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ANDA 43-44 (4ème trimestre 2001 - 1er trimestre 2002)

 

Politique intérieure

Le PPRM a choisi, le 18 octobre dernier, des successeurs à L. Enebich, président du parlement mongol, décédé en septembre. C'est la candidature de Sandjbedjiin Tömör-Otchir qui a été finalement retenue, avant d'être adoptée par le parlement (100% des voix des députés présents) le 21 octobre. Né en 1950 dans l'Arkhangaï, S. Tömör-Otchir a une formation en mathématiques et en philosophie. Il a été député de 1996 à 2000, ainsi que ministre des Sciences et de l'Education.
Le poste de secrétaire-général du PPRM, qu'occupait également L. Enebich, est revenu à D. -Idevkhten. Ce dernier, ainsi que le chef de cabinet du président, B. Batkhichig, ont rejoint le conseil de direction du parti en remplacement de S. Bayar et de L. Amarsanaa, nommés ambassadeurs, le premier en Russie, le second en Chine.
(EDN 19/10/01)

Enfin, une élection a eu lieu le 6 janvier dans la circonscription n° 11 du Bulgan, dont L. -Enebich était député. Quatre partis présentaient un candidat : B. Övgönkhüü (Parti populaire révolutionnaire mongol), E. Bat-Uul (Parti démocrate), B. Uuganbayar (Nouveau parti social-démocrate mongol-Patrie) et B. Djargalsaikhan, représentant son Parti républicain et le Parti du courage civique (S. Oyuun). Un 5e candidat non affilié, originaire du Bulgan, G. Gurragtchaa, se présentait également.
Le taux de participation des électeurs a été de 80 %. C'est le candidat du PPRM qui l'a emporté avec 41 % des voix, suivi du candidat commun du Parti républicain et du Parti du courage civique, avec 28 %, tandis que le candidat du principal parti d'opposition, le Parti démocrate, obtenait 23 % des suffrages. L'opposition réunie (58 %) fait donc mieux cette fois que que le PPRM, qui réalise un score inférieur aux précédents. Toutefois, le Parti démocrate perd des voix, et c'est le Parti républicain, allié au Parti du courage civique, qui voit son score nettement augmenter (30 %).
(EDN 4/12/01, 7/01/02, 9/01/02)

Nouveau parti d'opposition. Forts de ces résultats encourageants, le Parti républicain et le Parti du courage civique ont décidé de fusionner pour former un nouveau parti, le Parti républicain-Volonté citoyenne, qui a été officiellement enregistré auprès des autorités le 22 mars.
(MM 27/03/02)

Sondage Selon un sondage effectué par la Fondation Sant Maral en novembre 2001 auprès de quelque 1600 personnes à Oulan-Bator et dans les provinces Uvs, Ömnögobi, Arkhangaï et Sükhbaatar, l'action du gouvernement Enkhbayar (PPRM) satisfait moins de 50 % des personnes interrogées, tandis que 38 % se déclarent peu satisfaites.
Les espoirs quant au doublement des salaires promis par le PPRM en campagne ayant été déçus, la politique des salaires n'est jugée " un succès du gouvernement " que par 5 % des personnes ; aucune autre action du gouvernement ne fait pourtant mieux : le projet " Route du millénaire " arrive deuxième (4 %). Parmi les échecs, c'est la politique fiscale qui est le plus souvent citée (11 %), suivie de l'application par le gouvernement de son programme d'action (5 %).
La cote de popularité des personnalités politiques indique que des membres du Parti démocrate, tels que l'ancien premier ministre Enkhsaikhan (26 %) ou l'ancien président du parlement -Gontchigdordj (25 %), gardent une cote comparable à celle du président Bagabandi (27 %) ou du premier ministre Enkhbayar (25 %).
En cas d'élection, les Mongols seraient plus nombreux à s'abstenir dans la capitale qu'en milieu rural (23 % contre 19 %). Le PPRM recueillerait à nouveau, mais de justesse, la majorité absolue des suffrages à la campagne (51 %), alors que parmi les habitants de la capitale interrogés, ils ne seraient plus que 35 % à lui accorder leur vote. Sans pour autant lui préférer l'opposition démocratique : seuls 29 % des mêmes citadins se disent en effet prêts à voter pour elle, et la différence entre ville et campagne est ici moins tranchée, car l'opposition ferait un score analogue à la campagne (26 %).
Enfin, ce sondage montre que, pour ce qui est de leurs partenaires étrangers, les Mongols continuent à mettre au premier rang le voisin russe, surtout à la campagne (71 %), même s'il leur fait de plus en plus défaut. Derrière viennent les Etats-Unis (38 %), suivis du Japon (32 %). La Chine a beau être devenue aujourd'hui le principal partenaire économique du pays, elle continue à susciter la méfiance et n'est jugée " meilleur partenaire " que par 20 % des citadins -interrogés, et seulement 14 % des ruraux.

(EDN 29/11/01)

 

Relations extérieures

 

USA

Le premier minsitre N. Enkhbayar est allé aux Etats-Unis début novembre 2001. Il s'est rendu en particulier à Seattle, où il a visité l'entreprise Boeing et s'est enquis du modèle Boeing 737-800, que la Mongolie souhaiterait acheter (début mars, trois équipages mongols ont d'ailleurs été envoyés à Seattle pour se former au pilotage de cet avion). A San-Francisco, Enkhbayar a rencontré le président de l'Asian Foundation, organisation qui a élaboré le premier projet à moyen terme de développement économique pour la Mongolie et l'a aidée à intégrer en 2000 le Conseil de coopération du Pacifique. Il s'est également rendu à Denver, ville dans laquelle résident ou étudient 700 Mongols, avant de rejoindre New-York où il a été reçu par le président George Bush ; l'entretien s'est déroulé en anglais, sans le truchement d'interprètes. Le point culminant de cette visite a été le discours que le premier ministre mongol a prononcé le 11 novembre à la 56e session de l'assemblée générale des Nations-Unies. Il a visité le site de l'attentat du 11 septembre : à cette occasion, il a déposé un khadag, écharpe rituelle, et allumé une bougie. Dans ses discussions avec les responsables américains, la partie mongole a souhaité une aide humanitaire accrue, plus d'investissements américains et la possibilité d'envoyer encore davantage d'étudiants mongols se former aux Etats-Unis.
(EDN 07/11/01, 12/11/01, 14/11/01, 15/11/01, 12/12/01 ; MM 06/03/02)

