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Anda 45-46 - 2ème et 3ème trimestres 2002

 

Adoption de lois sur la terre et la privatisation de la terre

Lors de sa session de printemps, le parlement mongol ou Grand Khoural (Ikh Khural) s'est finalement attaqué à la discussion des projets de loi portant sur la terre présentés par le gouvernement Enkhbayar. La " Loi sur la terre (gadzriin tukhai khuuli) " et la " Loi sur l'octroi de terres en propriété aux citoyens mongols (Mongol ulsiin irgend gadzar ömtchlüülekh tukhai khuuli) " ont été adoptées en séance plénière le 7 juin 2002 pour la première, le 27 juin 2002 pour la seconde. Elles entreront en vigueur le 1er janvier et le 1er mai 2003 respectivement.

Selon la constitution actuelle, l'État peut octroyer la propriété d'un terrain - en dehors des pâturages et des terres relevant du domaine public ou d'un usage spécial -, et ce uniquement à des Mongols. Une loi portant sur la terre et une autre sur la taxe foncière avaient été adoptées en 1994 et en 1997. Des autorisations d'occupation du sol portant sur près de 380 000 hectares au total ont depuis été délivrées à 230 personnes ou entreprises dans le cadre de ces lois ; quant aux étrangers, ressortissants ou organismes, ils étaient en 2001 environ 75 à occuper un terrain.
Mais ces lois ne réglaient pas les nombreux problèmes et contradictions créés par passage de cette société nomade, puis socialiste, à une économie marchande. Sur le territoire de la capitale, autorisations et permis de construire étaient délivrés localement, sans que les conditions préalables aient été réunies et sans coordination avec les services de gestion du territoire, de sorte que des constructions légales ou illégales ont fleuri un peu partout et qu'on a fini par ne plus délivrer de permis pour des habitations privées, en attendant une nouvelle loi. Les migrants qui arrivent dans la capitale construisent, quant à eux, des enclos sans autorisation, parfois dans des zones inadaptées, voire dangereuses (des vies ont ainsi été perdues lors d'inondations).
À la campagne, on a vu resurgir les querelles de pâturages. En août 2001, deux riches éleveurs de la province Sükhbaatar, à l'est de la Mongolie, se sont tués l'un l'autre au cours d'une dispute. Trois années plus tôt, à l'autre bout du pays, une bataille avait opposé des éleveurs de Khovd à des éleveurs de Gobi-Altaï.
Ces querelles de pâturages avaient cessé à la fin des années 1950 avec la collectivisation du bétail et l'instauration de coopératives dont les chefs avaient dès lors contrôlé autoritairement l'attribution des pâturages, mais elles ont repris depuis le démantèlement des coopératives au début des années 1990. Et ce d'autant que les rumeurs de privatisation de la terre vont bon train et que grandit parallèlement la pression sur les pâturages du fait de l'accroissement du cheptel, du surpâturage et des problèmes climatiques.

La question d'une réforme du statut de la terre avait beau occuper tous les esprits, les débats houleux qu'elle soulève ont conduit les législateurs à repousser plusieurs fois sa discussion. Les Mongols considèrent que la terre a été pendant des siècles la propriété de la nation et la garantie de son indépendance, et c'est donc avec beaucoup de suspicion que nombre d'entre eux voient se profiler une privatisation de la terre. Les éleveurs s'inquiètent des difficultés que cette privatisation pourrait entraîner pour les mouvements de leurs troupeaux qui doivent sans cesse changer de pâtures. D'autres ne cachent pas leur peur de voir en particulier les Chinois, chaque jour plus présents sur le plan économique, devenir maîtres des terres mongoles.
Pour leur part, les tenants de la privatisation y voient un moyen de responsabiliser les individus et les entreprises, mais surtout un avantage économique : la terre privatisée devient un bien qui circule et produit du profit, elle peut être louée ou hypothéquée, tranmise en héritage ou vendue, et sa possession ou celle des constructions qui y sont édifiées bénéficie d'une protection légale jusqu'ici floue ou absente. La légalisation des formes de propriété constitue donc un volet indispensable parachevant la transition du pays à l'économie de marché entamée en 1990-1991.

Face à cette importante question de société, les réactions ne recoupaient pas toujours initialement les divisions politiques entre les anciens communistes (PPRM, actuellement au pouvoir) qui ont élaboré cette loi et les nouveaux partis aujourd'hui dans l'opposition (Parti démocrate, Parti du courage civique-républicain, etc., qui recouvrent un vaste spectre politique allant des socio-démocrates aux partisans du libéralisme économique le plus radical).
Parmi les anciens communistes, des voix se sont élevées pour freiner le processus de privatisation de la terre par crainte qu'il ne mette en danger la sécurité nationale. Le ministre de l'Environnement, qui joue aujourd'hui un rôle central dans la mise en œuvre de ces lois, s'était prononcé au printemps 2001 contre une telle privatisation, la jugeant prématurée et préconisant plutôt une réforme consistant à établir un registre des terres et à accorder des contrats d'occupation renouvelables. Le président Bagabandi, tout en soutenant le principe de la privatisation, aurait souhaité que la loi sur la privatisation fasse l'objet d'un référendum.
Du côté de l'opposition, le député Dj. Narantsatsralt 1 prônait une privatisation rapide, moins restrictive, qui accordait un degré plus grand de liberté au propriétaire. Ancien maire d'Oulan-Bator, premier ministre sous la précédente législature et par ailleurs versé dans la gestion du territoire, il a déposé lui-même un projet de loi qui allait plus loin que celui du gouvernement et qui visait, disait-il, non seulement à régir la possession et l'utilisation de la terre, mais à garantir aussi les droit du propriétaire. Le projet n'a pas été retenu par le parlement où règne en maître absolu le PPRM. Quant au Parti du courage civique-républicain de S. Oyuun, il a recommandé plutôt de donner à bail les terrains urbains et agricoles pour une période de 99 à 125 ans (bail que le preneur serait en mesure de vendre, transmettre par héritage ou hypothéquer, comme un bien), et de contractualiser l'occupation des pâturages en spécifiant clairement les droits et les devoirs de l'occupant.
Le gouvernement de N. Enkhbayar a fait de cette loi sur la terre une priorité de son programme d'action. Pour les autorités actuelles comme pour les gouvernements précédents, la réforme foncière se révèle en effet indispensable pour attirer davantage d'investissements grâce à la protection légale qu'elle apportera à l'occupant d'un terrain, et pour permettre la création de zones économiques libres à Altan-Bulag, ville frontalière avec la Russie, et à Dzamiin-Üüd, ville frontalière avec la Chine, toutes deux sur le passage du transmongolien. Sans oublier que la privatisation sera aussi pour le gouvernement en place un moyen de renflouer ses coffres.

