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Actualité
Disparition du président du parlement
Lkhamsüren Enebich, président du Grand Khural et secrétaire
général du PPRM, est décédé soudainement,
le 30 septembre, des suites d'un infarctus. Né en 1947 dans la
province de Bulgan, il était ingénieur de formation. Élu
député en 1992 au Grand Khural (le parlement démocratique
établi par la nouvelle constitution de 1992 qui a succédé
au Grand Khural populaire de l'époque communiste), il avait occupé
depuis les postes de ministre de la Fonction publique et de vice-premier
ministre. En 1997, il était devenu le secrétaire-général
du parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM) ; à l'issue
des dernières législatives (2000), il avait été
élu président du Grand Khural.
Politique intérieure 
Budget revu à la hausse. En juin, préalabement à
la visite de responsables de la Banque mondiale, le gouvernement a soumis
au parlement une révision à la hausse (près de 5%)
du budget 2001.
Le premier ministre N. Enkhbayar a justifié les dépenses
supplémentaires dues à la mise en uvre du Programme
pour réduire la pauvreté et assurer la croissance. La hausse
des prix du pétrole, de l'électricité et du chauffage,
comme l'augmentation (pourtant limitée) du salaire de 90 000 fonctionnaires
et de 150 000 retraités, ou encore la dotation en cheptel des éleveurs
les plus affectés par le dernier dzud ont en effet, selon Tch.
Ulaan, ministre de l'Économie et des Finances, conduit à
un dépassement du budget initialement voté.
Le gouvernement veut aussi financer à hauteur de 900 millions de
Tg la construction d'étables pour le bétail, de puits, la
préparation de réserves de foin, et à hauteur de
8 milliards de Tg un fonds d'urgence destiné à affronter
une baisse imprévue des revenus de l'État, telle celle due
aux baisses récentes du prix du cachemire et du cuivre sur le marché
mondial.
En contrepartie, certaines entreprises qui ont réalisé d'importants
bénéfices (Montelecom, Banque du commerce et du développement,
Société Gobi) ont alimenté les caisses de l'État,
de même que la taxe sur la consommation d'alcool introduite en janvier
qui a fait rentrer pour les trois premiers mois 1,3 milliards de Tg. Des
amendements aux lois fiscales que le gouvernement veut faire adopter dans
le cadre de son programme 2000-2004 devraient aussi lui permettre d'élargir
la base de l'impôt et d'accroître le nombre des contribuables
; un impôt immobilier est en préparation et des mesures sont
prévues pour assurer la bonne collecte de l'impôt. Notons
que la part de l'impôt dans le PIB ne dépasse pas les 23%
et devrait cette année tomber à 22,3%. En 2000, 40% du budget
provenait des revenus fiscaux, et en particulier de la TVA, introduite
depuis les lois fiscales votées en 97-98 et passée de 13
à 15% sous le nouveau gouvernement PPRM.
Le taux d'imposition en Mongolie est de 25% environ, mais nombreux sont
ceux qui ne payent pas l'impôt sur le revenu. Ainsi les éleveurs
ayant moins de 150 bêtes en sont exemptés (récemment,
en septembre 2001, Tch. Ulaan remarquait que le secteur agricole, s'il
produit un tiers du PIB, soit environ 120 milliards de Tg, ne contribue
que pour 2 milliards aux impôts locaux) ; mais ce sont surtout les
petits commerçants -- qui ne payent pour l'instant que des droits
de licence - et les petits entrepreneurs menant leurs opérations
en liquide qui échappent à l'impôt. Ce sont les sociétés
qui payent le plus lourd tribut, malgré une tendance à éviter
le paiement de l'impôt où à ne pas déclarer
l'intégralité de leurs revenus (d'ailleurs la part de l'impôt
sur le revenu dans les rentrées fiscales est tombé à
moins de 23% en 1999, ce que les difficultés économiques
ne peuvent seules expliquer).
Cette question de l'impôt sur les sociétés a été
au cur d'un débat organisé en juillet dernier à
la Chambre de commerce entre les cercles d'affaires et le chef du gouvernement.
Ce dernier a promis qu'aucune nouvelle augmentation des impôts ne
serait introduite, le gouvernement envisageant plutôt de diminuer
progressivement l'impôt sur les sociétés de 30%. Sont
d'ores et déjà dispensées de TVA les sociétés
à capitaux étrangers qui produisent des biens pour l'exportation,
de même que celles qui importent des équipements technologiques
ou de la machinerie lourde. De nouvelles propositions visent à
développer l'industrie nationale dans les secteurs de la laine,
du cachemire, du textile et du cuir : les sociétés de ces
secteurs à capitaux étrangers seront exemptées de
taxes pendant les trois premières années, puis bénéficieront
d'un abattement de 50% les trois années suivantes.
Pour satisfaire aux conditions du Fonds monétaire international
(FMI), avec lequel le nouveau pouvoir a eu des négociations difficiles
tout au long de l'année passée, le gouvernement s'est également
engagé à réduire les droits de douanes à compter
de 2002 : ils passeront de 7 à 5%, le FMI considérant que
les produits mongols doivent être en compétition avec les
produits étrangers équivalents et que c'est aux fabricants
mongols d'améliorer leur gestion. Le gouvernement devra également
ouvrir un compte où seront transférés tous les comptes
actuels en devises du gouvernement ; accroître le salaire des fonctionnaires
; régler la question des dettes envers l'État des compagnies
publiques telles que la mine de charbon de Baganuur, les services de l'énergie,
Erdenet et l'importateur de pétrole NIC, avec interdiction de faire
du troc avec d'autres compagnies publiques, car ces dernières ne
peuvent plus alors s'acquitter de leurs propres dettes.
(EDN 24/01, 10/05, 19/06, 23 et 26/07, 28/09/01 ; MM 20/06/01)
Fonctionnaires limogés 
Depuis l'arrivée au pouvoir des anciens communistes en juillet
2000, un grand nombre de fonctionnaires connus pour leurs opinions politiques
divergentes de celles du PPRM ont été relevés de
leurs fonctions et remplacés par des fidèles du PPRM. Citons
par exemple D. Byambasüren, ancien premier ministre, écarté
de la direction de l'Académie de gestion, ou B. Medree, directeur
de la banque du Commerce et du Développement, démis de ses
fonctions par une décision émanant, non du conseil des actionnaires
comme le voudrait le règlement, mais du conseil directeur du PPRM.
Plus récemment, la mise à l'écart du commandant en
second des troupes frontalières limogé par surprise en août
dernier et qui avait été candidat du parti républicain
aux législatives, les dernières nominations de diplomates
ou, à la rentrée, les révocations sans justification
apparente de directeurs d'école témoignent de la volonté
du PPRM de contrôler seul tous les rouages de l'État.
Moins de deux mois après la victoire du PPRM aux législatives
2000, le conseil politique de l'ex-parti social-démocrate (qui
a fusionné depuis dans le parti démocrate) déplorait
déjà le limogeage massif de fonctionnaires, directeurs d'écoles
ou responsables d'entreprises publiques sur la base de leurs opinions
politiques. Ceci constitue, déclarait-il alors, une violation de
l'esprit de la constitution qui stipule que nul ne peut être discriminé
pour des raisons idéologiques, et va à l'encontre des principes
de la fonction publique. Et de souligner qu'inversement, la coalition
démocratique avait laissé en place, après sa victoire
aux législatives de 1996, un très grand nombre de fonctionnaires
affiliés au PPRM, dont plusieurs secrétaires d'État.
En janvier dernier, l'ancien premier ministre Dj. Narantsatsralt, qui
est aussi l'un des quatre députés d'opposition au Grand
Khural, s'était inquiété de cette chasse aux sorcières
auprès du secrétaire du gouvernement, par ailleurs secrétaire
du PPRM, Ö. Enkhtüvchin. Ce problème est devenu un cheval
de bataille du parti démocrate qui n'a presque plus de représentants
dans l'administration locale au niveau des districts et des villes, alors
que, sous le précédent cabinet, les gouverneurs de sept
provinces (aimag) (soit le tiers), les chefs de 133 districts (sum) et,
au niveau inférieur, de 539 baga, étaient membres du PPRM.
Du côté des ambassades, si des diplomates professionnels
membres du PPRM étaient, sous la coalition, restés en poste
ou avaient été nommés, en revanche le gouvernement
PPRM ne garde ou ne nomme que ses fidèles : le premier ministre
et le président se sont âprement disputé les postes
pour leurs amis respectifs si l'on en croit le journal Ödriin sonin,
proche de l'opposition.
Selon une estimation du Centre des libertés, 15 000 fonctionnaires
auraient été ainsi démis de leurs fonctions durant
l'année écoulée, pour des raisons idéologiques.
Une liste tenue par le parti démocrate concernant ses membres fait
état de 2040 personnes ainsi renvoyées. La commémoration
annuelle des victimes des purges communistes, le 10 septembre, devait
être marquée par une manifestation contre cette " nouvelle
forme de répression ".
Interrogé à ce sujet par des journalistes quelques jours
plus tard, le président du parlement, L. Enebich, avait déclaré
qu'en tant que membre du conseil directeur du PPRM, il n'avait jamais
donné d'instructions pour de tels limogeages, et que, si limogeages
il y avait eu, il fallait " blâmer la politique à courte
vue de ceux qui les avaient décidés et non le PPRM ".
(EDN 23/08, 15/09/00, 12/01, 18/06, 19/07, 3/08, 4, 6 et 14/09/01 ; ÖS
29 et 30/06/01)
Vie des partis 
3e session du comité national du parti démocrate. Le parti
démocrate mongol (PDM), principal parti d'opposition n'a guère
fait parler de lui après son échec aux présidentielles
du printemps dernier, réservant, selon ses dirigeants, son action
au niveau local. Formé en décembre dernier par la fusion
de cinq partis, il est loin de tenir un discours homogène ; ses
contacts avec ses deux représentants au parlement sont des plus
limités. En dehors de la dénonciation des limogeages politiques,
les critiques à l'égard de N. Enkhbayar ont été
rares, tant il est vrai aussi que la politique de privatisation de grosses
entreprises publiques annoncée par le gouvernement va dans le sens
de celle préconisée par l'opposition démocratique
(bien que cette dernière juge qu'il eût été
plus profitable pour l'État de le faire il y a deux ans, quand
la coalition le demandait et que ces entreprises étaient en meilleure
santé économique). C'est que le style et les idées
du réformateur du PPRM, avocat de la modernité,du développement
des villes et de l'abandon du nomadisme, le rendent finalement assez proche
de cette génération de jeunes démocrates issue de
l'effondrement du communisme.
On attendait donc avec intérêt la tenue, les 23 et 24 septembre
2001, de la 3e session du comité consultatif national appelé
à analyser les raisons du dernier échec électoral,
et ce d'autant qu'à l'intérieur du parti, on ne se voilait
pas les yeux sur cette inertie préjudiciable au développement
d'une opposition capable de damer le pion au PPRM.