 

Chine

Le premier ministre N. Enkhbayar s'est rendu en Chine à l'invitation du premier ministre chinois Zhu Rongji du 5 au 12 janvier 2002, accompagné d'une délégation d'hommes d'affaires. (Rappelons que le traité d'amitié et de coopération signé entre les deux pays remonte à 1994, et qu'il a été a suivi en 1998 d'une déclaration conjointe des deux présidents.)
Les questions d'ordre économique ont été au centre des préoccupations. La Mongolie et la Chine sont, depuis respectivement 1997 et 2001, membres de l'OMC. Les deux côtés ont souligné les vastes possibilités de coopération -commerciale et économique, et ont convenu de la construction d'un réseau électrique entre -Erdenet et Mörön, capitale du Khövsgöl, d'une connexion des réseaux ferroviaires de l'est de la Mongolie et du nord-est de la Chine (construction d'une voie ferrée entre la ville frontalière de Rachaan, dans le Khingan, Mongolie-Intérieure, et Tchoïbalsan, capitale de la province Orientale ou Dornod), ainsi que d'une connexion avec la " route du millénaire ". La question d'une exploitation commune des gisements mongols de Tömörtei, Oyuu-Tolgoï et Tsagaan-Tolgoï a été aussi abordée. Le ministre des Infrastructures, B. Djigdjid, et son homologue chinois ont signé un accord de coopération économique et technique, qui stipule que la Chine apportera à la Mongolie une aide de 50 millions de yuans et fournira des produits pétroliers d'une valeur de 38 millions de yuans. Il a été également convenu d'ouvrir de nouveaux postes frontaliers et de garder ouverts en permanence certains postes.
La Mongolie a réaffirmé à son hôte qu'elle considérait le gouvernement de Pékin comme le seul légitime et que Taïwan faisait partie du territoire chinois. Les deux pays ont condamné toute forme de terrorisme international, autre sujet cher à la Chine qui est, dans ses régions centrasiatiques, confrontée à des mouvements indépendantistes ouïgours.
Remarquons qu'au moment de cette visite officielle en Chine, la Mongolie adoptait une nouvelle loi sur la sécurité nationale à l'initiative du président Bagabandi, motivée, entre autres, par l'attentat du 11 septembre aux Etats-Unis. A l'occasion de l'adoption de cette loi, les responsables mongols ont indiqué qu'en ce qui concerne les " diverses alliances et unions existantes dans la région ", la Mongolie restera en temps de paix à l'écart de toute coalition, et demeurera ouverte politiquement et économiquement. " La soi-disant alliance du Turkestan oriental [i.e. les opposants ouïgours au régime de Pékin] n'a aucune influence politique ou économique ", ont-ils déclaré, en précisant que ni cette alliance ni d'autres groupes n'ont d'" influence chez les musulmans [i.e. les Kazakhs] de Mongolie ". De telles déclarations sont bien sûr destinées à -satisfaire la Chine, qui taxe de " séparatiste " toute résistance locale à la sinisation du -Turkestan oriental (région autonome ouïgoure du Xinjiang), comme c'est aussi le cas au Tibet. (En Mongolie-Intérieure, anciennement et fortement sinisée, toute résistance est aujourd'hui quasiment annihilée.)
A propos de la sécurité économique du pays - de nombreux Mongols sont en effet inquiets de voir la Chine jouer désormais un rôle de premier plan dans leur vie économique -, les responsables mongols, visiblement moins inquiets, ont indiqué que le pays ne pouvait se fermer sur lui-même sous prétexte de protéger sa sécurité économique et devait au contraire améliorer sa compétitivité. Il est vrai que les anciens -communistes du PPRM actuellement au pouvoir sont, au regard des autres forces politiques mongoles, les plus proches des communistes chinois et que la question de l'indépendance nationale n'a jamais été au centre de leurs préoccupations. (EDN 7/01/02, 8/01/02)

Taïwan vers une reconnaissance de la Mongolie. On sait que la constitution de la république de Chine, adoptée par les nationalistes alors qu'ils étaient encore en Chine continentale, continue à présenter la Mongolie comme partie intégrante du territoire chinois. En effet, si, à la suite du traité signé en août 1945 avec l'URSS, le Kuomintang avait fini par reconnaître (1946) l'indépendance de l'ancienne Mongolie--Extérieure, après leur défaite face aux communistes en 1949, il dénonça ce traité - et par là l'indépendance de la Mongolie - alors que, de leur côté, les communistes chinois la reconnaissaient officiellement (elle devait être reconnue par l'ONU en 1962).
Or, fin janvier 2002, les autorités de Taïwan ont fait un pas en avant vers la reconnaissance de l'indépendance de la Mongolie. Le conseil des ministres a en effet approuvé un amendement selon lequel les ressortissants mongols se verront désormais délivrer des visas à l'instar des autres ressortissants étrangers, et non plus un document de voyage comme c'est le cas pour les Chinois continentaux. Cette assimilation des Mongols à des citoyens chinois heurtait le -sentiment national mongol et pesait sur les relations économiques entre la Mongolie et Taïwan. Les Mongols ont célébré d'ailleurs en décembre 2001 le 90e anniversaire de l'instauration de l'Etat mongol du Bogd Khan à la fin de 1911, après la chute des Qing, date qui marque le retour à l'indépendance de la Mongolie et le début de sa renaissance.
En février, le Yuan exécutif de la république de Chine approuvait la dissolution de la Commission des affaires mongoles et tibétaines, dans le cadre d'une réforme du gouvernement dont les ministères doivent passer, en 2004, de trente-six à une vingtaine. Certaines tâches de la Commission pourraient être assurées par d'autres structures gouvernementales telles que le ministère des Affaires étrangères ou le Conseil des affaires continentales (mais ce serait alors placer Oulan-Bator sur le même plan que Pékin), voire, avaient proposé certains, par les Commissions des affaires hakkas et aborigènes. Si cette dernière idée a été rejetée par le président Chen Shuibian, elle montre toutefois que l'idée d'un Etat mongol indépendant a encore du mal à être acceptée dans les milieux nationalistes de Taipei (AFP, 26/02/02 ; Taipei Times 4/03/02)
Notons que fin décembre, des organismes taïwanais se sont déclarés prêts à accueillir de la main d'œuvre mongole.
(EDN 28/12/01)

 

