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Disparition du président du parlement

Lkhamsüren Enebich, président du Grand Khural et secrétaire général du PPRM, est décédé soudainement, le 30 septembre, des suites d'un infarctus. Né en 1947 dans la province de Bulgan, il était ingénieur de formation. Élu député en 1992 au Grand Khural (le parlement démocratique établi par la nouvelle constitution de 1992 qui a succédé au Grand Khural populaire de l'époque communiste), il avait occupé depuis les postes de ministre de la Fonction publique et de vice-premier ministre. En 1997, il était devenu le secrétaire-général du parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM) ; à l'issue des dernières législatives (2000), il avait été élu président du Grand Khural.

Politique intérieure


Budget revu à la hausse. En juin, préalabement à la visite de responsables de la Banque mondiale, le gouvernement a soumis au parlement une révision à la hausse (près de 5%) du budget 2001.
Le premier ministre N. Enkhbayar a justifié les dépenses supplémentaires dues à la mise en œuvre du Programme pour réduire la pauvreté et assurer la croissance. La hausse des prix du pétrole, de l'électricité et du chauffage, comme l'augmentation (pourtant limitée) du salaire de 90 000 fonctionnaires et de 150 000 retraités, ou encore la dotation en cheptel des éleveurs les plus affectés par le dernier dzud ont en effet, selon Tch. Ulaan, ministre de l'Économie et des Finances, conduit à un dépassement du budget initialement voté.
Le gouvernement veut aussi financer à hauteur de 900 millions de Tg la construction d'étables pour le bétail, de puits, la préparation de réserves de foin, et à hauteur de 8 milliards de Tg un fonds d'urgence destiné à affronter une baisse imprévue des revenus de l'État, telle celle due aux baisses récentes du prix du cachemire et du cuivre sur le marché mondial.
En contrepartie, certaines entreprises qui ont réalisé d'importants bénéfices (Montelecom, Banque du commerce et du développement, Société Gobi) ont alimenté les caisses de l'État, de même que la taxe sur la consommation d'alcool introduite en janvier qui a fait rentrer pour les trois premiers mois 1,3 milliards de Tg. Des amendements aux lois fiscales que le gouvernement veut faire adopter dans le cadre de son programme 2000-2004 devraient aussi lui permettre d'élargir la base de l'impôt et d'accroître le nombre des contribuables ; un impôt immobilier est en préparation et des mesures sont prévues pour assurer la bonne collecte de l'impôt. Notons que la part de l'impôt dans le PIB ne dépasse pas les 23% et devrait cette année tomber à 22,3%. En 2000, 40% du budget provenait des revenus fiscaux, et en particulier de la TVA, introduite depuis les lois fiscales votées en 97-98 et passée de 13 à 15% sous le nouveau gouvernement PPRM.
Le taux d'imposition en Mongolie est de 25% environ, mais nombreux sont ceux qui ne payent pas l'impôt sur le revenu. Ainsi les éleveurs ayant moins de 150 bêtes en sont exemptés (récemment, en septembre 2001, Tch. Ulaan remarquait que le secteur agricole, s'il produit un tiers du PIB, soit environ 120 milliards de Tg, ne contribue que pour 2 milliards aux impôts locaux) ; mais ce sont surtout les petits commerçants -- qui ne payent pour l'instant que des droits de licence - et les petits entrepreneurs menant leurs opérations en liquide qui échappent à l'impôt. Ce sont les sociétés qui payent le plus lourd tribut, malgré une tendance à éviter le paiement de l'impôt où à ne pas déclarer l'intégralité de leurs revenus (d'ailleurs la part de l'impôt sur le revenu dans les rentrées fiscales est tombé à moins de 23% en 1999, ce que les difficultés économiques ne peuvent seules expliquer).
Cette question de l'impôt sur les sociétés a été au cœur d'un débat organisé en juillet dernier à la Chambre de commerce entre les cercles d'affaires et le chef du gouvernement. Ce dernier a promis qu'aucune nouvelle augmentation des impôts ne serait introduite, le gouvernement envisageant plutôt de diminuer progressivement l'impôt sur les sociétés de 30%. Sont d'ores et déjà dispensées de TVA les sociétés à capitaux étrangers qui produisent des biens pour l'exportation, de même que celles qui importent des équipements technologiques ou de la machinerie lourde. De nouvelles propositions visent à développer l'industrie nationale dans les secteurs de la laine, du cachemire, du textile et du cuir : les sociétés de ces secteurs à capitaux étrangers seront exemptées de taxes pendant les trois premières années, puis bénéficieront d'un abattement de 50% les trois années suivantes.
Pour satisfaire aux conditions du Fonds monétaire international (FMI), avec lequel le nouveau pouvoir a eu des négociations difficiles tout au long de l'année passée, le gouvernement s'est également engagé à réduire les droits de douanes à compter de 2002 : ils passeront de 7 à 5%, le FMI considérant que les produits mongols doivent être en compétition avec les produits étrangers équivalents et que c'est aux fabricants mongols d'améliorer leur gestion. Le gouvernement devra également ouvrir un compte où seront transférés tous les comptes actuels en devises du gouvernement ; accroître le salaire des fonctionnaires ; régler la question des dettes envers l'État des compagnies publiques telles que la mine de charbon de Baganuur, les services de l'énergie, Erdenet et l'importateur de pétrole NIC, avec interdiction de faire du troc avec d'autres compagnies publiques, car ces dernières ne peuvent plus alors s'acquitter de leurs propres dettes.
(EDN 24/01, 10/05, 19/06, 23 et 26/07, 28/09/01 ; MM 20/06/01)

 

Fonctionnaires limogés

Depuis l'arrivée au pouvoir des anciens communistes en juillet 2000, un grand nombre de fonctionnaires connus pour leurs opinions politiques divergentes de celles du PPRM ont été relevés de leurs fonctions et remplacés par des fidèles du PPRM. Citons par exemple D. Byambasüren, ancien premier ministre, écarté de la direction de l'Académie de gestion, ou B. Medree, directeur de la banque du Commerce et du Développement, démis de ses fonctions par une décision émanant, non du conseil des actionnaires comme le voudrait le règlement, mais du conseil directeur du PPRM. Plus récemment, la mise à l'écart du commandant en second des troupes frontalières limogé par surprise en août dernier et qui avait été candidat du parti républicain aux législatives, les dernières nominations de diplomates ou, à la rentrée, les révocations sans justification apparente de directeurs d'école témoignent de la volonté du PPRM de contrôler seul tous les rouages de l'État.
Moins de deux mois après la victoire du PPRM aux législatives 2000, le conseil politique de l'ex-parti social-démocrate (qui a fusionné depuis dans le parti démocrate) déplorait déjà le limogeage massif de fonctionnaires, directeurs d'écoles ou responsables d'entreprises publiques sur la base de leurs opinions politiques. Ceci constitue, déclarait-il alors, une violation de l'esprit de la constitution qui stipule que nul ne peut être discriminé pour des raisons idéologiques, et va à l'encontre des principes de la fonction publique. Et de souligner qu'inversement, la coalition démocratique avait laissé en place, après sa victoire aux législatives de 1996, un très grand nombre de fonctionnaires affiliés au PPRM, dont plusieurs secrétaires d'État.
En janvier dernier, l'ancien premier ministre Dj. Narantsatsralt, qui est aussi l'un des quatre députés d'opposition au Grand Khural, s'était inquiété de cette chasse aux sorcières auprès du secrétaire du gouvernement, par ailleurs secrétaire du PPRM, Ö. Enkhtüvchin. Ce problème est devenu un cheval de bataille du parti démocrate qui n'a presque plus de représentants dans l'administration locale au niveau des districts et des villes, alors que, sous le précédent cabinet, les gouverneurs de sept provinces (aimag) (soit le tiers), les chefs de 133 districts (sum) et, au niveau inférieur, de 539 baga, étaient membres du PPRM. Du côté des ambassades, si des diplomates professionnels membres du PPRM étaient, sous la coalition, restés en poste ou avaient été nommés, en revanche le gouvernement PPRM ne garde ou ne nomme que ses fidèles : le premier ministre et le président se sont âprement disputé les postes pour leurs amis respectifs si l'on en croit le journal Ödriin sonin, proche de l'opposition.
Selon une estimation du Centre des libertés, 15 000 fonctionnaires auraient été ainsi démis de leurs fonctions durant l'année écoulée, pour des raisons idéologiques. Une liste tenue par le parti démocrate concernant ses membres fait état de 2040 personnes ainsi renvoyées. La commémoration annuelle des victimes des purges communistes, le 10 septembre, devait être marquée par une manifestation contre cette " nouvelle forme de répression ".
Interrogé à ce sujet par des journalistes quelques jours plus tard, le président du parlement, L. Enebich, avait déclaré qu'en tant que membre du conseil directeur du PPRM, il n'avait jamais donné d'instructions pour de tels limogeages, et que, si limogeages il y avait eu, il fallait " blâmer la politique à courte vue de ceux qui les avaient décidés et non le PPRM ".
(EDN 23/08, 15/09/00, 12/01, 18/06, 19/07, 3/08, 4, 6 et 14/09/01 ; ÖS 29 et 30/06/01)

