nations, et par 26 correspondants de presse étrangers.
Les résultats officiels datés du 25 mai (publiés
dans Ö. S. le 31 mai) donnent N. Bagabandi vainqueur avec 58,13%
des voix, tandis que R. Gontchigdordj recueille 36,53 % des suffrages,
et L. Dachnyam 3,54%. Dans leur aïmak d'origine, les deux premiers
candidats ont été massivement soutenus : le Dzav-khan a
voté à 70% pour le président sortant, et l'Arkhangaï
à -69,4% en faveur de R. Gontchigdordj (mais a boudé L.
Dachnyam, l'autre enfant du pays, qui n'a obtenu que 2,35% des suffrages).
Le vote N. Bagabandi/PPRM est particulièrement important en région
de gobi (Dornogobi, Dundgobi, Gobialtaï, Gobisümber, Ömnögobi)
mais aussi aux extrémités occidentale (Khovd) et orientale
(Sükhbaatar) du gobi, ainsi que dans la province centrale (Töv)
et le Bulgan. Il n'y a pas toutefois adéquation entre le vote pro-PPRM
aux législatives de juillet 2000 et le vote pro-Bagabandi en mai
2001, la personnalité des candidats étant un élément
important dans le vote. Ainsi, l'aïmak Selenghe, qui avait voté
à près de 72% - soit 20% de plus que la moyenne nationale
- pour les candidats du PPRM aux dernières législatives,
a voté cette fois-ci à 57,4% pour N. Bagabandi, soit un
peu moins que son score final. En revanche, le Gobi-Centre (Dundgobi),
qui avait infligé au PPRM son plus mauvais résultat lors
des législatives (38%), a accordé cette fois-ci au candidat
du PPRM le score maximum (70,2%).
Quant aux aïmaks où le candidat du parti démocrate
a obtenu des résultats supérieurs au score national, ils
sont peu nombreux : outre son natal Khangaï-Nord (Arkhangaï,
69,4%), le Khangaï-Sud (Övörkhangaï, 42,10%), le Khövsgöl
(45,65%), l'Orkhon, aïmak récent établi autour du grand
complexe minier d'Erdenet (45,1%), et le Bayankhongor (40,8%). 
Toutefois, globalement, le vote de la province rejoint celui d'Oulan-Bator
(respectivement 58,14% et 58,12% en faveur de N. Bagabandi). Dans les
neuf districts de la capitale, les différences entre les résultats
ne sont pas aussi criantes qu'en province: N. Bagabandi obtient en moyenne
entre 56% et 60% des voix ; seuls Nalaïkh et Baganuur s'écartent
de la moyenne, le premier en accordant 65% des voix à Bagabandi,
le second en partageant mieux ses faveurs entre ce dernier (47,8% des
voix) et le candidat du parti démocrate (46,1%). Le seul décalage
notable dans les votes de la capitale et de la province concerne le candidat
du parti du courage civique, qui a obtenu davantage de voix à Oulan-Bator
(4,64%) que dans les tous les aïmaks confondus (3,06%).
L'écart entre le candidat du PPRM et celui des nouveaux partis
démocratiques est très proche - mais inverse - de celui
qu'on a pu observer lors de l'élection présidentielle de
1993 où P. Otchirbat avait réuni 58% des voix. Par rapport
à celle de 1997, gagnée par N. Bagabandi avec 61% des voix
contre le même Otchirbat (30%), Bagabandi cède quelques points,
mais R. Gontchigdordj fait mieux que n'avait fait alors P. Otchirbat.
Si l'on compare ces résultats de mai 2001 à ceux des législatives
2000, N. Bagabandi réunit presque le total des voix (60,9%) obtenues
en 2000 par le PPRM et le NPSDM dont il était le candidat.
Quant au 36,5% obtenus par R. Gontchigdordj, ils constituent un progrès
important pour les démocrates au regard des 22% de voix totalisés
par les ex-partenaires de la coalition démocratique (et qui leur
a donné un siège au Grand Khural). La politique d'union
mise en place par ces derniers à la suite de leur déconfiture
aux législatives de juillet, puis aux élections locales
d'octobre, a donc porté ses fruits lors de cette présidentielle.
En revanche, le parti du courage civique, qui avait obtenu en juillet
dernier 3,6% des suffrages - et s'était assuré également
un siège - ne progresse pas.
Le résultat est toutefois largement insuffisant pour donner à
l'opposition un quelconque levier dans la politique mongole d'ici les
prochaines législatives (2004).
Pour les anciens communistes du PPRM, cette dernière victoire qui
s'ajoute à un monopole de fait du législatif (95% des sièges)
leur donne le contrôle du pays. Les seules difficultés pourraient
venir d'une aggravation de la tension entre le premier ministre Enkhbayar
et le président Bagabandi au sein du parti lui-même. Certains
s'interrogent, en se remémorant le PPRM de l'époque communiste,
sur sa capacité à gérer démocratiquement ces
pouvoirs étendus que la majorité des électeurs mongols
viennent de lui rendre. La période à venir montrera si l'ex-parti
unique, que les circonstances ont déjà contraint de promouvoir,
sous la houlette du FMI et de la Banque mondiale, une politique économique
libérale bien éloignée de ses principes passés,
a aussi accompli sa révolution démocratique intérieure.
(M.-D. Even, d'après EDN 3, 8, 22/01, 13, 22, 23 et 28 /03, 2-18
et 25/04, 10, 21, 22/05/01, AFP du 20 et 21/05, Ödriin sonin du 31/05/01).
Parallèlement à l'élection présidentielle
du 20 mai, une élection partielle s'est tenue à Dzavkhan
(constitution n° 22) à la suite du décès du député
Ch. Otgonbileg dans l'accident d'hélicoptère du 14 janvier
dernier. On attendait une confrontation entre majorité et opposition.
Toutefois, après que l'ancien président mongol P. Otchirbat
eut décidé de se porter candidat pour le parti démocrate,
le PPRM choisit de présenter, non le gouverneur local Batmönkh,
dont il avait été question, mais Dandzan-dardjaghiin Tuyaa,
veuve du député défunt, sans expérience politique,
ce qui changeait la donne. P. Otchirbat et le candidat du parti du courage
civique ont alors retiré leur candidature, par égard pour
la veuve, et l'élection de cette dernière sans coup férir
(97,1% des suffrages) a porté à neuf le nombre de femmes
députés au Grand Khural.