Corée du Sud

Dix éleveurs de chevaux et cinq trayeuses originaires de Bayantsagaan, dans la province Centrale (Töv), accompagnés de 280 chevaux, devaient rejoindre la Corée du Sud fin novembre. Ils doivent participer à l'établissement d'un village mongol de 300 yourtes, sur l'île coréenne de Cheju. Cinq éleveurs de chevaux du Dzavkhan, ainsi que des artisans mongols du Bulgan, doivent les rejoindre. Selon l'accord signé entre la Mongolie et la Corée, les Mongols travaillant dans le cadre de ce projet travailleront deux années pour un salaire mensuel de 800 à 1000 USD.
(EDN 14/11/01)


Russie

Le premier ministre russe, M. -Kasianov, était en visite officielle en Mongolie les 25 et 26 mars dernier (la précédente visite de haut niveau a été celle de Vladimir Poutine en novembre 2000).
En plus des accords de coopération signés à cette occasion, dont un protocole dans le domaine de la santé et le renouvellement de la convention consulaire de 1972, les deux voisins ont ratifié les résultats de l'enquête sur le tracé de leurs frontières communes commencée en 1987. Ces résultats remplissent onze volumes, dont deux uniquement consacrés à la procédure d'enquête. Tous les postes frontière, leur location et les régulations les concernant sont précisément indiqués. La frontière septentrionale de la Mongolie compte 1925 postes frontière, dont un triple (Mongolie, Russie, Chine). Selon le nouveau tracé, la frontière russo-mongole est désormais de 3543 km, soit 58 km de plus que le tracé précédent : cette différence est due aux lacs frontaliers dont la taille a varié. De ce fait, 508 hectares ont d'un commun accord changé de mains. Le nouveau tracé doit à présent être soumis aux parlements respectifs et déposé auprès de l'ONU. (A la fin des années cinquante, la Russie et la Mongolie signèrent un accord frontalier. Molotov menait la délégation russe, et Avardzed, un diplomate francophone formé en URSS, la délégation mongole. Avardzed s'étant opposé aux exigences russes, il fut remplacé en cours de négociations par L. Tsend. Déchu de ses fonctions, il fut exilé à la campagne et finit sa vie comme camionneur. Il mourut renversé par une voiture au début des années quatre-vingt ; des rumeurs coururent alors selon lesquelles il ne s'agissait pas d'un accident. Quoi qu'il en soit, cette question des frontières resta secrète et la population mongole n'en fut pas informée. Au début des années quatre-vingt-dix, interrogé sur la question de la frontière russo-mongole, le président Otchirbat déclarait qu'il valait mieux " cesser de parler de cette question ", qu'" il y avait eu des choses données et des choses reçues ".)
Les deux pays envisagent de coopérer dans le domaine routier et ferroviaire, ainsi que dans les industries de la viande et des tapis. Kasianov a souligné que le Russie souhaitait renforcer sa participation dans ses entreprises conjointes en Mongolie : Erdenet, Mongolrostvetmet et la Société ferroviaire d'Oulan-Bator, établie en 1949. Dans le domaine des infrastructures, la Russie se dit prête à aider à la construction de lignes à haute tension, d'un oléoduc et d'un gazoduc, et Kasianov a promis d'en discuter avec son homologue chinois en septembre -prochain.
Il a été aussi question de libéraliser le commerce et de réduire les taxes sur les marchandises mongoles transitant par le territoire russe, du problème des biens russes en Mongolie et de la dette mongole à l'égard de la Russie - les trois questions majeures étant les investissements, la libéralisation des échanges et la dette mongole. Pour réduire cette dernière, la Russie propose que la Mongolie lui transfère une partie de ses actions dans la société conjointe Erdenet, flambeau de l'industrie mongole, ce que la Mongolie ne paraît pas vouloir accepter.
Dans le domaine des investissements, la part de la Russie stagne depuis 1991, même si ce pays reste le 6e investisseur étranger en Mongolie. Toutefois, ces deux dernières années ont vu une reprise des investissements russes, principalement dans le domaine géologique et minier.
En revanche, le volume des échanges commerciaux n'a cessé de décroître. Après avoir été quasiment le seul partenaire de la Mongolie à l'époque communiste (l'URSS monopolisait environ 85 % des échanges), la Russie n'est plus aujourd'hui qu'un des principaux partenaires commerciaux de la Mongolie (30 % des échanges), grâce notamment à ses exportations de pétrole couvrant 80 % des besoins mongols. Le volume total des échanges est ainsi passé de 440 millions de USD en 1991 à 206 millions en 2000, et ces échanges sont devenus particulièrement déséquilibrés au profit de la Russie : les exportations mongoles étaient en 1991 de 235 millions de USD et ses importations de 238 millions ; elles sont en 2000 de 37 millions (6 %) et de 170 millions respectivement. Cette baisse est due essentiellement aux taxes élevées imposées sur les produits mongols par la Russie (entre 21,3 et 42,5 %, allant jusqu'à 62,5 % pour les bijoux et les métaux précieux). Début 2001, ces taxes ont été quelque peu réduites, mais de façon insuffisante. Les tarifs ferroviaires appliqués à la Mongolie pour ses marchandises transitant en Russie ou destinées à la Russie sont 4 à 5 fois supérieurs aux tarifs locaux. Les exportations de viande (40 000 T par an jusqu'en 1990), l'un des produits majeurs d'exportation vers la Russie, sont aujourd'hui six fois moins importantes. D'où la demande faite par la Mongolie d'un marché russe plus ouvert.
Le premier ministre mongol se rendra à son tour à Moscou en septembre 2002.
(MM 27/03/02)

 

Kyzyl

La Mongolie a ouvert un consulat mongol à Kyzyl, capitale de la république de Touva (Fédération de Russie), en présence des responsables de la province mongole -voisine d'Uvs.
(Ceram Infos, mars 2002)

 

Turquie

Le nouveau président du parlement mongol, S. Tömör-Otchir, s'est rendu en -Turquie du 28 février au 1er mars, et a rencontré le président A.N. Sezert. 400 étudiants mongols étudient déjà en Turquie, et le gouvernement mongol souhaiterait accroître leur nombre. Une coopération dans le domaine militaire est aussi à l'ordre du jour. De son côté, la Turquie s'intéresse à la Mongolie pour ses importantes ressources naturelles. Depuis le traité de 1995, une vingtaine d'accords ont été signés entre les deux pays. Une rue d'Ankara devrait porter bientôt le nom de Gengis khan.
(MM 06/03/02)