Vie des partis

3e session du comité national du parti démocrate. Le parti démocrate mongol (PDM), principal parti d'opposition n'a guère fait parler de lui après son échec aux présidentielles du printemps dernier, réservant, selon ses dirigeants, son action au niveau local. Formé en décembre dernier par la fusion de cinq partis, il est loin de tenir un discours homogène ; ses contacts avec ses deux représentants au parlement sont des plus limités. En dehors de la dénonciation des limogeages politiques, les critiques à l'égard de N. Enkhbayar ont été rares, tant il est vrai aussi que la politique de privatisation de grosses entreprises publiques annoncée par le gouvernement va dans le sens de celle préconisée par l'opposition démocratique (bien que cette dernière juge qu'il eût été plus profitable pour l'État de le faire il y a deux ans, quand la coalition le demandait et que ces entreprises étaient en meilleure santé économique). C'est que le style et les idées du réformateur du PPRM, avocat de la modernité,du développement des villes et de l'abandon du nomadisme, le rendent finalement assez proche de cette génération de jeunes démocrates issue de l'effondrement du communisme.
On attendait donc avec intérêt la tenue, les 23 et 24 septembre 2001, de la 3e session du comité consultatif national appelé à analyser les raisons du dernier échec électoral, et ce d'autant qu'à l'intérieur du parti, on ne se voilait pas les yeux sur cette inertie préjudiciable au développement d'une opposition capable de damer le pion au PPRM.
Certains membres influents du PDM, tel Do. Ganbold, s'étaient même exprimés dans la presse sur la nécessité de changer la direction du parti, décision relevant précisément des 170 membres du comité consultatif national. Ils faisaient ainsi porter à D. Dorligdjav, nommé président depuis décembre 2000, la responsablilité des mauvaises performances du nouveau parti démocrate aux récentes élections, et suggéraient de le remplacer à la tête du parti par M. Enkhsaïkhan.
Il est vrai que ce dernier, qui fut l'un des artisans de la victoire de la coalition démocratique en 1996 et premier ministre du gouvernement de coalition de 1996 à 1998, a une réputation de politicien brillant et honnête, et jouit d'une image positive dans l'opinion publique. En novembre dernier, un sondage sur les personnalités susceptibles de présider le nouveau parti démocrate le créditait de 55% d'opinions favorables contre 14%, 9% et 6,7% respectivement à R. Amardjargal, Dj. Narantsatsralt (tous deux également ex-premiers ministres) et R. Gontchigdorj (ex-président du Grand Khural).
M. Enkhsaïkhan ne rejetait pas, en principe, l'idée de prendre les rênes du parti, car, selon lui, ni D. Dorligdjav, l'actuel président du PDM, ni Dz. Enkhbold, le secrétaire-général, bien que bons organisateurs et économistes, n'étaient pas les chefs politiques dont le parti avait besoin. M. Enkhsaïkhan, par ailleurs, regrettait l'occasion manquée par le PDM de fusionner avec le parti du Courage civique de S. Oyun, et considérait que l'opinion publique, en sanctionnant l'ex-coalition aux dernières élections, avait exprimé sa fatigue, non de la démocratie elle-même, mais de certains leaders démocrates. Il appelait le parti à parler ouvertement des erreurs commises par l'ex-coalition, et à présenter des excuses pour son incapacité à élucider le meurtre du ministre des Infrastructures S. Dzorig en 1999. Cependant, il était bien conscient du fait qu'il ne disposait pas au sein du parti d'un appui suffisamment fort pour être élu président par le comité consultatif national, d'autant que D. Dorlig-djav entendait rester à son poste et proposait plutôt que le parti modifie ses règles de fonctionnement et délimite plus clairement les responsabilités du président qui, selon son expérience, n'est pas en mesure actuellement de se comporter comme le véritable leader du parti.
Le comité consultatif national s'est donc réuni fin septembre 2001, mais les détails des discussions en son sein ne sont pas connus, les débats n'étant pas publics (certains journalistes sans doute trop entreprenants auraient même vu leur carte de presse confisquée). Finalement, le comité a choisi de maintenir D. Dorligdjav à son poste de président et s'est contenté d'élire un nouveau secrétaire général, l'ex-député N. Altankhuyag (le secrétaire général sortant Dz. Enkhbold, âgé de 35 ans, devant se rendre aux États-Unis pour y étudier pendant deux ans). Ceci confirme que M. Enkhsaïkhan et ses amis n'ont pas eu le soutien suffisant pour faire adopter leurs idées par le comité.
La convocation d'une réunion extraordinaire du comité est par ailleurs prévue en vue de la modification des statuts du parti ; deux vice-présidents, dont une femme, devraient être élus à cette occasion.
(EDN 26/06, 3, 13 et 21/08, 17-26/09/01 ; ÖS 27/06/01)

Relations extérieures

Statut non-nucléaire

La Mongolie était présente à la réunion de cinq puissances nucléaires organisée par les Nations-Unies à Sapporo les 5 et 6 septembre dernier. La déclaration conjointe, dans laquelle ces pays garantissent la sécurité de la Mongolie, est d'une grande importance aux yeux des dirigeants mongols, bien qu'elle ne soit pas encore légalement contraignante.
Signataire du traité de non prolifération nucléaire, n'ayant aucune alliance militaire avec des États nucléarisés et suivant une politique de non-alignement, la Mongolie remplit les conditions pour que soit garanti son statut non-nucléaire. Le secrétaire-général des Nations-Unies, Kofi Annan, doit présenter à la 57e session spéciale un rapport sur l'application de la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU (1998 et 2000) concernant le statut non-nucléaire de la Mongolie.
(EDN 12/09/01)

Dans son numéro daté du 10 juillet, p. 5, Mongolia this week publie une analyse sur la place grandissante de la Mongolie dans le concert des nations, qu'a soulignée récemment la visite de Tang Jiaxuan, le ministre chinois des Affaires étrangères, favorable à l'entrée de la Mongolie au Groupe de Shanghai (Shanghai Cooperation Organization) créé en avril 1996 en vue de lutter contre le terrorisme, l'extrémisme et le séparatisme, et comprenant la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadji-kistan et, depuis cette année, l'Ouzbékistan. Autre preuve de la percée de la Mongolie sur le plan international : les nouvelles règles d'attribution des visas entre les États-Unis et la Mongolie, et également les déclarations du directeur de Zarubejtsvemet, le partenaire russe de la grande entreprise Erdenet, qui s'est montré très encourageant sur une future participation à l'exploitation des richesses minières mongoles, tels les nouveaux gisements découverts dans la province du Gobi oriental (Dornogobi), ou à l'extraction de l'or.

Chine

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Tang Jiaxuan, a effectué une visite officielle en Mongolie début juillet. On s'est mutuellement félicité à l'occasion du 80e anniversaire du parti populaire mongol et du parti communiste chinois, tous deux fondés en 1921.
Depuis une dizaine d'années, la Chine a investi à hauteur de 107 millions de USD en Mongolie. Alors qu'elle n'en était que le 5e partenaire économique en 1990, elle est désormais son premier partenaire et son principal investisseur. Sur plus de 1600 sociétés étrangères opérant en Mongolie, un tiers sont chinoises. Les importations par la Chine de produits mongols s'élevaient à 188 millions de USD en 2000, soit une augmentation de 53% par rapport à 1999 : ceci représente plus de 32% des exportations totales de la Mongolie. En revanche, la part des produits chinois dans les importations mongoles (16%) est moins importante et la balance commerciale nettement favorable à la Mongolie.
À l'occasion de sa visite, le ministre chinois a signé un protocole de don de 5 millions de yuan (rmb) destiné à la formation d'étudiants mongols en Chine. Le 7 juillet, un don de 45 millions de yuan était également annoncé.
Il a par ailleurs déclaré que la Chine n'avait aucune objection à l'entrée de la Mongolie au Groupe de Shanghai, ni à son statut de zone non-nucléaire.
Par ailleurs, au cours des discussions de la 7e commission mixte intergouvernementale qui s'est tenue dans la foulée à Pékin en présence du ministre mongol des Insfrastructures, B. Djigdjid, la Chine a donné son accord pour l'ouverture d'un nouveau corridor aérien et pour l'augmentation des vols entre les deux capitales. Davantage de trains circuleront durant la saison touristique, mais le principe d'une autre ligne ferroviaire entre la ville de Tchoïlbalsan à l'est et Rachaant, situé du côté chinois (nord de la Mongolie-Intérieure) est encore discuté. Côté mer, outre Tianjing, un autre port sera désormais accessible à la Mongolie : Qinhuangdao.
Il a été aussi décidé que les deux pays pourraient utiliser leurs monnaies nationales respectives dans le commerce frontalier, et qu'ils renforceraient leur contrôle sur les banques opérant dans ce type de commerce. La Mongolie a demandé également de pouvoir importer plus régulièrement du pétrole de Chine, et la Chine a promis d'apporter sa technologie pour développer le réseau de communication mongol, ce qui devrait diminuer considérablement le coût des communications des téléphones mobiles.
Début septembre, une délégation de parlementaires mongols emmenés par le vice-président du parlement mongol, Dj. Byambadordj, a effectué une visite d'une semaine en Chine.
Cependant, si les relations politiques et économiques entre les deux États ne cessent de se développer, une certaine tension se fait parfois sentir dans la population. Ainsi, des échauffourées entre des Chinois et des Mongols (apparemment en état d'ébriété, bien que la presse mongole attribue la responsabilité des incidents aux Chinois) ont eu lieu début août, à deux reprises : d'abord dans un bar, puis sur un chantier de construction. Le 13 août, le chargé d'affaires chinois réunissait une conférence de presse à ce sujet et demandait au gouvernement mongol de sanctionner les coupables, d'indemniser les victimes et de protéger la sécurité et les droits des ressortissants chinois.
La question du dalaï-lama est aussi épineuse. On apprenait ainsi début septembre que la visite en Mongolie du pontife tibétain, programmée du 3 au 17 septembre, était ajournée. L'ambassade de Chine à Oulan-Bator avait fait savoir son désaccord, et la Russie refusait de son côté de lui accorder le visa de transit nécessaire.
(EDN 3-9/07, 6 et 14/08, 3, 6 et 24/09/01 ; MM 14/07/01)

Pipeline

Lors de sa visite en Russie courant juillet, le premier ministre chinois Zhu Rongji a signé un document sur la faisabilité économique et technique du fameux oléoduc de 2500 km qui acheminerait le pétrole sibérien d'Angarsk à la raffinerie chinoise de Daqing au nord de la Chine. Selon une source non officielle, cet accord prévoit que la route de l'oléoduc passera, non par la Mongolie comme cette dernière l'espérait tant, mais par la Mandchourie. Mi-septembre, le gouvernement mongol n'en avait toutefois pas encore été avisé.
La route mandchoue, plus à même de desservir des régions industrielles chinoises, japonaises et sud-coréennes où la consommation de pétrole devrait quadrupler dans les vingt prochaines années, est en effet la plus appropriée, même si elle n'est pas la plus courte. Déçue, la Mongolie qui dépense une part considérable de son budget à régler sa facture énergétique, regarde désormais vers un autre projet d'oléoduc, voire également d'un gazoduc, qui acheminerait le pétrole sibérien vers les régions occidentales de la Chine en traversant l'ouest de la Mongolie.
(EDN 19/07, 11/09 ; MM 27/07/01)