Ce n'est pas la première fois que le fait se produit ; une loi
non écrite tend depuis 1997 à transmettre le siège
d'un député décédé à un membre
de sa famille, par respect vis-à-vis des proches du défunt
et pour préserver l'équilibre politique préalable,
comme le demanda le PPRM lors du décès de S. Gontchig en
1997 ; il ne rendit pourtant pas la pareille à la coalition démocratique
lors du décès de M. Tchimedtseren et en profita pour modifier
à son avantage le rapport des forces politiques au Grand Khural
; après l'assassinat de S. Dzorig, membre de la coalition démocratique,
en octobre 1998, sa cadette Oyun fut, elle aussi, aisément élue
à la partielle qui s'ensuivit. Si l'Etat accepte ce fait, à
quoi bon alors organiser de coûteuses élections partielles,
se demandait un quotidien mongol : ce " raccourci vers la députation
" ne serait-il pas plutôt, ajoutait-il, un accroc à
la démocratie.
(EDN 23, 24, 25/04, 3 et 22/05/01, Ödriin sonin 8/05/01)
Politique intérieure 
Errata. Contrairement à ce qui était indiqué
dans Anda 40, p. 8, ce n'est pas le nouveau parti socialiste démocratique
mongol (NPSDM) d'Erdenebat (patron de la compagnie Erel) " qui a
fusionné début décembre dans le parti démocrate
", mais le parti démocratique fondé en 2000 par S.
Erdene. Il a par ailleurs été question en début d'année
d'un projet de fusion entre le parti du courage civique, le parti républicain
et le NPSDM, mais ce projet ne s'est pas pas concrétisé,
et le parti du courage civique a décidé de présenter
son propre candidat à la présidentielle, tandis que le NPSDM
annonçait le 23 mars son soutien au candidat du PPRM.
Le 23e congrès du PPRM (28 février 2001)
Le parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM), qui détient
actuellement le législatif et l'exécutif, a commencé
ses travaux le 28 février 2001 dans le palais du gouvernement.
(Le parti communiste de la Fédération de Russie, le parti
de l'Unité de la Fédération de Russie et le parti
communiste chinois étaient représentés. Du côté
mongol, plusieurs partis dont le parti démocrate, le parti du courage
civique et le NPSDM, avaient envoyé des représentants à
la séance inaugurale.) Les membres du PPRM ont augmenté
de 22% en 2000, pour atteindre 118 000 : 33% ont entre 18 et 35 ans, 56%
entre 35 et 60 ans. Parmi les 625 délégués attendus
au 23e congrès, moins de 13% entrent dans la première catégorie,
tandis qu'ils sont 83% dans la seconde, les femmes étant 13,6%.
Un éventuel changement d'appellation du parti, largement évoqué
dans les médias et que n'ont pas manqué de soulever plusieurs
délégués, n'a finalement pas été discuté.
En effet, s'appuyant sur un sondage interne selon lequel 60% des membres
souhaitaient garder au parti son nom, la 11e conférence (l'ancien
comité central) du parti avait déjà opté pour
le maintien du nom " parti populaire révolutionnaire mongol
". Rappelons que le qualificatif " révolutionnaire "
a été ajouté au 3e congrès de 1924, l'appellation
initiale adoptée lors de la fondation du parti en 1920 étant
" parti populaire mongol " (appellation aujourd'hui utilisée
par un petit parti, un moment fondu dans le PPRM, qui est en cours de
réorganisation et a pour président, depuis le 21 mai 2001,
D. Nindj : cf. EDN 28.03.00 et 21.05.01).
En ce qui concerne le choix des dirigeants du parti et des membres de
la conférence, le congrès a reconduit ceux qui l'avaient
mené à la victoire en 2000 : N. Enkhbayar, président,
et L. Enebich, secrétaire-général. Le conseil de
direction (l'ancien presidium) passe de 11 à 15 membres. La conférence
nouvellement élue comporte 244 membres, qui ont tenu leur première
session dans la foulée du 23e congrès. Elle s'est soldée
en particulier par une volonté affichée de coopération
avec les autres partis, et par de nouvelles excuses présentées
à la nation pour les atrocités commises par le PPRM durant
les années de répression. Le PPRM met cette répression
sur le compte de l'" affaiblissement " du parti dominé
par Kh. Tchoïbalsan, les autres dirigeants ayant tous été
écartés ou exécutés. En revanche, le PPRM
ne remet pas en question la période de Yu. Tsedenbal : le secrétaire
du parti, Ö. Enkhtövchin, qui s'était pourtant montré
critique à l'égard des anciens responsables communistes
au moment de leur mise à l'écart dans les années
1980, appuie aujourd'hui leur réhabilitation.
(EDN 27 et 28/02, 5 et 6/03, 9.04.01.)
Vie législative 
Réforme du statut de la terre. La session de printemps
du Grand Khural, qui s'est ouverte le 5 mai et a été écourtée
par l'élection présidentielle, devait discuter 28 projets
de loi, dont une révision de la loi sur la terre adoptée
en 1994. Selon le responsable du Bureau de gestion des terres, D. Ganbat,
si la terre a été durant des siècles la propriété
de la nation, les transformations en cours dans la société
et son développement futur demandent de reconsidérer les
relations foncières, de créer un environnement légal
dans ce domaine et d'introduire des réformes.
Les législateurs distinguent plusieurs catégories de terrains
:
- les possessions individuelles telles qu'enclos de yourtes et parcelles
jardinées privées, aux alentours des villes et villages,
- les terrains avec immeubles appartenant à des entités
économiques, les constructions, terres arables et canaux d'irrigation
privés,
- les puits, les points d'eau, les jardins maraîchers et les terres
arables, conséquence d'initiatives personnelles,
- les camps de touristes, hôtels et lieux de villégiature
à l'écart des villes
- les exploitations familiales d'élevage de bétail, de volaille,
de porcs ou de production de miel.
Les avocats de la privatisation de la terre soulignent qu'elle modifiera
l'attitude des individus et des sociétés, les rendra plus
sensibles à leur environnement, permettra de faire circuler des
biens fonciers, de les louer ou de les hypothéquer, de les transmettre
à ses descendants ou de les vendre, etc., et complètera
le processus de transition à l'économie de marché.
