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Actualité
ANDA 43-44 (4ème trimestre 2001 - 1er trimestre 2002)
Politique intérieure
Le PPRM a choisi, le 18 octobre dernier, des successeurs à L.
Enebich, président du parlement mongol, décédé
en septembre. C'est la candidature de Sandjbedjiin Tömör-Otchir
qui a été finalement retenue, avant d'être adoptée
par le parlement (100% des voix des députés présents)
le 21 octobre. Né en 1950 dans l'Arkhangaï, S. Tömör-Otchir
a une formation en mathématiques et en philosophie. Il a été
député de 1996 à 2000, ainsi que ministre des Sciences
et de l'Education.
Le poste de secrétaire-général du PPRM, qu'occupait
également L. Enebich, est revenu à D. -Idevkhten. Ce dernier,
ainsi que le chef de cabinet du président, B. Batkhichig, ont rejoint
le conseil de direction du parti en remplacement de S. Bayar et de L.
Amarsanaa, nommés ambassadeurs, le premier en Russie, le second
en Chine.
(EDN 19/10/01)
Enfin, une élection a eu lieu le 6 janvier dans la circonscription
n° 11 du Bulgan, dont L. -Enebich était député.
Quatre partis présentaient un candidat : B. Övgönkhüü
(Parti populaire révolutionnaire mongol), E. Bat-Uul (Parti démocrate),
B. Uuganbayar (Nouveau parti social-démocrate mongol-Patrie) et
B. Djargalsaikhan, représentant son Parti républicain et
le Parti du courage civique (S. Oyuun). Un 5e candidat non affilié,
originaire du Bulgan, G. Gurragtchaa, se présentait également.
Le taux de participation des électeurs a été de 80
%. C'est le candidat du PPRM qui l'a emporté avec 41 % des voix,
suivi du candidat commun du Parti républicain et du Parti du courage
civique, avec 28 %, tandis que le candidat du principal parti d'opposition,
le Parti démocrate, obtenait 23 % des suffrages. L'opposition réunie
(58 %) fait donc mieux cette fois que que le PPRM, qui réalise
un score inférieur aux précédents. Toutefois, le
Parti démocrate perd des voix, et c'est le Parti républicain,
allié au Parti du courage civique, qui voit son score nettement
augmenter (30 %).
(EDN 4/12/01, 7/01/02, 9/01/02)
Nouveau parti d'opposition. Forts de ces résultats encourageants,
le Parti républicain et le Parti du courage civique ont décidé
de fusionner pour former un nouveau parti, le Parti républicain-Volonté
citoyenne, qui a été officiellement enregistré auprès
des autorités le 22 mars.
(MM 27/03/02)
Sondage Selon un sondage effectué par la Fondation Sant Maral
en novembre 2001 auprès de quelque 1600 personnes à Oulan-Bator
et dans les provinces Uvs, Ömnögobi, Arkhangaï et Sükhbaatar,
l'action du gouvernement Enkhbayar (PPRM) satisfait moins de 50 % des
personnes interrogées, tandis que 38 % se déclarent peu
satisfaites.
Les espoirs quant au doublement des salaires promis par le PPRM en campagne
ayant été déçus, la politique des salaires
n'est jugée " un succès du gouvernement " que
par 5 % des personnes ; aucune autre action du gouvernement ne fait pourtant
mieux : le projet " Route du millénaire " arrive deuxième
(4 %). Parmi les échecs, c'est la politique fiscale qui est le
plus souvent citée (11 %), suivie de l'application par le gouvernement
de son programme d'action (5 %).
La cote de popularité des personnalités politiques indique
que des membres du Parti démocrate, tels que l'ancien premier ministre
Enkhsaikhan (26 %) ou l'ancien président du parlement -Gontchigdordj
(25 %), gardent une cote comparable à celle du président
Bagabandi (27 %) ou du premier ministre Enkhbayar (25 %).
En cas d'élection, les Mongols seraient plus nombreux à
s'abstenir dans la capitale qu'en milieu rural (23 % contre 19 %). Le
PPRM recueillerait à nouveau, mais de justesse, la majorité
absolue des suffrages à la campagne (51 %), alors que parmi les
habitants de la capitale interrogés, ils ne seraient plus que 35
% à lui accorder leur vote. Sans pour autant lui préférer
l'opposition démocratique : seuls 29 % des mêmes citadins
se disent en effet prêts à voter pour elle, et la différence
entre ville et campagne est ici moins tranchée, car l'opposition
ferait un score analogue à la campagne (26 %).
Enfin, ce sondage montre que, pour ce qui est de leurs partenaires étrangers,
les Mongols continuent à mettre au premier rang le voisin russe,
surtout à la campagne (71 %), même s'il leur fait de plus
en plus défaut. Derrière viennent les Etats-Unis (38 %),
suivis du Japon (32 %). La Chine a beau être devenue aujourd'hui
le principal partenaire économique du pays, elle continue à
susciter la méfiance et n'est jugée " meilleur partenaire
" que par 20 % des citadins -interrogés, et seulement 14 %
des ruraux.
(EDN 29/11/01)
Relations extérieures 
USA
Le premier minsitre N. Enkhbayar est allé aux Etats-Unis début
novembre 2001. Il s'est rendu en particulier à Seattle, où
il a visité l'entreprise Boeing et s'est enquis du modèle
Boeing 737-800, que la Mongolie souhaiterait acheter (début mars,
trois équipages mongols ont d'ailleurs été envoyés
à Seattle pour se former au pilotage de cet avion). A San-Francisco,
Enkhbayar a rencontré le président de l'Asian Foundation,
organisation qui a élaboré le premier projet à moyen
terme de développement économique pour la Mongolie et l'a
aidée à intégrer en 2000 le Conseil de coopération
du Pacifique. Il s'est également rendu à Denver, ville dans
laquelle résident ou étudient 700 Mongols, avant de rejoindre
New-York où il a été reçu par le président
George Bush ; l'entretien s'est déroulé en anglais, sans
le truchement d'interprètes. Le point culminant de cette visite
a été le discours que le premier ministre mongol a prononcé
le 11 novembre à la 56e session de l'assemblée générale
des Nations-Unies. Il a visité le site de l'attentat du 11 septembre
: à cette occasion, il a déposé un khadag, écharpe
rituelle, et allumé une bougie. Dans ses discussions avec les responsables
américains, la partie mongole a souhaité une aide humanitaire
accrue, plus d'investissements américains et la possibilité
d'envoyer encore davantage d'étudiants mongols se former aux Etats-Unis.