Certains membres influents du PDM, tel Do. Ganbold, s'étaient même
exprimés dans la presse sur la nécessité de changer
la direction du parti, décision relevant précisément
des 170 membres du comité consultatif national. Ils faisaient ainsi
porter à D. Dorligdjav, nommé président depuis décembre
2000, la responsablilité des mauvaises performances du nouveau
parti démocrate aux récentes élections, et suggéraient
de le remplacer à la tête du parti par M. Enkhsaïkhan.
Il est vrai que ce dernier, qui fut l'un des artisans de la victoire de
la coalition démocratique en 1996 et premier ministre du gouvernement
de coalition de 1996 à 1998, a une réputation de politicien
brillant et honnête, et jouit d'une image positive dans l'opinion
publique. En novembre dernier, un sondage sur les personnalités
susceptibles de présider le nouveau parti démocrate le créditait
de 55% d'opinions favorables contre 14%, 9% et 6,7% respectivement à
R. Amardjargal, Dj. Narantsatsralt (tous deux également ex-premiers
ministres) et R. Gontchigdorj (ex-président du Grand Khural).
M. Enkhsaïkhan ne rejetait pas, en principe, l'idée de prendre
les rênes du parti, car, selon lui, ni D. Dorligdjav, l'actuel président
du PDM, ni Dz. Enkhbold, le secrétaire-général, bien
que bons organisateurs et économistes, n'étaient pas les
chefs politiques dont le parti avait besoin. M. Enkhsaïkhan, par
ailleurs, regrettait l'occasion manquée par le PDM de fusionner
avec le parti du Courage civique de S. Oyun, et considérait que
l'opinion publique, en sanctionnant l'ex-coalition aux dernières
élections, avait exprimé sa fatigue, non de la démocratie
elle-même, mais de certains leaders démocrates. Il appelait
le parti à parler ouvertement des erreurs commises par l'ex-coalition,
et à présenter des excuses pour son incapacité à
élucider le meurtre du ministre des Infrastructures S. Dzorig en
1999. Cependant, il était bien conscient du fait qu'il ne disposait
pas au sein du parti d'un appui suffisamment fort pour être élu
président par le comité consultatif national, d'autant que
D. Dorlig-djav entendait rester à son poste et proposait plutôt
que le parti modifie ses règles de fonctionnement et délimite
plus clairement les responsabilités du président qui, selon
son expérience, n'est pas en mesure actuellement de se comporter
comme le véritable leader du parti.
Le comité consultatif national s'est donc réuni fin septembre
2001, mais les détails des discussions en son sein ne sont pas
connus, les débats n'étant pas publics (certains journalistes
sans doute trop entreprenants auraient même vu leur carte de presse
confisquée). Finalement, le comité a choisi de maintenir
D. Dorligdjav à son poste de président et s'est contenté
d'élire un nouveau secrétaire général, l'ex-député
N. Altankhuyag (le secrétaire général sortant Dz.
Enkhbold, âgé de 35 ans, devant se rendre aux États-Unis
pour y étudier pendant deux ans). Ceci confirme que M. Enkhsaïkhan
et ses amis n'ont pas eu le soutien suffisant pour faire adopter leurs
idées par le comité.
La convocation d'une réunion extraordinaire du comité est
par ailleurs prévue en vue de la modification des statuts du parti
; deux vice-présidents, dont une femme, devraient être élus
à cette occasion.
(EDN 26/06, 3, 13 et 21/08, 17-26/09/01 ; ÖS 27/06/01)
Relations extérieures 
Statut non-nucléaire
La Mongolie était présente à la réunion de
cinq puissances nucléaires organisée par les Nations-Unies
à Sapporo les 5 et 6 septembre dernier. La déclaration conjointe,
dans laquelle ces pays garantissent la sécurité de la Mongolie,
est d'une grande importance aux yeux des dirigeants mongols, bien qu'elle
ne soit pas encore légalement contraignante.
Signataire du traité de non prolifération nucléaire,
n'ayant aucune alliance militaire avec des États nucléarisés
et suivant une politique de non-alignement, la Mongolie remplit les conditions
pour que soit garanti son statut non-nucléaire. Le secrétaire-général
des Nations-Unies, Kofi Annan, doit présenter à la 57e session
spéciale un rapport sur l'application de la résolution de
l'Assemblée générale de l'ONU (1998 et 2000) concernant
le statut non-nucléaire de la Mongolie.
(EDN 12/09/01)
Dans son numéro daté du 10 juillet, p. 5, Mongolia this
week publie une analyse sur la place grandissante de la Mongolie dans
le concert des nations, qu'a soulignée récemment la visite
de Tang Jiaxuan, le ministre chinois des Affaires étrangères,
favorable à l'entrée de la Mongolie au Groupe de Shanghai
(Shanghai Cooperation Organization) créé en avril 1996 en
vue de lutter contre le terrorisme, l'extrémisme et le séparatisme,
et comprenant la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le
Tadji-kistan et, depuis cette année, l'Ouzbékistan. Autre
preuve de la percée de la Mongolie sur le plan international :
les nouvelles règles d'attribution des visas entre les États-Unis
et la Mongolie, et également les déclarations du directeur
de Zarubejtsvemet, le partenaire russe de la grande entreprise Erdenet,
qui s'est montré très encourageant sur une future participation
à l'exploitation des richesses minières mongoles, tels les
nouveaux gisements découverts dans la province du Gobi oriental
(Dornogobi), ou à l'extraction de l'or.
Chine
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Tang Jiaxuan,
a effectué une visite officielle en Mongolie début juillet.
On s'est mutuellement félicité à l'occasion du 80e
anniversaire du parti populaire mongol et du parti communiste chinois,
tous deux fondés en 1921.
Depuis une dizaine d'années, la Chine a investi à hauteur
de 107 millions de USD en Mongolie. Alors qu'elle n'en était que
le 5e partenaire économique en 1990, elle est désormais
son premier partenaire et son principal investisseur. Sur plus de 1600
sociétés étrangères opérant en Mongolie,
un tiers sont chinoises. Les importations par la Chine de produits mongols
s'élevaient à 188 millions de USD en 2000, soit une augmentation
de 53% par rapport à 1999 : ceci représente plus de 32%
des exportations totales de la Mongolie. En revanche, la part des produits
chinois dans les importations mongoles (16%) est moins importante et la
balance commerciale nettement favorable à la Mongolie.
À l'occasion de sa visite, le ministre chinois a signé un
protocole de don de 5 millions de yuan (rmb) destiné à la
formation d'étudiants mongols en Chine. Le 7 juillet, un don de
45 millions de yuan était également annoncé.
Il a par ailleurs déclaré que la Chine n'avait aucune objection
à l'entrée de la Mongolie au Groupe de Shanghai, ni à
son statut de zone non-nucléaire.
Par ailleurs, au cours des discussions de la 7e commission mixte intergouvernementale
qui s'est tenue dans la foulée à Pékin en présence
du ministre mongol des Insfrastructures, B. Djigdjid, la Chine a donné
son accord pour l'ouverture d'un nouveau corridor aérien et pour
l'augmentation des vols entre les deux capitales. Davantage de trains
circuleront durant la saison touristique, mais le principe d'une autre
ligne ferroviaire entre la ville de Tchoïlbalsan à l'est et
Rachaant, situé du côté chinois (nord de la Mongolie-Intérieure)
est encore discuté. Côté mer, outre Tianjing, un autre
port sera désormais accessible à la Mongolie : Qinhuangdao.
Il a été aussi décidé que les deux pays pourraient
utiliser leurs monnaies nationales respectives dans le commerce frontalier,
et qu'ils renforceraient leur contrôle sur les banques opérant
dans ce type de commerce. La Mongolie a demandé également
de pouvoir importer plus régulièrement du pétrole
de Chine, et la Chine a promis d'apporter sa technologie pour développer
le réseau de communication mongol, ce qui devrait diminuer considérablement
le coût des communications des téléphones mobiles.
Début septembre, une délégation de parlementaires
mongols emmenés par le vice-président du parlement mongol,
Dj. Byambadordj, a effectué une visite d'une semaine en Chine.
Cependant, si les relations politiques et économiques entre les
deux États ne cessent de se développer, une certaine tension
se fait parfois sentir dans la population. Ainsi, des échauffourées
entre des Chinois et des Mongols (apparemment en état d'ébriété,
bien que la presse mongole attribue la responsabilité des incidents
aux Chinois) ont eu lieu début août, à deux reprises
: d'abord dans un bar, puis sur un chantier de construction. Le 13 août,
le chargé d'affaires chinois réunissait une conférence
de presse à ce sujet et demandait au gouvernement mongol de sanctionner
les coupables, d'indemniser les victimes et de protéger la sécurité
et les droits des ressortissants chinois.
La question du dalaï-lama est aussi épineuse. On apprenait
ainsi début septembre que la visite en Mongolie du pontife tibétain,
programmée du 3 au 17 septembre, était ajournée.
L'ambassade de Chine à Oulan-Bator avait fait savoir son désaccord,
et la Russie refusait de son côté de lui accorder le visa
de transit nécessaire.
(EDN 3-9/07, 6 et 14/08, 3, 6 et 24/09/01 ; MM 14/07/01)
Pipeline 
Lors de sa visite en Russie courant juillet, le premier ministre chinois
Zhu Rongji a signé un document sur la faisabilité économique
et technique du fameux oléoduc de 2500 km qui acheminerait le pétrole
sibérien d'Angarsk à la raffinerie chinoise de Daqing au
nord de la Chine. Selon une source non officielle, cet accord prévoit
que la route de l'oléoduc passera, non par la Mongolie comme cette
dernière l'espérait tant, mais par la Mandchourie. Mi-septembre,
le gouvernement mongol n'en avait toutefois pas encore été
avisé.
La route mandchoue, plus à même de desservir des régions
industrielles chinoises, japonaises et sud-coréennes où
la consommation de pétrole devrait quadrupler dans les vingt prochaines
années, est en effet la plus appropriée, même si elle
n'est pas la plus courte. Déçue, la Mongolie qui dépense
une part considérable de son budget à régler sa facture
énergétique, regarde désormais vers un autre projet
d'oléoduc, voire également d'un gazoduc, qui acheminerait
le pétrole sibérien vers les régions occidentales
de la Chine en traversant l'ouest de la Mongolie.