Que disent ces nouvelles lois foncières de juin 2002 ?

La Loi sur la terre (7 juin 2002, effective à compter du 1/01/2003), distingue trois formes d'occupation/disposition ? de la terre : la propriété (gadzar ömtchölöx), la possession (gadzar edzemchikh) et la jouissance (gadzar achiglakh).
Selon la version révisée de cette loi dont nous disposons, seuls les citoyens mongols peuvent devenir propriétaires de terres à l'exclusion des pâturages et de leurs points d'eau, des terrains à salpêtre, des villages, villes et autres espace publics de sédentérisation, des routes et chemins, des forêts, des eaux et rivières, des terrains publics d'intérêt stratégique. (Les campements d'hiver et de printemps des éleveurs avec les abris pour le bétail ne sont pas privatisables, les éleveurs peuvent être propriétaires de terre au chef-lieu du district ou de la province.) Seul 0,9 % du territoire sera privatisé.
Tout ce qui n'est pas la propriété de citoyens est la propriété de l'État.
En ce qui concerne la possession, seuls les citoyens âgés de 18 ans, les entreprises et les organisations mongols sont autorisés à utiliser la terre au titre de possesseur (gadzariig edzemchidj achiglakh). Les certificats de possession sont de trois types : familial, d'établissement public, d'entreprise ou organisation. La superficie du terrain d'habitation familial possédé à titre gratuit ne peut excéder 0,07 hectare (dans la capitale), ce à quoi peut s'ajouter 0,1 hectare supplémentaire possédé à titre gratuit destiné à la culture de plantes cultivées et au maraîchage. Par ailleurs, un Mongol ayant travaillé plusieurs années dans l'agriculture a le droit de posséder en sus jusqu'à 100 hectares de terres céréalières et jusqu'à 5 hectares de terres réservées à la culture des pommes de terre et aux cultures maraîchères. La localisation et la superficie de ces terres sont définies en fonction des conditions locales par l'assemblée des représentants du soum (sum, district rural) ou du district urbain (düüreg).
La superficie du terrain possédé par une entreprise est fixée par le gouvernement.
La durée du bail de possession est de 15 à 60 ans, et chaque prolongation ne peut excéder 40 années. Il pourra être cédé ou transmis à un héritier pour la durée initialement prévue.
Quant à la jouissance de la terre, elle concerne les organismes étrangers ou internationaux, les personnes morales étrangères, les entreprises à capitaux étrangers, les ressortissants étrangers et les apatrides. Pour les trois premiers, c'est le parlement mongol qui accorde le droit d'utilisation par bail ou concession, le gouvernement fixant les limites du terrain et les principes d'utilisation. Les étrangers ou apatrides résidant de manière permanente en Mongolie (plus de 183 jours) sont autorisés à avoir la jouissance d'un terrain à des fins d'habitation (au plus 0,05 hectare) et d'un terrain à des fins de culture potagère pour leur consommation privée (au plus 1 hectare), ce pour une durée initiale de 5 ans, chaque prolongation du contrat ne pouvant excéder 5 ans.
Le possesseur d'un terrain ou celui qui en a la jouissance est tenu de payer une taxe foncière (gadzriin tölbör : " paiement de la terre ") qui est défini par la loi ou le contrat.

La loi sur l'octroi de terres en propriété aux citoyens mongols (27 juin 2002, effective à compter du 1er mai 2003) stipule que le terrain à usage d'habitation est donné gratuitement, une seule fois, à un citoyen mongol et à son conjoint, qui doit être également citoyen mongol. Un étranger ou un apatride marié à un ressortissant mongol ne peut pas être propriétaire d'une terre. Autrement dit, seul un couple de mongols marié en bonne et due forme peut devenir propriétaire d'un terrain (le même couple ou chacun des conjoints pouvant parallèlement devenir possesseur d'autres terrains, mais non propriétaire).
Dans la capitale, la superficie du terrain résidentiel privé est limitée à 0,07 hectare ; dans les chefs-lieux de province, à 0,35 hectare ; dans les centres de district (soums), à 0,5 hecatre. En ce qui concerne les terrains agricoles, ils ne sont pas donnés gratuitement, mais vendus aux citoyens mongols remplissant les conditions.