(EDN 07/11/01, 12/11/01, 14/11/01, 15/11/01, 12/12/01 ; MM 06/03/02)
Chine
Le premier ministre N. Enkhbayar s'est rendu en Chine à l'invitation
du premier ministre chinois Zhu Rongji du 5 au 12 janvier 2002, accompagné
d'une délégation d'hommes d'affaires. (Rappelons que le
traité d'amitié et de coopération signé entre
les deux pays remonte à 1994, et qu'il a été a suivi
en 1998 d'une déclaration conjointe des deux présidents.)
Les questions d'ordre économique ont été au centre
des préoccupations. La Mongolie et la Chine sont, depuis respectivement
1997 et 2001, membres de l'OMC. Les deux côtés ont souligné
les vastes possibilités de coopération -commerciale et économique,
et ont convenu de la construction d'un réseau électrique
entre -Erdenet et Mörön, capitale du Khövsgöl, d'une
connexion des réseaux ferroviaires de l'est de la Mongolie et du
nord-est de la Chine (construction d'une voie ferrée entre la ville
frontalière de Rachaan, dans le Khingan, Mongolie-Intérieure,
et Tchoïbalsan, capitale de la province Orientale ou Dornod), ainsi
que d'une connexion avec la " route du millénaire ".
La question d'une exploitation commune des gisements mongols de Tömörtei,
Oyuu-Tolgoï et Tsagaan-Tolgoï a été aussi abordée.
Le ministre des Infrastructures, B. Djigdjid, et son homologue chinois
ont signé un accord de coopération économique et
technique, qui stipule que la Chine apportera à la Mongolie une
aide de 50 millions de yuans et fournira des produits pétroliers
d'une valeur de 38 millions de yuans. Il a été également
convenu d'ouvrir de nouveaux postes frontaliers et de garder ouverts en
permanence certains postes.
La Mongolie a réaffirmé à son hôte qu'elle
considérait le gouvernement de Pékin comme le seul légitime
et que Taïwan faisait partie du territoire chinois. Les deux pays
ont condamné toute forme de terrorisme international, autre sujet
cher à la Chine qui est, dans ses régions centrasiatiques,
confrontée à des mouvements indépendantistes ouïgours.
Remarquons qu'au moment de cette visite officielle en Chine, la Mongolie
adoptait une nouvelle loi sur la sécurité nationale à
l'initiative du président Bagabandi, motivée, entre autres,
par l'attentat du 11 septembre aux Etats-Unis. A l'occasion de l'adoption
de cette loi, les responsables mongols ont indiqué qu'en ce qui
concerne les " diverses alliances et unions existantes dans la région
", la Mongolie restera en temps de paix à l'écart de
toute coalition, et demeurera ouverte politiquement et économiquement.
" La soi-disant alliance du Turkestan oriental [i.e. les opposants
ouïgours au régime de Pékin] n'a aucune influence politique
ou économique ", ont-ils déclaré, en précisant
que ni cette alliance ni d'autres groupes n'ont d'" influence chez
les musulmans [i.e. les Kazakhs] de Mongolie ". De telles déclarations
sont bien sûr destinées à -satisfaire la Chine, qui
taxe de " séparatiste " toute résistance locale
à la sinisation du -Turkestan oriental (région autonome
ouïgoure du Xinjiang), comme c'est aussi le cas au Tibet. (En Mongolie-Intérieure,
anciennement et fortement sinisée, toute résistance est
aujourd'hui quasiment annihilée.)
A propos de la sécurité économique du pays - de nombreux
Mongols sont en effet inquiets de voir la Chine jouer désormais
un rôle de premier plan dans leur vie économique -, les responsables
mongols, visiblement moins inquiets, ont indiqué que le pays ne
pouvait se fermer sur lui-même sous prétexte de protéger
sa sécurité économique et devait au contraire améliorer
sa compétitivité. Il est vrai que les anciens -communistes
du PPRM actuellement au pouvoir sont, au regard des autres forces politiques
mongoles, les plus proches des communistes chinois et que la question
de l'indépendance nationale n'a jamais été au centre
de leurs préoccupations. (EDN 7/01/02, 8/01/02)
Taïwan vers une reconnaissance de la Mongolie. On sait que la constitution
de la république de Chine, adoptée par les nationalistes
alors qu'ils étaient encore en Chine continentale, continue à
présenter la Mongolie comme partie intégrante du territoire
chinois. En effet, si, à la suite du traité signé
en août 1945 avec l'URSS, le Kuomintang avait fini par reconnaître
(1946) l'indépendance de l'ancienne Mongolie--Extérieure,
après leur défaite face aux communistes en 1949, il dénonça
ce traité - et par là l'indépendance de la Mongolie
- alors que, de leur côté, les communistes chinois la reconnaissaient
officiellement (elle devait être reconnue par l'ONU en 1962).
Or, fin janvier 2002, les autorités de Taïwan ont fait un
pas en avant vers la reconnaissance de l'indépendance de la Mongolie.
Le conseil des ministres a en effet approuvé un amendement selon
lequel les ressortissants mongols se verront désormais délivrer
des visas à l'instar des autres ressortissants étrangers,
et non plus un document de voyage comme c'est le cas pour les Chinois
continentaux. Cette assimilation des Mongols à des citoyens chinois
heurtait le -sentiment national mongol et pesait sur les relations économiques
entre la Mongolie et Taïwan. Les Mongols ont célébré
d'ailleurs en décembre 2001 le 90e anniversaire de l'instauration
de l'Etat mongol du Bogd Khan à la fin de 1911, après la
chute des Qing, date qui marque le retour à l'indépendance
de la Mongolie et le début de sa renaissance.
En février, le Yuan exécutif de la république de
Chine approuvait la dissolution de la Commission des affaires mongoles
et tibétaines, dans le cadre d'une réforme du gouvernement
dont les ministères doivent passer, en 2004, de trente-six à
une vingtaine. Certaines tâches de la Commission pourraient être
assurées par d'autres structures gouvernementales telles que le
ministère des Affaires étrangères ou le Conseil des
affaires continentales (mais ce serait alors placer Oulan-Bator sur le
même plan que Pékin), voire, avaient proposé certains,
par les Commissions des affaires hakkas et aborigènes. Si cette
dernière idée a été rejetée par le
président Chen Shuibian, elle montre toutefois que l'idée
d'un Etat mongol indépendant a encore du mal à être
acceptée dans les milieux nationalistes de Taipei (AFP, 26/02/02
; Taipei Times 4/03/02)
Notons que fin décembre, des organismes taïwanais se sont
déclarés prêts à accueillir de la main d'uvre
mongole.