(EDN 19/07, 11/09 ; MM 27/07/01)
Corée du Sud
Un Forum coréen-mongol réunissant parlementaires, hommes
d'affaires et scientifiques s'est tenu début juillet. Il a été
surtout question de l'introduction en mongolie des nouvelles technologies
de l'information, de l'amélioration des services de santé
et de la privatisation annoncée de certaines grandes entreprises
mongoles. Les investisseurs sud-coréens se sont plaints de l'environnement
légal et commercial en Mongolie : selon eux, l'application des
textes de loi sur les investissements étrangers et les divers avantages
offerts aux investisseurs laisse à désirer et les responsables
mongols ne se donnent guère de mal pour régler les problèmes
Les échanges continuent à aller bon train entre Coréens
et Mongols : 35 étudiants de l'Institut des relations internationales
de Séoul ont ainsi passé l'été non loin du
du monastère d'Amarbayasgalant, dans la province de Selenghe, où
ils se sont familiarisés avec le mode de vie mongol, vivant chez
l'habitant et aidant dans leurs tâches éleveurs et agriculteurs.
Signalons aussi l'ouverture derrière l'hôtel Gengis Khan
d'un nouveau centre commercial (Sky Shopping Center), qui a été
construit par une entreprise coréo-mongole. Il emploie 300 personnes,
dont 290 Mongols.
(EDN 3, 10 et 17/07/01 ; Mongolia this week 10/07/01)
Russie
Des accords ont été signés en juillet entre les
deux pays relatifs à l'exportation de viande vers la Russie, à
la coopération frontalière, au règlement des vols
de bestiaux le long de la frontière touva-mongole et à l'assistance
russe dans la construction de la " route du millénaire ".
En août, le gouvernement russe a décidé dans un geste
humanitaire la livraison de denrées d'une valeur de près
de 100 000 USD, dont il prendra également en charge le transport.
Par ailleurs, la question pendante de la dette mongole (18 millions de
USD) à l'égard de la Russie aurait été réglée.
La Russie a inauguré le 11 août le nouveau poste frontière
routier de Khiagt (Kiakhta) ; selon les nouvelles procédures, seuls
les véhicules à moteur sont autorisés à passer
la frontière ; le passage à pied est désormais interdit.
Notons enfin que les chanteurs russes continuent à attirer un large
public mongol : 14 ans après sa première tournée
auprès des troupes soviétiques stationnées en Mongolie,
le chanteur Filip Kirkorov est revenu fin août et a rempli le grand
stade d'Oulan-Bator où le public s'est partagé quelque 50
000 billets coûtant entre 5000 et 15 000 Tg.
Altaï. S.I. Zubakin, chef du gouvernement de la république
de l'Altaï, s'est rendu en Mongolie fin juillet et a rencontré
le Premier ministre Enkhbayar. Il a été question des relations
entre l'Altaï et les provinces occidentales de la Mongolie en matière
d'agriculture, de construction, de routes et de services vétérinaires.
Le gouverneur de la région de Tchita (Transbaïkalie), R. F.
Genyatulin, était par ailleurs attendu en septembre.
(EDN 24, 27/07, 8 et 31/08, 10, 12 et 19/09/01)
États-Unis 
À compter du 18 juillet, de nouvelles règles de délivrance
des visas sont entrées en vigueur. Les Américains n'ont
désormais plus besoin de visa pour se rendre en Mongolie ; de leur
côté, les Mongols admis à entrer aux Etats-Unis recevront
un visa de 3 ans (officiels), 5 ans (étudiants) ou 10 ans.
Le président Bagabandi a reçu en août le consul honoraire
de Mongolie à Denver, Colorado. Dans cet État américain
vivent ou étudient plus de 600 Mongols. Cette communauté
s'est d'ailleurs fait remarquer au festival des Bateaux-Dragons de Denver
: c'est en effet l'équipe des " marins " mongols, venus
d'un pays où l'on n'a pourtant guère le pied marin et dont
la presse locale s'était gentiment gaussée, qui a finalement
remporté la coupe !
Signalons aussi la visite en Mongolie de l'ancien président américain
Jimmy Carter les 8 et 9 septembre dernier, à l'invitation du Premier
ministre mongol qui entendait ainsi populariser la Mongolie à l'étranger
et encourager les investissements.
(EDN 5/07, 20 et 28/08/01 ; MM 12/09/01)
Europe
La Communauté européenne, qui avait déjà
accordé une aide de 567 000 euros en début d'année,
a décidé d'accorder 1,03 million d'euros d'aide supplémentaire
à la Mongolie qui doit faire face aux conséquences de la
catastrophe climatique de l'hiver passé. Le premier versement servira
au rééquipement en cheptel des éleveurs affectés
par le dzud, à leur santé et à leur éducation.
(EDN 21/09/01)
Allemagne
Agenda chargé cet été entre les partenaires mongols
et allemands, l'Allemagne étant, rappelons-le, le principal donateur
européen. En juin, une " Académie d'éducation
juridique " ouvrait ses portes. Elle résulte d'un accord entre
le gouvernement mongol et la Fondation Hans Seidel. Son rôle sera
de diffuser auprès du public, et des fonctionaires en particulier,
des informations à caractère juridique. En l'inaugurant,
le premier ministre l'a qualifiée d'" université populaire
" .
Toujours dans le cadre de la coopération juridique entre les deux
pays, le ministre de la Justice et des Affaires intérieures mongoles
devait recevoir une délégation allemande en août,
tandis que le 20 septembre, c'est une délégation mongole,
composée de parlementaires, qui se rendait en Allemagne pour y
observer le fonctionnement du système législatif et du système
électoral allemands.
Par ailleurs, une délégation de parlementaires et politiciens
allemands, arrivée Mongolie fin juillet, a convenu avec ses interlocuteurs
mongols de la nécessité de développer la coopération
dans les domaines de la culture, de l'éducation et, plus spécialement,
du tourisme.
Début septembre, plusieurs personnalités politiques, dont
l'ancien président P. Otchirbat, l'essayiste et ex-député
Baabar, l'ancien Premier ministre M. Enkhsaïkhan et le vice-ministre
de l'Économie L. Enkhtaïvan, devaient donner une conférence
dans le cadre du Forum mongolo-allemand créé voici deux
ans.
Le 5 septembre, M. L. Enebich, le président du parlement (dont
on vient d'apprendre le décès) recevait le secrétaire-général
de la Fondation Konrad Adenauer, qui, soulignait-il, apporte depuis 1990
une aide importante à l'instauration d'un système démocratique
en Mongolie.
De leur côté, le ministre des Affaires étrangères,
L. Erdenetchuluun, le ministre de la Défense Dj. Gurragtchaa et
le président de la commission parlementaire sur la sécurité
et la politique étrangère, L. Lündeedjantsan, recevaient
une délégation allemande pour discuter de coopération
militaire bilatérale.
Signalons enfin que dans le cadre d'un accord bilatéral, il est
prévu d'organiser en Allemagne en 2004 une exposition consacrée
à Gengis Khan et à ses successeurs. Les experts allemands
sont déjà sur place pour procéder à la sélection
des objets. Une exposition du même nom s'est ouverte au musée
des Beaux-Arts d'Oulan-Bator.
(EDN 27/06, 26 et 27/07, 27/08, 3 et 6/09/01)
En visite en Mongolie début septembre, Jacques Diouf, le directeur
de la FAO, l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations-Unies,
qui a des projets en Mongolie depuis 1973, a annoncé que la FAO
collaborerait avec le gouvernement sur un programme visant à lutter
contre la pauvreté parmi les éleveurs et accroître
le revenu de ceux qui travaillent dans l'élevage et l'agriculture.
L'accent sera mis sur le développement de ces secteurs et sur la
sécurité alimentaire.
Le Premier ministre mongol a reconnu la nécessité de réformer
le secteur de l'élevage. Il a souligné en particulier le
décalage entre la part de l'élevage dans le PIB (35%) et
sa contribution au budget de l'État (0,5%). Il a également
souhaité que les produits issus de l'élevage soient manufacturés
dans le pays plutôt qu'à l'étranger. Enfin, il a appelé
à faire les préparatifs nécessaires en vue du prochain
hiver, qui s'annonce difficile, plutôt que de compter sur l'aide
internationale.
On craint en effet un troisième dzud consécutif après
ceux des deux hivers précédents qui ont causé la
perte de 2,4 et 3,4 millions de têtes respectivement. Une importante
sécheresse a sévi cet été sur un tiers du
territoire mongol, tandis qu'un autre gros tiers a été aussi
affecté mais dans une moindre mesure (ainsi, un vol de sauterelles
qui a détruit une grande partie des pâturages s'est abattu
sur la région d'Oulan-Bator, le 22 juillet, ce qui est interprété
par les anciens comme un signe de sécheresse). Treize millions
de têtes vivent dans les zones touchées. Le manque d'herbe
dans les pâturages ne permettra pas un engraissement satisfaisant
des troupeaux avant l'hiver, ni la récolte de quantités
suffisantes de foin et de fourrage.
Des consignes ont donc été données pour que des mesures
préventives soient prises : construction d'étables et d'abris,
réserves de foin. Le gouvernement voudrait par ailleurs accroître
par précaution les exportations de viande afin de limiter des pertes
ultérieures ; des réserves importantes de viande seront
faites cet automne pour satisfaire les besoins des citadins au printemps
prochain.
(EDN 27/08, 3/09/01 ; MM 5/09/01)
BasD 
Le directeur de la Banque asiatique de développement (BasD,) Tadao
Chino, était à Oulan-Bator le 27 septembre pour l'inauguration
d'une délégation de la BasD. Il a eu des entretiens avec
le ministre des Finances, Tch. Ulaan, et le président de la Banque
de Mongolie, O. Tchuluunbat.
La Mongolie est membre de la BasD depuis 1991 : au cours des dix années
passées, la BasD lui a accordé 25 prêts d'un montant
total de 439 millions de USD, ainsi qu'une assistance technique s'élevant
à 44 millions. La pauvreté n'a pourtant pas diminué,
admettait le représentant de la BasD en Mongolie, Barry Hitchcok.
Selon lui, la stabilisation en 1995 de l'économie, qui s'était
effondrée au début des années quatre-vingt-dix, n'a
pas été suivie d'une croissance suffisante (elle n'a été
que de 3%) pour avoir un effet sur le tiers de la population vivant sous
le seuil de pauvreté. A la suite de l'adoption par la banque en
1999 d'une nouvelle stratégie de réduction de la pauvreté,
la Mongolie a été le premier pays membre a signer un partenariat
contre la pauvreté (mars 2000), renouvelé avec l'actuel
gouvernement (mars 2001). Le plan de la banque adopté en mai 2000
et intitulé " Opérations de la BasD en Mongolie pour
la réduction de la pauvreté " porte sur les trois années
à venir et met l'accent sur les secteurs financier, agricole, public,
social et sur le développement urbain ; il souligne que tout projet
soutenu doit favoriser la croissance économique, créer des
emplois et être accompagné d'une bonne gestion pour éviter
tout gaspillage des réserves comme c'est le cas dans de trop nombreux
pays. Des prêts s'élevant à un total de 186 millions
de USD devraient être alloués à la Mongolie, avec
une assistance technique annuelle de 4 millions de USD, et permettre la
mise en uvre du programme. Parmi les projets, celui sur l'habitat
prévoit, soit des prêts aux particuliers pour améliorer
leur logement (la BasD prêtera aux banques commerciales mongoles,
celles-ci prêteront aux entreprises et ce sont ces dernières
qui accorderont les prêts aux employés, le remboursement
du prêt étant ensuite prélevé directemetn sur
leur salaire), soit, pour ceux qui n'ont pas les moyens de souscrire des
prêts, une assistance directe. À la campagne, la banque veut
développer les coopératives de crédit (credit unions)
pour les plus défavorisés. Sur le plan social, l'effort
portera sur la formation des chômeurs et le développement
d'un marché du travail.