 

France

Lors d'une conférence de presse organisée en octobre 2001 à l'occasion du 5e anniversaire de la réouverture de l'ambassade de France en Mongolie (qui avait été fermée en 1984), l'ambassadeur J.-O. Manent a évoqué le développement de la coopération franco--mongole. Il a souligné les succès de cette coopération dans le domaine médical, et a parlé des projets que l'on montait à Arvaïkheer, capitale de l'Övörkhangaï et à l'hôpital traumatologique d'Oulan-Bator. Des efforts sont faits pour élargir cette coopération à l'environnement, et la France envisage d'envoyer 30 à 40 chevaux de Przewalski en Mongolie. Il a par ailleurs souligné que, parmi les touristes, les Français étaient les plus nombreux. Enfin, sur le plan économique, une nouvelle d'importance : Péchiney, premier producteur d'aluminium français et principal acheteur du concentré de cuivre d'Erdenet, serait intéressé par une prise de participation au capital de la grande entreprise mongole.
(EDN 12/10/01)
En février, un accord d'aide alimentaire était signé entre les deux pays, portant sur un don de 5000 tonnes de blé à la Mongolie d'une valeur de 700 000 : ce blé sera vendu aux minoteries mongoles par le gouvernement, et les bénéfices de cette vente serviront à établir un fond destiné au développement des régions rurales et à l'amélioration de la sécurité alimentaire.
(EDN 20/02/02

Canada

Une ambassade mongole a été inaugurée officiellement à Ottawa le 7 décembre 2001. (EDN 11/12/01)

 

Économie

 

Chiffres 2001

Selon le Bureau national des statistiques (octobre 2001), la part des revenus dans le budget de l'Etat s'élevait à 290 milliards de tougriks, et celle des dépenses à 306 milliards. Les rentrées fiscales étaient en augmentation de 26 % par rapport à l'année dernière à la même époque, et la masse monétaire dépassait 321 milliards, soit une augmentation comparable. Le gouvernement envisageait de faire rentrer plus de 18 milliards de tougriks grâce à la -privatisation d'entreprises d'Etat.
En ce qui concerne le volume du commerce extérieur, il a baissé par rapport à 2000 (moins 8 % pour les onze premiers mois de 2001) : les exportations avaient baissé de 13 %, les importations de 3 %. La balance du commerce extérieur connaissait un déficit important dépassant 146 milliards.
La dette extérieure de la Mongolie est particulièrement inquiétante, et proportionnelle à l'aide importante reçue au cours des dix dernières années. Elle représenterait aujourd'hui 90 % du PIB de la Mongolie, ce qui place ce pays parmi les plus endettés au monde. Le ministre des Finances Tch. Ulaan soulignait cependant en janvier que, pour la première fois depuis 10 ans, la Mongolie était parvenue à régler cette année les impayés de sa dette extérieure.
L'inflation en 2001 était estimée fin janvier à 11,2 %, soit à peine plus que les 10 % recommandés par le FMI, du fait de la libéralisation des prix de l'eau, du chauffage et de l'électricité. Le déficit budgétaire est tombé à 4 à 5 % du PIB. Le salaire minimum était de 25 000 -tougriks environ, soit en augmentation importante par rapport à 2000. En 2001, les salaires des fonctionnaires ont été relevés de 3 à 20 %.
Toutefois, les réserves en devises de la Mongolie ont continué à croître régulièrement, grâce en partie à l'augmentation du prix de l'or sur le marché mondial. Au cours de l'année 2001, la monnaie mongole s'est stabilisée par rapport au dollar. Les dépôts en devises dans les banques ont augmenté de 14 % en 2000, et de 25 % en 2001, témoignant d'une confiance accrue dans les banques.
Selon D. Nasandjargal (février 2001), ministre de l'Agriculture, près de 215 000 hectares ont été ensemencés en 2001, et la production de blé a été de 150 000 T, celle de pommes de terre, de 61 000 T, et celle de légumes, de 44 000 T. L'industrie de la viande progresse. Deux nouveaux abattoirs ont été ouverts et la quantité de viande transformée a été multipliée par trois par rapport à 2000. 19 sociétés sont autorisées à exporter de la viande. L'exportation d'intestins et de produits dérivés a doublé également.
En ce qui concerne les pertes subies par le -cheptel durant l'hiver 2001, elles s'élèvent à près de 4,3 millions de têtes à travers le pays, soit 1,3 million de plus qu'en 2000. Par ailleurs, il y a eu 2 millions de naissances en moins par rapport à 2000. (Les dommages causés à l'économie mongole par les deux catastrophes climatiques (dzud) consécutives des hivers 2000 et 2001 ont été estimés à 270 millions de tougriks par le gouvernement.) C'est la province Dzavkhan, au nord-ouest, qui a eu le plus de pertes (13,5 % des pertes totales), suivie par le Khövsgöl, l'Arkhangaï et la province Centrale ou Töv.
La Mongolie a aussi souffert d'un manque à gagner de 50 millions de USD en raison des épizooties qui ont réduit les exportations de ses produits d'origine animale.
Rappelons que le pays compte environ 180 000 familles d'éleveurs, dont 85 % ne possèdent que 200 têtes de bétail, alors qu'une famille aurait besoin, pour vivre correctement, de 400 à 500 têtes et de pâturages suffisants.
(EDN 16/10/01, 22/10/01, 3/12/01, 13/12/01, 19/12/01, 1/02/02, 2/02/02, 4/02/02)
Interrogé sur l'état de l'économie à la fin de l'année 2001 et ses perspectives pour 2002, N. Dachdzeveg, président de l'Association des producteurs mongols, souligne que 2001 a été une année particulièrement difficile, avec une baisse importante des prix du cuivre et du cachemire, de graves difficultés pour l'élevage et un déficit du commerce extérieur qui ne s'est pas relevé de la suppression des taxes d'importation en 1997. Il préconise donc de développer la politique industrielle du pays et ses exportations. L'ancien premier ministre D. Byambasüren souligne de son côté que les sociétés sont pénalisées par des charges fiscales importantes, et il craint que l'économie mongole ne soit affectée par une augmentation du prix du pétrole au niveau mondial. S. Demberel, président de la Chambre de commerce et d'industrie, a bon espoir que le marché du cachemire s'améliore en 2002, ce qui favoriserait les exportations dans le domaine textile. S. Avirmed, économiste, a pour sa part regretté que les crédits accordés à la Mongolie soient dépensés à mauvais escient dans la construction de la " route du millénaire ", et craint une flambée de l'économie parallèle.
(EDN 24/12/01)
Pour le directeur de la Banque de commerce et de développement, élue par un magazine financier anglais meilleure banque mongole, l'année 2001 a été en revanche une bonne année, sa banque enregistrant un profit net de 5 milliards de tougriks.
(EDN 27/12/01)