(EDN 28/12/01)
Corée du Sud
Dix éleveurs de chevaux et cinq trayeuses originaires de Bayantsagaan,
dans la province Centrale (Töv), accompagnés de 280 chevaux,
devaient rejoindre la Corée du Sud fin novembre. Ils doivent participer
à l'établissement d'un village mongol de 300 yourtes, sur
l'île coréenne de Cheju. Cinq éleveurs de chevaux
du Dzavkhan, ainsi que des artisans mongols du Bulgan, doivent les rejoindre.
Selon l'accord signé entre la Mongolie et la Corée, les
Mongols travaillant dans le cadre de ce projet travailleront deux années
pour un salaire mensuel de 800 à 1000 USD.
(EDN 14/11/01)
Russie 
Le premier ministre russe, M. -Kasianov, était en visite officielle
en Mongolie les 25 et 26 mars dernier (la précédente visite
de haut niveau a été celle de Vladimir Poutine en novembre
2000).
En plus des accords de coopération signés à cette
occasion, dont un protocole dans le domaine de la santé et le renouvellement
de la convention consulaire de 1972, les deux voisins ont ratifié
les résultats de l'enquête sur le tracé de leurs frontières
communes commencée en 1987. Ces résultats remplissent onze
volumes, dont deux uniquement consacrés à la procédure
d'enquête. Tous les postes frontière, leur location et les
régulations les concernant sont précisément indiqués.
La frontière septentrionale de la Mongolie compte 1925 postes frontière,
dont un triple (Mongolie, Russie, Chine). Selon le nouveau tracé,
la frontière russo-mongole est désormais de 3543 km, soit
58 km de plus que le tracé précédent : cette différence
est due aux lacs frontaliers dont la taille a varié. De ce fait,
508 hectares ont d'un commun accord changé de mains. Le nouveau
tracé doit à présent être soumis aux parlements
respectifs et déposé auprès de l'ONU. (A la fin des
années cinquante, la Russie et la Mongolie signèrent un
accord frontalier. Molotov menait la délégation russe, et
Avardzed, un diplomate francophone formé en URSS, la délégation
mongole. Avardzed s'étant opposé aux exigences russes, il
fut remplacé en cours de négociations par L. Tsend. Déchu
de ses fonctions, il fut exilé à la campagne et finit sa
vie comme camionneur. Il mourut renversé par une voiture au début
des années quatre-vingt ; des rumeurs coururent alors selon lesquelles
il ne s'agissait pas d'un accident. Quoi qu'il en soit, cette question
des frontières resta secrète et la population mongole n'en
fut pas informée. Au début des années quatre-vingt-dix,
interrogé sur la question de la frontière russo-mongole,
le président Otchirbat déclarait qu'il valait mieux "
cesser de parler de cette question ", qu'" il y avait eu des
choses données et des choses reçues ".)
Les deux pays envisagent de coopérer dans le domaine routier et
ferroviaire, ainsi que dans les industries de la viande et des tapis.
Kasianov a souligné que le Russie souhaitait renforcer sa participation
dans ses entreprises conjointes en Mongolie : Erdenet, Mongolrostvetmet
et la Société ferroviaire d'Oulan-Bator, établie
en 1949. Dans le domaine des infrastructures, la Russie se dit prête
à aider à la construction de lignes à haute tension,
d'un oléoduc et d'un gazoduc, et Kasianov a promis d'en discuter
avec son homologue chinois en septembre -prochain.
Il a été aussi question de libéraliser le commerce
et de réduire les taxes sur les marchandises mongoles transitant
par le territoire russe, du problème des biens russes en Mongolie
et de la dette mongole à l'égard de la Russie - les trois
questions majeures étant les investissements, la libéralisation
des échanges et la dette mongole. Pour réduire cette dernière,
la Russie propose que la Mongolie lui transfère une partie de ses
actions dans la société conjointe Erdenet, flambeau de l'industrie
mongole, ce que la Mongolie ne paraît pas vouloir accepter.
Dans le domaine des investissements, la part de la Russie stagne depuis
1991, même si ce pays reste le 6e investisseur étranger en
Mongolie. Toutefois, ces deux dernières années ont vu une
reprise des investissements russes, principalement dans le domaine géologique
et minier.
En revanche, le volume des échanges commerciaux n'a cessé
de décroître. Après avoir été quasiment
le seul partenaire de la Mongolie à l'époque communiste
(l'URSS monopolisait environ 85 % des échanges), la Russie n'est
plus aujourd'hui qu'un des principaux partenaires commerciaux de la Mongolie
(30 % des échanges), grâce notamment à ses exportations
de pétrole couvrant 80 % des besoins mongols. Le volume total des
échanges est ainsi passé de 440 millions de USD en 1991
à 206 millions en 2000, et ces échanges sont devenus particulièrement
déséquilibrés au profit de la Russie : les exportations
mongoles étaient en 1991 de 235 millions de USD et ses importations
de 238 millions ; elles sont en 2000 de 37 millions (6 %) et de 170 millions
respectivement. Cette baisse est due essentiellement aux taxes élevées
imposées sur les produits mongols par la Russie (entre 21,3 et
42,5 %, allant jusqu'à 62,5 % pour les bijoux et les métaux
précieux). Début 2001, ces taxes ont été quelque
peu réduites, mais de façon insuffisante. Les tarifs ferroviaires
appliqués à la Mongolie pour ses marchandises transitant
en Russie ou destinées à la Russie sont 4 à 5 fois
supérieurs aux tarifs locaux. Les exportations de viande (40 000
T par an jusqu'en 1990), l'un des produits majeurs d'exportation vers
la Russie, sont aujourd'hui six fois moins importantes. D'où la
demande faite par la Mongolie d'un marché russe plus ouvert.
Le premier ministre mongol se rendra à son tour à Moscou
en septembre 2002.
(MM 27/03/02)
Kyzyl
La Mongolie a ouvert un consulat mongol à Kyzyl, capitale de la
république de Touva (Fédération de Russie), en présence
des responsables de la province mongole -voisine d'Uvs.
(Ceram Infos, mars 2002)
Turquie
Le nouveau président du parlement mongol, S. Tömör-Otchir,
s'est rendu en -Turquie du 28 février au 1er mars, et a rencontré
le président A.N. Sezert. 400 étudiants mongols étudient
déjà en Turquie, et le gouvernement mongol souhaiterait
accroître leur nombre. Une coopération dans le domaine militaire
est aussi à l'ordre du jour. De son côté, la Turquie
s'intéresse à la Mongolie pour ses importantes ressources
naturelles. Depuis le traité de 1995, une vingtaine d'accords ont
été signés entre les deux pays. Une rue d'Ankara
devrait porter bientôt le nom de Gengis khan.