Ajoutons pour l'anecdote qu'une équipe d'assistance technique de
la BasD mongolo-australienne, qui menait une enquête dans l'Arkhangaï,
s'est vu offrir en août dernier un cheval de course de 4 ans par
le district d'Öldziit en remerciement du travail accompli. L'équipe
participera personnellement aux frais de pension et d'entraînement
du cheval.
(EDN 27 et 28/08/01 ; MM 29/08/01)
BERD
Au printemps 2000, la Banque européenne de reconstruction et de
développement accueillait favorablement la demande de la Mongolie
de devenir membre de la BERD, processus auquel le Danemark a apporté
son soutien financier. Lors d'une rencontre en septembre, le Premier ministre
mongol et le directeur exécutif de la BERD, M. Pim van Ballecom,
ont discuté des possibilité d'améliorer le statut
de la Mongolie à la BERD et de coopérer dans les domaines
de la banque, des infrastructures et de la privatisation. La BERD a annoncé
qu'elle créait un fonds de coopération pour la Mongolie.
Rappelons que les activités de la BERD, créée en
1990, sont centrées sur la rénovation des structures financières
et les investissements étrangers dans les anciens pays communistes.
(EDN 18/09/01)
La visite à Oulan-Bator du président de la Banque mondiale,
James D.Woolfenson, initialement prévue pour la fin septembre,
a été repoussée à avril 2002 en raison des
attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.
(EDN 25 et 28/09/01)
Consuls honoraires
La 3e conférence des consuls honoraires, un service auquel la
Mongolie a largement fait appel depuis 1990 pour la représenter
dans les pays où elle n'a pas encore, ou n'a plus, d'ambassade,
s'est tenue les 15 et 16 août dernier. Ils sont actuellement 35,
répartis dans 27 pays, chargés de délivrer les visas
mongols, aider les Mongols expatriés résidant dans leur
pays, encourager les échanges commerciaux et régler des
problèmes divers. Des Mongols représentent aussi en Mongolie
les intérêts de certains pays étrangers tels la Malaisie,
la Thaïlande ou la Slovaquie.
(EDN 16 et 17/08/01)
Restrictions à l'embauche d'étrangers
En application de la loi sur l'emploi adoptée le 1er juin, le
gouvernement mongol a décidé, dans le cadre de son action
contre le chômage, de vérifier la régularité
des contrats de travail et des visas des étrangers travaillant
dans le pays, et ce à compter du septembre 2001. Ces contrôles
concerneront également les étrangers venus avant le 1er
juin. En outre, le gouvernement a pris des mesures destinées à
favoriser, à compétences égales, l'embauche des nationaux
sur celle des étrangers. Une société qui décidera
d'employer un étranger devra le faire avec une raison valable,
sans quoi elle risquera une amende mensuelle de 36 000 Tg payable au Fonds
de soutien à l'emploi récemment créé.
Il y a officiellement 40 000 chômeurs. Le taux de chômage
est de 4,7% dans la capitale. Dans les provinces, le taux le plus faible
est de 2,8% et concerne la province du Gobi oriental (Dornogobi), et le
taux le plus élevé est celui rencontré dans le Bayan-Ölghii
où il est de 13,14% ( de nombreux Kazakhs de retour du Kazakhstan
n'ont pas trouvé d'emploi), puis, à l'autre extrémité
de la Mongolie, dans la province Orientale (Dornod), où il s'élève
à plus de 10%.
(MM 29/08/01)
Économie 
Indicateurs des 6 premiers mois de l'année 2001 :
Commerce extérieur :
- Importations : 156,4 M USD (- 9,3% par rapport à 2000)
- Exportations : 237,7 M USD (- 25,4% : baisse du textile, des cuirs et
peaux, et du cuivre)
Volume total des échanges : 394,1 M USD (-16,5%)
Déficit de la balance extérieure : 81,3 M USD (+ 29 M USD)
Fin juillet, ces deux derniers chiffres étaient passés respectivement
à 584,5 M USD et 117,3 M USD (+ 40,1 M USD)
Les statistiques pour la période mai-août mettent en évidence
la part toujours croissante de la Chine dans les exportations : 61%, contre
29% pour les Etats-Unis et seulement 6% pour la Russie.
Industrie : 102,4 M Tg (+ 5,5%)
Elevage : au 1/07/01, 67% des femelles avaient mis bas et 7,6 millions
de jeunes (85%) avaient survécu, ce qui est environ 10% de moins
que l'an dernier (762 000 têtes en moins). 13% du cheptel (qui s'élevait
à environ 30 millions de têtes) a été perdu
depuis janvier 2001
Agriculture : 214 000 hectares ont été ensemencés
(198 000 h en céréales, 8700 h en pommes de terre et 5100
h en légumes), soit une croissance de + 5,7% , ce qui reste encore
très en deçà des superficies cultivées avant
1991.
Tourisme (chiffres de l'année 2000) : 26,6 M USD soit 6,2% du PIB
résultant des exportations. 165 000 visiteurs se sont rendus en
Mongolie en 2000, dont 32 000 touristes proprement dits parmi lesquels
25% de Japonais, 22% de Chinois, 11% de Russes, 8% d'Américains,
7% de Coréens , 4,5% d'Allemands et 2,5% d'Anglais.
En juin 2001, la Mongolie comptait 300 entreprises liées au tourisme
; il y a 90 hôtels d'une capacité totale de 8000 lits dans
la capitale et 85 bases touristiques en province.
(MM 25/07 et 29/08/01 ; EDN 20/07, 1/08, 11/09/01)
Accord avec le FMI. C'est fin septembre qu'ont été finalement
signés entre le gouvernement et les représentants de la
Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) les documents
relatifs au Programme pour réduire la pauvreté et assurer
la croissance, au Document intermédiaire du programme stratégique
pour la réduction de la pauvreté et au Prêt pour la
réforme structurelle du secteur fi-nancier. Le gouvernement PPRM
se félicite de la restauration de la confiance des institutions
financières internationales. Les négociations, entamées
après l'arrivée au pouvoir du PPRM, ont été
difficiles et ont nécessité de nombreuses rencontres entre
les partenaires.
Le Programme pour réduire la pauvreté et assurer la croissance
définit précisément la politique économique
et financière du pays à moyen terme : on prévoit
une croissance de 6%, une inflation de 5% (contre 7% aujourd'hui et 8-9%
l'an dernier) et un déficit budgétaire de 6%. Il constitue
une reconnaissance de la stabilité politique de la Mongolie et
de sa capacité à rembourser les prêts, selon l'Ünen,
organe du PPRM. (La dette extérieure du pays approche un milliard
de USD.)
La Mongolie recevra sur trois ans en plusieurs étapes un prêt
de 28,6 millions de USD, l'attribution des fonds étant conditionnée
par la bonne réalisation de l'étape précédente.
Un nouveau système de gestion budgétaire devrait assurer
une utilisation efficace du prêt.
(EDN 2/10/01)
Grâce à une aide du Danemark, une centrale hydroélectrique
sera construite sur la rivière d'Eg (Eghiin gol), district d'Erdenebulgan,
province du Khövsgöl. D'un coût de 1 million de USD, cette
petite station d'une capacité de 200kw couvrira les besoins en
électricité du district.
(EDN 16/07/01)
Société 
Le Naadam national coïncidait cette année avec les
célébrations du 80e anniversaire de la révolution
de 1921, fièrement orchestrées par le PPRM de retour aux
commandes. S'adressant à la presse étrangère, le
président Bagabandi a déclaré que durant les 70 ans
de dépendance politique, économique et sociale vis-à-vis
de l'Union soviétique, qui ont eu de bons effets (la Mongolie a
profité d'investissements étrangers massifs) comme de mauvais
effets (répression et violation des droits de l'homme) - les premiers
prévalant sur les seconds aux yeux du PPRM.
À la réunion spéciale du Grand Khural, le président
mongol a également évoqué les hauts et les bas de
l'histoire mongole à l'époque communiste. Selon lui, la
révolution de 1921 a donné aux Mongols " la possibilité
de choisir eux-mêmes leur destin " et a ouvert une période
de " renaissance " pour le pays. La période des purges
est évoquée " avec tristesse ", mais sans remettre
en cause les responsabilités du PPRM en la matière. Du côté
de l'opposition, le son de cloche est différent : selon Narantsatsralt,
du parti démocratique, la révolution de 1921 a permis l'émergence
d'un véritable parti politique, mais dès 1924, ce parti
a dénié tout droit politique aux autres forces.
Notons que des gerbes ont été déposées sur
la tombe de l'ancien responsable communiste, Yumdjaghiin Tsedenbal, le
" Brejnev mongol ", par le conseil directeur du PPRM et l'Association
des anciens de Mongolie.
(EDN 25/06, 10 et 16/07, 7/09 et 19/09/01 ; MM 18/07/01)
Aïrak
Le parlement a débattu cet été de l'aïrak (airag),
nom du koumys ou lait de jument fermenté, et de son pouvoir enivrant.
Les législateurs mongols, après une discussion animée,
sont arrivés à la conclusion que l'aïrak n'était
pas aussi enivrant que la bière.
Il n'y a pas de données précises sur la production annuelle
d'aïrak. On estime que la province Centrale (Töv aimag) en produit
5000 tonnes par an. On va même jusqu'à dire qu'en été
et en automne, ce n'est pas l'Etat qui gouverne les campagnes, mais l'aïrak.
La saison de l'aïrak commence fin juin et dure jusqu'à novembre.
Les députés visitent généralement leur circonscription
durant cette période, qui est aussi celle où les citadins
prennent leurs congés.
Le dalaï-lama lui-même a un jour exhorté les Mongols
à " boire plus d'aïrak et moins de vodka ". Il est
même des gens qui se nourrissent d'aïrak pendant des mois et
ne consomment presque rien d'autre.
On raconte qu'un homme du district de Delgherkhan, surnommé Norov-le-Sale,
avait défié une femme de boire en une séance autant
d'aïrak que lui. Après avoir absorbé 31 bols d'une
contenance de deux litres, Norov dut s'arrêter, incapable de faire
le moindre mouvement. La femme, elle, réussit à avaler 34
bols et, sur ce, s'en alla traire ses juments !