L'adoption des lois foncières au mois de juin s'est accompagnée de vives critiques de l'opposition, et en particulier du Parti du courage civique-républicain qui, dès la mi-juin, a accusé le PPRM d'adopter ces lois dans la précipitation, sans prendre le temps de procéder à une évaluation des terres, à l'établissement d'un cadastre, sans tenir compte de l'opinion publique, etc. Il a appelé à manifester devant le palais du gouvernement et le siège du PPRM. Il a été soutenu par le Parti mongol traditionnel de l'unité (de Khatanbaatar), ou encore par le poète D. Uriankhaï, président du mouvement Bodi setgel, " car la terre est comme nos parents et ne devrait pas être privatisée ". L'appel à la résistance lancé par le parti du courage civique vers le 20 juin indiquait que le texte de loi était mal préparé, que la terre autrefois respectée à l'égal de ses père et mère et protégée comme la prunelle de ses yeux est intimement liée à la souveraineté nationale et au futur des Mongols, et qu'il était donc indispensable que le projet de loi soit débattu nationalement afin de ne pas répéter les erreurs des privatisations précédentes. Le président du parlement, arguant d'un agenda trop chargé, a refusé de rencontrer la délégation des partis d'opposition à ce sujet.
L'obligation faite aux agriculteurs d'acheter leurs terres a suscité la colère des fermiers, qui demandaient que les terres agricoles leur soient données en propriété comme le cheptel a été distribué aux éleveurs, c'est-à-dire sans contrepartie financière. L'ancien député Bat-Uul s'est particulièrement illustré dans l'organisation du mouvement de protestation qui s'est élargi à de nouvelles revendications telles que le droit pour les habitants des quartiers de yourtes de devenir propriétaire de leur enclos actuel, alors que des programmes immobiliers sont déjà prévus en certains endroits. Ce mouvement a donné lieu en particulier à des manifestations de tracteurs dans la capitale début novembre, que le gouvernement a réprimées sans ménagement dans la nuit du 12 au 13. Plusieurs personnes ont été arrêtées, dont des journalistes, ce qui a soulevé des réactions indignées dans la presse et suscité de nouvelles condamnations de la politique du gouvement Enkhbayar par les partis d'opposition.
(M.-D.E.)

(Texte des lois du 7 et du 27 juin 2001 ; EDN 23/03, 12/04, 25/07, 28/08/01, 15, 19/03, 4, 18, 22/04, 4, 10,11, 17, 19, 21, 28/06, 2,9,22, 29/07, 30/09/02, 5, 7, 14/11/2002)


1.Dj. Narantsatsralt était membre de la délégation parlementaire qui est venue en France en octobre 2002, conduite par M. Tömör-Otchir, président du Grand Khural national de Mongolie.


Dixième anniversaire de la présence catholique en Mongolie

Le dixième anniversaire de l'arrivée des premiers missionnaires catholiques à Oulan-Bator, le 10 juillet 1992 1, a été marqué par plusieurs événements. Tout d'abord, dès le 6 juillet, la venue du cardinal Sepe, préfet de la congrégation pour l'évangélisation des peuples, en compagnie du nonce du pape, Mgr Morandini, qui ont annoncé l'élévation de la " mission " de Mongolie au rang de " préfecture apostolique ", premier degré d'intégration dans la hiérarchie de l'Église d'un territoire spécifique. Ensuite, le 7 juillet 2002, l'ordination à la prêtrise de Félicien Kadiebue, cicm (congrégation du cœur immaculé de Marie, dite " de Scheut ") et d'Andrew Tin, sdb (salésien de don Bosco), et l'ordination au diaconat de Gabriel Tshimanga, cicm. F. Kadiebue et G. Tshimanga, originaires de la République démocratique du Congo, et A.Tin, coréen, sont à l'œuvre en Mongolie depuis cinq ans ou plus. Rappelons qu'en 1998, un autre scheutiste congolais, Pierre Kasemuana, avait déjà été ordonné prêtre à Oulan-Bator.

Au cours de la fête qui a suivi les ordinations, deux des trois fondateurs de la mission, Mgr Wens Padilla -devenu le premier préfet apostolique- et le père Gilbert Sales, ont été mis à l'honneur ; le père Robert Goessens, retourné au Japon l'an dernier, n'a pas non plus été oublié. Plusieurs personnalités mongoles ont exprimé leur sympathie et leur admiration pour l'œuvre entreprise en 1992 : le président de la république, M. Bagabandi, et le ministre des affaires étrangères, M. Erdenetchuluun, avec lesquels le cardinal Sepe s'est entretenu ; M. Batdjargal, qui fut le premier ambassadeur de Mongolie auprès du Vatican ; M. Enkhbold, maire d'Oulan-Bator; M. Batmönkh, gouverneur de la province d'Övör-khangaï ; Mme Otgontsetseg, directeur exécutif du Centre pour le droit des enfants ; le vénérable Dambadjav, kambo lama du monastère de Dach-tchoïling ; M. Minder, directeur du Centre du boud-dhisme mahayana à Oulan-Bator, etc.

La communauté catholique d'Oulan-Bator compte actuellement quelque 130 baptisés. Les religieux et religieuses qui y sont présents ont entamé ou projettent plusieurs essaimages en province : les pères de Scheut à Erdenet et Songhino Khairkhan, les salésiens de don Bosco à Darkhan, des prêtres détachés de leurs diocèses d'origine à Dzuun Mod et Khan Uul, les sœurs icm à Chuvuu, celles de N.D. de Chartres à Dzuun Mod, les petites sœurs de Mère Teresa à Yarmag et Dair Ekh, dans la banlieue de la capitale. L'accent continuera d'être mis sur les œuvres éducatives et sociales, surtout en faveur des familles les plus démunies, des enfants des rues et des handicapés, ainsi que sur la formation technique et professionnelle des jeunes adultes, sans oublier -c'est la consigne expresse donnée depuis le début par Mgr Padilla à tous ses collaborateurs- le respect des convictions et traditions mongoles, dans une totale absence de prosélytisme et d'esprit de compétitivité.
(Jacqueline Thevenet)

1. Sur les débuts de la mission, voir : R. Goessens, " La mission catholique d'Oulan-Bator : propos recueillis par J. T. ", Anda 27 (octobre 1997) p. 10-11 ; F. Aubin, " Une colonie étrangère d'un type nouveau à Oulan-Bator et dans les environs : les prêtres et religieuses catholiques (1ère partie) ", Anda 32 (janvier 1999) p. 2-5 ; J. Thevenet, " L'Église en Mongolie ", Églises d'Asie, supplément au n° 311 (juin 2000) p. 10-20.