(MM 06/03/02)
France
Lors d'une conférence de presse organisée en octobre 2001
à l'occasion du 5e anniversaire de la réouverture de l'ambassade
de France en Mongolie (qui avait été fermée en 1984),
l'ambassadeur J.-O. Manent a évoqué le développement
de la coopération franco--mongole. Il a souligné les succès
de cette coopération dans le domaine médical, et a parlé
des projets que l'on montait à Arvaïkheer, capitale de l'Övörkhangaï
et à l'hôpital traumatologique d'Oulan-Bator. Des efforts
sont faits pour élargir cette coopération à l'environnement,
et la France envisage d'envoyer 30 à 40 chevaux de Przewalski en
Mongolie. Il a par ailleurs souligné que, parmi les touristes,
les Français étaient les plus nombreux. Enfin, sur le plan
économique, une nouvelle d'importance : Péchiney, premier
producteur d'aluminium français et principal acheteur du concentré
de cuivre d'Erdenet, serait intéressé par une prise de participation
au capital de la grande entreprise mongole.
(EDN 12/10/01)
En février, un accord d'aide alimentaire était signé
entre les deux pays, portant sur un don de 5000 tonnes de blé à
la Mongolie d'une valeur de 700 000 : ce blé sera vendu aux minoteries
mongoles par le gouvernement, et les bénéfices de cette
vente serviront à établir un fond destiné au développement
des régions rurales et à l'amélioration de la sécurité
alimentaire.
(EDN 20/02/02
Canada
Une ambassade mongole a été inaugurée officiellement
à Ottawa le 7 décembre 2001. (EDN 11/12/01)
Économie 
Chiffres 2001
Selon le Bureau national des statistiques (octobre 2001), la part des
revenus dans le budget de l'Etat s'élevait à 290 milliards
de tougriks, et celle des dépenses à 306 milliards. Les
rentrées fiscales étaient en augmentation de 26 % par rapport
à l'année dernière à la même époque,
et la masse monétaire dépassait 321 milliards, soit une
augmentation comparable. Le gouvernement envisageait de faire rentrer
plus de 18 milliards de tougriks grâce à la -privatisation
d'entreprises d'Etat.
En ce qui concerne le volume du commerce extérieur, il a baissé
par rapport à 2000 (moins 8 % pour les onze premiers mois de 2001)
: les exportations avaient baissé de 13 %, les importations de
3 %. La balance du commerce extérieur connaissait un déficit
important dépassant 146 milliards.
La dette extérieure de la Mongolie est particulièrement
inquiétante, et proportionnelle à l'aide importante reçue
au cours des dix dernières années. Elle représenterait
aujourd'hui 90 % du PIB de la Mongolie, ce qui place ce pays parmi les
plus endettés au monde. Le ministre des Finances Tch. Ulaan soulignait
cependant en janvier que, pour la première fois depuis 10 ans,
la Mongolie était parvenue à régler cette année
les impayés de sa dette extérieure.
L'inflation en 2001 était estimée fin janvier à 11,2
%, soit à peine plus que les 10 % recommandés par le FMI,
du fait de la libéralisation des prix de l'eau, du chauffage et
de l'électricité. Le déficit budgétaire est
tombé à 4 à 5 % du PIB. Le salaire minimum était
de 25 000 -tougriks environ, soit en augmentation importante par rapport
à 2000. En 2001, les salaires des fonctionnaires ont été
relevés de 3 à 20 %.
Toutefois, les réserves en devises de la Mongolie ont continué
à croître régulièrement, grâce en partie
à l'augmentation du prix de l'or sur le marché mondial.
Au cours de l'année 2001, la monnaie mongole s'est stabilisée
par rapport au dollar. Les dépôts en devises dans les banques
ont augmenté de 14 % en 2000, et de 25 % en 2001, témoignant
d'une confiance accrue dans les banques.
Selon D. Nasandjargal (février 2001), ministre de l'Agriculture,
près de 215 000 hectares ont été ensemencés
en 2001, et la production de blé a été de 150 000
T, celle de pommes de terre, de 61 000 T, et celle de légumes,
de 44 000 T. L'industrie de la viande progresse. Deux nouveaux abattoirs
ont été ouverts et la quantité de viande transformée
a été multipliée par trois par rapport à 2000.
19 sociétés sont autorisées à exporter de
la viande. L'exportation d'intestins et de produits dérivés
a doublé également.
En ce qui concerne les pertes subies par le -cheptel durant l'hiver 2001,
elles s'élèvent à près de 4,3 millions de
têtes à travers le pays, soit 1,3 million de plus qu'en 2000.
Par ailleurs, il y a eu 2 millions de naissances en moins par rapport
à 2000. (Les dommages causés à l'économie
mongole par les deux catastrophes climatiques (dzud) consécutives
des hivers 2000 et 2001 ont été estimés à
270 millions de tougriks par le gouvernement.) C'est la province Dzavkhan,
au nord-ouest, qui a eu le plus de pertes (13,5 % des pertes totales),
suivie par le Khövsgöl, l'Arkhangaï et la province Centrale
ou Töv.
La Mongolie a aussi souffert d'un manque à gagner de 50 millions
de USD en raison des épizooties qui ont réduit les exportations
de ses produits d'origine animale.
Rappelons que le pays compte environ 180 000 familles d'éleveurs,
dont 85 % ne possèdent que 200 têtes de bétail, alors
qu'une famille aurait besoin, pour vivre correctement, de 400 à
500 têtes et de pâturages suffisants.
(EDN 16/10/01, 22/10/01, 3/12/01, 13/12/01, 19/12/01, 1/02/02, 2/02/02,
4/02/02)
Interrogé sur l'état de l'économie à la fin
de l'année 2001 et ses perspectives pour 2002, N. Dachdzeveg, président
de l'Association des producteurs mongols, souligne que 2001 a été
une année particulièrement difficile, avec une baisse importante
des prix du cuivre et du cachemire, de graves difficultés pour
l'élevage et un déficit du commerce extérieur qui
ne s'est pas relevé de la suppression des taxes d'importation en
1997. Il préconise donc de développer la politique industrielle
du pays et ses exportations. L'ancien premier ministre D. Byambasüren
souligne de son côté que les sociétés sont
pénalisées par des charges fiscales importantes, et il craint
que l'économie mongole ne soit affectée par une augmentation
du prix du pétrole au niveau mondial. S. Demberel, président
de la Chambre de commerce et d'industrie, a bon espoir que le marché
du cachemire s'améliore en 2002, ce qui favoriserait les exportations
dans le domaine textile. S. Avirmed, économiste, a pour sa part
regretté que les crédits accordés à la Mongolie
soient dépensés à mauvais escient dans la construction
de la " route du millénaire ", et craint une flambée
de l'économie parallèle.