Corée du Sud

Un Forum coréen-mongol réunissant parlementaires, hommes d'affaires et scientifiques s'est tenu début juillet. Il a été surtout question de l'introduction en mongolie des nouvelles technologies de l'information, de l'amélioration des services de santé et de la privatisation annoncée de certaines grandes entreprises mongoles. Les investisseurs sud-coréens se sont plaints de l'environnement légal et commercial en Mongolie : selon eux, l'application des textes de loi sur les investissements étrangers et les divers avantages offerts aux investisseurs laisse à désirer et les responsables mongols ne se donnent guère de mal pour régler les problèmes…
Les échanges continuent à aller bon train entre Coréens et Mongols : 35 étudiants de l'Institut des relations internationales de Séoul ont ainsi passé l'été non loin du du monastère d'Amarbayasgalant, dans la province de Selenghe, où ils se sont familiarisés avec le mode de vie mongol, vivant chez l'habitant et aidant dans leurs tâches éleveurs et agriculteurs.
Signalons aussi l'ouverture derrière l'hôtel Gengis Khan d'un nouveau centre commercial (Sky Shopping Center), qui a été construit par une entreprise coréo-mongole. Il emploie 300 personnes, dont 290 Mongols.
(EDN 3, 10 et 17/07/01 ; Mongolia this week 10/07/01)

Russie

Des accords ont été signés en juillet entre les deux pays relatifs à l'exportation de viande vers la Russie, à la coopération frontalière, au règlement des vols de bestiaux le long de la frontière touva-mongole et à l'assistance russe dans la construction de la " route du millénaire ".
En août, le gouvernement russe a décidé dans un geste humanitaire la livraison de denrées d'une valeur de près de 100 000 USD, dont il prendra également en charge le transport.
Par ailleurs, la question pendante de la dette mongole (18 millions de USD) à l'égard de la Russie aurait été réglée.
La Russie a inauguré le 11 août le nouveau poste frontière routier de Khiagt (Kiakhta) ; selon les nouvelles procédures, seuls les véhicules à moteur sont autorisés à passer la frontière ; le passage à pied est désormais interdit.
Notons enfin que les chanteurs russes continuent à attirer un large public mongol : 14 ans après sa première tournée auprès des troupes soviétiques stationnées en Mongolie, le chanteur Filip Kirkorov est revenu fin août et a rempli le grand stade d'Oulan-Bator où le public s'est partagé quelque 50 000 billets coûtant entre 5000 et 15 000 Tg.

Altaï. S.I. Zubakin, chef du gouvernement de la république de l'Altaï, s'est rendu en Mongolie fin juillet et a rencontré le Premier ministre Enkhbayar. Il a été question des relations entre l'Altaï et les provinces occidentales de la Mongolie en matière d'agriculture, de construction, de routes et de services vétérinaires.
Le gouverneur de la région de Tchita (Transbaïkalie), R. F. Genyatulin, était par ailleurs attendu en septembre.
(EDN 24, 27/07, 8 et 31/08, 10, 12 et 19/09/01)

États-Unis

À compter du 18 juillet, de nouvelles règles de délivrance des visas sont entrées en vigueur. Les Américains n'ont désormais plus besoin de visa pour se rendre en Mongolie ; de leur côté, les Mongols admis à entrer aux Etats-Unis recevront un visa de 3 ans (officiels), 5 ans (étudiants) ou 10 ans.
Le président Bagabandi a reçu en août le consul honoraire de Mongolie à Denver, Colorado. Dans cet État américain vivent ou étudient plus de 600 Mongols. Cette communauté s'est d'ailleurs fait remarquer au festival des Bateaux-Dragons de Denver : c'est en effet l'équipe des " marins " mongols, venus d'un pays où l'on n'a pourtant guère le pied marin et dont la presse locale s'était gentiment gaussée, qui a finalement remporté la coupe !
Signalons aussi la visite en Mongolie de l'ancien président américain Jimmy Carter les 8 et 9 septembre dernier, à l'invitation du Premier ministre mongol qui entendait ainsi populariser la Mongolie à l'étranger et encourager les investissements.
(EDN 5/07, 20 et 28/08/01 ; MM 12/09/01)

Europe

La Communauté européenne, qui avait déjà accordé une aide de 567 000 euros en début d'année, a décidé d'accorder 1,03 million d'euros d'aide supplémentaire à la Mongolie qui doit faire face aux conséquences de la catastrophe climatique de l'hiver passé. Le premier versement servira au rééquipement en cheptel des éleveurs affectés par le dzud, à leur santé et à leur éducation.
(EDN 21/09/01)

Allemagne

Agenda chargé cet été entre les partenaires mongols et allemands, l'Allemagne étant, rappelons-le, le principal donateur européen. En juin, une " Académie d'éducation juridique " ouvrait ses portes. Elle résulte d'un accord entre le gouvernement mongol et la Fondation Hans Seidel. Son rôle sera de diffuser auprès du public, et des fonctionaires en particulier, des informations à caractère juridique. En l'inaugurant, le premier ministre l'a qualifiée d'" université populaire " .
Toujours dans le cadre de la coopération juridique entre les deux pays, le ministre de la Justice et des Affaires intérieures mongoles devait recevoir une délégation allemande en août, tandis que le 20 septembre, c'est une délégation mongole, composée de parlementaires, qui se rendait en Allemagne pour y observer le fonctionnement du système législatif et du système électoral allemands.
Par ailleurs, une délégation de parlementaires et politiciens allemands, arrivée Mongolie fin juillet, a convenu avec ses interlocuteurs mongols de la nécessité de développer la coopération dans les domaines de la culture, de l'éducation et, plus spécialement, du tourisme.
Début septembre, plusieurs personnalités politiques, dont l'ancien président P. Otchirbat, l'essayiste et ex-député Baabar, l'ancien Premier ministre M. Enkhsaïkhan et le vice-ministre de l'Économie L. Enkhtaïvan, devaient donner une conférence dans le cadre du Forum mongolo-allemand créé voici deux ans.
Le 5 septembre, M. L. Enebich, le président du parlement (dont on vient d'apprendre le décès) recevait le secrétaire-général de la Fondation Konrad Adenauer, qui, soulignait-il, apporte depuis 1990 une aide importante à l'instauration d'un système démocratique en Mongolie.
De leur côté, le ministre des Affaires étrangères, L. Erdenetchuluun, le ministre de la Défense Dj. Gurragtchaa et le président de la commission parlementaire sur la sécurité et la politique étrangère, L. Lündeedjantsan, recevaient une délégation allemande pour discuter de coopération militaire bilatérale.
Signalons enfin que dans le cadre d'un accord bilatéral, il est prévu d'organiser en Allemagne en 2004 une exposition consacrée à Gengis Khan et à ses successeurs. Les experts allemands sont déjà sur place pour procéder à la sélection des objets. Une exposition du même nom s'est ouverte au musée des Beaux-Arts d'Oulan-Bator.
(EDN 27/06, 26 et 27/07, 27/08, 3 et 6/09/01)

En visite en Mongolie début septembre, Jacques Diouf, le directeur de la FAO, l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations-Unies, qui a des projets en Mongolie depuis 1973, a annoncé que la FAO collaborerait avec le gouvernement sur un programme visant à lutter contre la pauvreté parmi les éleveurs et accroître le revenu de ceux qui travaillent dans l'élevage et l'agriculture. L'accent sera mis sur le développement de ces secteurs et sur la sécurité alimentaire.
Le Premier ministre mongol a reconnu la nécessité de réformer le secteur de l'élevage. Il a souligné en particulier le décalage entre la part de l'élevage dans le PIB (35%) et sa contribution au budget de l'État (0,5%). Il a également souhaité que les produits issus de l'élevage soient manufacturés dans le pays plutôt qu'à l'étranger. Enfin, il a appelé à faire les préparatifs nécessaires en vue du prochain hiver, qui s'annonce difficile, plutôt que de compter sur l'aide internationale.
On craint en effet un troisième dzud consécutif après ceux des deux hivers précédents qui ont causé la perte de 2,4 et 3,4 millions de têtes respectivement. Une importante sécheresse a sévi cet été sur un tiers du territoire mongol, tandis qu'un autre gros tiers a été aussi affecté mais dans une moindre mesure (ainsi, un vol de sauterelles qui a détruit une grande partie des pâturages s'est abattu sur la région d'Oulan-Bator, le 22 juillet, ce qui est interprété par les anciens comme un signe de sécheresse). Treize millions de têtes vivent dans les zones touchées. Le manque d'herbe dans les pâturages ne permettra pas un engraissement satisfaisant des troupeaux avant l'hiver, ni la récolte de quantités suffisantes de foin et de fourrage.
Des consignes ont donc été données pour que des mesures préventives soient prises : construction d'étables et d'abris, réserves de foin. Le gouvernement voudrait par ailleurs accroître par précaution les exportations de viande afin de limiter des pertes ultérieures ; des réserves importantes de viande seront faites cet automne pour satisfaire les besoins des citadins au printemps prochain.
(EDN 27/08, 3/09/01 ; MM 5/09/01)

BasD

Le directeur de la Banque asiatique de développement (BasD,) Tadao Chino, était à Oulan-Bator le 27 septembre pour l'inauguration d'une délégation de la BasD. Il a eu des entretiens avec le ministre des Finances, Tch. Ulaan, et le président de la Banque de Mongolie, O. Tchuluunbat.
La Mongolie est membre de la BasD depuis 1991 : au cours des dix années passées, la BasD lui a accordé 25 prêts d'un montant total de 439 millions de USD, ainsi qu'une assistance technique s'élevant à 44 millions. La pauvreté n'a pourtant pas diminué, admettait le représentant de la BasD en Mongolie, Barry Hitchcok. Selon lui, la stabilisation en 1995 de l'économie, qui s'était effondrée au début des années quatre-vingt-dix, n'a pas été suivie d'une croissance suffisante (elle n'a été que de 3%) pour avoir un effet sur le tiers de la population vivant sous le seuil de pauvreté. A la suite de l'adoption par la banque en 1999 d'une nouvelle stratégie de réduction de la pauvreté, la Mongolie a été le premier pays membre a signer un partenariat contre la pauvreté (mars 2000), renouvelé avec l'actuel gouvernement (mars 2001). Le plan de la banque adopté en mai 2000 et intitulé " Opérations de la BasD en Mongolie pour la réduction de la pauvreté " porte sur les trois années à venir et met l'accent sur les secteurs financier, agricole, public, social et sur le développement urbain ; il souligne que tout projet soutenu doit favoriser la croissance économique, créer des emplois et être accompagné d'une bonne gestion pour éviter tout gaspillage des réserves comme c'est le cas dans de trop nombreux pays. Des prêts s'élevant à un total de 186 millions de USD devraient être alloués à la Mongolie, avec une assistance technique annuelle de 4 millions de USD, et permettre la mise en œuvre du programme. Parmi les projets, celui sur l'habitat prévoit, soit des prêts aux particuliers pour améliorer leur logement (la BasD prêtera aux banques commerciales mongoles, celles-ci prêteront aux entreprises et ce sont ces dernières qui accorderont les prêts aux employés, le remboursement du prêt étant ensuite prélevé directemetn sur leur salaire), soit, pour ceux qui n'ont pas les moyens de souscrire des prêts, une assistance directe. À la campagne, la banque veut développer les coopératives de crédit (credit unions) pour les plus défavorisés. Sur le plan social, l'effort portera sur la formation des chômeurs et le développement d'un marché du travail.
Ajoutons pour l'anecdote qu'une équipe d'assistance technique de la BasD mongolo-australienne, qui menait une enquête dans l'Arkhangaï, s'est vu offrir en août dernier un cheval de course de 4 ans par le district d'Öldziit en remerciement du travail accompli. L'équipe participera personnellement aux frais de pension et d'entraînement du cheval.
(EDN 27 et 28/08/01 ; MM 29/08/01)