On considère que l'aïrak est une boisson bonne pour la santé
et il y a des sanatoriums qui dispensent des cures d'aïrak aux personnes
atteintes de tuberculose. Cependant, selon certains spécialistes,
l'aïrak est légèrement alcoolisé et a un effet
enivrant. Les Mandchous attachaient d'ailleurs une grande importance au
lamaïsme et à l'aïrak, car ils croyaient en leur pouvoir
lénifiant sur les Mongols.
(EDN 17/08/01)
Querelles de pâturages 
Deux éleveurs de la province de Sükhbaatar, possédant
l'un et l'autre plus de mille têtes de bétail, se sont entretués
au mois d'août à propos de pâturages.
De telles querelles étaient fréquentes jadis, et l'on cite
les cas de familles entières qui y perdirent la vie dans les provinces
d'Uvs et de Dzavkhan. Les conflits de pâturages avaient disparu
au début des années soixante, avec l'instauration des coopératives
rurales. A cette époque, l'usage des pâturages d'hiver et
d'été, des points d'eau et des puits était sous le
contrôle strict de l'administration locale. Quand les coopératives
ont été démantelées et le bétail privatisé
au début des années quatre-vingt-dix, les éleveurs
furent à nouveau libres de s'installer sur les pâturages
de leur choix.
Il y a trois ans, une bataille rangée a eu lieu entre éleveurs
des provinces de Khovd et de Gobi-Altaï. Les rumeurs actuelles sur
une privatisation future des terres aggravent ces querelles de pâturages.
L'accroissement du cheptel et la diminution des prairies constituent un
sujet brûlant entre éleveurs et officiels.
(EDN 28/08/01)
Loups
Une femme éleveur a été attaquée dans sa
yourte par une louve à Yentch, province de Khovd. S'armant d'un
poteau de yourte, elle s'est courageusement défendue et a réussi
à tuer la bête. Blessée, elle a été
hospitalisée.
(EDN 28/08/01)
Fin programmée de l'élevage nomade ? Tant le président
Bagabandi que le premier ministre N. Enkhbayar ont souligné récemment
la nécessité d'un développement de la sédentarisation
du pays au XXIe siècle, avec la construction de villes nouvelles
et l'extension des villes existantes. La Mongolie ne peut s'appuyer sur
un élevage soumis, comme on l'a vu ces deux dernières années,
aux aléas climatiques. " Malgré la richesse de leurs
traditions pastorales, les Mongols devront changer de vie ", a déclaré
le président mongol.
(EDN 25/06 et 1/08/01)
Archéologie 
Tombe de Gengis Khan
On a à nouveau parlé cet été de la tombe
de Gengis Khan. Une expédition américano-mongole conduite
par D. Badzargür, de l'Institut de géographie de l'Académie
des sciences mongoles, auteur avec D. Enkhbayar d'un " Atlas historico-géographique
de Gengis Khan ", et M. Kravitz, un avocat d'affaires américain,
a en effet annoncé, en juillet dernier, avoir découvert
l'endroit où est enterré Gengis Khan, au lieu dit Öglögtchiin
kherem, près du mont Binder, dans le district de Binder (province
du Khentii). C'est là que se trouverait d'après elle le
Ikhesiin gadzar, "le lieu des Grands" que mentionne l'Histoire
secrète, censé abriter les tombes des grands khans mongols.
De fait, le site d'Öglögtchiin kherem contient plus de 60 tombes,
dont une vingtaine situées au sommet de la colline et entourées
d'une enceinte de pierres de 3200 m de long, des inscriptions et plusieurs
centaines de sceaux. L'équipe souhaite à présent
obtenir l'autorisation de procéder à des fouilles pour confirmer
son " excitante découverte ". Ceci ne sera pas aisé,
car les autorités mongoles ont rarement accordé des permis
de fouilles de sépultures mongoles, de crainte de déranger
les mânes de leurs ancêtres. Toutefois, l'expédition
peut compter sur l'appui de plusieurs de ses membres, personnalités
scientifiques respectées tels Ch. Biraa, Ts. Ichdordj et John E.Woods,
professeur à l'université de Chicago.
Plusieurs spécialistes sont cependant très dubitatifs, tel
l'archéologue D. Navaan, qui a travaillé depuis plus de
50 ans sur des tombes de diverses périodes et qui réfute
qu'il s'agisse là des tombes des gengiskhanides. En fait, la nécropole
d'Öglögtchiin kherem daterait des Kitans, peuple de langue mongole
qui domina ces régions au XIe siècle et régna sur
la Chine du Nord sous le nom de dynastie Liao.
(EDN 26 et 31/07, 24/08/01 ; MM 15/08/01 ; AFP 17/08/01)
Turcs de l'Orkhon
Début août, des archéologues turcs ont mis au jour
la sépulture de Bilge Qaghan, le célèbre souverain
de l'empire des Turcs orientaux qui régna sur la Mongolie de 716
à 734. Ces fouilles se déroulaient dans le cadre d'un programme
(1997-2001) de protection et de restauration des monuments de la vallée
de l'Orkhon datant de la période des empires turcs de Mongolie
(VIe-VIIIe siècles), en particulier des fameuses stèles
de l'empereur Bilge Qaghan et de son frère Kül-Tegin, ainsi
que de leur ministre Tonyuquq.
Dans la tombe ont été trouvés de nombreux objets
en or, argent et bronze, dont une couronne d'or qui pourrait être
celle de Bilge Qaghan.
Notons que l'université nationale de Mongolie a ouvert une faculté
d'études turques avec le soutien des gouvernements turc et mongol
et de l'Association turque de coopération internationale.
(EDN 8 et 14/08, 4/09/01 ; MM 27/08/01
Religion 
Le mouvement des Verts et le monastère de Dach-tchoïlon ont
organisé les 7 et 8 juillet une circumambulation du mont Bogd uul
(Bogd Uuliig toirox buyanii ayalal) avec port du canon bouddhique (Gandjuur)
et de son commentaire (Dandjuur). Selon le président du parti des
Verts, B. Djiyandordj, le but de la procession est de rassembler les 7
bienfaits au bénéfice des participants, des membres de leur
famille et de leurs défunts, ainsi que de favoriser le contact
avec la nature. Ont accompli le pèlerinage des moines et des moniales,
des députés, des sportifs, des médecins et des personnes
simplement désireuses de réaliser une " bonne action
". En cours de route, on a récité des soutras, procédé
à des encensements (san), fait des aspersions de thé. Les
volumes du canon bouddhique étaient portés avec beaucoup
de respect en évitant tout contact avec le sol ou le bas du corps.
Il était interdit de s'enivrer, de porter une arme sur soi, de
laisser des détritus dans la nature ou d'abîmer arbres ou
sol.
Un autre pèlerinage est prévu cet automne, à l'occasion
du culte d'Etat aux monts Bogd Uul et Tsetsen Gün.
(ÖS 30/06/01 ; EDN 21/09/01)
La restauration du petit monastère (khiid) de Tövkhön
(Arkhangaï), fondé par Dzanabadzar au milieu du XVIIe siècle
et qui avait été presque totalement détruit en 1953,
a commencé cet été grâce au concours de la
société Süld Uul et au soutien financier de la Fondation
pour l'art et la culture.
(EDN 17/07/01)
Fin septembre, s'est tenu au stade central d'Oulan-Bator un festival
de musique religieuse, intitulé Galabingaa-2001 d'après
le nom d'un barde légendaire, qui a réuni plus de mille
lamas y compris les abbés de plusieurs monastères de la
capitale. La cérémonie a réuni des artistes bien
connus et a été l'occasion d'un tournoi auquel ont participé
64 lutteurs.
(EDN 2/10/01)
Début juillet, le métropolite Cyrille, deuxième
personnage de l'Eglise orthodoxe russe, s'est rendu en Mongolie pour y
poser la première pierre de la nouvelle église orthodoxe
d'Oulan-Bator. Il a rencontré à cette occasion le président
Bagabandi et l'abbé (Khambo lama) du monastère de Gandan.
La première église orthodoxe de Mongolie avait été
construite au milieu du XIXe siècle à Altanbulag (province
de Selenghe) ; d'autres suivirent à Khovd et à Oulan-Bator,
et ont été actives jusqu'aux années trente. Après
l'interruption due à la période communiste, l'Eglise orthodoxe
est redevenue active en 1996.
(EDN 16/07/01 ; MM 18/07/01)
Des chamanes venus de Mongolie, Mongolie-Intérieure, Touva, Iakoutie
(République sakha), ainsi que d'Italie et des États-Unis
ont participé du 23 au 27 août dernier sur les rives du lac
Baïkal à une cérémonie d'offrandes à
la " réserve d'eau pure ". La manifestation était
patronnée par la Fédération des chamanes d'Asie.
En Mongolie, des chamanes ont annoncé le 24 septembre dernier la
fondation du Centre Tiv Tenger, " Ciel " [sans doute nommé
ainsi d'après le nom du célèbre chamane de l'Histoire
secrète, Teb Tngri]. Son objectif est la préservation des
traditions et rituels chamaniques et leur transmission aux jeunes générations,
mais aussi la diffusion de l'art chamanique [sic] à travers le
monde.
(EDN 22/08, 25/09/01
Divers 
Envoi de SMS vers la Mongolie via Internet
Depuis le 13 septembre, le site internet MOBIMEL (www.mobimel.com) permet
l'envoi gratuit d'un SMS vers la Mongolie. Rappelons qu'un SMS est un
" message court écrit " (Short Message) de 160 caractères
maximum que l'on envoie à destination d'un téléphone
portable cellulaire, soit depuis son propre portable, soit depuis un ordinateur
via internet, en composant le numéro de téléphone
de son destinataire : bref, une sorte de court Email que l'on peut lire
sur l'écran de son téléphone cellulaire. Il a l'avantage,
par rapport à un appel vocal, de ne pas déranger son destinataire
et de ne pas être intercepté par la messagerie.
Certains sites WEB proposent un envoi gratuit, non seulement vers un numéro
sur le territoire français, mais aussi, pour certains, vers les
réseaux européens, voire du monde entier. C'est le cas de
Mobimel, qui est le premier à desservir la Mongolie (Mobicom pour
le réseau GSM). Espérons que l'opérateur russe Golden
Telecom GSM (http://sms.gt.com.ua/), qui permet l'envoi et la réception
de SMS en cyrillique, ouvrira lui aussi très bientôt son
réseau.