(EDN 24/12/01)
Pour le directeur de la Banque de commerce et de développement,
élue par un magazine financier anglais meilleure banque mongole,
l'année 2001 a été en revanche une bonne année,
sa banque enregistrant un profit net de 5 milliards de tougriks.
(EDN 27/12/01)
Élevage
L'hiver 2001-2002 a été une nouvelle fois un hiver difficile
pour une partie des éleveurs, bien que ce dernier dzud (comme les
Mongols appellent les calamités climatiques hivernales), et en
particulier des chutes de neige inhabituelles pour le pays, n'aient pas
eu l'importance des deux précédents. Des chutes importantes
fin février dans le Bayankhongor, le Gobi-Altaï et l'Arkhangaï
ont bloqué les routes, isolé les éleveurs et rendu
très difficile l'approvisionnement des éleveurs en denrées
alimentaires de base (thé, farine, riz) et en fourrage. Dans certains
districts de l'Övörkhangaï, les troupeauxsont restés
dans les abris à bétail à cause de l'épaisseur
de la couche de neige, parfois rejoints par des mouflons dont certains
ont également péri par manque de nourriture. Fin février,
les pertes en bétail dans l'ensemble du pays s'élevaient
à environ 1,7 million de têtes. A Bayankhongor (où
il restait 20 à 60 cm de neige fin mars), c'est près de
la moitié du cheptel (850 000 têtes) qui avait péri
dans le dzud. La province de Khovd, mais aussi l'Uvs ou le Gobi-Sud (Ömnö-Gobi),
ont également souffert, non de la neige (il n'en est pas tombé)
mais d'un froid intense. En raison de la sécheresse des étés
précédents, l'herbe n'avait pas bien poussé. Entre
octobre et mars, 800 000 bêtes ont péri, et 250 000 avaient
été déplacées sur le territoire de provinces
voisines. 5000 familles avaient perdu tous leurs troupeaux. Une dizaine
de personnes avaient perdu la vie. Le gouvernement avait décidé
de faire parvenir début mars des stocks de foin et de fourrage.
(MM 06/03/02, 20/03/02)
La presse mongole a relaté l'histoire de ce vieil éleveur
du Bayankhongor qui, en prévision d'un nouveau dzud, avait accumulé
des réserves de crottin de cheval (khomool) durant l'été.
Pendant la période de dzud, il a pu alimenter ses troupeaux en
utilisant ce crottin séché mélangé à
de l'eau et à de la graisse de marmotte, conservée elle
aussi depuis l'été. Grâce à sa connaissance
des techniques d'élevage traditionnelles, l'éleveur en question
n'a pas perdu de bêtes. Malheureusement, il ne semble pas que cela
ait suscité l'intérêt ou les encouragements des reponsables
officiels.
En fait, les catastrophes climatiques des deux derniers hivers inciteraient
plutôt le gouvernement actuel à prôner l'abandon du
pastoralisme nomade au profit d'un élevage sédentaire plus
productif adapté à l'économie de marché. C'est
ce que le premier ministre Enkhbayar a évoqué récemment
à deux reprises, soulignant que ce n'est pas le nombre, mais la
qualité et la productivité du bétail, qui est souhaitable.
Selon lui, un élevage sédentaire nuirait moins à
l'environnement.
(EDN 11/03/02)
Pétrole 
La production de pétrole mongol pourrait atteindre 35 000 tonnes
en 2002, soit l'-équivalent de celle des quatre dernières
années. Plusieurs sociétés étrangères
sont impliquées dans la prospection et l'extraction du pétrole
dans le pays. La compagnie chinoise Chinese National Oil Corporation travaillant
à Tamsag Bulag estime les réserves à plus de 200
millions de tonnes. Cette année, la production a augmenté
de 20 % et rapporté 2,3 milliards de tougriks au budget de l'Etat.
Une raffinerie mixte mongole-kirghize, d'une capacité de 50 000
tonnes par an, a été mise en activité en juin 2001.
(EDN 28/12/01)
Un gisement remarquable de phosphates a été découvert
par un géologue mongol, D. Dordjnamdjaa, dans le district Aldarkhaan
de la province Dzavkhan, au nord-ouest du pays. Son exploitation représenterait
un atout considérable pour la production mongole d'engrais à
base de phosphates, tant pour les besoins locaux que pour l'exportation.
Selon les estimations du géologue, le gisement contiendrait environ
30 millions de tonnes de réserves de phosphates à Alaghiin
Davaa et dans les monts Tsakhir.
(EDN 7/01/02, 9/01/02)
Investisseurs
Un projet d'amendement à la loi sur la taxation a été
déposé à l'automne par le ministre de l'Industrie
et du Commerce : il s'agit de garantir un environnement légal stable
aux grands investisseurs étrangers (au-delà de 2 millions
de USD), qui ne soit pas soumis à des changements ultérieurs
dans la législation. D'autres modifications proposées portent
sur l'exonération de taxes pour les équipements industriels
importés, et sur la diminution de la charge fiscale pour les entreprises.
(EDN 15/10/01)
Banques
L'une des principales banques russes, MENATEP St. Petersbourg (ou MSP),
a ouvert en février 2002 une filiale à Oulan-Bator, sur
l'avenue de la Paix. MSP vise comme principaux clients les compagnies
minières (or) et -pétrolières. Son principal actionnaire
est le géant russe du gaz, YUKOS. Le vice-directeur de la filiale
mongole de MSP a souligné la clarté et la libéralité
des lois bancaires mongoles par -rapport aux lois russes dans ce domaine.
(EDN 16/11/01; MM 27/03/02)
Population
Fin 2001, Oulan-Bator comptait officiellement 790 800 habitants (+ 2
%), soit le tiers (33%) de la population totale du pays. Un habitant sur
trois dans la capitale a moins de 16 ans, tandis que le pourcentage des
personnes âgées de plus de 60 ans n'atteint même pas
6 %. Il y a quand même une quinzaine de centenaires, surtout des
femmes (11, contre 3 hommes).
D'après les chiffres du recensement de 2000, que le Bureau national
des statistiques publie, le pourcentage de Mongols habitant aujourd'hui
une maison, cabane ou appartement (51,8 %) dépasse désormais
le pourcentage de ceux habitant la traditionnelle yourte ou gher.