BERD

Au printemps 2000, la Banque européenne de reconstruction et de développement accueillait favorablement la demande de la Mongolie de devenir membre de la BERD, processus auquel le Danemark a apporté son soutien financier. Lors d'une rencontre en septembre, le Premier ministre mongol et le directeur exécutif de la BERD, M. Pim van Ballecom, ont discuté des possibilité d'améliorer le statut de la Mongolie à la BERD et de coopérer dans les domaines de la banque, des infrastructures et de la privatisation. La BERD a annoncé qu'elle créait un fonds de coopération pour la Mongolie. Rappelons que les activités de la BERD, créée en 1990, sont centrées sur la rénovation des structures financières et les investissements étrangers dans les anciens pays communistes.
(EDN 18/09/01)

La visite à Oulan-Bator du président de la Banque mondiale, James D.Woolfenson, initialement prévue pour la fin septembre, a été repoussée à avril 2002 en raison des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.
(EDN 25 et 28/09/01)

Consuls honoraires

La 3e conférence des consuls honoraires, un service auquel la Mongolie a largement fait appel depuis 1990 pour la représenter dans les pays où elle n'a pas encore, ou n'a plus, d'ambassade, s'est tenue les 15 et 16 août dernier. Ils sont actuellement 35, répartis dans 27 pays, chargés de délivrer les visas mongols, aider les Mongols expatriés résidant dans leur pays, encourager les échanges commerciaux et régler des problèmes divers. Des Mongols représentent aussi en Mongolie les intérêts de certains pays étrangers tels la Malaisie, la Thaïlande ou la Slovaquie.
(EDN 16 et 17/08/01)

Restrictions à l'embauche d'étrangers

En application de la loi sur l'emploi adoptée le 1er juin, le gouvernement mongol a décidé, dans le cadre de son action contre le chômage, de vérifier la régularité des contrats de travail et des visas des étrangers travaillant dans le pays, et ce à compter du septembre 2001. Ces contrôles concerneront également les étrangers venus avant le 1er juin. En outre, le gouvernement a pris des mesures destinées à favoriser, à compétences égales, l'embauche des nationaux sur celle des étrangers. Une société qui décidera d'employer un étranger devra le faire avec une raison valable, sans quoi elle risquera une amende mensuelle de 36 000 Tg payable au Fonds de soutien à l'emploi récemment créé.
Il y a officiellement 40 000 chômeurs. Le taux de chômage est de 4,7% dans la capitale. Dans les provinces, le taux le plus faible est de 2,8% et concerne la province du Gobi oriental (Dornogobi), et le taux le plus élevé est celui rencontré dans le Bayan-Ölghii où il est de 13,14% ( de nombreux Kazakhs de retour du Kazakhstan n'ont pas trouvé d'emploi), puis, à l'autre extrémité de la Mongolie, dans la province Orientale (Dornod), où il s'élève à plus de 10%.
(MM 29/08/01)

Économie

Indicateurs des 6 premiers mois de l'année 2001 :

Commerce extérieur :
- Importations : 156,4 M USD (- 9,3% par rapport à 2000)
- Exportations : 237,7 M USD (- 25,4% : baisse du textile, des cuirs et peaux, et du cuivre)
Volume total des échanges : 394,1 M USD (-16,5%)
Déficit de la balance extérieure : 81,3 M USD (+ 29 M USD)
Fin juillet, ces deux derniers chiffres étaient passés respectivement à 584,5 M USD et 117,3 M USD (+ 40,1 M USD)
Les statistiques pour la période mai-août mettent en évidence la part toujours croissante de la Chine dans les exportations : 61%, contre 29% pour les Etats-Unis et seulement 6% pour la Russie.
Industrie : 102,4 M Tg (+ 5,5%)
Elevage : au 1/07/01, 67% des femelles avaient mis bas et 7,6 millions de jeunes (85%) avaient survécu, ce qui est environ 10% de moins que l'an dernier (762 000 têtes en moins). 13% du cheptel (qui s'élevait à environ 30 millions de têtes) a été perdu depuis janvier 2001
Agriculture : 214 000 hectares ont été ensemencés (198 000 h en céréales, 8700 h en pommes de terre et 5100 h en légumes), soit une croissance de + 5,7% , ce qui reste encore très en deçà des superficies cultivées avant 1991.
Tourisme (chiffres de l'année 2000) : 26,6 M USD soit 6,2% du PIB résultant des exportations. 165 000 visiteurs se sont rendus en Mongolie en 2000, dont 32 000 touristes proprement dits parmi lesquels 25% de Japonais, 22% de Chinois, 11% de Russes, 8% d'Américains, 7% de Coréens , 4,5% d'Allemands et 2,5% d'Anglais.
En juin 2001, la Mongolie comptait 300 entreprises liées au tourisme ; il y a 90 hôtels d'une capacité totale de 8000 lits dans la capitale et 85 bases touristiques en province.
(MM 25/07 et 29/08/01 ; EDN 20/07, 1/08, 11/09/01)

Accord avec le FMI. C'est fin septembre qu'ont été finalement signés entre le gouvernement et les représentants de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) les documents relatifs au Programme pour réduire la pauvreté et assurer la croissance, au Document intermédiaire du programme stratégique pour la réduction de la pauvreté et au Prêt pour la réforme structurelle du secteur fi-nancier. Le gouvernement PPRM se félicite de la restauration de la confiance des institutions financières internationales. Les négociations, entamées après l'arrivée au pouvoir du PPRM, ont été difficiles et ont nécessité de nombreuses rencontres entre les partenaires.
Le Programme pour réduire la pauvreté et assurer la croissance définit précisément la politique économique et financière du pays à moyen terme : on prévoit une croissance de 6%, une inflation de 5% (contre 7% aujourd'hui et 8-9% l'an dernier) et un déficit budgétaire de 6%. Il constitue une reconnaissance de la stabilité politique de la Mongolie et de sa capacité à rembourser les prêts, selon l'Ünen, organe du PPRM. (La dette extérieure du pays approche un milliard de USD.)
La Mongolie recevra sur trois ans en plusieurs étapes un prêt de 28,6 millions de USD, l'attribution des fonds étant conditionnée par la bonne réalisation de l'étape précédente. Un nouveau système de gestion budgétaire devrait assurer une utilisation efficace du prêt.
(EDN 2/10/01)

Grâce à une aide du Danemark, une centrale hydroélectrique sera construite sur la rivière d'Eg (Eghiin gol), district d'Erdenebulgan, province du Khövsgöl. D'un coût de 1 million de USD, cette petite station d'une capacité de 200kw couvrira les besoins en électricité du district.
(EDN 16/07/01)

 

Société

Le Naadam national coïncidait cette année avec les célébrations du 80e anniversaire de la révolution de 1921, fièrement orchestrées par le PPRM de retour aux commandes. S'adressant à la presse étrangère, le président Bagabandi a déclaré que durant les 70 ans de dépendance politique, économique et sociale vis-à-vis de l'Union soviétique, qui ont eu de bons effets (la Mongolie a profité d'investissements étrangers massifs) comme de mauvais effets (répression et violation des droits de l'homme) - les premiers prévalant sur les seconds aux yeux du PPRM.
À la réunion spéciale du Grand Khural, le président mongol a également évoqué les hauts et les bas de l'histoire mongole à l'époque communiste. Selon lui, la révolution de 1921 a donné aux Mongols " la possibilité de choisir eux-mêmes leur destin " et a ouvert une période de " renaissance " pour le pays. La période des purges est évoquée " avec tristesse ", mais sans remettre en cause les responsabilités du PPRM en la matière. Du côté de l'opposition, le son de cloche est différent : selon Narantsatsralt, du parti démocratique, la révolution de 1921 a permis l'émergence d'un véritable parti politique, mais dès 1924, ce parti a dénié tout droit politique aux autres forces.
Notons que des gerbes ont été déposées sur la tombe de l'ancien responsable communiste, Yumdjaghiin Tsedenbal, le " Brejnev mongol ", par le conseil directeur du PPRM et l'Association des anciens de Mongolie.
(EDN 25/06, 10 et 16/07, 7/09 et 19/09/01 ; MM 18/07/01)

Aïrak

Le parlement a débattu cet été de l'aïrak (airag), nom du koumys ou lait de jument fermenté, et de son pouvoir enivrant. Les législateurs mongols, après une discussion animée, sont arrivés à la conclusion que l'aïrak n'était pas aussi enivrant que la bière.
Il n'y a pas de données précises sur la production annuelle d'aïrak. On estime que la province Centrale (Töv aimag) en produit 5000 tonnes par an. On va même jusqu'à dire qu'en été et en automne, ce n'est pas l'Etat qui gouverne les campagnes, mais l'aïrak.
La saison de l'aïrak commence fin juin et dure jusqu'à novembre. Les députés visitent généralement leur circonscription durant cette période, qui est aussi celle où les citadins prennent leurs congés.
Le dalaï-lama lui-même a un jour exhorté les Mongols à " boire plus d'aïrak et moins de vodka ". Il est même des gens qui se nourrissent d'aïrak pendant des mois et ne consomment presque rien d'autre.
On raconte qu'un homme du district de Delgherkhan, surnommé Norov-le-Sale, avait défié une femme de boire en une séance autant d'aïrak que lui. Après avoir absorbé 31 bols d'une contenance de deux litres, Norov dut s'arrêter, incapable de faire le moindre mouvement. La femme, elle, réussit à avaler 34 bols et, sur ce, s'en alla traire ses juments !
On considère que l'aïrak est une boisson bonne pour la santé et il y a des sanatoriums qui dispensent des cures d'aïrak aux personnes atteintes de tuberculose. Cependant, selon certains spécialistes, l'aïrak est légèrement alcoolisé et a un effet enivrant. Les Mandchous attachaient d'ailleurs une grande importance au lamaïsme et à l'aïrak, car ils croyaient en leur pouvoir lénifiant sur les Mongols.
(EDN 17/08/01)