Élevage

L'hiver 2001-2002 a été une nouvelle fois un hiver difficile pour une partie des éleveurs, bien que ce dernier dzud (comme les Mongols appellent les calamités climatiques hivernales), et en particulier des chutes de neige inhabituelles pour le pays, n'aient pas eu l'importance des deux précédents. Des chutes importantes fin février dans le Bayankhongor, le Gobi-Altaï et l'Arkhangaï ont bloqué les routes, isolé les éleveurs et rendu très difficile l'approvisionnement des éleveurs en denrées alimentaires de base (thé, farine, riz) et en fourrage. Dans certains districts de l'Övörkhangaï, les troupeauxsont restés dans les abris à bétail à cause de l'épaisseur de la couche de neige, parfois rejoints par des mouflons dont certains ont également péri par manque de nourriture. Fin février, les pertes en bétail dans l'ensemble du pays s'élevaient à environ 1,7 million de têtes. A Bayankhongor (où il restait 20 à 60 cm de neige fin mars), c'est près de la moitié du cheptel (850 000 têtes) qui avait péri dans le dzud. La province de Khovd, mais aussi l'Uvs ou le Gobi-Sud (Ömnö-Gobi), ont également souffert, non de la neige (il n'en est pas tombé) mais d'un froid intense. En raison de la sécheresse des étés précédents, l'herbe n'avait pas bien poussé. Entre octobre et mars, 800 000 bêtes ont péri, et 250 000 avaient été déplacées sur le territoire de provinces voisines. 5000 familles avaient perdu tous leurs troupeaux. Une dizaine de personnes avaient perdu la vie. Le gouvernement avait décidé de faire parvenir début mars des stocks de foin et de fourrage.
(MM 06/03/02, 20/03/02)
La presse mongole a relaté l'histoire de ce vieil éleveur du Bayankhongor qui, en prévision d'un nouveau dzud, avait accumulé des réserves de crottin de cheval (khomool) durant l'été. Pendant la période de dzud, il a pu alimenter ses troupeaux en utilisant ce crottin séché mélangé à de l'eau et à de la graisse de marmotte, conservée elle aussi depuis l'été. Grâce à sa connaissance des techniques d'élevage traditionnelles, l'éleveur en question n'a pas perdu de bêtes. Malheureusement, il ne semble pas que cela ait suscité l'intérêt ou les encouragements des reponsables officiels.
En fait, les catastrophes climatiques des deux derniers hivers inciteraient plutôt le gouvernement actuel à prôner l'abandon du pastoralisme nomade au profit d'un élevage sédentaire plus productif adapté à l'économie de marché. C'est ce que le premier ministre Enkhbayar a évoqué récemment à deux reprises, soulignant que ce n'est pas le nombre, mais la qualité et la productivité du bétail, qui est souhaitable. Selon lui, un élevage sédentaire nuirait moins à l'environnement.
(EDN 11/03/02)

 

Pétrole

La production de pétrole mongol pourrait atteindre 35 000 tonnes en 2002, soit l'-équivalent de celle des quatre dernières années. Plusieurs sociétés étrangères sont impliquées dans la prospection et l'extraction du pétrole dans le pays. La compagnie chinoise Chinese National Oil Corporation travaillant à Tamsag Bulag estime les réserves à plus de 200 millions de tonnes. Cette année, la production a augmenté de 20 % et rapporté 2,3 milliards de tougriks au budget de l'Etat. Une raffinerie mixte mongole-kirghize, d'une capacité de 50 000 tonnes par an, a été mise en activité en juin 2001.
(EDN 28/12/01)

Un gisement remarquable de phosphates a été découvert par un géologue mongol, D. Dordjnamdjaa, dans le district Aldarkhaan de la province Dzavkhan, au nord-ouest du pays. Son exploitation représenterait un atout considérable pour la production mongole d'engrais à base de phosphates, tant pour les besoins locaux que pour l'exportation. Selon les estimations du géologue, le gisement contiendrait environ 30 millions de tonnes de réserves de phosphates à Alaghiin Davaa et dans les monts Tsakhir.
(EDN 7/01/02, 9/01/02)

 

Investisseurs

Un projet d'amendement à la loi sur la taxation a été déposé à l'automne par le ministre de l'Industrie et du Commerce : il s'agit de garantir un environnement légal stable aux grands investisseurs étrangers (au-delà de 2 millions de USD), qui ne soit pas soumis à des changements ultérieurs dans la législation. D'autres modifications proposées portent sur l'exonération de taxes pour les équipements industriels importés, et sur la diminution de la charge fiscale pour les entreprises.
(EDN 15/10/01)

 

Banques

L'une des principales banques russes, MENATEP St. Petersbourg (ou MSP), a ouvert en février 2002 une filiale à Oulan-Bator, sur l'avenue de la Paix. MSP vise comme principaux clients les compagnies minières (or) et -pétrolières. Son principal actionnaire est le géant russe du gaz, YUKOS. Le vice-directeur de la filiale mongole de MSP a souligné la clarté et la libéralité des lois bancaires mongoles par -rapport aux lois russes dans ce domaine.
(EDN 16/11/01; MM 27/03/02)

 

Population

Fin 2001, Oulan-Bator comptait officiellement 790 800 habitants (+ 2 %), soit le tiers (33%) de la population totale du pays. Un habitant sur trois dans la capitale a moins de 16 ans, tandis que le pourcentage des personnes âgées de plus de 60 ans n'atteint même pas 6 %. Il y a quand même une quinzaine de centenaires, surtout des femmes (11, contre 3 hommes).
D'après les chiffres du recensement de 2000, que le Bureau national des statistiques publie, le pourcentage de Mongols habitant aujourd'hui une maison, cabane ou appartement (51,8 %) dépasse désormais le pourcentage de ceux habitant la traditionnelle yourte ou gher.
Le recensement a aussi établi qu'à l'époque, plus de 800 familles étaient sans domicile et tentaient de survivre en occupant des entrées d'immeuble, des caves, des conduits de chauffage, des grottes, etc…
(EDN 10/01/02, 23/01/02)