Deux autres portails " Internet mobile " permettent l'envoi
de SMS vers la Mongolie :
www.genie.fr et www.alertsms.com
Tous deux sont gratuits (jusqu'à 100 SMS/semaine pour " alertsms
") et fonctionnent parfaitement
Remarque : le récent système de symboles multilingues UTF-8
permet de recevoir des SMS non seulement en cyrillique mais aussi en écriture
ouïgouro-mongole, en tibétain, en chinois etc., pour peu que
le mobile soit configuré pour recevoir ces symboles. Voici deux
portails qui offrent ce service (payant), mais dont nous n'avons pas encore
vérifié le fonctionnement vers la Mongolie :
www.wapworker.co.uk et www.sms-wap.com
(J.-P. Michelet)
La Fondation Amardjargal (ex-Premier ministre de la coalition démocratique)
et la branche mongole de la Fondation pour une société ouverte
(SOROS) ont lancé un site d'information : www.mongolboard.com qui
permettra bientôt aux visiteurs de faire connaître leur opinion
au gouvernement.
(EDN 31/08/01)
Le site du Grand Khural, le parlement mongol, fournit des informations
relatives aux textes de loi depuis avril 2000. On y trouve non seulement
les textes de loi initiaux, mais aussi les régulations et amendements
adoptés depuis, le secrétariat du Grand Khural actualisant
en permanence les données présentées sur le site.
Son adresse : www.parl.gov.mn/lawsearch.
(EDN 09/08/01)
Le président N. Bagabandi a décerné au mongolisant
français Jacques Legrand, professeur à l'Institut national
des langues et civilisations orientales, la médaille de l'amitié
en reconnaissance de son action pour faire connaître la Mongolie
en France.
(EDN 17/08/01)
La compagnie aérienne mongole MIAT a annoncé qu'elle desservira,
à compter du 19 novembre 2001 et jusqu'à mai 2002, Osaka
2 fois par semaine et Séoul 3 fois par semaine. Elle devrait aussi
ouvrir une ligne Oulan-Bator/Tokyo à partir de mai prochain.
(EDN 22/08/01)
Le 28 septembre dernier, la Mongolie est passée à l'heure
d'hiver. Les horloges ont été reculées d'une heure.
Taux de change 
Taux de la Banque de Mongolie au 28/09/2001
1 USD = 1 100 tougriks
Économie
Culture
Politique intérieure
Le PPRM a choisi, le 18 octobre dernier, des successeurs à L.
Enebich, président du parlement mongol, décédé
en septembre. C'est la candidature de Sandjbedjiin Tömör-Otchir
qui a été finalement retenue, avant d'être adoptée
par le parlement (100% des voix des députés présents)
le 21 octobre. Né en 1950 dans l'Arkhangaï, S. Tömör-Otchir
a une formation en mathématiques et en philosophie. Il a été
député de 1996 à 2000, ainsi que ministre des Sciences
et de l'Education.
Le poste de secrétaire-général du PPRM, qu'occupait
également L. Enebich, est revenu à D. -Idevkhten. Ce dernier,
ainsi que le chef de cabinet du président, B. Batkhichig, ont rejoint
le conseil de direction du parti en remplacement de S. Bayar et de L.
Amarsanaa, nommés ambassadeurs, le premier en Russie, le second
en Chine.
(EDN 19/10/01)
Enfin, une élection a eu lieu le 6 janvier dans la circonscription
n° 11 du Bulgan, dont L. -Enebich était député.
Quatre partis présentaient un candidat : B. Övgönkhüü
(Parti populaire révolutionnaire mongol), E. Bat-Uul (Parti démocrate),
B. Uuganbayar (Nouveau parti social-démocrate mongol-Patrie) et
B. Djargalsaikhan, représentant son Parti républicain et
le Parti du courage civique (S. Oyuun). Un 5e candidat non affilié,
originaire du Bulgan, G. Gurragtchaa, se présentait également.
Le taux de participation des électeurs a été de 80
%. C'est le candidat du PPRM qui l'a emporté avec 41 % des voix,
suivi du candidat commun du Parti républicain et du Parti du courage
civique, avec 28 %, tandis que le candidat du principal parti d'opposition,
le Parti démocrate, obtenait 23 % des suffrages. L'opposition réunie
(58 %) fait donc mieux cette fois que que le PPRM, qui réalise
un score inférieur aux précédents. Toutefois, le
Parti démocrate perd des voix, et c'est le Parti républicain,
allié au Parti du courage civique, qui voit son score nettement
augmenter (30 %).
(EDN 4/12/01, 7/01/02, 9/01/02)
Nouveau parti d'opposition. Forts de ces résultats encourageants,
le Parti républicain et le Parti du courage civique ont décidé
de fusionner pour former un nouveau parti, le Parti républicain-Volonté
citoyenne, qui a été officiellement enregistré auprès
des autorités le 22 mars.
(MM 27/03/02)
Sondage Selon un sondage effectué par la Fondation Sant Maral
en novembre 2001 auprès de quelque 1600 personnes à Oulan-Bator
et dans les provinces Uvs, Ömnögobi, Arkhangaï et Sükhbaatar,
l'action du gouvernement Enkhbayar (PPRM) satisfait moins de 50 % des
personnes interrogées, tandis que 38 % se déclarent peu
satisfaites.
Les espoirs quant au doublement des salaires promis par le PPRM en campagne
ayant été déçus, la politique des salaires
n'est jugée " un succès du gouvernement " que
par 5 % des personnes ; aucune autre action du gouvernement ne fait pourtant
mieux : le projet " Route du millénaire " arrive deuxième
(4 %). Parmi les échecs, c'est la politique fiscale qui est le
plus souvent citée (11 %), suivie de l'application par le gouvernement
de son programme d'action (5 %).
La cote de popularité des personnalités politiques indique
que des membres du Parti démocrate, tels que l'ancien premier ministre
Enkhsaikhan (26 %) ou l'ancien président du parlement -Gontchigdordj
(25 %), gardent une cote comparable à celle du président
Bagabandi (27 %) ou du premier ministre Enkhbayar (25 %).
En cas d'élection, les Mongols seraient plus nombreux à
s'abstenir dans la capitale qu'en milieu rural (23 % contre 19 %). Le
PPRM recueillerait à nouveau, mais de justesse, la majorité
absolue des suffrages à la campagne (51 %), alors que parmi les
habitants de la capitale interrogés, ils ne seraient plus que 35
% à lui accorder leur vote. Sans pour autant lui préférer
l'opposition démocratique : seuls 29 % des mêmes citadins
se disent en effet prêts à voter pour elle, et la différence
entre ville et campagne est ici moins tranchée, car l'opposition
ferait un score analogue à la campagne (26 %).
Enfin, ce sondage montre que, pour ce qui est de leurs partenaires étrangers,
les Mongols continuent à mettre au premier rang le voisin russe,
surtout à la campagne (71 %), même s'il leur fait de plus
en plus défaut. Derrière viennent les Etats-Unis (38 %),
suivis du Japon (32 %). La Chine a beau être devenue aujourd'hui
le principal partenaire économique du pays, elle continue à
susciter la méfiance et n'est jugée " meilleur partenaire
" que par 20 % des citadins -interrogés, et seulement 14 %
des ruraux.
(EDN 29/11/01)
Relations extérieures 
USA
Le premier minsitre N. Enkhbayar est allé aux Etats-Unis début
novembre 2001. Il s'est rendu en particulier à Seattle, où
il a visité l'entreprise Boeing et s'est enquis du modèle
Boeing 737-800, que la Mongolie souhaiterait acheter (début mars,
trois équipages mongols ont d'ailleurs été envoyés
à Seattle pour se former au pilotage de cet avion). A San-Francisco,
Enkhbayar a rencontré le président de l'Asian Foundation,
organisation qui a élaboré le premier projet à moyen
terme de développement économique pour la Mongolie et l'a
aidée à intégrer en 2000 le Conseil de coopération
du Pacifique. Il s'est également rendu à Denver, ville dans
laquelle résident ou étudient 700 Mongols, avant de rejoindre
New-York où il a été reçu par le président
George Bush ; l'entretien s'est déroulé en anglais, sans
le truchement d'interprètes. Le point culminant de cette visite
a été le discours que le premier ministre mongol a prononcé
le 11 novembre à la 56e session de l'assemblée générale
des Nations-Unies. Il a visité le site de l'attentat du 11 septembre
: à cette occasion, il a déposé un khadag, écharpe
rituelle, et allumé une bougie. Dans ses discussions avec les responsables
américains, la partie mongole a souhaité une aide humanitaire
accrue, plus d'investissements américains et la possibilité
d'envoyer encore davantage d'étudiants mongols se former aux Etats-Unis.
(EDN 07/11/01, 12/11/01, 14/11/01, 15/11/01, 12/12/01 ; MM 06/03/02)
Chine
Le premier ministre N. Enkhbayar s'est rendu en Chine à l'invitation
du premier ministre chinois Zhu Rongji du 5 au 12 janvier 2002, accompagné
d'une délégation d'hommes d'affaires. (Rappelons que le
traité d'amitié et de coopération signé entre
les deux pays remonte à 1994, et qu'il a été a suivi
en 1998 d'une déclaration conjointe des deux présidents.)
Les questions d'ordre économique ont été au centre
des préoccupations. La Mongolie et la Chine sont, depuis respectivement
1997 et 2001, membres de l'OMC. Les deux côtés ont souligné
les vastes possibilités de coopération -commerciale et économique,
et ont convenu de la construction d'un réseau électrique
entre -Erdenet et Mörön, capitale du Khövsgöl, d'une
connexion des réseaux ferroviaires de l'est de la Mongolie et du
nord-est de la Chine (construction d'une voie ferrée entre la ville
frontalière de Rachaan, dans le Khingan, Mongolie-Intérieure,
et Tchoïbalsan, capitale de la province Orientale ou Dornod), ainsi
que d'une connexion avec la " route du millénaire ".
La question d'une exploitation commune des gisements mongols de Tömörtei,
Oyuu-Tolgoï et Tsagaan-Tolgoï a été aussi abordée.
Le ministre des Infrastructures, B. Djigdjid, et son homologue chinois
ont signé un accord de coopération économique et
technique, qui stipule que la Chine apportera à la Mongolie une
aide de 50 millions de yuans et fournira des produits pétroliers
d'une valeur de 38 millions de yuans. Il a été également
convenu d'ouvrir de nouveaux postes frontaliers et de garder ouverts en
permanence certains postes.
La Mongolie a réaffirmé à son hôte qu'elle
considérait le gouvernement de Pékin comme le seul légitime
et que Taïwan faisait partie du territoire chinois. Les deux pays
ont condamné toute forme de terrorisme international, autre sujet
cher à la Chine qui est, dans ses régions centrasiatiques,
confrontée à des mouvements indépendantistes ouïgours.