Le recensement a aussi établi qu'à l'époque, plus
de 800 familles étaient sans domicile et tentaient de survivre
en occupant des entrées d'immeuble, des caves, des conduits de
chauffage, des grottes, etc
(EDN 10/01/02, 23/01/02)
Tourisme
L'Agence de tourisme, qui avait déjà opéré
un classement des hôtels mongols, a établi en octobre 2001
un classement de 109 camps touristiques en Mongolie : 26 ont été
classés dans la catégorie 1 (parmi lesquels Djuultchin Gobi-1,
Ikh Gobi, Khögnö Khan, Tereldj--Djuultchin, Büüveï),
21 dans la catégorie 2 (le khüree de Gengis, Saïkhan
Gobi, Khudjirt et Khustaïn), 45 n'ont pas été classés,
et 13 ne réunissaient pas les conditions requises. Il n'y a aucun
camp dans la catégorie supérieure.
(EDN 18/10/01)
Mongols d'Afghanistan
Le quotidien mongol Önöödör (" Aujourd'hui
") a publié le 14 janvier un courrier qui lui a été
adressé par un Hazara (une importante ethnie d'Afghanistan) résidant
actuellement aux Etats-Unis, du nom de Jenali : " Je suis d'ethnie
Hazara, écrit-il, population aux origines multiples établie
dans le centre de l'Afghanistan. Selon les spécialistes, 90 % des
Hazaras auraient du sang mongol et 5 % du sang turc. Nous avons des traits
mongols, et notre langue et notre culture ont des relations directes avec
celles des Mongols. Nous sommes, disent les spécialistes, les descendants
de troupes de Gengis Khan, qui a régné sur toute l'Asie.
[
]. Les Hazaras sont la population la plus discriminée et
la plus exploitée d'Afghanistan. Ils continuent à mener
une lutte pour l'égalité des droits. Aujourd'hui, les Ouzbeks
d'Afghanistan reçoivent de l'aide de l'Ouzbékistan, les
Tadjiks, celle du Tadjikistan, les Pachtounes, celle de l'Iran, de l'Inde
et du Pakistan. Mais les Hazaras ne sont aidés par personne. Les
Hazaras appellent les Mongols "Mugal", c'est-à-dire "Mongols"
en dialecte local. Les Hazaras sont, comme les Mongols, de bons cavaliers
et de bons guerriers. Nous lançons un appel à l'aide à
nos frères de sang ".
(EDN 14/01/02)
[Notons que les Hazaras -- Hazâra - sont environ un million. Leur
nom est l'équivalent persan du mongol myanga, " millier ",
nom d'une subdivision militaro-administrative sous l'empire mongol. D'origines
diverses, en partie mongole, ils ont des traits mongoloïdes, mais
sont iranisés et parlent le dari, une langue proche du persan.
Leur vocabulaire a toutefois conservé de nombreux termes turco-mongols.
A la différence des autres ethnies d'Afghanistan, les Hazaras sont
majoritairement chiites, d'où une discrimination à leur
égard, telle que l'impossibilité pour eux de travailler
dans l'administration. Les Hazaras doivent être distingués
des Moghols d'-Afghanistan, beaucoup moins nombreux (environ 3000), -descendants
de garnisons mongoles installées dans la région à
l'époque du khan Möngke et des Ilkhans de Perse. Islamisés,
mais sunnites, les Moghols sont moins typés, mais ont conservé
jusqu'au début du XXe siècle l'usage de leur langue mongole,
le moghol ou mogoli, empreinte d'éléments perses, qu'ils
écrivaient au moyen de l'écriture arabe.]
Culture 
Gengis Khan
Selon un décret du président Bagabandi, le 840e anniversaire
de la naissance de Gengis Khan et le 800e anniversaire de la -fondation
de l'Etat mongol seront célébrés respectivent en
2002 (26-31mai) et en 2006 (11 juillet). Pour le 840e anniversaire, il
est prévu d'installer dans le palais d'Etat un tug blanc devant
lequel le public pourra prier. (Les tug, blancs ou noirs, sont d'anciennes
bannières ornées de longues queues en crin.) D'autres célébrations
auront lieu après le naadam de la fête nationale du 11 juillet.
Par ailleurs, un sanctuaire dédié à Gengis Khan sera
érigé dans la région du Khentii où le conquérant
a vu le jour ; des pélerins pourront le vénérer chaque
année. Dans la capitale mongole, ce sont un momument et un complexe
commémoratif qui seront construits. Le monument sera édifié
à l'endroit où se trouve actuellement un tank russe commémoratif,
qui sera déplacé au pied de Bogd Uul, sur la colline de
Dzaïsan qui porte déjà un monument à la gloire
des combattants soviétiques. Quant au complexe, il devrait être
érigé sur la place de la Liberté, devant le centre
Tchandmani. On envisage également d'instaurer une nouvelle décoration
au plus haut niveau, l'ordre de Gengis Khan, de faire un film et un opéra
en l'honneur du héros national, et de reconstruire à Karakoroum
le fameux arbre d'argent d'où coulaient koumys et vin à
l'époque où Rubrouck visita la capitale des premiers gengiskhanides
(1253).
A propos de film, notons qu'une équipe italienne a commencé
à tourner au printemps 2001, en collaboration avec une compagnie
mongole, un documentaire sur Gengis Khan pour la télévision
italienne, visant à donner une -représentation vivante du
fondateur de la nation mongole. Durant le tournage, le réalisateur
italien a dû abandonner quelques-unes des images qu'il s'était
faites du grand conquérant, inacceptables du point de vue mongol
: ainsi, il n'a pas pu le montrer chevauchant échevelé à
la tête de ses guerriers - car les Mongols, et les nobles en particulier,
tressaient toujours leurs cheveux - , ni le montrer, défunt, son
épée à ses pieds - endroit où jamais un Mongol
ne penserait poser un objet si précieux. Le documentaire devrait
être diffusé au printemps prochain. La partie mongole a un
droit de regard et ne donnera pas d'autorisation de sortie au film si
elle juge qu'il offre une vision déformée des traditions
mongoles.
(EDN 16/11/01, 10/12/01 ; MM 06/03/02)
Année du cheval d'eau
Le Nouvel An lunaire (tsagaan sar) a été fêté
le 13 février dernier, date de l'entrée dans la nouvelle
année du cheval d'eau. Le président, le premier ministre,
le -président de l'assemblée et leurs épouses, revêtus
de leurs plus beaux atours traditionnels (deel), se sont rendus au monastère
de Gandantegtchinlen. Ils ont ensuite échangé les salutations
traditionnelles (dzolghox) dans le palais du -gouvernement.