En revanche, pour le ministre de l'environnement Barsbold, inquiet de
la corruption existant dans le domaine foncier, la privatisation de la
terre n'est pas souhaitable actuellement. Les privatisations précédentes,
mal faites, n'ont pas été, selon lui, bénéfiques.
Il convient de réformer les relations foncières, de tenir
un registre des terres et d'accorder des autorisations.
Le projet de loi envisage le prélèvement d'une taxe foncière,
plus élevée dans la zone centrale du pays que dans les régions
excentrées, afin de mettre un frein à la grande migration
vers les villes. Les personnes désireuses de s'installer dans la
capitale ou la zone centrale seront imposées en conséquence,
tandis que les éleveurs des régions excentrées seront
encouragés. Les pâturages resteront dans le domaine public.
Les responsables de district et de province signeront des contrats annuels
pour l'usage des pâtures ; ceux qui n'auront pas d'autorisation
ne pourront demeurer sur les terres qu'ils occupent. D'ores et déjà,
indiquait le ministre, une quarantaine de familles a dû quitter
la zone de Gachuurt.
Selon D. Ganbat, la loi de 1997 sur les droits de propriété,
toujours valide, réglemente les droits de propriété
foncière. Le paiement de droits pour l'usage des pâtures
naturelles est un principe nouveau. Près des villes et dans les
zones surpâturées, les droits à payer seront plus
élevés, de même que pour les compagnies exploitant
le sol et dont les activités sont nuisibles à l'environnement.
Il est d'ailleurs prévu qu'une partie des droits perçus
soit affectée à la protection de l'environnement. Les droits
pour les terres arables seront fixés au niveau minimum pour une
région donnée. Les terres en jachère ne seront pas
soumises au paiement de droits.
(EDN 9, 23.03,12.04, 17.05.01)
Loi sur le statut des étrangers. Selon les amendements
à la loi de 1992 et 1993 sur le statut de étrangers, votés
à la session d'automne et entrés en vigueur le 1er janvier
2001, les étrangers se rendant en Mongolie à l'invitation
de personnes ou d'organismes privés doivent être enregistrés
par l'organisme invitant auprès du nouveau Bureau d'enregistrement
civil du ministère de la Justice et des Affaires intérieures
dans les 7 jours qui suivent leur arrivée et, s'ils se rendent
dans une ville ou district de province pour plus de 7 jours, être
enregistrés auprès du bureau de police local. En cas d'infraction
à cette règle, l'étranger en situation irrégulière
comme l'organisme invitant auront à payer une amende allant de
300 000 à un million de tougriks. Cette règle ayant suscité
les plaintes de nombreux voyagistes, le parlement a modifié la
loi en imposant cette contrainte aux étrangers passant plus de
trente jours en Mongolie. Selon un autre amendement, les bureaux militaires
des frontières ne sont plus compétents pour accorder des
visas de transit, d'entrée ou de sortie ; en cas de nécessité,
un représentant du ministère des Affaires étrangères
auprès du bureau militaire peut délivrer un visa de transit
ou d'entrée.
(EDN 8/01, 22/02, 29/03 et 24/05/01)
Fin de la dispute constitutionnelle. Après un dernier
échange de lettres faisant état des divergences respectives
entre la cour constitutionnelle et le parlement, la première continuant
à réfuter le droit du parlement à interpréter
la constitution (mais ne rejetant plus désormais les fameux amendements
adoptés à la quasi-unanimité par le parlement en
décembre 1999) et le second à considérer que la cour
s'occupait de ce qui ne relevait pas de sa juridiction, les amendements
ont finalement été approuvés et marqués du
sceau de l'Etat le 28 mai par le président Bagabandi, jusqu'alors
très réticent mais qui venait tout juste d'être réélu
avec le soutien du PPRM. Ces amendements, résultat d'un consensus
entre les partis représentés au Grand Khural, visent à
renforcer le pouvoir du parlement.
Par exemple, celui-ci pourra appouver directement la nomination d'un premier
ministre si celle-ci n'est pas approuvée dans les 5 jours par le
président (N. Bagabandi avait pris un malin plaisir à refuser
la nomination de 11 premiers ministres sous le gouvernement de coalition,
et avait aussi tardé à approuver celle de N. Enkhbayar lui-même
l'été dernier).
Le président a annoncé qu'il nommerait un comité
pour préparer une loi sur les amendements constitutionnels.
Le règlement de la dispute a aussi permis de nommer enfin les deux
membres qui, depuis une dizaine de mois, faisaient défaut à
la cour constitutionnelle, constituée de 9 membres. Ils ont été
nommés par le parlement sur proposition de la cour : il s'agit
d'une juriste universitaire de 42 ans et d'un avocat de 47 ans.
(EDN 8, 17, 24, 29/05 et 04/06/0 , MM 6/06/01)
Le comité des droits de l'homme de l'Union interparlementaire
s'intéresse aux inculpations de trois parlementaires mongols membres
de la coalition démocratique, " en violation de leurs droits
", pour corruption dans l'affaire du casino Mon-Macao en octobre
1998, au lendemain du meurtre du ministre des Infrastructures S. Dzorig,
et se propose d'envoyer un groupe de travail en Mongolie. (EDN 20/06/01)
Relations extérieures 
Stanley Fischer, l'un des responsables du FMI, a fait part au
premier ministre Enkhbayar de son appréciation des efforts de la
Mongolie pour réformer ses structures économiques, et l'a
assuré du soutien du FMI dans cette stratégie de privatisation,
de réforme du secteur énergétique et de relations
économiques de marché.
Par ailleurs, Tch. Ulaan, ministre de l'Economie et des Finances, était
à Washington début mai où il a rencontré des
responsables du FMI et de la Banque mondiale. Un accord portant sur un
prêt de 34 millions de USD a été signé avec
ces deux institutions. Il sera affecté à l'amélioration
des transports en Mongolie. (EDN 20/02, 4/05/01)
Réunion des donateurs. Organisée par la Banque
mondiale et la Mongolie, la réunion consultative des pays et organismes
donateurs s'est tenue à Paris les 15 et 16 mai dernier avec pour
mot d'ordre " Unissons nos efforts pour alléger la pauvreté
".