Remarquons qu'au moment de cette visite officielle en Chine, la Mongolie
adoptait une nouvelle loi sur la sécurité nationale à
l'initiative du président Bagabandi, motivée, entre autres,
par l'attentat du 11 septembre aux Etats-Unis. A l'occasion de l'adoption
de cette loi, les responsables mongols ont indiqué qu'en ce qui
concerne les " diverses alliances et unions existantes dans la région
", la Mongolie restera en temps de paix à l'écart de
toute coalition, et demeurera ouverte politiquement et économiquement.
" La soi-disant alliance du Turkestan oriental [i.e. les opposants
ouïgours au régime de Pékin] n'a aucune influence politique
ou économique ", ont-ils déclaré, en précisant
que ni cette alliance ni d'autres groupes n'ont d'" influence chez
les musulmans [i.e. les Kazakhs] de Mongolie ". De telles déclarations
sont bien sûr destinées à -satisfaire la Chine, qui
taxe de " séparatiste " toute résistance locale
à la sinisation du -Turkestan oriental (région autonome
ouïgoure du Xinjiang), comme c'est aussi le cas au Tibet. (En Mongolie-Intérieure,
anciennement et fortement sinisée, toute résistance est
aujourd'hui quasiment annihilée.)
A propos de la sécurité économique du pays - de nombreux
Mongols sont en effet inquiets de voir la Chine jouer désormais
un rôle de premier plan dans leur vie économique -, les responsables
mongols, visiblement moins inquiets, ont indiqué que le pays ne
pouvait se fermer sur lui-même sous prétexte de protéger
sa sécurité économique et devait au contraire améliorer
sa compétitivité. Il est vrai que les anciens -communistes
du PPRM actuellement au pouvoir sont, au regard des autres forces politiques
mongoles, les plus proches des communistes chinois et que la question
de l'indépendance nationale n'a jamais été au centre
de leurs préoccupations. (EDN 7/01/02, 8/01/02)
Taïwan vers une reconnaissance de la Mongolie. On sait que la constitution
de la république de Chine, adoptée par les nationalistes
alors qu'ils étaient encore en Chine continentale, continue à
présenter la Mongolie comme partie intégrante du territoire
chinois. En effet, si, à la suite du traité signé
en août 1945 avec l'URSS, le Kuomintang avait fini par reconnaître
(1946) l'indépendance de l'ancienne Mongolie--Extérieure,
après leur défaite face aux communistes en 1949, il dénonça
ce traité - et par là l'indépendance de la Mongolie
- alors que, de leur côté, les communistes chinois la reconnaissaient
officiellement (elle devait être reconnue par l'ONU en 1962).
Or, fin janvier 2002, les autorités de Taïwan ont fait un
pas en avant vers la reconnaissance de l'indépendance de la Mongolie.
Le conseil des ministres a en effet approuvé un amendement selon
lequel les ressortissants mongols se verront désormais délivrer
des visas à l'instar des autres ressortissants étrangers,
et non plus un document de voyage comme c'est le cas pour les Chinois
continentaux. Cette assimilation des Mongols à des citoyens chinois
heurtait le -sentiment national mongol et pesait sur les relations économiques
entre la Mongolie et Taïwan. Les Mongols ont célébré
d'ailleurs en décembre 2001 le 90e anniversaire de l'instauration
de l'Etat mongol du Bogd Khan à la fin de 1911, après la
chute des Qing, date qui marque le retour à l'indépendance
de la Mongolie et le début de sa renaissance.
En février, le Yuan exécutif de la république de
Chine approuvait la dissolution de la Commission des affaires mongoles
et tibétaines, dans le cadre d'une réforme du gouvernement
dont les ministères doivent passer, en 2004, de trente-six à
une vingtaine. Certaines tâches de la Commission pourraient être
assurées par d'autres structures gouvernementales telles que le
ministère des Affaires étrangères ou le Conseil des
affaires continentales (mais ce serait alors placer Oulan-Bator sur le
même plan que Pékin), voire, avaient proposé certains,
par les Commissions des affaires hakkas et aborigènes. Si cette
dernière idée a été rejetée par le
président Chen Shuibian, elle montre toutefois que l'idée
d'un Etat mongol indépendant a encore du mal à être
acceptée dans les milieux nationalistes de Taipei (AFP, 26/02/02
; Taipei Times 4/03/02)
Notons que fin décembre, des organismes taïwanais se sont
déclarés prêts à accueillir de la main d'uvre
mongole.
(EDN 28/12/01)
Corée du Sud
Dix éleveurs de chevaux et cinq trayeuses originaires de Bayantsagaan,
dans la province Centrale (Töv), accompagnés de 280 chevaux,
devaient rejoindre la Corée du Sud fin novembre. Ils doivent participer
à l'établissement d'un village mongol de 300 yourtes, sur
l'île coréenne de Cheju. Cinq éleveurs de chevaux
du Dzavkhan, ainsi que des artisans mongols du Bulgan, doivent les rejoindre.
Selon l'accord signé entre la Mongolie et la Corée, les
Mongols travaillant dans le cadre de ce projet travailleront deux années
pour un salaire mensuel de 800 à 1000 USD.
(EDN 14/11/01)
Russie 
Le premier ministre russe, M. -Kasianov, était en visite officielle
en Mongolie les 25 et 26 mars dernier (la précédente visite
de haut niveau a été celle de Vladimir Poutine en novembre
2000).
En plus des accords de coopération signés à cette
occasion, dont un protocole dans le domaine de la santé et le renouvellement
de la convention consulaire de 1972, les deux voisins ont ratifié
les résultats de l'enquête sur le tracé de leurs frontières
communes commencée en 1987. Ces résultats remplissent onze
volumes, dont deux uniquement consacrés à la procédure
d'enquête. Tous les postes frontière, leur location et les
régulations les concernant sont précisément indiqués.
La frontière septentrionale de la Mongolie compte 1925 postes frontière,
dont un triple (Mongolie, Russie, Chine). Selon le nouveau tracé,
la frontière russo-mongole est désormais de 3543 km, soit
58 km de plus que le tracé précédent : cette différence
est due aux lacs frontaliers dont la taille a varié. De ce fait,
508 hectares ont d'un commun accord changé de mains. Le nouveau
tracé doit à présent être soumis aux parlements
respectifs et déposé auprès de l'ONU. (A la fin des
années cinquante, la Russie et la Mongolie signèrent un
accord frontalier. Molotov menait la délégation russe, et
Avardzed, un diplomate francophone formé en URSS, la délégation
mongole. Avardzed s'étant opposé aux exigences russes, il
fut remplacé en cours de négociations par L. Tsend. Déchu
de ses fonctions, il fut exilé à la campagne et finit sa
vie comme camionneur. Il mourut renversé par une voiture au début
des années quatre-vingt ; des rumeurs coururent alors selon lesquelles
il ne s'agissait pas d'un accident. Quoi qu'il en soit, cette question
des frontières resta secrète et la population mongole n'en
fut pas informée. Au début des années quatre-vingt-dix,
interrogé sur la question de la frontière russo-mongole,
le président Otchirbat déclarait qu'il valait mieux "
cesser de parler de cette question ", qu'" il y avait eu des
choses données et des choses reçues ".)
Les deux pays envisagent de coopérer dans le domaine routier et
ferroviaire, ainsi que dans les industries de la viande et des tapis.
Kasianov a souligné que le Russie souhaitait renforcer sa participation
dans ses entreprises conjointes en Mongolie : Erdenet, Mongolrostvetmet
et la Société ferroviaire d'Oulan-Bator, établie
en 1949. Dans le domaine des infrastructures, la Russie se dit prête
à aider à la construction de lignes à haute tension,
d'un oléoduc et d'un gazoduc, et Kasianov a promis d'en discuter
avec son homologue chinois en septembre -prochain.
Il a été aussi question de libéraliser le commerce
et de réduire les taxes sur les marchandises mongoles transitant
par le territoire russe, du problème des biens russes en Mongolie
et de la dette mongole à l'égard de la Russie - les trois
questions majeures étant les investissements, la libéralisation
des échanges et la dette mongole. Pour réduire cette dernière,
la Russie propose que la Mongolie lui transfère une partie de ses
actions dans la société conjointe Erdenet, flambeau de l'industrie
mongole, ce que la Mongolie ne paraît pas vouloir accepter.
Dans le domaine des investissements, la part de la Russie stagne depuis
1991, même si ce pays reste le 6e investisseur étranger en
Mongolie. Toutefois, ces deux dernières années ont vu une
reprise des investissements russes, principalement dans le domaine géologique
et minier.
En revanche, le volume des échanges commerciaux n'a cessé
de décroître. Après avoir été quasiment
le seul partenaire de la Mongolie à l'époque communiste
(l'URSS monopolisait environ 85 % des échanges), la Russie n'est
plus aujourd'hui qu'un des principaux partenaires commerciaux de la Mongolie
(30 % des échanges), grâce notamment à ses exportations
de pétrole couvrant 80 % des besoins mongols. Le volume total des
échanges est ainsi passé de 440 millions de USD en 1991
à 206 millions en 2000, et ces échanges sont devenus particulièrement
déséquilibrés au profit de la Russie : les exportations
mongoles étaient en 1991 de 235 millions de USD et ses importations
de 238 millions ; elles sont en 2000 de 37 millions (6 %) et de 170 millions
respectivement. Cette baisse est due essentiellement aux taxes élevées
imposées sur les produits mongols par la Russie (entre 21,3 et
42,5 %, allant jusqu'à 62,5 % pour les bijoux et les métaux
précieux). Début 2001, ces taxes ont été quelque
peu réduites, mais de façon insuffisante. Les tarifs ferroviaires
appliqués à la Mongolie pour ses marchandises transitant
en Russie ou destinées à la Russie sont 4 à 5 fois
supérieurs aux tarifs locaux. Les exportations de viande (40 000
T par an jusqu'en 1990), l'un des produits majeurs d'exportation vers
la Russie, sont aujourd'hui six fois moins importantes. D'où la
demande faite par la Mongolie d'un marché russe plus ouvert.
Le premier ministre mongol se rendra à son tour à Moscou
en septembre 2002.
(MM 27/03/02)
Kyzyl
La Mongolie a ouvert un consulat mongol à Kyzyl, capitale de la
république de Touva (Fédération de Russie), en présence
des responsables de la province mongole -voisine d'Uvs.
(Ceram Infos, mars 2002)
Turquie
Le nouveau président du parlement mongol, S. Tömör-Otchir,
s'est rendu en -Turquie du 28 février au 1er mars, et a rencontré
le président A.N. Sezert. 400 étudiants mongols étudient
déjà en Turquie, et le gouvernement mongol souhaiterait
accroître leur nombre. Une coopération dans le domaine militaire
est aussi à l'ordre du jour. De son côté, la Turquie
s'intéresse à la Mongolie pour ses importantes ressources
naturelles. Depuis le traité de 1995, une vingtaine d'accords ont
été signés entre les deux pays. Une rue d'Ankara
devrait porter bientôt le nom de Gengis khan.