Peu avant Tsagaan sar, s'est tenue, comme c'est à nouveau le cas
depuis quelques années, la cérémonie de remise des
prix aux éleveurs les plus méritants. Cette année,
20 éleveurs ont été sélectionnés au
lieu de 9 auparavant. Le critère retenu était la capacité
de chacun à rendre productive l'activité d'élevage,
de façon à vendre jusqu'à 49 % de son cheptel. Les
lauréats ont accru leur cheptel de 8 à 144 % au cours des
deux -dernières années.
De 1961 à 1991, le gouvernement socialiste récompensait
les meilleurs éleveurs sous le titre d'" Eleveur héros
de l'Etat " : on leur offrait un étalon à la robe argentée,
et un bol en argent. (A l'époque socialiste, la célébration
du Nouvel An lunaire avait été supprimée : ce jour-là,
les citadins devaient travailler commes les autres jours. En réalité,
et malgré la difficulté, ils continuaient à le fêter,
à se lever aux aurores et à se rendre visite durant cette
période. A la campagne, où les traditions étaient
plus dures à déloger, une journée de congé
était quand même donnée à cette occasion :
le prétexte officiel en était la " fête des éleveurs
".)
(EDN 20/02/02)
Morin khuur
Le président mongol a promulgué un décret en faveur
du morin khuur (la vièle à tête de cheval) visant
à le faire plus largement étudier, à encourager les
recherches à son sujet, à mieux le faire connaître
à l'étranger. Le décret prévoit de faire jouer
l'hymne national au moment du Nouvel an lunaire sur des morin khuur, et
de retranmettre à la radio et à la -télévison
les concerts de morin khuur.
Le 22 mars, une compétition réunissant une trentaine de
fabricants mongols de vièle à tête de cheval a été
organisée à Oulan-Bator en collaboration avec, entre autres,
le Centre de culture et de langue françaises. C'est la deuxième
compétition de ce type, la précédente remontant à
1989. Les organisateurs envisagent de l'organiser tous les deux ans. La
fabrication d'instruments de musique dans le cadre socialiste remonte
aux années cinquante. A partir de 1990, la plupart des artisans
se sont établis à leur compte.
(MM 20/02/02)
A l'occasion du 90e anniversaire des services diplomatiques mongols fin
décembre, un Musée des services diplomatiques a été
inauguré à Oulan-Bator : on peut y voir des photos et des
films relatant les événements les plus notables de l'histoire
des relations extérieures du pays, comme par exemple une photo
prise lors de la signature du traité tripartite de 1915, ou encore
le sceau de gardien de l'Etat et de la religion du 8e Djebtsoundamba.
(EDN 28/12/01)
Dalaï lama
Un livre du 14e dalaï-lama sur les principes moraux de l'humanité
dans le nouveau millénaire a été traduit en mongol
par Ononghiin Tchinbayar.
(EDN 17/10/01)
Ecriture mongole
Un livre édité dans les deux écritures, cyrillique
et [ouïgouro-] mongole, a paru fin décembre, sous le titre
Mongol -bitchghiin gaikhamchig [Les merveilles de l'écriture mongole],
sous la plume de D. Bat-Togtokh, spécialiste de l'enseignement
de l'écriture mongole à l'Institut pour le développement
de l'éducation. Ce livre a été publié sous
l'égide de la Fondation nationale pour le rétablissement
de l'-écriture mongole.
(EDN 26/12/01)
Société 
Féminisation de l'enseignement supérieur. La Banque asiatique
de Développement (BasD) s'inquiète du nombre très
limité de garçons dans les établissements d'enseignement
supérieur. Les étudiants sont en effet à une très
large majorité des étudiantes. Les femmes dominent chez
les " cols blancs " et dans les professions où la formation
est importante. Ce phénomène, qui s'est accentué
dernièrement, n'est cependant pas nouveau. Il a commencé
avec la génération des hommes nés vers 1956-1960.
(MM 20/07/02)
Inhumation des morts
Un article de Ts. Batbayar, paru dans Zuunii medee, " Nouvelles
du siècle ", soulève l'épineuse question du
traitement des cadavres. Les cimetières actuels autour de la capitale
sont en effet déjà bien remplis, et en très mauvais
état. La ville s'étend d'année en année, au
point de toucher les cimetières (les lieux d'inhumation ou de dépôt
des morts sont traditionnellement à l'écart de toute habitation).
Récemment, une entreprise, associée à une organisation
religieuse (Sain üils " Bonnes actions ") a obtenu l'autorisation
du conseil municipal d'Oulan-Bator d'établir un crématorium
dans la capitale sous le nom de Buyan süm (temple Buyan). La technologie
mise en uvre sera importée d'Allemagne. (Le fait que le site
soit situé au nord-ouest, bonne direction du point de vue de la
coutume, moins bonne du point de vue du vent, a soulevé la désapprobation
de certains Mongols.) Après la crémation du corps, la famille
du défunt pourra, soit conserver la boîte contenant ses cendres,
soit l'insérer dans les murs du temple Buyan pour une durée
de 20 ans. L'auteur rappelle que la crémation (rituel bouddhique)
n'est pas nouvelle en Mongolie, mais était autrefois réservée
aux nobles et aux lamas de haut rang : ce fut ainsi le cas, il y a deux
ans, du vénérable lama Osor, du monastère Gandantegtchinlen.
(EDN 5/12/01)
Nouveau code pénal
Un nouveau code pénal a été approuvé par
le Grand Khural mongol au début de l'année. L'ancien code,
datant de 1896, n'était pas adapté au nouvel environnement
économique et social de la Mongolie. Une vingtaine d'articles ont
été changés. Les délits ont été
classés en quatre catégories. Selon le nouveau code, les
sanctions pour les délits les moins graves sont moins lourdes que
précédemment. La détention, le travail forcé
et les amendes sont les principales formes de condamnation prévues
pour les délits, les plus sérieux de ceux-ci pouvant entraîner
jusqu'à 5 ans de prison. La -question des crimes commis en situation
de légitime défense a soulevé un débat houleux.
Finalement, il a été décidé que ne serait
pas considéré comme crime un acte commis en légitime
défense.
(EDN 7/01/02)
Consultations médicales sur Internet
A l'initiative de jeunes médecins, une clinique sur internet
a vu le jour en Mongolie (www.medicnet.mn). Sur ce site, on peut bénéficier
d'une consultation et se renseigner sur les façons de se soigner
ou de prévenir certaines maladies. Les initiateurs du projet envisagent
à présent de créer une pharmacie sur internet. (EDN
7/12/01)
Divers 
Mme Tsedenbal-Filatova, l'épouse russe de Yu. Tsedenbal qui dirigea
le pays jusqu'en 1984, est décédée en octobre dernier
à Moscou à l'âge de 81 ans.