Querelles de pâturages

Deux éleveurs de la province de Sükhbaatar, possédant l'un et l'autre plus de mille têtes de bétail, se sont entretués au mois d'août à propos de pâturages.
De telles querelles étaient fréquentes jadis, et l'on cite les cas de familles entières qui y perdirent la vie dans les provinces d'Uvs et de Dzavkhan. Les conflits de pâturages avaient disparu au début des années soixante, avec l'instauration des coopératives rurales. A cette époque, l'usage des pâturages d'hiver et d'été, des points d'eau et des puits était sous le contrôle strict de l'administration locale. Quand les coopératives ont été démantelées et le bétail privatisé au début des années quatre-vingt-dix, les éleveurs furent à nouveau libres de s'installer sur les pâturages de leur choix.
Il y a trois ans, une bataille rangée a eu lieu entre éleveurs des provinces de Khovd et de Gobi-Altaï. Les rumeurs actuelles sur une privatisation future des terres aggravent ces querelles de pâturages. L'accroissement du cheptel et la diminution des prairies constituent un sujet brûlant entre éleveurs et officiels.
(EDN 28/08/01)

Loups

Une femme éleveur a été attaquée dans sa yourte par une louve à Yentch, province de Khovd. S'armant d'un poteau de yourte, elle s'est courageusement défendue et a réussi à tuer la bête. Blessée, elle a été hospitalisée.
(EDN 28/08/01)

Fin programmée de l'élevage nomade ? Tant le président Bagabandi que le premier ministre N. Enkhbayar ont souligné récemment la nécessité d'un développement de la sédentarisation du pays au XXIe siècle, avec la construction de villes nouvelles et l'extension des villes existantes. La Mongolie ne peut s'appuyer sur un élevage soumis, comme on l'a vu ces deux dernières années, aux aléas climatiques. " Malgré la richesse de leurs traditions pastorales, les Mongols devront changer de vie ", a déclaré le président mongol.
(EDN 25/06 et 1/08/01)

Archéologie

Tombe de Gengis Khan

On a à nouveau parlé cet été de la tombe de Gengis Khan. Une expédition américano-mongole conduite par D. Badzargür, de l'Institut de géographie de l'Académie des sciences mongoles, auteur avec D. Enkhbayar d'un " Atlas historico-géographique de Gengis Khan ", et M. Kravitz, un avocat d'affaires américain, a en effet annoncé, en juillet dernier, avoir découvert l'endroit où est enterré Gengis Khan, au lieu dit Öglögtchiin kherem, près du mont Binder, dans le district de Binder (province du Khentii). C'est là que se trouverait d'après elle le Ikhesiin gadzar, "le lieu des Grands" que mentionne l'Histoire secrète, censé abriter les tombes des grands khans mongols.
De fait, le site d'Öglögtchiin kherem contient plus de 60 tombes, dont une vingtaine situées au sommet de la colline et entourées d'une enceinte de pierres de 3200 m de long, des inscriptions et plusieurs centaines de sceaux. L'équipe souhaite à présent obtenir l'autorisation de procéder à des fouilles pour confirmer son " excitante découverte ". Ceci ne sera pas aisé, car les autorités mongoles ont rarement accordé des permis de fouilles de sépultures mongoles, de crainte de déranger les mânes de leurs ancêtres. Toutefois, l'expédition peut compter sur l'appui de plusieurs de ses membres, personnalités scientifiques respectées tels Ch. Biraa, Ts. Ichdordj et John E.Woods, professeur à l'université de Chicago.
Plusieurs spécialistes sont cependant très dubitatifs, tel l'archéologue D. Navaan, qui a travaillé depuis plus de 50 ans sur des tombes de diverses périodes et qui réfute qu'il s'agisse là des tombes des gengiskhanides. En fait, la nécropole d'Öglögtchiin kherem daterait des Kitans, peuple de langue mongole qui domina ces régions au XIe siècle et régna sur la Chine du Nord sous le nom de dynastie Liao.
(EDN 26 et 31/07, 24/08/01 ; MM 15/08/01 ; AFP 17/08/01)

Turcs de l'Orkhon

Début août, des archéologues turcs ont mis au jour la sépulture de Bilge Qaghan, le célèbre souverain de l'empire des Turcs orientaux qui régna sur la Mongolie de 716 à 734. Ces fouilles se déroulaient dans le cadre d'un programme (1997-2001) de protection et de restauration des monuments de la vallée de l'Orkhon datant de la période des empires turcs de Mongolie (VIe-VIIIe siècles), en particulier des fameuses stèles de l'empereur Bilge Qaghan et de son frère Kül-Tegin, ainsi que de leur ministre Tonyuquq.
Dans la tombe ont été trouvés de nombreux objets en or, argent et bronze, dont une couronne d'or qui pourrait être celle de Bilge Qaghan.
Notons que l'université nationale de Mongolie a ouvert une faculté d'études turques avec le soutien des gouvernements turc et mongol et de l'Association turque de coopération internationale.
(EDN 8 et 14/08, 4/09/01 ; MM 27/08/01

Religion

Le mouvement des Verts et le monastère de Dach-tchoïlon ont organisé les 7 et 8 juillet une circumambulation du mont Bogd uul (Bogd Uuliig toirox buyanii ayalal) avec port du canon bouddhique (Gandjuur) et de son commentaire (Dandjuur). Selon le président du parti des Verts, B. Djiyandordj, le but de la procession est de rassembler les 7 bienfaits au bénéfice des participants, des membres de leur famille et de leurs défunts, ainsi que de favoriser le contact avec la nature. Ont accompli le pèlerinage des moines et des moniales, des députés, des sportifs, des médecins et des personnes simplement désireuses de réaliser une " bonne action ". En cours de route, on a récité des soutras, procédé à des encensements (san), fait des aspersions de thé. Les volumes du canon bouddhique étaient portés avec beaucoup de respect en évitant tout contact avec le sol ou le bas du corps. Il était interdit de s'enivrer, de porter une arme sur soi, de laisser des détritus dans la nature ou d'abîmer arbres ou sol.
Un autre pèlerinage est prévu cet automne, à l'occasion du culte d'Etat aux monts Bogd Uul et Tsetsen Gün.
(ÖS 30/06/01 ; EDN 21/09/01)

La restauration du petit monastère (khiid) de Tövkhön (Arkhangaï), fondé par Dzanabadzar au milieu du XVIIe siècle et qui avait été presque totalement détruit en 1953, a commencé cet été grâce au concours de la société Süld Uul et au soutien financier de la Fondation pour l'art et la culture.
(EDN 17/07/01)

Fin septembre, s'est tenu au stade central d'Oulan-Bator un festival de musique religieuse, intitulé Galabingaa-2001 d'après le nom d'un barde légendaire, qui a réuni plus de mille lamas y compris les abbés de plusieurs monastères de la capitale. La cérémonie a réuni des artistes bien connus et a été l'occasion d'un tournoi auquel ont participé 64 lutteurs.
(EDN 2/10/01)

Début juillet, le métropolite Cyrille, deuxième personnage de l'Eglise orthodoxe russe, s'est rendu en Mongolie pour y poser la première pierre de la nouvelle église orthodoxe d'Oulan-Bator. Il a rencontré à cette occasion le président Bagabandi et l'abbé (Khambo lama) du monastère de Gandan.
La première église orthodoxe de Mongolie avait été construite au milieu du XIXe siècle à Altanbulag (province de Selenghe) ; d'autres suivirent à Khovd et à Oulan-Bator, et ont été actives jusqu'aux années trente. Après l'interruption due à la période communiste, l'Eglise orthodoxe est redevenue active en 1996.
(EDN 16/07/01 ; MM 18/07/01)

Des chamanes venus de Mongolie, Mongolie-Intérieure, Touva, Iakoutie (République sakha), ainsi que d'Italie et des États-Unis ont participé du 23 au 27 août dernier sur les rives du lac Baïkal à une cérémonie d'offrandes à la " réserve d'eau pure ". La manifestation était patronnée par la Fédération des chamanes d'Asie.
En Mongolie, des chamanes ont annoncé le 24 septembre dernier la fondation du Centre Tiv Tenger, " Ciel " [sans doute nommé ainsi d'après le nom du célèbre chamane de l'Histoire secrète, Teb Tngri]. Son objectif est la préservation des traditions et rituels chamaniques et leur transmission aux jeunes générations, mais aussi la diffusion de l'art chamanique [sic] à travers le monde.
(EDN 22/08, 25/09/01

Divers

Envoi de SMS vers la Mongolie via Internet

Depuis le 13 septembre, le site internet MOBIMEL (www.mobimel.com) permet l'envoi gratuit d'un SMS vers la Mongolie. Rappelons qu'un SMS est un " message court écrit " (Short Message) de 160 caractères maximum que l'on envoie à destination d'un téléphone portable cellulaire, soit depuis son propre portable, soit depuis un ordinateur via internet, en composant le numéro de téléphone de son destinataire : bref, une sorte de court Email que l'on peut lire sur l'écran de son téléphone cellulaire. Il a l'avantage, par rapport à un appel vocal, de ne pas déranger son destinataire et de ne pas être intercepté par la messagerie.
Certains sites WEB proposent un envoi gratuit, non seulement vers un numéro sur le territoire français, mais aussi, pour certains, vers les réseaux européens, voire du monde entier. C'est le cas de Mobimel, qui est le premier à desservir la Mongolie (Mobicom pour le réseau GSM). Espérons que l'opérateur russe Golden Telecom GSM (http://sms.gt.com.ua/), qui permet l'envoi et la réception de SMS en cyrillique, ouvrira lui aussi très bientôt son réseau.
Deux autres portails " Internet mobile " permettent l'envoi de SMS vers la Mongolie :
www.genie.fr et www.alertsms.com
Tous deux sont gratuits (jusqu'à 100 SMS/semaine pour " alertsms ") et fonctionnent parfaitement
Remarque : le récent système de symboles multilingues UTF-8 permet de recevoir des SMS non seulement en cyrillique mais aussi en écriture ouïgouro-mongole, en tibétain, en chinois etc., pour peu que le mobile soit configuré pour recevoir ces symboles. Voici deux portails qui offrent ce service (payant), mais dont nous n'avons pas encore vérifié le fonctionnement vers la Mongolie :
www.wapworker.co.uk et www.sms-wap.com
(J.-P. Michelet)