Actions Mongolie

Ce projet d'action humanitaire résulte de la rencontre d'un étudiant, Dastan Nigamet, qui participait à un programme MBA français à Sup de Co Lyon : il nous a sensibilisés à la situation des nomades de Mongolie. Deux voyages d'évaluation (juin 2001, février 2002) ont confirmé les difficultés d'accès aux soins dans l'extrême ouest de la Mongolie. Les soins ophtalmologiques figurent parmi les besoins identifiés relativement faciles à traiter. Le premier voyage a été effectué comme prévu en août 2002 : il a permis d'apporter 15 kg d'équipements, de médicaments et de sutures. 20 kg de lunettes sont sur le point de partir.


Donne un poisson à un homme, tu le nourris
pendant un jour. Apprends-lui à pêcher,
tu le nourris pour toute sa vie…

Des difficultés de financement nous ont amené à reporter l'intervention sur place d'un chirurgien français pour opérer les troubles de la vision les plus fréquents - cataracte et glaucome - et aider à créer une unité de chirurgie ophtalmologique permanente à l'hôpital d'Ölghii, en apportant et laissant sur place le matériel nécessaire aux opérations (microscope, lampe à fente et biomètre).

Le budget d'une telle action est estimé à 23 K, et correspond essentiellement à l'achat du matériel nécessaire pour équiper l'hôpital d'Ölghii.

Par ailleurs, nous interviendrons aussi à Oulan-Bator. Des consultations sont prévues à l'hôpital des sœurs de la Charité, et des opérations seront pratiquées à l'hôpital universitaire numéro 1, dans un but d'échanges et de formation.

La collaboration d'un chirurgien renommé

La participation du Dr Michel ISTRE, habitué des opérations humanitaires, puisqu'il est intervenu dans ce cadre une quarantaine de fois depuis 1978 en Afrique et en Asie nous permettra de délivrer des actes médicaux de qualité et de compléter la formation de Mme Gouliza, afin qu'elle devienne rapidement autonome pour soigner la population locale.
L' équipe

L'association Actions Mongolie est composée de membres français et mongols. Nous collaborons aussi étroitement avec Action contre la Faim Mongolie, qui a décidé d'intervenir dans la même région.

Nous avons besoin de vous: contactez-nous !

Une liste de plus de 80 personnes en attente de soins, parmi lesquelles figurent des d'enfants (cataracte congénitale) a été établie. Et encore cette liste ne concerne-t-elle que quelques soums de la province de Bayan Ölghii. Cette liste s'allongera pour atteindre ou dépasser la centaine d'opérations à effectuer dans l'Altaï… et ceci sans préjuger du travail à effectuer sur Oulan-Bator.

Nous sommes en recherche de financements: contactez-nous pour soutenir la mission. Sans vous elle ne pourra se faire !

Association Actions Mongolie. 10 rue Duviard, 69004 Lyon. CCP n° 038 12 911 31 B. Adhésion: 20 .

Philippe GARNIER, Président. 06 60 44 96 08 / 04 78 59 70 99. p.garnier@worldonline.fr

Alain SALMON, Trésorier.04 72 07 04 46 / 06 88 47 37 53. alsalmon@aol.com

 

" Mongolie : l'archipel nomade "

Cette manifestation culturelle a été organisée cet été à La Couarde-sur-Mer (île de Ré, Centre culturel La Maline, Route du Mail) du 8 juillet au 25 août) par Matthieu Hezzat et Natsag Gankhuyag, président de l'association Goo-Ertunts [goyo yertönts " le bel univers "]. Cette association a été créée pour promouvoir la culture, l'art et le patrimoine traditionnel mongol, en particulier du rituel dansé tsam en Mongolie et en Occident. Elle offre aux jeunes générations d'artistes l'opportunité de se faire connaître à travers des manifestations culturelles, des expositions et des concerts. Ses projets sont actuellement la fabrication de 108 masques et costumes de tsam afin de voir renaître ce rituel à Oulan-Bator, l'établissement d'un " Mini parc national MonLand " et la restauration du monastère Baldankhadjid ling1. Gankhuyag est également président de la société Bi-bid2. Sculpteur de formation et antiquaire, il a réalisé les masques du tsam d'après des pièces originales conservées dans les musées d'Oulan-Bator, dans le but de restaurer le grand tsam d'Ourga.
" L'archipel " nomade fait ici référence à la grande dispersion de l'habitat mongol dans la steppe. La manifestation, gratuite, comprenait des concerts traditionnels mongols - cinq jeunes musiciens du groupe Khan Bogd étaient présents -, une exposition de peintures contemporaines et de masques de tsam réalisés par Gankhuyag, et la projection d'anciens films mongols inédits en France, copiés à partir d'originaux appartenant aux Archives d'Oulan-Bator. Deux yourtes installées devant le centre culturel La Maline (Association Rétaise de Développement Culturel - La Maline), au bord de la route, attiraient des vacanciers étonnés de découvrir la culture mongole dans ce lieu touristique. L'une des yourtes était meublée selon la disposition traditionnelle, à l'exception d'une grande télévision qui trônait à l'emplacement du khoïmor (partie de la yourte opposée à l'entrée). C'est dans cette yourte que passaient les films en vidéo. L'autre tente présentait une exposition-vente de sculptures et antiquités bouddhiques, livres, vêtements et objets de la vie quotidienne. Des peintures contemporaines, notamment celles de Dunbüree figurant l'histoire du bouddhisme mongol (danse tsam à Gandan, moines du monastère Erdene Dzuu), et de la jeune artiste Mandakhnariin Tsegmid, également inspirée par les divinités du tsam, étaient exposées dans le grand hall du cinéma La Maline. De la nourriture mongole (nourriture blanche : fromages, aïrag) est offerte aux visiteurs dans les yourtes.
Le vernissage, qui a eu lieu le 8 juillet, a été marqué par un discours émouvant de Monsieur Luudzan, l'ambassadeur de Mongolie en France et par un concert du groupe Khan Bogd. Gankhuyag et un musicien, portant les masques et costumes de tsam, ont fait une courte démonstration de la danse du Vieillard Blanc. Isabelle Charleux a donné une conférence sur les " Arts et traditions bouddhistes de Mongolie " dans la yourte principale (avec diapositives).
Nous présentons ci-dessous des extraits du texte de présentation de la manifestation évoquant les quatre événements constitutifs de l'exposition :