Depuis 1991, date de la première réunion à Tokyo
en 1991, et au cours de la décade suivante qui a connu six autres
réunions à Tokyo et une à Oulan-Bator, c'est 2,6
milliards de USD qui ont été promis en aides et prêts
à la Mongolie, dont 1,9 milliard a été effectivement
reçu. Une grande partie (37%) a été affectée
aux infrastructures (secteur énergétique, routes, communications,
services municipaux), 23% à la gestion financière et économique,
16,5% aux infrastructures sociales (éducation, santé), 11%
au développement agricole et industriel, 13% à des secteurs
variés. C'est la Banque asiatique de développement (BasD)
qui a accordé la majeure partie des aides et prêts promis
(40%), suivie du Japon (26%), de la Banque mondiale (18%) et de l'Allemagne
(6%).
Une trentaine de pays et organisations internationales étaient
présents (dont la Russie, le Koweït, les Émirats arabes
unis, le Canada). La délégation mongole, conduite par Tch.
Ulaan, ministre de l'Economie et des Finances, comptait 19 membres. Tch.
Ulaan avait rencontré au préalable le directeur de la Banque
mondiale chargé de la Mongolie, le chef de la délégation
japonaise, le représentant du ministère allemand de la Coopération
économique et du Développement et le responsable des programmes
de la BAsD.
Dans son rapport, le ministre mongol a insisté sur l'importance
de ces réunions pour garantir les réformes démocratiques
et la restructuration économique en cours en Mongolie. Il a déclaré
que la libéralisation économique nationale devrait acccélerer
le processus de mondialisation, et qu'il s'agissait pour les pays non
développés de ne pas " rater cette occasion ".
Cette année, les donateurs ont été une quinzaine
à promettre leur assistance pour un montant total de 330 millions
de USD à utiliser au cours des 12 mois à venir, qui se répartissent
également entre prêts à conditions de faveur et subventions.
(En 1999, 320 millions avaient été promis pour les 18 mois
suivants.) Pour le ministre Tch. Ulaan, c'est un succès, et la
Mongolie le doit à sa stabilité politique et au programme
de réformes entrepris en coopération avec le FMI. Remarquons
toutefois que la somme promise n'atteint pas le montant des aides promises
non versées (près de 30% du total). La Mongolie s'est engagée
à affecter 40% de cette aide aux infrastructures, 20% aux réformes
structurelles et 20% aux infrastructures sociales et à l'agriculture.
A la suite de cette réunion, le président de la Banque mondiale
a exprimé au Premier ministre Enkhbayar son espoir de voir mises
en place les politiques de restructuration et les programmes d'action
présentés à la réunion (" Stratégie
de réduction de la pauvreté "). Il a annoncé
qu'un groupe de travail serait en Mongolie en juin afin d'évaluer
l'utilisation des aides dans la réforme du secteur bancaire. La
prochaine réunion des donateurs devrait se tenir à Oulan-Bator.
(EDN 30/03, 10, 16, 18, 28/05 et 4/06/01)
Japon. N. Enkhbayar s'est rendu en visite officielle au
Japon, pays qui apporte l'assistance la plus importante à la Mongolie,
du 13 au 18 février dernier. Un accord bilatéral de protection
mutuelle des investissements a été signé à
cette occasion, de même qu'une note portant sur une aide désintéressée
dans le domaine culturel. Le ministre mongol de l'Éducation a de
son côté effectué une visite de 7 jours au Japon du
16 au 23 mai.
Bouriatie. Le président de la république de Bouriatie,
L. B. Potapov, était en Mongolie en mars dernier pour une troisième
visite officielle, à l'invitation du ministre mongol des Infrastructures.
Un accord a été signé en 1999 avec cette république
de la Fédération de Russie, qui a un représentant
en résidence à Oulan-Bator. Les relations scientifiques
et culturelles sont particulièrement développées
: l'Université bouriate a ouvert une branche à l'université
Ikh Dzasag où 126 étudiants mongols étudient le droit,
l'Institut bouriate d'agriculture a une branche à Darkhan, et l'Université
technologique s'apprête à en ouvrir une à Oulan-Bator.
Sur le plan commercial, les échanges ont augmenté de 10%
en 1999-2000, sauf dans le domaine énergétique (pétrole,
électricité). Les exportations mongoles ont augmenté
de 22%, et des négociations sont en cours pour rétablir
notamment le niveau des exportations de bétail sur pied vers la
Bouriatie.
(EDN 7/03/01) 
Coopération franco-mongole. La 13e session de la
commission franco-mongole chargée, conformément à
l'accord culturel de janvier 1968, de fixer le programme de coopération
culturelle, scientifique et technique entre les deux pays pour 2001-2004,
s'est tenue le 3 mai à Oulan-Bator. Les délégations
étaient présidées par M. S. Erdenesüren, vice-ministre
de l'Education, de la Culture et de la Science de Mongolie et par M. Patrick
Bonneville, chef du service de la coordination géographique de
la direction générale de la coopération internationale
et du développement du ministère des Affaires étrangères.
Les délégations ont souhaité inscrire davantage les
échanges dans le cadre des réformes engagées par
la Mongolie depuis dix ans, et ont choisi de mettre l'accent sur la formation
dans les secteurs tels que la santé, l'eau ou l'agriculture, où
les besoins restent grands, et dans des secteurs prometteurs comme le
tourisme, les mines ou l'industrie textile. La délégation
française a souligné le rôle de plus en plus important
joué, dans la promotion des actions culturelles et de coopération
bilatérales, par les associations et organisations de solidarité
internationale et par les collectivités locales.
Un consulat mongol à Touva. Le gouvernement de Touva (Fédération
de Russie) a mis à la disposition de la Mongolie 1000 m² dans
un hôtel de Kyzyl pour héberger le consulat mongol en attendant
la construction d'un nouveau bâtiment.
Le consulat mongol de Kyzyl supervisera aussi le Gorno-Altaï et la
Khakassie. (EDN 21/05/01)
Vatican. L'ambassadeur mongol auprès du Vatican, Tch. Batdjargal,
a présenté ses lettres de créance au pape Jean-Paul
II, à qui le président Bagabandi avait rendu visite en 2000.