La Fondation Amardjargal (ex-Premier ministre de la coalition démocratique) et la branche mongole de la Fondation pour une société ouverte (SOROS) ont lancé un site d'information : www.mongolboard.com qui permettra bientôt aux visiteurs de faire connaître leur opinion au gouvernement.
(EDN 31/08/01)

Le site du Grand Khural, le parlement mongol, fournit des informations relatives aux textes de loi depuis avril 2000. On y trouve non seulement les textes de loi initiaux, mais aussi les régulations et amendements adoptés depuis, le secrétariat du Grand Khural actualisant en permanence les données présentées sur le site. Son adresse : www.parl.gov.mn/lawsearch.
(EDN 09/08/01)

Le président N. Bagabandi a décerné au mongolisant français Jacques Legrand, professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales, la médaille de l'amitié en reconnaissance de son action pour faire connaître la Mongolie en France.
(EDN 17/08/01)

La compagnie aérienne mongole MIAT a annoncé qu'elle desservira, à compter du 19 novembre 2001 et jusqu'à mai 2002, Osaka 2 fois par semaine et Séoul 3 fois par semaine. Elle devrait aussi ouvrir une ligne Oulan-Bator/Tokyo à partir de mai prochain.
(EDN 22/08/01)

Le 28 septembre dernier, la Mongolie est passée à l'heure d'hiver. Les horloges ont été reculées d'une heure.

 

Taux de change

Taux de la Banque de Mongolie au 28/09/2001
1 USD = 1 100 tougriks

 

 

Politique intérieure

Relations extérieures

Économie

Culture

Société

Divers

Taux de change

 

 

Politique intérieure

Le PPRM a choisi, le 18 octobre dernier, des successeurs à L. Enebich, président du parlement mongol, décédé en septembre. C'est la candidature de Sandjbedjiin Tömör-Otchir qui a été finalement retenue, avant d'être adoptée par le parlement (100% des voix des députés présents) le 21 octobre. Né en 1950 dans l'Arkhangaï, S. Tömör-Otchir a une formation en mathématiques et en philosophie. Il a été député de 1996 à 2000, ainsi que ministre des Sciences et de l'Education.
Le poste de secrétaire-général du PPRM, qu'occupait également L. Enebich, est revenu à D. -Idevkhten. Ce dernier, ainsi que le chef de cabinet du président, B. Batkhichig, ont rejoint le conseil de direction du parti en remplacement de S. Bayar et de L. Amarsanaa, nommés ambassadeurs, le premier en Russie, le second en Chine.
(EDN 19/10/01)

Enfin, une élection a eu lieu le 6 janvier dans la circonscription n° 11 du Bulgan, dont L. -Enebich était député. Quatre partis présentaient un candidat : B. Övgönkhüü (Parti populaire révolutionnaire mongol), E. Bat-Uul (Parti démocrate), B. Uuganbayar (Nouveau parti social-démocrate mongol-Patrie) et B. Djargalsaikhan, représentant son Parti républicain et le Parti du courage civique (S. Oyuun). Un 5e candidat non affilié, originaire du Bulgan, G. Gurragtchaa, se présentait également.
Le taux de participation des électeurs a été de 80 %. C'est le candidat du PPRM qui l'a emporté avec 41 % des voix, suivi du candidat commun du Parti républicain et du Parti du courage civique, avec 28 %, tandis que le candidat du principal parti d'opposition, le Parti démocrate, obtenait 23 % des suffrages. L'opposition réunie (58 %) fait donc mieux cette fois que que le PPRM, qui réalise un score inférieur aux précédents. Toutefois, le Parti démocrate perd des voix, et c'est le Parti républicain, allié au Parti du courage civique, qui voit son score nettement augmenter (30 %).
(EDN 4/12/01, 7/01/02, 9/01/02)

Nouveau parti d'opposition. Forts de ces résultats encourageants, le Parti républicain et le Parti du courage civique ont décidé de fusionner pour former un nouveau parti, le Parti républicain-Volonté citoyenne, qui a été officiellement enregistré auprès des autorités le 22 mars.
(MM 27/03/02)

Sondage Selon un sondage effectué par la Fondation Sant Maral en novembre 2001 auprès de quelque 1600 personnes à Oulan-Bator et dans les provinces Uvs, Ömnögobi, Arkhangaï et Sükhbaatar, l'action du gouvernement Enkhbayar (PPRM) satisfait moins de 50 % des personnes interrogées, tandis que 38 % se déclarent peu satisfaites.
Les espoirs quant au doublement des salaires promis par le PPRM en campagne ayant été déçus, la politique des salaires n'est jugée " un succès du gouvernement " que par 5 % des personnes ; aucune autre action du gouvernement ne fait pourtant mieux : le projet " Route du millénaire " arrive deuxième (4 %). Parmi les échecs, c'est la politique fiscale qui est le plus souvent citée (11 %), suivie de l'application par le gouvernement de son programme d'action (5 %).
La cote de popularité des personnalités politiques indique que des membres du Parti démocrate, tels que l'ancien premier ministre Enkhsaikhan (26 %) ou l'ancien président du parlement -Gontchigdordj (25 %), gardent une cote comparable à celle du président Bagabandi (27 %) ou du premier ministre Enkhbayar (25 %).
En cas d'élection, les Mongols seraient plus nombreux à s'abstenir dans la capitale qu'en milieu rural (23 % contre 19 %). Le PPRM recueillerait à nouveau, mais de justesse, la majorité absolue des suffrages à la campagne (51 %), alors que parmi les habitants de la capitale interrogés, ils ne seraient plus que 35 % à lui accorder leur vote. Sans pour autant lui préférer l'opposition démocratique : seuls 29 % des mêmes citadins se disent en effet prêts à voter pour elle, et la différence entre ville et campagne est ici moins tranchée, car l'opposition ferait un score analogue à la campagne (26 %).
Enfin, ce sondage montre que, pour ce qui est de leurs partenaires étrangers, les Mongols continuent à mettre au premier rang le voisin russe, surtout à la campagne (71 %), même s'il leur fait de plus en plus défaut. Derrière viennent les Etats-Unis (38 %), suivis du Japon (32 %). La Chine a beau être devenue aujourd'hui le principal partenaire économique du pays, elle continue à susciter la méfiance et n'est jugée " meilleur partenaire " que par 20 % des citadins -interrogés, et seulement 14 % des ruraux.

(EDN 29/11/01)

 

Relations extérieures

 

USA

Le premier minsitre N. Enkhbayar est allé aux Etats-Unis début novembre 2001. Il s'est rendu en particulier à Seattle, où il a visité l'entreprise Boeing et s'est enquis du modèle Boeing 737-800, que la Mongolie souhaiterait acheter (début mars, trois équipages mongols ont d'ailleurs été envoyés à Seattle pour se former au pilotage de cet avion). A San-Francisco, Enkhbayar a rencontré le président de l'Asian Foundation, organisation qui a élaboré le premier projet à moyen terme de développement économique pour la Mongolie et l'a aidée à intégrer en 2000 le Conseil de coopération du Pacifique. Il s'est également rendu à Denver, ville dans laquelle résident ou étudient 700 Mongols, avant de rejoindre New-York où il a été reçu par le président George Bush ; l'entretien s'est déroulé en anglais, sans le truchement d'interprètes. Le point culminant de cette visite a été le discours que le premier ministre mongol a prononcé le 11 novembre à la 56e session de l'assemblée générale des Nations-Unies. Il a visité le site de l'attentat du 11 septembre : à cette occasion, il a déposé un khadag, écharpe rituelle, et allumé une bougie. Dans ses discussions avec les responsables américains, la partie mongole a souhaité une aide humanitaire accrue, plus d'investissements américains et la possibilité d'envoyer encore davantage d'étudiants mongols se former aux Etats-Unis.
(EDN 07/11/01, 12/11/01, 14/11/01, 15/11/01, 12/12/01 ; MM 06/03/02)

 

Chine

Le premier ministre N. Enkhbayar s'est rendu en Chine à l'invitation du premier ministre chinois Zhu Rongji du 5 au 12 janvier 2002, accompagné d'une délégation d'hommes d'affaires. (Rappelons que le traité d'amitié et de coopération signé entre les deux pays remonte à 1994, et qu'il a été a suivi en 1998 d'une déclaration conjointe des deux présidents.)
Les questions d'ordre économique ont été au centre des préoccupations. La Mongolie et la Chine sont, depuis respectivement 1997 et 2001, membres de l'OMC. Les deux côtés ont souligné les vastes possibilités de coopération -commerciale et économique, et ont convenu de la construction d'un réseau électrique entre -Erdenet et Mörön, capitale du Khövsgöl, d'une connexion des réseaux ferroviaires de l'est de la Mongolie et du nord-est de la Chine (construction d'une voie ferrée entre la ville frontalière de Rachaan, dans le Khingan, Mongolie-Intérieure, et Tchoïbalsan, capitale de la province Orientale ou Dornod), ainsi que d'une connexion avec la " route du millénaire ". La question d'une exploitation commune des gisements mongols de Tömörtei, Oyuu-Tolgoï et Tsagaan-Tolgoï a été aussi abordée. Le ministre des Infrastructures, B. Djigdjid, et son homologue chinois ont signé un accord de coopération économique et technique, qui stipule que la Chine apportera à la Mongolie une aide de 50 millions de yuans et fournira des produits pétroliers d'une valeur de 38 millions de yuans. Il a été également convenu d'ouvrir de nouveaux postes frontaliers et de garder ouverts en permanence certains postes.
La Mongolie a réaffirmé à son hôte qu'elle considérait le gouvernement de Pékin comme le seul légitime et que Taïwan faisait partie du territoire chinois. Les deux pays ont condamné toute forme de terrorisme international, autre sujet cher à la Chine qui est, dans ses régions centrasiatiques, confrontée à des mouvements indépendantistes ouïgours.
Remarquons qu'au moment de cette visite officielle en Chine, la Mongolie adoptait une nouvelle loi sur la sécurité nationale à l'initiative du président Bagabandi, motivée, entre autres, par l'attentat du 11 septembre aux Etats-Unis. A l'occasion de l'adoption de cette loi, les responsables mongols ont indiqué qu'en ce qui concerne les " diverses alliances et unions existantes dans la région ", la Mongolie restera en temps de paix à l'écart de toute coalition, et demeurera ouverte politiquement et économiquement. " La soi-disant alliance du Turkestan oriental [i.e. les opposants ouïgours au régime de Pékin] n'a aucune influence politique ou économique ", ont-ils déclaré, en précisant que ni cette alliance ni d'autres groupes n'ont d'" influence chez les musulmans [i.e. les Kazakhs] de Mongolie ". De telles déclarations sont bien sûr destinées à -satisfaire la Chine, qui taxe de " séparatiste " toute résistance locale à la sinisation du -Turkestan oriental (région autonome ouïgoure du Xinjiang), comme c'est aussi le cas au Tibet. (En Mongolie-Intérieure, anciennement et fortement sinisée, toute résistance est aujourd'hui quasiment annihilée.)
A propos de la sécurité économique du pays - de nombreux Mongols sont en effet inquiets de voir la Chine jouer désormais un rôle de premier plan dans leur vie économique -, les responsables mongols, visiblement moins inquiets, ont indiqué que le pays ne pouvait se fermer sur lui-même sous prétexte de protéger sa sécurité économique et devait au contraire améliorer sa compétitivité. Il est vrai que les anciens -communistes du PPRM actuellement au pouvoir sont, au regard des autres forces politiques mongoles, les plus proches des communistes chinois et que la question de l'indépendance nationale n'a jamais été au centre de leurs préoccupations. (EDN 7/01/02, 8/01/02)