1 - Des champignons dans la prairie : rond-de-sorcière mongol

" Traditionnellement, l'art mongol se confond avec l'art dit des steppes, dont l'animal offrait l'archétype par excellence. Au XIIIe siècle, la formation du grand empire mongol a coïncidé avec l'apparition de peintures exhibant des portraits, des scènes de cavalerie et des paysages truffés d'animaux sauvages. Puis, l'iconographie du panthéon des divinités tantriques provenant du Tibet a progressivement pris une place prépondérante jusque dans l'art religieux actuel.
À la fin du XIXe siècle un art profane apparaît et remplace peu à peu les thèmes religieux du bouddhisme par des scènes réalistes figurant la vie quotidienne : c'est la fameuse " Ecole d'Ourga ", laquelle est à l'origine de la tradition du mongol dzurag 3... Survient la révolution de 1921. Les artistes sont désormais très vite formés aux techniques occidentales et à l'esthétique du réalisme socialiste, directement en Union Soviétique, à Moscou ou Leningrad. La peinture, comme l'ensemble des créations artistiques de Mongolie est soumise à un programme de thèmes imposés glorifiant l'idéal communiste. Les peintres réfractaires au régime ne sont pas exposés et sont sévèrement réprimés dans leurs élans créateurs.
À la faveur de la révolution démocratique, leurs œuvres sortent maintenant de l'ombre... et du pays. Ainsi, cette renaissance politique ne s'est pas réduite au simple ravalement des institutions ou à la libéralisation de l'économie, elle a mobilisé et inspiré en même temps les intellectuels et les artistes. Longtemps enfermés dans des contraintes de création liées au contexte politique, ils peuvent, depuis une dizaine d'années, donner libre cours à leur créativité et l'on voit surgir de réels talents, originaux, inventifs, mêlant l'abstrait et le figuratif.
L'exposition " Des champignons dans la prairie : rond-de-sorcière mongol " veut montrer la diversité du travail artistique de plusieurs générations de peintres contemporains. Avec les œuvres de Tsegmid, Baatar, Dunbüree, Baatartsogt, Tchimeddordj, Bat-djargal et Sosorbaram, c'est l'âme nomade du Mongol qui se lit au-delà des traits et des couleurs ".

2 - Masques du tsam et renouveau bouddhique

" La cérémonie du tsam est un rituel de danses sacrées figurant, par une série de masques et de costumes, les forces déployées pour vaincre les ennemis du Bouddha et aider, par extension, la nation mongole à vaincre tous les mauvais esprits. Les masques du tsam portés par des danseurs, qui font de cette cérémonie un art théâtral à part entière, illustrent l'apparence extérieure et le caractère des différentes déités et démons du panthéon des divinités tantriques provenant du Tibet. Les figures des cultes populaires mongols sont venues s'ajouter, par un syncrétisme historique, à celles du bouddhisme tibétain ; les croyances locales jouent ainsi un rôle majeur dans l'élaboration d'une danse tsam spécifique à la Mongolie.
Au début du XXe siècle, plus de 500 monastères sur 800 en Mongolie alors dite " Extérieure " possédaient leur propre variante de cette cérémonie. Les grandes purges communistes, orchestrées par le maréchal Tchoibalsan en 1937 contre, entre autres, les monastères et les lamas, désignés comme les " jaunes réactionnaires féodaux ", faillirent détruire à jamais les secrets du tsam mongol.
Dans le cadre du renouveau bouddhiste, permis par la révolution démocratique de 1990, la cérémonie a pu renaître sous l'impulsion du lama Dandzan et du lama Sereeter 4 dont les connaissances compensèrent la disparition de plusieurs textes écrits sur le sujet. Pürevbat, le chef de l'Institut des arts religieux du monastère Gandantegtchinlen à Oulan-Bator (suivi de quelques artistes sculpteurs parmi lesquels Natsag Gankhuyag), s'engagea à renforcer les structures institutionnelles nécessaires à la formation de professeurs qualifiés, " initiés " aux particularités des masques du tsam.
Le renouveau passe aujourd'hui par la fédération d'intellectuels mongols, d'artistes peintres et sculpteurs autour du centre culturel pluridisciplinaire " Odoacre " situé dans la réserve naturelle Bogd Khaan au sud d'Oulan-Bator5. L'un des grands projets demeure l'introduction du tsam mongol au patrimoine mondial de l'humanité (UNESCO). Cent huit masques au total et autant de costumes aux motifs décoratifs sertis de pierres précieuses devront être réalisés pour la restauration du grand " Khuree tsam " (tsam d'Ourga) originel.
Les masques présentés à la Couarde-sur-Mer par Gankhuyag (accompagnant un échantillon d'antiquités mongoles constitutives du patrimoine boud-dhique) sont formés de couches de papier-mâché superposées : une spécificité technique qui s'est rapidement développée en Mongolie dans les années 1980. Ils ont été reproduits à partir des pièces originales conservées dans les musées d'Oulan-Bator. ", écrivent les organisateurs de l'exposition.