 

Tourisme

L'Agence de tourisme, qui avait déjà opéré un classement des hôtels mongols, a établi en octobre 2001 un classement de 109 camps touristiques en Mongolie : 26 ont été classés dans la catégorie 1 (parmi lesquels Djuultchin Gobi-1, Ikh Gobi, Khögnö Khan, Tereldj--Djuultchin, Büüveï), 21 dans la catégorie 2 (le khüree de Gengis, Saïkhan Gobi, Khudjirt et Khustaïn), 45 n'ont pas été classés, et 13 ne réunissaient pas les conditions requises. Il n'y a aucun camp dans la catégorie supérieure.
(EDN 18/10/01)

 

Mongols d'Afghanistan

Le quotidien mongol Önöödör (" Aujourd'hui ") a publié le 14 janvier un courrier qui lui a été adressé par un Hazara (une importante ethnie d'Afghanistan) résidant actuellement aux Etats-Unis, du nom de Jenali : " Je suis d'ethnie Hazara, écrit-il, population aux origines multiples établie dans le centre de l'Afghanistan. Selon les spécialistes, 90 % des Hazaras auraient du sang mongol et 5 % du sang turc. Nous avons des traits mongols, et notre langue et notre culture ont des relations directes avec celles des Mongols. Nous sommes, disent les spécialistes, les descendants de troupes de Gengis Khan, qui a régné sur toute l'Asie. […]. Les Hazaras sont la population la plus discriminée et la plus exploitée d'Afghanistan. Ils continuent à mener une lutte pour l'égalité des droits. Aujourd'hui, les Ouzbeks d'Afghanistan reçoivent de l'aide de l'Ouzbékistan, les Tadjiks, celle du Tadjikistan, les Pachtounes, celle de l'Iran, de l'Inde et du Pakistan. Mais les Hazaras ne sont aidés par personne. Les Hazaras appellent les Mongols "Mugal", c'est-à-dire "Mongols" en dialecte local. Les Hazaras sont, comme les Mongols, de bons cavaliers et de bons guerriers. Nous lançons un appel à l'aide à nos frères de sang ".
(EDN 14/01/02)
[Notons que les Hazaras -- Hazâra - sont environ un million. Leur nom est l'équivalent persan du mongol myanga, " millier ", nom d'une subdivision militaro-administrative sous l'empire mongol. D'origines diverses, en partie mongole, ils ont des traits mongoloïdes, mais sont iranisés et parlent le dari, une langue proche du persan. Leur vocabulaire a toutefois conservé de nombreux termes turco-mongols. A la différence des autres ethnies d'Afghanistan, les Hazaras sont majoritairement chiites, d'où une discrimination à leur égard, telle que l'impossibilité pour eux de travailler dans l'administration. Les Hazaras doivent être distingués des Moghols d'-Afghanistan, beaucoup moins nombreux (environ 3000), -descendants de garnisons mongoles installées dans la région à l'époque du khan Möngke et des Ilkhans de Perse. Islamisés, mais sunnites, les Moghols sont moins typés, mais ont conservé jusqu'au début du XXe siècle l'usage de leur langue mongole, le moghol ou mogoli, empreinte d'éléments perses, qu'ils écrivaient au moyen de l'écriture arabe.]

 

Culture

 

Gengis Khan

Selon un décret du président Bagabandi, le 840e anniversaire de la naissance de Gengis Khan et le 800e anniversaire de la -fondation de l'Etat mongol seront célébrés respectivent en 2002 (26-31mai) et en 2006 (11 juillet). Pour le 840e anniversaire, il est prévu d'installer dans le palais d'Etat un tug blanc devant lequel le public pourra prier. (Les tug, blancs ou noirs, sont d'anciennes bannières ornées de longues queues en crin.) D'autres célébrations auront lieu après le naadam de la fête nationale du 11 juillet.
Par ailleurs, un sanctuaire dédié à Gengis Khan sera érigé dans la région du Khentii où le conquérant a vu le jour ; des pélerins pourront le vénérer chaque année. Dans la capitale mongole, ce sont un momument et un complexe commémoratif qui seront construits. Le monument sera édifié à l'endroit où se trouve actuellement un tank russe commémoratif, qui sera déplacé au pied de Bogd Uul, sur la colline de Dzaïsan qui porte déjà un monument à la gloire des combattants soviétiques. Quant au complexe, il devrait être érigé sur la place de la Liberté, devant le centre Tchandmani. On envisage également d'instaurer une nouvelle décoration au plus haut niveau, l'ordre de Gengis Khan, de faire un film et un opéra en l'honneur du héros national, et de reconstruire à Karakoroum le fameux arbre d'argent d'où coulaient koumys et vin à l'époque où Rubrouck visita la capitale des premiers gengiskhanides (1253).
A propos de film, notons qu'une équipe italienne a commencé à tourner au printemps 2001, en collaboration avec une compagnie mongole, un documentaire sur Gengis Khan pour la télévision italienne, visant à donner une -représentation vivante du fondateur de la nation mongole. Durant le tournage, le réalisateur italien a dû abandonner quelques-unes des images qu'il s'était faites du grand conquérant, inacceptables du point de vue mongol : ainsi, il n'a pas pu le montrer chevauchant échevelé à la tête de ses guerriers - car les Mongols, et les nobles en particulier, tressaient toujours leurs cheveux - , ni le montrer, défunt, son épée à ses pieds - endroit où jamais un Mongol ne penserait poser un objet si précieux. Le documentaire devrait être diffusé au printemps prochain. La partie mongole a un droit de regard et ne donnera pas d'autorisation de sortie au film si elle juge qu'il offre une vision déformée des traditions mongoles.
(EDN 16/11/01, 10/12/01 ; MM 06/03/02)

 