Taïwan vers une reconnaissance de la Mongolie. On sait que la constitution de la république de Chine, adoptée par les nationalistes alors qu'ils étaient encore en Chine continentale, continue à présenter la Mongolie comme partie intégrante du territoire chinois. En effet, si, à la suite du traité signé en août 1945 avec l'URSS, le Kuomintang avait fini par reconnaître (1946) l'indépendance de l'ancienne Mongolie--Extérieure, après leur défaite face aux communistes en 1949, il dénonça ce traité - et par là l'indépendance de la Mongolie - alors que, de leur côté, les communistes chinois la reconnaissaient officiellement (elle devait être reconnue par l'ONU en 1962).
Or, fin janvier 2002, les autorités de Taïwan ont fait un pas en avant vers la reconnaissance de l'indépendance de la Mongolie. Le conseil des ministres a en effet approuvé un amendement selon lequel les ressortissants mongols se verront désormais délivrer des visas à l'instar des autres ressortissants étrangers, et non plus un document de voyage comme c'est le cas pour les Chinois continentaux. Cette assimilation des Mongols à des citoyens chinois heurtait le -sentiment national mongol et pesait sur les relations économiques entre la Mongolie et Taïwan. Les Mongols ont célébré d'ailleurs en décembre 2001 le 90e anniversaire de l'instauration de l'Etat mongol du Bogd Khan à la fin de 1911, après la chute des Qing, date qui marque le retour à l'indépendance de la Mongolie et le début de sa renaissance.
En février, le Yuan exécutif de la république de Chine approuvait la dissolution de la Commission des affaires mongoles et tibétaines, dans le cadre d'une réforme du gouvernement dont les ministères doivent passer, en 2004, de trente-six à une vingtaine. Certaines tâches de la Commission pourraient être assurées par d'autres structures gouvernementales telles que le ministère des Affaires étrangères ou le Conseil des affaires continentales (mais ce serait alors placer Oulan-Bator sur le même plan que Pékin), voire, avaient proposé certains, par les Commissions des affaires hakkas et aborigènes. Si cette dernière idée a été rejetée par le président Chen Shuibian, elle montre toutefois que l'idée d'un Etat mongol indépendant a encore du mal à être acceptée dans les milieux nationalistes de Taipei (AFP, 26/02/02 ; Taipei Times 4/03/02)
Notons que fin décembre, des organismes taïwanais se sont déclarés prêts à accueillir de la main d'œuvre mongole.
(EDN 28/12/01)

 

Corée du Sud

Dix éleveurs de chevaux et cinq trayeuses originaires de Bayantsagaan, dans la province Centrale (Töv), accompagnés de 280 chevaux, devaient rejoindre la Corée du Sud fin novembre. Ils doivent participer à l'établissement d'un village mongol de 300 yourtes, sur l'île coréenne de Cheju. Cinq éleveurs de chevaux du Dzavkhan, ainsi que des artisans mongols du Bulgan, doivent les rejoindre. Selon l'accord signé entre la Mongolie et la Corée, les Mongols travaillant dans le cadre de ce projet travailleront deux années pour un salaire mensuel de 800 à 1000 USD.
(EDN 14/11/01)


Russie

Le premier ministre russe, M. -Kasianov, était en visite officielle en Mongolie les 25 et 26 mars dernier (la précédente visite de haut niveau a été celle de Vladimir Poutine en novembre 2000).
En plus des accords de coopération signés à cette occasion, dont un protocole dans le domaine de la santé et le renouvellement de la convention consulaire de 1972, les deux voisins ont ratifié les résultats de l'enquête sur le tracé de leurs frontières communes commencée en 1987. Ces résultats remplissent onze volumes, dont deux uniquement consacrés à la procédure d'enquête. Tous les postes frontière, leur location et les régulations les concernant sont précisément indiqués. La frontière septentrionale de la Mongolie compte 1925 postes frontière, dont un triple (Mongolie, Russie, Chine). Selon le nouveau tracé, la frontière russo-mongole est désormais de 3543 km, soit 58 km de plus que le tracé précédent : cette différence est due aux lacs frontaliers dont la taille a varié. De ce fait, 508 hectares ont d'un commun accord changé de mains. Le nouveau tracé doit à présent être soumis aux parlements respectifs et déposé auprès de l'ONU. (A la fin des années cinquante, la Russie et la Mongolie signèrent un accord frontalier. Molotov menait la délégation russe, et Avardzed, un diplomate francophone formé en URSS, la délégation mongole. Avardzed s'étant opposé aux exigences russes, il fut remplacé en cours de négociations par L. Tsend. Déchu de ses fonctions, il fut exilé à la campagne et finit sa vie comme camionneur. Il mourut renversé par une voiture au début des années quatre-vingt ; des rumeurs coururent alors selon lesquelles il ne s'agissait pas d'un accident. Quoi qu'il en soit, cette question des frontières resta secrète et la population mongole n'en fut pas informée. Au début des années quatre-vingt-dix, interrogé sur la question de la frontière russo-mongole, le président Otchirbat déclarait qu'il valait mieux " cesser de parler de cette question ", qu'" il y avait eu des choses données et des choses reçues ".)
Les deux pays envisagent de coopérer dans le domaine routier et ferroviaire, ainsi que dans les industries de la viande et des tapis. Kasianov a souligné que le Russie souhaitait renforcer sa participation dans ses entreprises conjointes en Mongolie : Erdenet, Mongolrostvetmet et la Société ferroviaire d'Oulan-Bator, établie en 1949. Dans le domaine des infrastructures, la Russie se dit prête à aider à la construction de lignes à haute tension, d'un oléoduc et d'un gazoduc, et Kasianov a promis d'en discuter avec son homologue chinois en septembre -prochain.
Il a été aussi question de libéraliser le commerce et de réduire les taxes sur les marchandises mongoles transitant par le territoire russe, du problème des biens russes en Mongolie et de la dette mongole à l'égard de la Russie - les trois questions majeures étant les investissements, la libéralisation des échanges et la dette mongole. Pour réduire cette dernière, la Russie propose que la Mongolie lui transfère une partie de ses actions dans la société conjointe Erdenet, flambeau de l'industrie mongole, ce que la Mongolie ne paraît pas vouloir accepter.
Dans le domaine des investissements, la part de la Russie stagne depuis 1991, même si ce pays reste le 6e investisseur étranger en Mongolie. Toutefois, ces deux dernières années ont vu une reprise des investissements russes, principalement dans le domaine géologique et minier.
En revanche, le volume des échanges commerciaux n'a cessé de décroître. Après avoir été quasiment le seul partenaire de la Mongolie à l'époque communiste (l'URSS monopolisait environ 85 % des échanges), la Russie n'est plus aujourd'hui qu'un des principaux partenaires commerciaux de la Mongolie (30 % des échanges), grâce notamment à ses exportations de pétrole couvrant 80 % des besoins mongols. Le volume total des échanges est ainsi passé de 440 millions de USD en 1991 à 206 millions en 2000, et ces échanges sont devenus particulièrement déséquilibrés au profit de la Russie : les exportations mongoles étaient en 1991 de 235 millions de USD et ses importations de 238 millions ; elles sont en 2000 de 37 millions (6 %) et de 170 millions respectivement. Cette baisse est due essentiellement aux taxes élevées imposées sur les produits mongols par la Russie (entre 21,3 et 42,5 %, allant jusqu'à 62,5 % pour les bijoux et les métaux précieux). Début 2001, ces taxes ont été quelque peu réduites, mais de façon insuffisante. Les tarifs ferroviaires appliqués à la Mongolie pour ses marchandises transitant en Russie ou destinées à la Russie sont 4 à 5 fois supérieurs aux tarifs locaux. Les exportations de viande (40 000 T par an jusqu'en 1990), l'un des produits majeurs d'exportation vers la Russie, sont aujourd'hui six fois moins importantes. D'où la demande faite par la Mongolie d'un marché russe plus ouvert.
Le premier ministre mongol se rendra à son tour à Moscou en septembre 2002.
(MM 27/03/02)

 

Kyzyl

La Mongolie a ouvert un consulat mongol à Kyzyl, capitale de la république de Touva (Fédération de Russie), en présence des responsables de la province mongole -voisine d'Uvs.
(Ceram Infos, mars 2002)

 

Turquie

Le nouveau président du parlement mongol, S. Tömör-Otchir, s'est rendu en -Turquie du 28 février au 1er mars, et a rencontré le président A.N. Sezert. 400 étudiants mongols étudient déjà en Turquie, et le gouvernement mongol souhaiterait accroître leur nombre. Une coopération dans le domaine militaire est aussi à l'ordre du jour. De son côté, la Turquie s'intéresse à la Mongolie pour ses importantes ressources naturelles. Depuis le traité de 1995, une vingtaine d'accords ont été signés entre les deux pays. Une rue d'Ankara devrait porter bientôt le nom de Gengis khan.
(MM 06/03/02)