Le Vatican a fait part à l'ambassadeur mongol de son intention
de développer les relations bilatérales dans le domaine
de la formation et de l'aide humanitaire. (EDN 22/05/01)
Naadam à New York. Les Journées de la culture mongole,
organisées pour la première fois en juin 2000, se sont déroulées
cette année encore à New York, mais aussi à Washington,
Baltimore et au New Jersey. (EDN 4/06/01)
A Oulan-Bator ont été organisées le 1er juin les
Journées culturelles de Kökeqota (Xöxxot, Hohhot), la
" Ville bleue ", capitale de la région autonome de Mongolie-Intérieure
(Chine). Le maire de Kökeqota été reçu par le
président du parlement mongol, L. Enebich. (EDN 4/06/01)
Corée du Sud. Le premier ministre sud-coréen
Li Han Dong était en Mongolie du 18 au 20 juin, accompagné
d'une délégation de 46 personnes, dont une quinzaine de
journalistes. La Corée est, avec la Chine, le Japon, les Etats-Unis
et la Russie, l'un des principaux investisseurs en Mongolie, principalement
dans le domaine de l'industrie légère (ainsi la compagnie
Skytel, où la Corée détient 60% des parts, possède
le quart du marché de la téléphonie mobile en Mongolie).
Notons aussi que, depuis 1991, 165 étudiants mongols ont été
diplômés de l'Institut d'études coréennes ouvert
à l'Université nationale de Mongolie.
Li Han Dong a annoncé que son pays accordera une aide d'un million
de USD pour développer les technologies de l'information, et qu'il
soutenait l'instauration de 5 vols hebdomadaires entre Oulan-Bator et
Séoul ; il a confirmé par ailleurs que la Corée du
Sud accueillerait en automne des gouverneurs de province ou aïmak
(aimag) dans le cadre d'une formation. (EDN 18/06/01)
Economie 
Développement régional et division territoriale.
Le développement de la Mongolie, très inégal, privilégie
toujours davantage la région de la capitale et l'axe nord-sud le
long du transmongolien, ce qui a entraîné une migration importante
des populations des régions défavorisées vers la
capitale mongole à la recherche d'une vie meilleure.
Sans atteindre la proportion de l'exode rural qui suivit l'instauration
des coopératives en 1956-1957 (plus de la moitié des familles
d'éleveurs choisit alors de rejoindre les centres de province ou
de district ou les grandes villes), la venue récente massive de
ruraux originaires notamment des aïmaks occidentaux que sont l'Uvs,
le Dzavkhan, le Khovd et le Gobi-Altaï se fait surtout sentir dans
la capitale, qui a vu sa population permanente passer de 630 000 habitants
en 1990 à 781 500 au début 2001 (voire à près
d'un million, disent certains, si l'on prend en compte tous les illégaux
qui vivent, sans autorisation, dans des yourtes sur le territoire d'Oulan-Bator).
L'Orkhon et le Darkhan-Uul, autour des grandes villes industrielles d'Erdenet
et de Darkhan, ont connu respectivement une augmentation de 46 000 et
de 38 500 habitants au cours de la même période.
Depuis 1992, les députés mongols planchent sur le concept
de développement régional afin de sortir les provinces excentrées
de leur isolement et d'offrir davantage d'opportunités à
leurs habitants. Le même souci de ramener vers ces zones du personnel
qualifié pousse actuellement les autorités à offrir
à de jeunes citadins des contrats de deux à trois ans pour
aller occuper à la campagne des postes dans la santé, l'administration,
etc., qui ne trouvent plus preneur.
Selon le projet discuté au printemps et adopté mi-juin 2001
par le Grand Khural, la Mongolie sera divisée en quatre grandes
zones qui seront reliées entre elles par des routes et des lignes
aériennes facilitant aussi les liens avec l'étranger. La
" Route du millénaire ", grand plan de développement
routier de plus de 7000 km que le gouvernement actuel prévoit de
mettre en uvre dans les 12 prochaines années, s'inscrit dans
ce cadre : elle est constituée d'un grand axe horizontal traversant
la Mongolie d'est en ouest au niveau de la zone de khangaï, et de
cinq axes verticaux qui coupent cet axe horizontal en passant respectivement
par Khovd, Uliastai, Kharkhorin (Karakoroum), Oulan-Bator et Tchoïbalsan
et dont chacun relie un poste frontière russe au nord à
un poste frontière chinois au sud.
Les quatre zones envisagées évoquent l'ancien découpage
vertical de la Mongolie du Nord en quatre principautés, elles-mêmes
subdivisées en khochuu ou bannières, qui avait été
remplacé depuis 1931 par le système des aïmag et des
sum. Les nouvelles régions seront, d'ouest en est, les suivantes
:
- l'Ouest, constitué des aïmaks Bayan-Ölghii, Uvs, Khovd,
Dzavkhan et Gobi-Altaï, dont les activités seront axées
sur l'élevage, l'agriculture irriguée, la petite et moyenne
industrie de transformation,
- le Khangaï, englobant Arkhangaï, Bulgan, Bayankhongor, Orkhon
(Erdenet), Övörkhangaï et Khövsgöl, axé
sur l'élevage, le tourisme, l'industrie minière et l'industrie
de la laine,
- le Centre, incluant Selenghe, Töv, Gobi-Sümber, Gobi-Centre
(Dundgovi), Gobi-Sud (Ömnögovi) et Gobi-Est (Dornogovi) et Darkhan-Uul,
axé sur l'élevage intensif, l'agriculture, les mines, la
petite et moyenne industrie de transformation, le tourisme, les activités
technologiques et les services,
- l'Est, constitué des aïmaks Oriental (Dornod), Sükhbaatar
et Khentii, axé sur les mines, l'agriculture, la petite et moyenne
industrie, le tourisme.
Quant à la capitale, Oulan-Bator, avec ses villes et districts
satellites, elle sera axée sur des industries de pointe, sur les
services, la banque.
Le choix des capitales régionales (on avait initialement envisagé
Khovd, Tsetserleg, Darkhan et Tchoïblasan) a été très
âprement discuté par les députés qui ont tendance
à favoriser " leur " ville ; la décision a dû
être repoussée à la session d'automne.