Il convient de rappeler que les conditions matérielles de la renaissance du tsam en Mongolie ont été permises en grande partie par l'initiative du Théâtre de la Manufacture à Nancy et du Centre Pouchkine (fondé dans cette même ville par Alexandre Cavalli), dans le cadre de " Passages ", le festival des théâtres de l'est de l'Europe qui se tient chaque année en Lorraine. Le Théâtre de la Manufacture a financé pour cette occasion la confection de nouveaux masques à partir des originaux des musées mongols. Les moines du monastère de Gandantegtchinlen d'Oulan-Bator ont exécuté pour la première fois depuis soixante ans le Grand tsam à Oulan-Bator le 16 avril 1999, avec les costumes anciens. Puis quarante moines sont venus à Pont-à-Mousson pour jouer une partie de ce grand rituel du 30 avril au 5 mai 1999, à l'abbaye des Prémontrés (Anda 33-34, avril-juillet 1999). Le rituel tsam n'est pas un spectacle mais un grand rituel religieux. Les représentations à Oulan-Bator comme à Pont-à-Mousson, accompagnées de prières, ont respecté les règles du rituel (avec certaines simplifications à l'abbaye des Prémontrés). Cette aide de l'Occident a accéléré la reconstitution de ce rituel qui, dans d'autres circonstances, aurait certainement mis davantage de temps à voir le jour. Il semble que le tsam n'a pas été rejoué depuis en Mongolie.

3 - Cinéma mongol

" Le 'septième art' fait son apparition en Mongolie dès les années 1910. Les projections sur écran ont alors lieu au Consulat américain et à l'Hôtel de la Bourse Russe, au cœur de la capitale. À partir de 1913, le prince mongol Namnansüren aurait importé quelques films de Russie afin de les présenter dans la résidence du Bogd Ghegheen 6, soit le palais du Bogd khaan ou Palais Vert situé au sud d'Oulan-Bator.
Suite à la révolution de 1921 les étudiants mongols en cinéma sont directement formés en Union Soviétique, et les équipements nécessaires à la diffusion et à la production d'œuvres cinématographiques petit à petit importés depuis Moscou, ce qui permet la construction d'une modeste salle de cinéma (" Ard ") dans les années 1930.
Un premier film mongol est finalement réalisé en 1936 avec l'assistance technique de la compagnie soviétique " Lenfilm ". Il sera suivi par " Le Chemin de Nordjma " en 1938 (Nordjmaaghiin dzam - figurant la confrontation entre médecine tibétaine et médecine occidentale) puis " Loups " en 1939, qui demeurent les deux premières œuvres cinématographiques mongoles produites et réalisées de manière indépendante. Les films dirigés par le réalisateur D. Djigdjid tels Tsogt Taidj (1945) ou " Le message du peuple " (1959) deviendront quant à eux des classiques mais aussi des références artistiques pour de plus jeunes réalisateurs comme H. Damdin, Ts.Navaan, Ch.Gombo, B.Baldjinnyam, B. Sum---khüü, O. Urtnasan ou encore R. Dordjpalam et B.Nagnaidordj, lesquels accompagneront le cinéma mongol jusqu'à la fin des années 1980.
Vingt studios privés ont vu le jour depuis la révolution démocratique de 1990, ce qui a déjà permis la réalisation de quelques 120 films. Des producteurs français, japonais et chinois ont également participé à la création de nombreuses œuvres d'envergure, présentées dans plusieurs festivals de films internationaux.
Un dernier mot obligé sur le film Urga du russe Nikita Mikhailkov (lion d'or au festival de Venise en 1991 - programmé cet été à La Maline) : une œuvre généreuse, intense, relatant l'amitié entre un camionneur russe et un pasteur mongol de Mandchourie, qui a permis au monde entier de découvrir les paysages du " pays du ciel toujours bleu " mais aussi un mode de vie nomade nouvellement menacé par l'urbanisation croissante ", explique le texte de présentation de la manifestation.

Étaient proposés sous la deuxième yourte les films suivants, résumés comme suit :

- " Le Tamir limpide " (Tungalag Tamir), réalisé en 1970 par R. Dordjpalam, dépeint la vie d'un éleveur emporté dans la tourmente des événements des années 1920 révolutionnaires. Le film met tout d'abord l'accent sur les disparités sociales de l'époque puis évoque dans une deuxième partie l'accession au pouvoir du nouveau gouvernement populaire.

- " Les Cinq Couleurs de l'arc-en-ciel " (Solonghiin tavan öngö), réalisé en 1979 par B. Nagnaidordj, retrace la vie du peintre Charav, comment il fut amené à peindre pour le Bogd Ghegheen et comment son plus célèbre tableau, " Trois journées mongoles ", entraîna sa disgrâce. Ce film marque l'arrivée de la couleur dans le cinéma mongol. Lorsque le héros découvre le chemin du parti communiste, l'écran s'épanouit en couleurs, alors que son séjour auprès du Bogd Ghegheen était filmé en noir et blanc.

- " Selon la volonté du ciel " (Tengheriin sakhil), réalisé en 1991 par C. Djumdan, évoque des relations incestueuses entre enfants séparés depuis leur petite enfance. Le cinéma mongol de ces années-là se définit par des scenarii sinistres à l'atmosphère lourde : les relations sociales dénaturées (relations entre parents ou entre membres d'une même famille) semblent particulièrement inspirer les cinéastes.