 

France

Lors d'une conférence de presse organisée en octobre 2001 à l'occasion du 5e anniversaire de la réouverture de l'ambassade de France en Mongolie (qui avait été fermée en 1984), l'ambassadeur J.-O. Manent a évoqué le développement de la coopération franco--mongole. Il a souligné les succès de cette coopération dans le domaine médical, et a parlé des projets que l'on montait à Arvaïkheer, capitale de l'Övörkhangaï et à l'hôpital traumatologique d'Oulan-Bator. Des efforts sont faits pour élargir cette coopération à l'environnement, et la France envisage d'envoyer 30 à 40 chevaux de Przewalski en Mongolie. Il a par ailleurs souligné que, parmi les touristes, les Français étaient les plus nombreux. Enfin, sur le plan économique, une nouvelle d'importance : Péchiney, premier producteur d'aluminium français et principal acheteur du concentré de cuivre d'Erdenet, serait intéressé par une prise de participation au capital de la grande entreprise mongole.
(EDN 12/10/01)
En février, un accord d'aide alimentaire était signé entre les deux pays, portant sur un don de 5000 tonnes de blé à la Mongolie d'une valeur de 700 000 : ce blé sera vendu aux minoteries mongoles par le gouvernement, et les bénéfices de cette vente serviront à établir un fond destiné au développement des régions rurales et à l'amélioration de la sécurité alimentaire.
(EDN 20/02/02

Canada

Une ambassade mongole a été inaugurée officiellement à Ottawa le 7 décembre 2001. (EDN 11/12/01)

 

Économie

 

Chiffres 2001

Selon le Bureau national des statistiques (octobre 2001), la part des revenus dans le budget de l'Etat s'élevait à 290 milliards de tougriks, et celle des dépenses à 306 milliards. Les rentrées fiscales étaient en augmentation de 26 % par rapport à l'année dernière à la même époque, et la masse monétaire dépassait 321 milliards, soit une augmentation comparable. Le gouvernement envisageait de faire rentrer plus de 18 milliards de tougriks grâce à la -privatisation d'entreprises d'Etat.
En ce qui concerne le volume du commerce extérieur, il a baissé par rapport à 2000 (moins 8 % pour les onze premiers mois de 2001) : les exportations avaient baissé de 13 %, les importations de 3 %. La balance du commerce extérieur connaissait un déficit important dépassant 146 milliards.
La dette extérieure de la Mongolie est particulièrement inquiétante, et proportionnelle à l'aide importante reçue au cours des dix dernières années. Elle représenterait aujourd'hui 90 % du PIB de la Mongolie, ce qui place ce pays parmi les plus endettés au monde. Le ministre des Finances Tch. Ulaan soulignait cependant en janvier que, pour la première fois depuis 10 ans, la Mongolie était parvenue à régler cette année les impayés de sa dette extérieure.
L'inflation en 2001 était estimée fin janvier à 11,2 %, soit à peine plus que les 10 % recommandés par le FMI, du fait de la libéralisation des prix de l'eau, du chauffage et de l'électricité. Le déficit budgétaire est tombé à 4 à 5 % du PIB. Le salaire minimum était de 25 000 -tougriks environ, soit en augmentation importante par rapport à 2000. En 2001, les salaires des fonctionnaires ont été relevés de 3 à 20 %.
Toutefois, les réserves en devises de la Mongolie ont continué à croître régulièrement, grâce en partie à l'augmentation du prix de l'or sur le marché mondial. Au cours de l'année 2001, la monnaie mongole s'est stabilisée par rapport au dollar. Les dépôts en devises dans les banques ont augmenté de 14 % en 2000, et de 25 % en 2001, témoignant d'une confiance accrue dans les banques.
Selon D. Nasandjargal (février 2001), ministre de l'Agriculture, près de 215 000 hectares ont été ensemencés en 2001, et la production de blé a été de 150 000 T, celle de pommes de terre, de 61 000 T, et celle de légumes, de 44 000 T. L'industrie de la viande progresse. Deux nouveaux abattoirs ont été ouverts et la quantité de viande transformée a été multipliée par trois par rapport à 2000. 19 sociétés sont autorisées à exporter de la viande. L'exportation d'intestins et de produits dérivés a doublé également.
En ce qui concerne les pertes subies par le -cheptel durant l'hiver 2001, elles s'élèvent à près de 4,3 millions de têtes à travers le pays, soit 1,3 million de plus qu'en 2000. Par ailleurs, il y a eu 2 millions de naissances en moins par rapport à 2000. (Les dommages causés à l'économie mongole par les deux catastrophes climatiques (dzud) consécutives des hivers 2000 et 2001 ont été estimés à 270 millions de tougriks par le gouvernement.) C'est la province Dzavkhan, au nord-ouest, qui a eu le plus de pertes (13,5 % des pertes totales), suivie par le Khövsgöl, l'Arkhangaï et la province Centrale ou Töv.
La Mongolie a aussi souffert d'un manque à gagner de 50 millions de USD en raison des épizooties qui ont réduit les exportations de ses produits d'origine animale.
Rappelons que le pays compte environ 180 000 familles d'éleveurs, dont 85 % ne possèdent que 200 têtes de bétail, alors qu'une famille aurait besoin, pour vivre correctement, de 400 à 500 têtes et de pâturages suffisants.
(EDN 16/10/01, 22/10/01, 3/12/01, 13/12/01, 19/12/01, 1/02/02, 2/02/02, 4/02/02)
Interrogé sur l'état de l'économie à la fin de l'année 2001 et ses perspectives pour 2002, N. Dachdzeveg, président de l'Association des producteurs mongols, souligne que 2001 a été une année particulièrement difficile, avec une baisse importante des prix du cuivre et du cachemire, de graves difficultés pour l'élevage et un déficit du commerce extérieur qui ne s'est pas relevé de la suppression des taxes d'importation en 1997. Il préconise donc de développer la politique industrielle du pays et ses exportations. L'ancien premier ministre D. Byambasüren souligne de son côté que les sociétés sont pénalisées par des charges fiscales importantes, et il craint que l'économie mongole ne soit affectée par une augmentation du prix du pétrole au niveau mondial. S. Demberel, président de la Chambre de commerce et d'industrie, a bon espoir que le marché du cachemire s'améliore en 2002, ce qui favoriserait les exportations dans le domaine textile. S. Avirmed, économiste, a pour sa part regretté que les crédits accordés à la Mongolie soient dépensés à mauvais escient dans la construction de la " route du millénaire ", et craint une flambée de l'économie parallèle.
(EDN 24/12/01)
Pour le directeur de la Banque de commerce et de développement, élue par un magazine financier anglais meilleure banque mongole, l'année 2001 a été en revanche une bonne année, sa banque enregistrant un profit net de 5 milliards de tougriks.
(EDN 27/12/01)


Élevage

L'hiver 2001-2002 a été une nouvelle fois un hiver difficile pour une partie des éleveurs, bien que ce dernier dzud (comme les Mongols appellent les calamités climatiques hivernales), et en particulier des chutes de neige inhabituelles pour le pays, n'aient pas eu l'importance des deux précédents. Des chutes importantes fin février dans le Bayankhongor, le Gobi-Altaï et l'Arkhangaï ont bloqué les routes, isolé les éleveurs et rendu très difficile l'approvisionnement des éleveurs en denrées alimentaires de base (thé, farine, riz) et en fourrage. Dans certains districts de l'Övörkhangaï, les troupeauxsont restés dans les abris à bétail à cause de l'épaisseur de la couche de neige, parfois rejoints par des mouflons dont certains ont également péri par manque de nourriture. Fin février, les pertes en bétail dans l'ensemble du pays s'élevaient à environ 1,7 million de têtes. A Bayankhongor (où il restait 20 à 60 cm de neige fin mars), c'est près de la moitié du cheptel (850 000 têtes) qui avait péri dans le dzud. La province de Khovd, mais aussi l'Uvs ou le Gobi-Sud (Ömnö-Gobi), ont également souffert, non de la neige (il n'en est pas tombé) mais d'un froid intense. En raison de la sécheresse des étés précédents, l'herbe n'avait pas bien poussé. Entre octobre et mars, 800 000 bêtes ont péri, et 250 000 avaient été déplacées sur le territoire de provinces voisines. 5000 familles avaient perdu tous leurs troupeaux. Une dizaine de personnes avaient perdu la vie. Le gouvernement avait décidé de faire parvenir début mars des stocks de foin et de fourrage.
(MM 06/03/02, 20/03/02)
La presse mongole a relaté l'histoire de ce vieil éleveur du Bayankhongor qui, en prévision d'un nouveau dzud, avait accumulé des réserves de crottin de cheval (khomool) durant l'été. Pendant la période de dzud, il a pu alimenter ses troupeaux en utilisant ce crottin séché mélangé à de l'eau et à de la graisse de marmotte, conservée elle aussi depuis l'été. Grâce à sa connaissance des techniques d'élevage traditionnelles, l'éleveur en question n'a pas perdu de bêtes. Malheureusement, il ne semble pas que cela ait suscité l'intérêt ou les encouragements des reponsables officiels.
En fait, les catastrophes climatiques des deux derniers hivers inciteraient plutôt le gouvernement actuel à prôner l'abandon du pastoralisme nomade au profit d'un élevage sédentaire plus productif adapté à l'économie de marché. C'est ce que le premier ministre Enkhbayar a évoqué récemment à deux reprises, soulignant que ce n'est pas le nombre, mais la qualité et la productivité du bétail, qui est souhaitable. Selon lui, un élevage sédentaire nuirait moins à l'environnement.
(EDN 11/03/02)

 

Pétrole

La production de pétrole mongol pourrait atteindre 35 000 tonnes en 2002, soit l'-équivalent de celle des quatre dernières années. Plusieurs sociétés étrangères sont impliquées dans la prospection et l'extraction du pétrole dans le pays. La compagnie chinoise Chinese National Oil Corporation travaillant à Tamsag Bulag estime les réserves à plus de 200 millions de tonnes. Cette année, la production a augmenté de 20 % et rapporté 2,3 milliards de tougriks au budget de l'Etat. Une raffinerie mixte mongole-kirghize, d'une capacité de 50 000 tonnes par an, a été mise en activité en juin 2001.
(EDN 28/12/01)

Un gisement remarquable de phosphates a été découvert par un géologue mongol, D. Dordjnamdjaa, dans le district Aldarkhaan de la province Dzavkhan, au nord-ouest du pays. Son exploitation représenterait un