(MM 06/03/02)
France
Lors d'une conférence de presse organisée en octobre 2001
à l'occasion du 5e anniversaire de la réouverture de l'ambassade
de France en Mongolie (qui avait été fermée en 1984),
l'ambassadeur J.-O. Manent a évoqué le développement
de la coopération franco--mongole. Il a souligné les succès
de cette coopération dans le domaine médical, et a parlé
des projets que l'on montait à Arvaïkheer, capitale de l'Övörkhangaï
et à l'hôpital traumatologique d'Oulan-Bator. Des efforts
sont faits pour élargir cette coopération à l'environnement,
et la France envisage d'envoyer 30 à 40 chevaux de Przewalski en
Mongolie. Il a par ailleurs souligné que, parmi les touristes,
les Français étaient les plus nombreux. Enfin, sur le plan
économique, une nouvelle d'importance : Péchiney, premier
producteur d'aluminium français et principal acheteur du concentré
de cuivre d'Erdenet, serait intéressé par une prise de participation
au capital de la grande entreprise mongole.
(EDN 12/10/01)
En février, un accord d'aide alimentaire était signé
entre les deux pays, portant sur un don de 5000 tonnes de blé à
la Mongolie d'une valeur de 700 000 : ce blé sera vendu aux minoteries
mongoles par le gouvernement, et les bénéfices de cette
vente serviront à établir un fond destiné au développement
des régions rurales et à l'amélioration de la sécurité
alimentaire.
(EDN 20/02/02
Canada
Une ambassade mongole a été inaugurée officiellement
à Ottawa le 7 décembre 2001. (EDN 11/12/01)
Économie 
Chiffres 2001
Selon le Bureau national des statistiques (octobre 2001), la part des
revenus dans le budget de l'Etat s'élevait à 290 milliards
de tougriks, et celle des dépenses à 306 milliards. Les
rentrées fiscales étaient en augmentation de 26 % par rapport
à l'année dernière à la même époque,
et la masse monétaire dépassait 321 milliards, soit une
augmentation comparable. Le gouvernement envisageait de faire rentrer
plus de 18 milliards de tougriks grâce à la -privatisation
d'entreprises d'Etat.
En ce qui concerne le volume du commerce extérieur, il a baissé
par rapport à 2000 (moins 8 % pour les onze premiers mois de 2001)
: les exportations avaient baissé de 13 %, les importations de
3 %. La balance du commerce extérieur connaissait un déficit
important dépassant 146 milliards.
La dette extérieure de la Mongolie est particulièrement
inquiétante, et proportionnelle à l'aide importante reçue
au cours des dix dernières années. Elle représenterait
aujourd'hui 90 % du PIB de la Mongolie, ce qui place ce pays parmi les
plus endettés au monde. Le ministre des Finances Tch. Ulaan soulignait
cependant en janvier que, pour la première fois depuis 10 ans,
la Mongolie était parvenue à régler cette année
les impayés de sa dette extérieure.
L'inflation en 2001 était estimée fin janvier à 11,2
%, soit à peine plus que les 10 % recommandés par le FMI,
du fait de la libéralisation des prix de l'eau, du chauffage et
de l'électricité. Le déficit budgétaire est
tombé à 4 à 5 % du PIB. Le salaire minimum était
de 25 000 -tougriks environ, soit en augmentation importante par rapport
à 2000. En 2001, les salaires des fonctionnaires ont été
relevés de 3 à 20 %.
Toutefois, les réserves en devises de la Mongolie ont continué
à croître régulièrement, grâce en partie
à l'augmentation du prix de l'or sur le marché mondial.
Au cours de l'année 2001, la monnaie mongole s'est stabilisée
par rapport au dollar. Les dépôts en devises dans les banques
ont augmenté de 14 % en 2000, et de 25 % en 2001, témoignant
d'une confiance accrue dans les banques.
Selon D. Nasandjargal (février 2001), ministre de l'Agriculture,
près de 215 000 hectares ont été ensemencés
en 2001, et la production de blé a été de 150 000
T, celle de pommes de terre, de 61 000 T, et celle de légumes,
de 44 000 T. L'industrie de la viande progresse. Deux nouveaux abattoirs
ont été ouverts et la quantité de viande transformée
a été multipliée par trois par rapport à 2000.
19 sociétés sont autorisées à exporter de
la viande. L'exportation d'intestins et de produits dérivés
a doublé également.
En ce qui concerne les pertes subies par le -cheptel durant l'hiver 2001,
elles s'élèvent à près de 4,3 millions de
têtes à travers le pays, soit 1,3 million de plus qu'en 2000.
Par ailleurs, il y a eu 2 millions de naissances en moins par rapport
à 2000. (Les dommages causés à l'économie
mongole par les deux catastrophes climatiques (dzud) consécutives
des hivers 2000 et 2001 ont été estimés à
270 millions de tougriks par le gouvernement.) C'est la province Dzavkhan,
au nord-ouest, qui a eu le plus de pertes (13,5 % des pertes totales),
suivie par le Khövsgöl, l'Arkhangaï et la province Centrale
ou Töv.
La Mongolie a aussi souffert d'un manque à gagner de 50 millions
de USD en raison des épizooties qui ont réduit les exportations
de ses produits d'origine animale.
Rappelons que le pays compte environ 180 000 familles d'éleveurs,
dont 85 % ne possèdent que 200 têtes de bétail, alors
qu'une famille aurait besoin, pour vivre correctement, de 400 à
500 têtes et de pâturages suffisants.
(EDN 16/10/01, 22/10/01, 3/12/01, 13/12/01, 19/12/01, 1/02/02, 2/02/02,
4/02/02)
Interrogé sur l'état de l'économie à la fin
de l'année 2001 et ses perspectives pour 2002, N. Dachdzeveg, président
de l'Association des producteurs mongols, souligne que 2001 a été
une année particulièrement difficile, avec une baisse importante
des prix du cuivre et du cachemire, de graves difficultés pour
l'élevage et un déficit du commerce extérieur qui
ne s'est pas relevé de la suppression des taxes d'importation en
1997. Il préconise donc de développer la politique industrielle
du pays et ses exportations. L'ancien premier ministre D. Byambasüren
souligne de son côté que les sociétés sont
pénalisées par des charges fiscales importantes, et il craint
que l'économie mongole ne soit affectée par une augmentation
du prix du pétrole au niveau mondial. S. Demberel, président
de la Chambre de commerce et d'industrie, a bon espoir que le marché
du cachemire s'améliore en 2002, ce qui favoriserait les exportations
dans le domaine textile. S. Avirmed, économiste, a pour sa part
regretté que les crédits accordés à la Mongolie
soient dépensés à mauvais escient dans la construction
de la " route du millénaire ", et craint une flambée
de l'économie parallèle.
(EDN 24/12/01)
Pour le directeur de la Banque de commerce et de développement,
élue par un magazine financier anglais meilleure banque mongole,
l'année 2001 a été en revanche une bonne année,
sa banque enregistrant un profit net de 5 milliards de tougriks.
(EDN 27/12/01)
Élevage
L'hiver 2001-2002 a été une nouvelle fois un hiver difficile
pour une partie des éleveurs, bien que ce dernier dzud (comme les
Mongols appellent les calamités climatiques hivernales), et en
particulier des chutes de neige inhabituelles pour le pays, n'aient pas
eu l'importance des deux précédents. Des chutes importantes
fin février dans le Bayankhongor, le Gobi-Altaï et l'Arkhangaï
ont bloqué les routes, isolé les éleveurs et rendu
très difficile l'approvisionnement des éleveurs en denrées
alimentaires de base (thé, farine, riz) et en fourrage. Dans certains
districts de l'Övörkhangaï, les troupeauxsont restés
dans les abris à bétail à cause de l'épaisseur
de la couche de neige, parfois rejoints par des mouflons dont certains
ont également péri par manque de nourriture. Fin février,
les pertes en bétail dans l'ensemble du pays s'élevaient
à environ 1,7 million de têtes. A Bayankhongor (où
il restait 20 à 60 cm de neige fin mars), c'est près de
la moitié du cheptel (850 000 têtes) qui avait péri
dans le dzud. La province de Khovd, mais aussi l'Uvs ou le Gobi-Sud (Ömnö-Gobi),
ont également souffert, non de la neige (il n'en est pas tombé)
mais d'un froid intense. En raison de la sécheresse des étés
précédents, l'herbe n'avait pas bien poussé. Entre
octobre et mars, 800 000 bêtes ont péri, et 250 000 avaient
été déplacées sur le territoire de provinces
voisines. 5000 familles avaient perdu tous leurs troupeaux. Une dizaine
de personnes avaient perdu la vie. Le gouvernement avait décidé
de faire parvenir début mars des stocks de foin et de fourrage.
(MM 06/03/02, 20/03/02)
La presse mongole a relaté l'histoire de ce vieil éleveur
du Bayankhongor qui, en prévision d'un nouveau dzud, avait accumulé
des réserves de crottin de cheval (khomool) durant l'été.
Pendant la période de dzud, il a pu alimenter ses troupeaux en
utilisant ce crottin séché mélangé à
de l'eau et à de la graisse de marmotte, conservée elle
aussi depuis l'été. Grâce à sa connaissance
des techniques d'élevage traditionnelles, l'éleveur en question
n'a pas perdu de bêtes. Malheureusement, il ne semble pas que cela
ait suscité l'intérêt ou les encouragements des reponsables
officiels.
En fait, les catastrophes climatiques des deux derniers hivers inciteraient
plutôt le gouvernement actuel à prôner l'abandon du
pastoralisme nomade au profit d'un élevage sédentaire plus
productif adapté à l'économie de marché. C'est
ce que le premier ministre Enkhbayar a évoqué récemment
à deux reprises, soulignant que ce n'est pas le nombre, mais la
qualité et la productivité du bétail, qui est souhaitable.
Selon lui, un élevage sédentaire nuirait moins à
l'environnement.
(EDN 11/03/02)
Pétrole 
La production de pétrole mongol pourrait atteindre 35 000 tonnes
en 2002, soit l'-équivalent de celle des quatre dernières
années. Plusieurs sociétés étrangères
sont impliquées dans la prospection et l'extraction du pétrole
dans le pays. La compagnie chinoise Chinese National Oil Corporation travaillant
à Tamsag Bulag estime les réserves à plus de 200
millions de tonnes. Cette année, la production a augmenté
de 20 % et rapporté 2,3 milliards de tougriks au budget de l'Etat.
Une raffinerie mixte mongole-kirghize, d'une capacité de 50 000
tonnes par an, a été mise en activité en juin 2001.
(EDN 28/12/01)
Un gisement remarquable de phosphates a été découvert
par un géologue mongol, D. Dordjnamdjaa, dans le district Aldarkhaan
de la province Dzavkhan, au nord-ouest du pays. Son exploitation représenterait
un |