- Aldas, réalisé en 1994 par C. Djumdan. À travers la rencontre des traditions mongoles et de la modernité occidentale, l'auteur aborde les problèmes inhérents à l'émergence des nouveaux riches. La narration de la vie d'un jeune boxeur qui finit en prison révèle le désœuvrement de la jeunesse actuelle.

À cette programmation s'ajoutaient quelques courts métrages et autres documentaires originaux. Les films n'étaient pas traduits en français, mais des résumés étaient distribués aux spectateurs.

4 - Khan Bogd ou le crépuscule des steppes

" La musique traditionnelle mongole, écrivent les organisateurs de la manifestation, réunit de nombreux instruments originaux dont le plus populaire sinon le plus caractéristique du pays est le morin khuur, à la sonorité proche de celle du violon. Les deux cordes, effleurées par un archet fait de crins de cheval attachés, suivent un manche élancé dont l'extrémité sculptée représente une tête de cheval. Cet instrument accompagne traditionnellement le chant du soliste qui fait valoir un large éventail d'utilisations de la voix humaine, exaltant selon les compositions et spécialités le mode de vie nomade ou la beauté des paysages mongols...
Le khömii par exemple, ou chant diphonique (pratiqué quasi exclusivement par des hommes), donne l'impression, au-delà même des sonorités gutturales (vibrations travaillées du larynx), de plusieurs notes provenant simultanément de la même bouche. Exercice intense, lorsqu'on lui associe des tambours, luths ou autres instruments métalliques, l'auditeur sensible devine l'expression d'une centralité souterraine, efflorescence musicale du " cœur mongol ".
Si l'ensemble Khan Bogd que dirige Natsag Gankhuyag est habituellement composé de douze musiciens et chanteurs, la formation présente à la Couarde-sur-Mer était réduite à cinq Mongols (les plus jeunes, âgés de 17 à 26 ans) pour des concerts en soirée d'une durée moyenne de 45 minutes. Ajoutons qu'ils se produisaient pour la première fois en Europe, et ce, dans le cadre de l'exposition 'Mongolie : l'archipel nomade' exclusivement ".
(résumé préparé par I. Ch.)

Notes (I. Ch.) :
1. L'association Goo-Ertunts projette également d'ouvrir un " entre de créateurs d'art international " en Mongolie et d'organiser un festival international de danses masquées. Adresse : The Mongolian Goo-Ertunts Society, P. O. Box 51/312, Ulaanbaatar, 210531 ; tél. (976-11) 55 273 ; portable : (976-991) 241 25 ; Email : <gooertunts@yahoo.com>
2. La société Bi-bid [" moi-nous "] a été fondée en 1997 pour fabriquer des masques de tsam, des statues bouddhiques et de l'artisanat de qualité. Depuis 2000, Bi-bid organise des expositions et des spectacles artistiques et culturels en Mongolie et à l'étranger (Allemagne, Suisse, Belgique, etc.). Elle a également fabriqué une statue de Bouddha de 5 m de haut pour le temple Gundzetchoinei à Saint-Pétersbourg, et une cinquantaine de masques de tsam pour des représentations, des monastères et des musées (musée ethnographique de Genève ; musée de Stutt-gart ; musée ethnographique d'Anvers, Belgique). Bi-bid est à l'origine de la création du groupe Khan Bogd en 1998. Tél./fax : (976-11) 55 273 ; portable : (976-991) 24 125 ; <bibid@magicnet.mn>
3. Peintures figuratives sur coton : scènes de la vie quotidienne en Mongolie. Quelques mongol dzurag étaient exposés sous la yourte principale.
4. Le vénérable lama Sereeter est l'un des deux derniers moines encore vivants à avoir pris part au rituel tsam d'Ourga (Khüree tsam) dans sa jeunesse.
5. En cours d'édification, d'après une initiative de Natsag Gankhuyag.
6. Ou " Bouddha vivant d'Ourga " (au troisième rang dans la hiérarchie du bouddhisme tibétain après le dalaï-lama et le panchen-lama), huitième djebtsündamba khoutouktou, alors roi d'une Mongolie théocratique depuis la chute de la dynastie Qing en 1911.

Permanent International Altaistic Conference.
Nous avons reçu la dernière Newsletter de la PIAC, qui reparaît après une interruption de trois ans. Le numéro est très riche et fourmille d'informations précieuses. Après un rappel sur les buts et les travaux de la Conférence, " regroupement informel de chercheurs, jeunes et vieux, intéressés par les études altaïques et centrasiatiques ", originaires d'une vingtaine de pays différents et se réunissant une fois par an, la Newsletter n°27 donne la liste des dates et lieux des colloques organisés par la PIAC depuis sa fondation en 1957. Rappelons que la France, à deux reprises, a accueilli des colloques : en 1970 à Strasbourg, sous la présidence de la turcologue Irène Mélikoff, et en 1994 à Chantilly, sous la présidence du grand historien des croisades, Jean Richard. Les actes de ces colloques sont parus, le premier sous l'intitulé Traditions religieuses et para-religieuses des peuples altaïques aux PUF en 1972, et le second, dont le thème était " L'Eurasie centrale et ses contacts avec le monde occidental ", en tant que numéro 27 de la revue Etudes mongoles et sibériennes sous la responsabilité de M.-D. Even en 1996. Quant à la Médaille de la PIAC, elle a été attribuée deux fois à des Français : le professeur Jean Richard (1995), déjà cité, et le professeur James Hamilton (1996), turcologue et sinologue, spécialiste mondial des Ouïgours historiques.
La Newsletter, après avoir rendu hommage au grand turcologue Nikolaj Alexandrovitch Baskakov, publie une " confession " de H.Walravens. Les " confessions " de la PIAC constituent, de l'avis même de ses membres, le point culminant des colloques: chaque participant est, en effet, invité à faire le point sur ses propres recherches et sur celles de ses collègues absents travaillant sur le domaine altaïque et centrasiatique. La " confession " de H.Walravens, Some Notes on Central Asian Studies, est particulièrement intéressante, car remarquablement documentée sur tout ce qui concerne les études mandchoues actuelles.
Autres rubriques pouvant susciter la curiosité des lecteurs d'Anda: la liste des articles d'Ugo Barkmann consacrés aux études mongoles, une sélection des publications du Research Institute for Inner Asian Studies of Indiana University (Papers on Inner Asia) pour ces dix dernières années, ainsi qu'une sélection de celles de la Mongolia Society, parmi lesquelles l'admirable biographie du dernier descendant de Gengis Khan à avoir joué un rôle politique majeur, The Last Mongol Prince: The Life and Times of Demchugdongrob, 1902-1966, par Sechen Jagchid.
Enfin, last but not least, le secrétaire de la PIAC, Denis Sinor lui-même, narre avec la verve et l'humour qu'on lui connaît la petite histoire de la PIAC en une dizaine de pages absolument passionnantes. Pour les lecteurs qui désireraient entrer en contact avec la PIAC:
Permanent International Altaistic Conference. Prof.Denis Sinor, Goodbody Hall 157, 1011 E. 3rd St., Bloomington, IN 47405-7005. Fax: 812-855-7500. E-mail : <sinord@indiana.edu>