Année du cheval d'eau

Le Nouvel An lunaire (tsagaan sar) a été fêté le 13 février dernier, date de l'entrée dans la nouvelle année du cheval d'eau. Le président, le premier ministre, le -président de l'assemblée et leurs épouses, revêtus de leurs plus beaux atours traditionnels (deel), se sont rendus au monastère de Gandantegtchinlen. Ils ont ensuite échangé les salutations traditionnelles (dzolghox) dans le palais du -gouvernement.
Peu avant Tsagaan sar, s'est tenue, comme c'est à nouveau le cas depuis quelques années, la cérémonie de remise des prix aux éleveurs les plus méritants. Cette année, 20 éleveurs ont été sélectionnés au lieu de 9 auparavant. Le critère retenu était la capacité de chacun à rendre productive l'activité d'élevage, de façon à vendre jusqu'à 49 % de son cheptel. Les lauréats ont accru leur cheptel de 8 à 144 % au cours des deux -dernières années.
De 1961 à 1991, le gouvernement socialiste récompensait les meilleurs éleveurs sous le titre d'" Eleveur héros de l'Etat " : on leur offrait un étalon à la robe argentée, et un bol en argent. (A l'époque socialiste, la célébration du Nouvel An lunaire avait été supprimée : ce jour-là, les citadins devaient travailler commes les autres jours. En réalité, et malgré la difficulté, ils continuaient à le fêter, à se lever aux aurores et à se rendre visite durant cette période. A la campagne, où les traditions étaient plus dures à déloger, une journée de congé était quand même donnée à cette occasion : le prétexte officiel en était la " fête des éleveurs ".)
(EDN 20/02/02)

 

Morin khuur

Le président mongol a promulgué un décret en faveur du morin khuur (la vièle à tête de cheval) visant à le faire plus largement étudier, à encourager les recherches à son sujet, à mieux le faire connaître à l'étranger. Le décret prévoit de faire jouer l'hymne national au moment du Nouvel an lunaire sur des morin khuur, et de retranmettre à la radio et à la -télévison les concerts de morin khuur.
Le 22 mars, une compétition réunissant une trentaine de fabricants mongols de vièle à tête de cheval a été organisée à Oulan-Bator en collaboration avec, entre autres, le Centre de culture et de langue françaises. C'est la deuxième compétition de ce type, la précédente remontant à 1989. Les organisateurs envisagent de l'organiser tous les deux ans. La fabrication d'instruments de musique dans le cadre socialiste remonte aux années cinquante. A partir de 1990, la plupart des artisans se sont établis à leur compte.
(MM 20/02/02)

A l'occasion du 90e anniversaire des services diplomatiques mongols fin décembre, un Musée des services diplomatiques a été inauguré à Oulan-Bator : on peut y voir des photos et des films relatant les événements les plus notables de l'histoire des relations extérieures du pays, comme par exemple une photo prise lors de la signature du traité tripartite de 1915, ou encore le sceau de gardien de l'Etat et de la religion du 8e Djebtsoundamba.
(EDN 28/12/01)

 

Dalaï lama

Un livre du 14e dalaï-lama sur les principes moraux de l'humanité dans le nouveau millénaire a été traduit en mongol par Ononghiin Tchinbayar.
(EDN 17/10/01)


Ecriture mongole

Un livre édité dans les deux écritures, cyrillique et [ouïgouro-] mongole, a paru fin décembre, sous le titre Mongol -bitchghiin gaikhamchig [Les merveilles de l'écriture mongole], sous la plume de D. Bat-Togtokh, spécialiste de l'enseignement de l'écriture mongole à l'Institut pour le développement de l'éducation. Ce livre a été publié sous l'égide de la Fondation nationale pour le rétablissement de l'-écriture mongole.
(EDN 26/12/01)

 

Société

Féminisation de l'enseignement supérieur. La Banque asiatique de Développement (BasD) s'inquiète du nombre très limité de garçons dans les établissements d'enseignement supérieur. Les étudiants sont en effet à une très large majorité des étudiantes. Les femmes dominent chez les " cols blancs " et dans les professions où la formation est importante. Ce phénomène, qui s'est accentué dernièrement, n'est cependant pas nouveau. Il a commencé avec la génération des hommes nés vers 1956-1960.
(MM 20/07/02)

 

Inhumation des morts

Un article de Ts. Batbayar, paru dans Zuunii medee, " Nouvelles du siècle ", soulève l'épineuse question du traitement des cadavres. Les cimetières actuels autour de la capitale sont en effet déjà bien remplis, et en très mauvais état. La ville s'étend d'année en année, au point de toucher les cimetières (les lieux d'inhumation ou de dépôt des morts sont traditionnellement à l'écart de toute habitation). Récemment, une entreprise, associée à une organisation religieuse (Sain üils " Bonnes actions ") a obtenu l'autorisation du conseil municipal d'Oulan-Bator d'établir un crématorium dans la capitale sous le nom de Buyan süm (temple Buyan). La technologie mise en œuvre sera importée d'Allemagne. (Le fait que le site soit situé au nord-ouest, bonne direction du point de vue de la coutume, moins bonne du point de vue du vent, a soulevé la désapprobation de certains Mongols.) Après la crémation du corps, la famille du défunt pourra, soit conserver la boîte contenant ses cendres, soit l'insérer dans les murs du temple Buyan pour une durée de 20 ans. L'auteur rappelle que la crémation (rituel bouddhique) n'est pas nouvelle en Mongolie, mais était autrefois réservée aux nobles et aux lamas de haut rang : ce fut ainsi le cas, il y a deux ans, du vénérable lama Osor, du monastère Gandantegtchinlen.
(EDN 5/12/01)

 

Nouveau code pénal

Un nouveau code pénal a été approuvé par le Grand Khural mongol au début de l'année. L'ancien code, datant de 1896, n'était pas adapté au nouvel environnement économique et social de la Mongolie. Une vingtaine d'articles ont été changés. Les délits ont été classés en quatre catégories. Selon le nouveau code, les sanctions pour les délits les moins graves sont moins lourdes que précédemment. La détention, le travail forcé et les amendes sont les principales formes de condamnation prévues pour les délits, les plus sérieux de ceux-ci pouvant entraîner jusqu'à 5 ans de prison. La -question des crimes commis en situation de légitime défense a soulevé un débat houleux. Finalement, il a été décidé que ne serait pas considéré comme crime un acte commis en légitime défense.
(EDN 7/01/02)

 

Consultations médicales sur Internet

A l'initiative de jeunes médecins, une clinique sur internet a vu le jour en Mongolie (www.medicnet.mn). Sur ce site, on peut bénéficier d'une consultation et se renseigner sur les façons de se soigner ou de prévenir certaines maladies. Les initiateurs du projet envisagent à présent de créer une pharmacie sur internet. (EDN 7/12/01)

 