En ce qui concerne le développement de la région Est, la
Banque asiatique de développement a d'ores et déjà
décidé de soutenir un projet visant à étudier
la possibilité de relier à l'Asie du Nord-Est les aïmaks
Oriental (Dornod), Sükhbaatar et Gobi-Est (Dundgovi). (EDN 19/04,
14, 15, 25/05, 8, 15/06/01)
Programme économique 2001-2004. Les discussions
entre le FMI et le gouvernement mongol sur la politique économique
et monétaire de la Mongolie à moyen terme ont abouti à
la signature d'un programme de " Réduction de la pauvreté
et garantie de la croissance économique pour 2001-2004 ".
Le programme insiste sur la nécessité d'attirer davantage
d'investissements étrangers et de développer un environnement
favorable au commerce. Le programme prévoit que le taux de croissance
de l'économie mongole atteindra 6 % en 2004, et que l'inflation
n'excédera pas 9 %. La dette extérieure devra être
maintenue à un niveau raisonnable par rapport au PIB.
(EDN 16/05/01)
Quant au programme 1996-2000 sur la réduction de la pauvreté
coordonné par la Banque mondiale, et qui visait à réduire
de 10% le nombre de pauvres, ses résultats ont été
présentés début juin lors d'une conférence
de presse par le Premier ministre et le ministre de l'Economie et des
Finances. Ce programme, dont la mise en place a coûté 15,6
millions de USD (dont 1,7 millions de frais d'administration du projet),
répondait à la croissance de la pauvreté dans le
pays, ont-ils expliqué, et il a aidé 30 000 familles. En
raison des deux terribles hivers 1999-2000 et 2000-2001, le programme
a inclus des projets additionnels de rééquipement en bétail
destinés aux éleveurs de l'ouest du pays affectés
par le dzud. Les ministres ont insisté sur le soutien accordé
par la Banque mondiale, le PNUD, la BasD et la Suède.
Ils ont aussi indiqué que le gouvernement mongol s'était
donné pour objectif de réduire la pauvreté de 40%
d'ici 2003, et de 70% d'ici 2006. (L'objectif est ambitieux quand l'on
sait que 36% de la population vit, aujourd'hui encore comme en 1996, sous
le seuil moyen de pauvreté, c'est-à-dire dispose de moins
de 17 USD par mois, et que les inégalités se sont encore
accrues entre-temps.)
(EDN 11/06/01 ; le plan d'action du gouvernement PPRM pour 2000-2004 peut
être consulté sur le site officiel du Premier ministre mongol
: <www.pmis.gov.mn/GovAcEng.html>)
Pauvreté. Signe de cette nouvelle pauvreté
qui ne se résorbe pas et touche plus du tiers de la population,
le nombre d'enfants des rues ne diminue pas : selon les chiffres récents,
ils sont aujourd'hui 3500 enfants errants, dont 60% dans la capitale mongole.
Près d'un tiers sont des filles, et près des deux tiers
sont illettrés.
La déscolarisation, qui touche plus particulièrement les
enfants d'éleveurs, n'a pas cessé, loin de là, puisque
10 000 enfants d'âge scolaire ont abandonné l'école
en 2000. De nombreux enfants travaillent, dans des conditions dangereuses,
dans des puits de mine désaffectés pour collecter du charbon
ou dans des mines d'or, sur les marchés, dans les rues.
(EDN 28/03)
La baisse importante du niveau de vie affecte aussi les Kazakhs de Mongolie
: dans le Bayan-Ölghii où ils vivent, c'est 40% de la population,
soit 94 000 personnes, qui vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté.
Les Kazakhs revenus en Mongolie après avoir tenté de s'installer
au Kazakhstan sont particulièrement victimes du chômage.
Ils ont été 58 890 à partir entre 1991 et 1995 dans
le cadre d'un accord signé entre les gouvernements mongol et kazakh.
Depuis, 330 familles environ ont pris la nationalité kazakhe, tandis
que près de 1500 autres, déçues par le manque de
perspective qu'offre le Kazakhstan frappé lui aussi par la crise
économique, ont choisi de revenir en Mongolie.
(EDN 19/06/01)
Privatisations. Le programme de privatisation du gouvernement,
qui suit les grandes lignes de privatisation pour 2001-2004 adoptées
par le Grand Khural cette année, concernera, en 2001, 27 entreprises
d'Etat et 66 immeubles inachevés. Le gouvernement a décidé
notamment de privatiser NIC, la plus grosse compagnie d'importation de
produits pétroliers (30% environ) en Mongolie, qui est en concurrence
aujourd'hui avec une centaine d'autres sociétés (les Mongols
préféreraient qu'elle soit acquise par un acheteur étranger
autre que russe afin de limiter l'importante dépendance pétrolière
vis-à-vis de la Russie), la Banque de Commerce et de Développement,
l'entreprise Gobi (cachemire), la compagnie aérienne mongole MIAT
(Korean Air serait intéressé) et la centrale thermique n°
2 d'Oulan-Bator.
(EDN 15, 16/03, 8/06/01)
Elevage 
Fièvre aphteuse. Comme si sécheresses et
dzud consécutifs ne suffisaient pas au malheur des éleveurs
mongols, plus de vingt foyers de fièvre aphteuse ont été
découverts fin février dans plusieurs districts des provinces
Orientale (Dornod) et Sükhbaatar à l'est, et Khentii au nord.
Les zones touchées ont été mises en quarantaine,
ce qui a bloqué un millier d'étudiants dans ces provinces
(dont une étudiante française). Les autorités ont
procédé sans attendre à la vaccination du bétail
à risque, et plusieurs centaines de bêtes ont été
abattues.
Fin mars, des cas de fièvre aphteuse ont été découverts
à Oulan-Bator. Une quarantaine a été imposée
dans les districts de Tchinghelteï, Bayandzürkh et Sükhbaatar
de la capitale, restreignant les mouvements de quelque 17 000 personnes
et 12 000 têtes de bétail. Elle a été levée
entre le 15 avril et le 2 mai selon les zones. La première série
de vaccination, grâce à des vaccins fournis par la Russie,
est terminée ; une injection de rappel est prévue début
septembre. Au total, moins de 1200 têtes de bétail ont dû
être abattues. Six vétérinaires américains
arrivés courant mars en Mongolie ont prêté main-forte
aux autorités mongoles.
Courant mai, le district de Djargalant, dans l'Orkhon, connaissait à
son tour des cas de fièvre aphteuse touchant quelques bovins et
chèvres. Djargalant et Khangal (dans le Bulgan) étaient
placés en quarantaine le 16, et les autorités ont procédé
à des vaccinations du bétail à risque.