Signalons que le professeur Denis Sinor, membre de l'Académie des Inscriptions et belles-lettres, a donné une conférence vendredi 15 novembre à l'Institut de France. Le thème abordé était le manuscrit d'une lettre en latin médiéval qui lui avait été remis par un collègue. Il a identifié son auteur comme étant le dominicain Julien de Hongrie et a retrouvé l'original du manuscrit à la bibliothèque de l'Université de Innsbruck (deux copies sont conservées au Vatican).
La lettre traite des expéditions menées par des frères dominicains à la recherche de la " Seconde Hongrie ", encore appelée Grande Hongrie ou Hongrie ancienne.
L'analyse de la lettre a conduit le professeur Sinor, entre autres résultats, à mettre en doute la qualité de Hongrois de Frère Julien, et à situer la Seconde Hongrie près de la mer d'Azov et non dans le bassin de la moyenne Volga. Un débat fort intéressant a suivi auquel a participé l'historien des croisades Jean Richard, actuel président de l'Académie.
(M.-L.B.)

 

Les colloques Sénat-Centre français du commerce extérieur : Rencontre Mongolie
à l'occasion de la visite en France de M. Tumur Ochir, président du Parlement mongol

Palais du Luxembourg - Vendredi 18 octobre 2002 de 9h30 à 14h30 (accueil à partir de 9h)
Participation : 273,88 euros TTC (remise de 20 % pour les membres du Club Carrefour Iéna International)
Information : Sylvie Mailleux-Prévotat, Attachée Asie - Tél.: 01 40 73 33 31
Inscriptions : Valérie Tordjman, Cellule logistique - Tél.: 01 40 73 34 78

L'année 2002 a été qualifiée "d'année des investissements" par le gouvernement mongol qui vient de réunir sur ce thème plus de 450 entreprises étrangères à Oulan-bator, du 17 au 19 septembre dernier. Cinq secteurs de développement sont jugés prioritaires : les infrastructures, l'agroalimentaire, les mines, les technologies de l'information et de la communication et le tourisme.
La Mongolie a entrepris depuis 1991 la modernisation de ses institutions et sa transition vers l'économie de marché. C'est aujourd'hui une des démocraties les plus avancées et les plus stables d'Asie. Plus lente à se mettre en place, la libéralisation de l'économie est néanmoins une réalité. Le secteur privé représente déjà 70 % du PIB. En dépit de hadicaps réels (climat, sous-développement des infrastructures), la Mongolie dispose d'importants atouts pour accéder à terme au rang de pays émergent : niveau d'éducation élevé de la population, ressources du sous-sol, potentiel de l'élevage. La communauté des pays bailleurs d'aide (Japon, Etats-Unis, Union européenne) et des institutions financières internationales (Banque mondiale, BAD, FMI) la soutient depuis dix ans. 320 millions de dollars de dons et de prêts sur deux ans ont ainsi été annoncés en mai 2001 lors de la réunion des donateurs de Paris.
La France n'occupe encore qu'un rang modeste puisqu'elle représente moins de 1 % du marché. Des entreprises françaises, dont quelques PME, on réussi à se faire une place importance dans certains secteurs, tels les télécommunications (Alcatel) ou les mines (Cogema). Les financements multilatéraux, y compris européens (Tacis), devraient permettre à des entreprises françaises de s'imposer dans des secteurs (agroalimentaire, énergie) où nous disposons de références non négligeables en Asie.
La visite officielle de M. Tumur Ochir fait suite à une mission, en juillet dernier, du groupe sénatorial france-Mongolie. Le rapport réalisé à cette occasion sera présenté lors de la réunion.

  Jacques-Olivier Manent
Ambassadeur de France en Mongolie

Avec les interventions de :

- Patrice Gélard, président du groupe interparlementaire France-Mongolie au Sénat
- Jacques-Olivier Manent, ambassadeur de France en Mongolie
- Caroline Cerruti, responsable Monde chinois-Mongolie à la Direction des relations économiques extérieures
- Hervé Jevardat, responsable suivi marchés publics et projets internationaux Asie au C.F.C.E.
- Témoignages d'entreprises
et l'allocution du président Tumur Ochir qui rejoindra la réunion, avec les membres de sa délégation, à 11h45.