Divers

Mme Tsedenbal-Filatova, l'épouse russe de Yu. Tsedenbal qui dirigea le pays jusqu'en 1984, est décédée en octobre dernier à Moscou à l'âge de 81 ans.
(EDN 24/10/01)

 

Purges

Un monument a été érigé le 1er décembre 2001 dans le cimetière de Kotovo à la mémoire des personnes exécutées en Russie sous de fausses accusations. Parmi les noms inscrits figurent, en mongol, ceux de 33 Mongols, dont A. Amar, qui fut premier ministre de 1928 à 1930, puis de 1936-1939. Accusé de collusion avec les services secrets japonais, il fut exécuté à Moscou en 1941, puis réhabilité en 1962.
(EDN 4/12/01)

 

Histoire

Une nouvelle hypothèse concernant la mort du chef révolutionnaire D. Sükhbaatar, né en 1983 et mort précocement le 23 févier 1923, a été formulée par son biographe O. Pürev dans un nouveau livre consacré à ce héros de la révolution mongole. On a dit qu'il était mort de pneumonie, puis, dans un film qui lui fut consacré en 1945, on l'a montré victime d'un lama qui l'aurait empoisonné, version que O. Pürev considère comme de pure propagande. -D. Sükh-baatar, malade, avait d'abord été traité par deux lamas, puis par deux médecins russes. Il fut -examiné une seule fois par le lama médecin du 8e Djebtsoundampa, Sereenen, qui le déclara sérieusement atteint mais ne lui prescrivit aucune médecine. Ce lama fut par la suite exécuté pour avoir empoisonné D. Sükhbaatar. En fait, selon O. Pürev, il s'agit d'un meurtre politique, ce que pensent d'ailleurs de nombreux Mongols. A sa mort, Sükhbaatar n'avait que 30 ans. Elbegdordj Rintchino [1885(?)-1937 : un Bouriate agent du Komintern, qui a joué un rôle fondamental en Mongolie entre 1920 et 1925] était alors conseiller du gouvernement, membre du présidium du comité central du parti et membre du conseil militaire. Il fut le seul à avoir rencontré Sükhbaatar avant sa mort. Or, explique O. Pürev, -Rintchino avait à deux reprises tenté d'impliquer Sükhbaatar dans des affaires montées de toutes pièces et de le chasser, lui et d'autres -révolutionnaires mongols, de la scène politique.
(EDN 6/02/02)

 

Mouflons

Selon le ministère de l'Environnement qui a organisé un recensement en 2001, il y aurait 13 500 à 15 000 mouflons (argali) sur le territoire mongol. En 1975, un spécialiste hongrois les avait évalués à 5000 dans le Gobi-Altaï. En 1985, une étude russe donnait le chiffre de 18 000 à 20 000, tandis que pour sa part, à la même période (1986), l'Institut de biologie de l'Académie des sciences de Mongolie avançait celui de 52 800 mouflons, répartis sur 95 districts. Les mouflons se trouvent essentiellement dans les monts Altaï, où ils vivent en troupeaux d'une cinquantaine d'individus, tandis qu'ailleurs ils ne constituent que des groupes d'une dizaine de mouflons. Selon les estimations récentes du ministère de l'Environnement, c'est la province du Gobi-Sud (Ömnö-Gobi) qui en compte le plus grand nombre, avec plus de 3000 individus, suivie par Khovd et Övörkhangaï (2500 et 2100). On en trouve également dans le Bayan-Ölghii, le Gobi-Altaï, le Gobi--Sümber et le Bayankhongor. Les chercheurs estiment que près de 1 % des mâles (ugaldz) peuvent être chassés sans crainte de nuire à l'espèce. Cela représente un profit de 1 milliard de tougriks pour le budget mongol, le mouflon mongol étant le plus prisé des chasseurs étrangers, en -particulier américains. Les autorités mongoles autoriseront donc la chasse de 70 à 80 vieux mouflons mâles cette année. Le -ministère de l'environnement devrait recenser les autres -espèces rares durant l'été 2002.
(EDN 29/12/01 ; MM 27/03/02)
Le gouvernement mongol a établi par ailleurs une liste des animaux autorisés à être chassés et le prix à débourser pour chaque trophée. Parmi ces animaux, outre le mouflon (9 millions de tougriks), citons le léopard des neiges, la chèvre sauvage (yanghir) et le cerf (500 000 Tg), l'ours du Gobi ou madzaalai (350 000 Tg), le chameau sauvage (280 000 Tg), le faucon (300 000 Tg) ou le saumon brun (salmo thymalus) à 20 000 Tg.
(EDN 17/12/01)
Cette mesure a choqué le dalaï-lama qui a lancé le 29 mars un appel à ses ouailles mongoles les invitant à ne pas encourager cette chasse aux espèces rares. Il a rappelé les principes bouddhiques traditionnellement respectés par les Mongols : comment, plaide le dalaï-lama, peut-on détruire par plaisir ou par goût du sport la vie d'êtres vivants ?
(MM 01/05/02).
Les températures les plus extrêmes relevées dans le pays en 2001 l'ont été à Tes (province d'Uvs), où le mercure a atteint durant l'été 42°C, et à Dzüünbüren (Selenghe) où on a enregistré au début de l'année 2001 jusqu'à -53°C. En revanche, en janvier 2002, les éleveurs du Gobi ont remarqué une douceur peu courante pour la saison. Il a même plus dans l'Övörkhangaï et dans le Gobi-Altaï ; on trouvait des parasites dans la laine des moutons, et certains éleveurs avaient même rencontré des serpents.
(EDN 29/12/01, 30/01/01).

Outre d'importantes chutes de neige fin février (voir plus haut), la Mongolie a connu des vents très forts, comme c'est souvent le cas au printemps. Les tempêtes d'avril 2001 avaient occasionné d'importants dégâts et de pertes en vie humaines (22 personnes avaient trouvé la mort). Cette année, la tempête a soufflé cinq jours durant d'ouest en est, avec des records de 40 mètres par seconde, au lieu des 4 à 9 mètres par seconde habituels. La tempête avait été annoncée et un certain nombre de précautions avaient pu être prises : troupeaux gardés à proximité des habitations, trafic aérien suspendu, certaines écoles fermées. Des dégâts et des pertes en vie humaine n'ont pu être pourtant évités. Plus de 50 000 têtes de bétail ont péri.
(MM 27/03/02)


Taux de change


1 USD = 1104 Tg
1 = 973,90 Tg
(EDN 29/03/02)