Oulan-Bator a vu le cheptel paissant sur son territoire augmenter de 90
000 têtes ces dernières années. Environ 3 000 bêtes
paissent dans un rayon de 5 km du centre-ville, et 18 000 autres dans
un rayon de 10 km ; au total, ce sont 100 000 bêtes, appartenant
à 3 000 familles, qui paissent autour de la capitale. Aucune vaccination
préventive n'avait été faite. La propagation de la
fièvre aphteuse jusqu'à la capitale remet en question le
pacage aux alentours de la ville. Les autorités envisagaient début
juin de mieux délimiter la ville et d'y interdire le pacage du
bétail et de déplacer plus loin, vers Tuul, Khonkhor et
Djargalant, les éleveurs venus s'installer sur le territoire de
la capitale.
(EDN 2, 21, 27 et 29/03, 16/04, 4, 5, 21, 25/05 et 12/06/01)
Notons que l'an dernier, en mai 2000, le Gobi-Est (Dornogovi) avait été
touché par la fièvre aphteuse (qui s'était préalablement
déclarée en Chine et en Corée), affectant environ
20 000 têtes de bétail dans 66 campements. Le poste-frontière
de Dzamiin-Üüd se trouvait aussi dans la zone de quarantaine.
L'épizootie précédente de fièvre aphteuse
remonte à 1974. (EDN 4, 9, 11/05/00)
En ce qui concerne les pertes dues au dzud de l'hiver 2000-2001, elles
étaient estimées par le gouvernement début mai à
2,5 millions de têtes de bétail, soit presque autant que
pour celui de 1999-2000 (qui avait causé la perte d'environ 3 millions
de têtes), mais finalement moins qu'on ne l'avait craint au début
de l'année. Début juin, 7,2 millions des animaux nés
ce printemps était encore en vie (sur 8, 1 millions), soit une
perte de 10-15%.
Notons qu'à partir de cette année, le recensement du bétail
aura lieu en juin, et non en décembre.
(EDN 7/06/01)
Le prix du cachemire a baissé sur le marché international,
et il se vendait ce printemps en Mongolie 27000 tougriks/kg, contre 40
à 45 000 tougriks au printemps dernier. Le cachemire est la troisième
source de devises, après le cuivre et l'or, de la Mongolie. Celle-ci
produit 20% du cachemire mondial (3000 tonnes), contre 65-70% pour la
Chine. Aujourd'hui, près de 50% du cachemire mongol est exporté
en Chine. Or, celle-ci a accumulé des surplus et achètera
moins ; de leur côté, les industries mongoles peinent à
acheter au prix fort, imposé par la concurrence chinoise, mais
aussi à transformer la totalité de la production mongole.
(EDN 4, 7, 18/05/01)
Une nouvelle race de mouton, le Tamir, a été développée
par les agronomes mongols. Bien plus gros que le mouton mongol commun,
le Tamir pèse en moyenne 64 kg (53 kg pour une brebis). On en compte
aujourd'hui plus de 200 000. (EDN 5/06/01)
Société 
Droits de l'homme. Après la visite l'été
dernier de Mary Robinson, haut commissaire de l'ONU pour les droits de
l'homme, une délégation conduite par Brian Burdekin s'est
rendue en mai en Mongolie pour apporter une aide technique à la
toute jeune commission nationale mongole des droits de l'homme (la Mongolie
est le 9e pays dans la région a instituer une telle commission).
B. Burdekin s'est dit satisfait de la situation des droits de l'homme
dans ce pays qui suit les conventions internationales sur les droits fondamentaux,
dont la convention contre la torture. La visite a donné lieu à
une déclaration conjointe signée à Genève
par le haut commissaire Mary Robinson et le ministre mongol des Affaires
étrangères, L. Erdenetchuluun, sur la protection des droits
de l'homme en Mongolie. (EDN 14, 29/05/01)
Une stèle va être érigée dans le cimetière
Communarka près de Moscou, à la mémoire de 21 000
personnes originaires de divers pays, victimes de la répression
politique et exécutées en Union soviétique dans les
années 1930-1940. Parmi elles se trouvaient 33 Mongols, comme A.
Amar, alors premier ministre, Ö. Badrakh, l'un des responsables du
parti jusqu'en 1932, Dz. Chindjee ou T. Baldjinyam, tous condamnés
à mort en 1941à Moscou par le collège militaire de
la Cour suprême soviétique (les informations relatives à
leur procès ont été divulguées par la Russie
en 1993). Le nom des victimes mongoles sera gravé en écriture
ancienne sur la stèle.
(EDN 21/02/01)
Environnement 
Centrale hydroélectrique. Le groupe d'experts nommés
par le ministre de l'Environnement, à la suite de protestations,
pour évaluer le projet de construction par la compagnie Erel d'une
centrale hydro-électrique à Maikhan Tolgoï, dans le
Bayan-Ölghii, a finalement émis un avis défavorable.
Le groupe a estimé en particulier que l'utilisation par la centrale
des eaux du lac Noir (Khar nuur) réduirait le niveau des eaux de
ce lac et aurait des conséquences négatives sur l'environnement.
(EDN 16/03/01)
Après les tempêtes du jour de l'An qui avait causé
la mort de cinq personnes, de nouvelles tempêtes de neige ont frappé
début avril une quinzaine de provinces. Elles ont été
particulièrement meutrières, entraînant la mort de
35 éleveurs partis à la recherche de leurs bêtes égarées.
Une centaine de milliers de bêtes ont péri. (EDN 15 et 19/04/01)
Les hémiones (khulan), l'Equus hemionus tenant à
la fois de l'âne et du cheval qui figure dans le Livre rouge des
espèces menacées, sont en augmentation au Gobi-Est (Dornogovi),
dans les districts de Khatanbulag, Khövsgöl, Ulaanbadrakh, Mandakh
et Saïkhandulaan, où ils sont environ 30 000. Les troupeaux
atteignent 200 à 300 individus. Ceci n'est pas pour plaire aux
éleveurs : ils leur reprochent en effet de détruire les
pâturages. (EDN 14/05/01)
Quand au mouflon argali (argali ugaldz), Ovis ammon, qui
figure depuis 1987 dans la liste des espèces menacées, il
semblerait aussi en augmentation, notamment dans l'est du pays, selon
les habitants de ces régions. L'argali vit aux alentours de 1000
m dans les monts Altaï, et jusqu'à 3000 m dans la taïga
montagneuse du Khövsgöl, mais on le trouve aussi, à une
altitude moindre, dans le Khangaï et les zones montagneuses du Gobi.