(EDN 24/10/01)
Purges
Un monument a été érigé le 1er décembre
2001 dans le cimetière de Kotovo à la mémoire des
personnes exécutées en Russie sous de fausses accusations.
Parmi les noms inscrits figurent, en mongol, ceux de 33 Mongols, dont
A. Amar, qui fut premier ministre de 1928 à 1930, puis de 1936-1939.
Accusé de collusion avec les services secrets japonais, il fut
exécuté à Moscou en 1941, puis réhabilité
en 1962.
(EDN 4/12/01)
Histoire
Une nouvelle hypothèse concernant la mort du chef révolutionnaire
D. Sükhbaatar, né en 1983 et mort précocement le 23
févier 1923, a été formulée par son biographe
O. Pürev dans un nouveau livre consacré à ce héros
de la révolution mongole. On a dit qu'il était mort de pneumonie,
puis, dans un film qui lui fut consacré en 1945, on l'a montré
victime d'un lama qui l'aurait empoisonné, version que O. Pürev
considère comme de pure propagande. -D. Sükh-baatar, malade,
avait d'abord été traité par deux lamas, puis par
deux médecins russes. Il fut -examiné une seule fois par
le lama médecin du 8e Djebtsoundampa, Sereenen, qui le déclara
sérieusement atteint mais ne lui prescrivit aucune médecine.
Ce lama fut par la suite exécuté pour avoir empoisonné
D. Sükhbaatar. En fait, selon O. Pürev, il s'agit d'un meurtre
politique, ce que pensent d'ailleurs de nombreux Mongols. A sa mort, Sükhbaatar
n'avait que 30 ans. Elbegdordj Rintchino [1885(?)-1937 : un Bouriate agent
du Komintern, qui a joué un rôle fondamental en Mongolie
entre 1920 et 1925] était alors conseiller du gouvernement, membre
du présidium du comité central du parti et membre du conseil
militaire. Il fut le seul à avoir rencontré Sükhbaatar
avant sa mort. Or, explique O. Pürev, -Rintchino avait à deux
reprises tenté d'impliquer Sükhbaatar dans des affaires montées
de toutes pièces et de le chasser, lui et d'autres -révolutionnaires
mongols, de la scène politique.
(EDN 6/02/02)
Mouflons
Selon le ministère de l'Environnement qui a organisé un
recensement en 2001, il y aurait 13 500 à 15 000 mouflons (argali)
sur le territoire mongol. En 1975, un spécialiste hongrois les
avait évalués à 5000 dans le Gobi-Altaï. En
1985, une étude russe donnait le chiffre de 18 000 à 20
000, tandis que pour sa part, à la même période (1986),
l'Institut de biologie de l'Académie des sciences de Mongolie avançait
celui de 52 800 mouflons, répartis sur 95 districts. Les mouflons
se trouvent essentiellement dans les monts Altaï, où ils vivent
en troupeaux d'une cinquantaine d'individus, tandis qu'ailleurs ils ne
constituent que des groupes d'une dizaine de mouflons. Selon les estimations
récentes du ministère de l'Environnement, c'est la province
du Gobi-Sud (Ömnö-Gobi) qui en compte le plus grand nombre,
avec plus de 3000 individus, suivie par Khovd et Övörkhangaï
(2500 et 2100). On en trouve également dans le Bayan-Ölghii,
le Gobi-Altaï, le Gobi--Sümber et le Bayankhongor. Les chercheurs
estiment que près de 1 % des mâles (ugaldz) peuvent être
chassés sans crainte de nuire à l'espèce. Cela représente
un profit de 1 milliard de tougriks pour le budget mongol, le mouflon
mongol étant le plus prisé des chasseurs étrangers,
en -particulier américains. Les autorités mongoles autoriseront
donc la chasse de 70 à 80 vieux mouflons mâles cette année.
Le -ministère de l'environnement devrait recenser les autres -espèces
rares durant l'été 2002.
(EDN 29/12/01 ; MM 27/03/02)
Le gouvernement mongol a établi par ailleurs une liste des animaux
autorisés à être chassés et le prix à
débourser pour chaque trophée. Parmi ces animaux, outre
le mouflon (9 millions de tougriks), citons le léopard des neiges,
la chèvre sauvage (yanghir) et le cerf (500 000 Tg), l'ours du
Gobi ou madzaalai (350 000 Tg), le chameau sauvage (280 000 Tg), le faucon
(300 000 Tg) ou le saumon brun (salmo thymalus) à 20 000 Tg.
(EDN 17/12/01)
Cette mesure a choqué le dalaï-lama qui a lancé le
29 mars un appel à ses ouailles mongoles les invitant à
ne pas encourager cette chasse aux espèces rares. Il a rappelé
les principes bouddhiques traditionnellement respectés par les
Mongols : comment, plaide le dalaï-lama, peut-on détruire
par plaisir ou par goût du sport la vie d'êtres vivants ?
(MM 01/05/02).
Les températures les plus extrêmes relevées dans le
pays en 2001 l'ont été à Tes (province d'Uvs), où
le mercure a atteint durant l'été 42°C, et à
Dzüünbüren (Selenghe) où on a enregistré
au début de l'année 2001 jusqu'à -53°C. En revanche,
en janvier 2002, les éleveurs du Gobi ont remarqué une douceur
peu courante pour la saison. Il a même plus dans l'Övörkhangaï
et dans le Gobi-Altaï ; on trouvait des parasites dans la laine des
moutons, et certains éleveurs avaient même rencontré
des serpents.
(EDN 29/12/01, 30/01/01).
Outre d'importantes chutes de neige fin février (voir plus haut),
la Mongolie a connu des vents très forts, comme c'est souvent le
cas au printemps. Les tempêtes d'avril 2001 avaient occasionné
d'importants dégâts et de pertes en vie humaines (22 personnes
avaient trouvé la mort). Cette année, la tempête a
soufflé cinq jours durant d'ouest en est, avec des records de 40
mètres par seconde, au lieu des 4 à 9 mètres par
seconde habituels. La tempête avait été annoncée
et un certain nombre de précautions avaient pu être prises
: troupeaux gardés à proximité des habitations, trafic
aérien suspendu, certaines écoles fermées. Des dégâts
et des pertes en vie humaine n'ont pu être pourtant évités.
Plus de 50 000 têtes de bétail ont péri.
(MM 27/03/02)
Taux de change

1 USD = 1104 Tg
1 = 973,90 Tg
(EDN 29/03/02)
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