Le quota de mouflons à chasser fixé en début d'année
était de 280. Au cours des dix dernières années,
les permis de chasse au mouflon n'ont été délivrés
qu'à des chasseurs étrangers. Ceci n'est sans doute plus
le cas puisque début juin, la presse faisait état d'un chasseur
du Gobi-Altaï qui avait tué un argali aux cornes de 162 cm
[d'envergure] et pesant plus de 30 kg.
Le ministère de l'Environnement a organisé au printemps
2001 un séminaire consacré au mouflon. Jusqu'en 1986, la
Mongolie n'avait qu'une idée imprécise du nombre d'argalis
présents sur son territoire. L'Institut mongol de biologie les
avait estimés à 40000 en 1976, alors que des spécialistes
étrangers les estimaient à plus de 50 000, ou au contraire
à seulement 10 000. En 1986, après une étude de plus
de 10 ans, l'Institut de biologie a établi qu'il y en avait 55
000. (EDN 7/03, 22/05, 5/06/01)
Heure d'été. La Mongolie, qui avait supprimé
l'heure d'été ces deux dernières années, est
passée cette année à l'heure d'été
le 28 avril.
Culture et traditions 
Les habitants du Bayankhongor célébreront le 300e anniversaire
de la naissance d'un célèbre khoutouktou (khutagt : réincarnation
sacrée) de Mongolie, le Tchin Südjigt Nomun Khan Luvsannorovcharav,
en même temps que le 60e anniversaire de la fondation de leur aïmak,
le 13 juillet 2001. Cette personnalité du bouddhisme mongol, disciple
du premier Djeb-tsoundamba khoutouktou, le célèbre Dzanabadzar,
a, entre autres choses, composé un hymne intitulé 'Gur duu',
d'où le nom de " fête de Gur duu " donné
à cette célébration. (EDN 20/01/01)
Le 80e anniversaire de la révolution de 1921, le 11 juillet 2001,
sera l'occasion de nombreuses festivités. Un festival folklorique
sera organisé qui réunira plus de 1000 artistes venus de
tous les aïmaks et de la capitale. En outre, cette année,
plusieurs aïmaks célèbreront leur 70e anniversaire.
Les jeux traditionnels (naadam) à l'occasion de la fête nationale
du 11 juillet (le " Naadam ") seront cette année particulièrement
fastueux (le budget alloué par le gouvernement pour l'ensemble
des célébrations s'élève à 386 millions
de tougriks).
Le tournoi de lutte réunira cette année 1024 lutteurs :
il faut remonter à 1951, année du 30e anniversaire de la
révolution, pour trouver un aussi large tournoi. L'Association
nationale de lutte mongole milite depuis quelques années pour que
le nombre de lutteurs, qui est le plus souvent de 512 lors du naadam national,
soit augmenté afin de refléter la croissance de la population
et du nombre d'amateurs et de pratiquants de ce jeu traditionnel ; l'augmentation
du nombre de tours qui en résulte favorise de surcroît l'émergence
d'un plus grand nombre de lutteurs titrés : par exemple, le tournoi
de lutte du 750e anniversaire de l'Histoire secrète des Mongols
en 1990, et celui de 1994, organisés avec 768 athlètes,
avaient consacré, l'un, dix Faucons, et l'autre, neuf Faucons et
quatre Eléphants. Cette année, un plus grand nombre d'athlètes
régionaux pourra donc participer, mais les naadam locaux devront,
eux, être repoussés à une date ultérieure.
Notons que les règlements de lutte ont été modifiés:
deux nouveaux titres de lutteur, Épervier, dont le rang se situe
entre le Faucon et l'Eléphant, et Garuda, entre le Lion et le Titan,
ont été instaurés par l'Association nationale de
lutte mongole. Désormais, un lutteur ayant gagné cinq rencontres
(franchi avec succès cinq tours) au Naadam national obtiendra le
titre de Faucon (natchin), le gagnant de six rencontres, celui d'Épervier
(khartsag) ; le gagnant de sept, celui d'Éléphant (dzaan)
; le gagnant de huit, celui de Lion (arslan) ; le gagnant de neuf, celui
de Garuda (gardi), et enfin celui qui en aura gagné dix aura le
titre de Titan (avraga).
Au-delà, un Titan peut obtenir le titre de Dalai Avraga (Titan
océanique), s'il gagne deux fois le tournoi (national), et, s'il
gagne encore une fois un tournoi, il sera déclaré Dayan
Avraga (Titan universel). Le titre le plus élevé est celui
de Darkhan Avraga (Titan consacré), attribué au Titan universel
gagnant à nouveau un tournoi.
Les titres des lutteurs, qu'ils se soient retirés ou non de la
compétition, ont été modifiés en conséquence
: ainsi les deux Lions de l'année passée, Sükhbat et
Ganbaatar, ont à présent le titre de Garuda.
Une assemblée extraordinaire des lutteurs de l'Association, qui
s'est tenue le 11 juin, a décidé que les titres seront accordés
par équivalence : ainsi, un lutteur ayant gagné six rencontres
à trois reprises à un naadam national, ou deux fois six
rencontres et deux fois cinq rencontres, ou bien encore une fois six rencontres
et quatre fois cinq rencontres, pourra recevoir le titre d'Élephant
au même titre que le vainqueur de sept tours.
Le concours de tir à l'arc comportera également du tir
ouriankhaï et du tir bouriate ; quant au concours d'osselets, inclus
dans les festivités depuis 1990, il réunira 20 équipes
et 200 tireurs.
Les courses d'étalons et de chevaux adultes se dérouleront
le 12 juillet.
Le droit d'accès pour les journalistes étrangers est fixé
à 75 USD. Quelque 400 journalistes devraient couvrir les célébrations.
(EDN 30/04, 8, 24/05, 4 , 7, 14 et 20/06/01).
Taux de change 
Taux de la Banque de Mongolie au 11 juin 2001
1 USD = 1,096.00 tougrik
pied
|