Anda 45-46 - 2ème et 3ème trimestres 2002
Adoption de lois sur la terre et la privatisation de la terre
Lors de sa session de printemps, le parlement mongol ou Grand Khoural
(Ikh Khural) s'est finalement attaqué à la discussion
des projets de loi portant sur la terre présentés
par le gouvernement Enkhbayar. La " Loi sur la terre (gadzriin
tukhai khuuli) " et la " Loi sur l'octroi de terres en
propriété aux citoyens mongols (Mongol ulsiin irgend
gadzar ömtchlüülekh tukhai khuuli) " ont été
adoptées en séance plénière le 7 juin
2002 pour la première, le 27 juin 2002 pour la seconde. Elles
entreront en vigueur le 1er janvier et le 1er mai 2003 respectivement.
Selon la constitution actuelle, l'État peut octroyer la
propriété d'un terrain - en dehors des pâturages
et des terres relevant du domaine public ou d'un usage spécial
-, et ce uniquement à des Mongols. Une loi portant sur la
terre et une autre sur la taxe foncière avaient été
adoptées en 1994 et en 1997. Des autorisations d'occupation
du sol portant sur près de 380 000 hectares au total ont
depuis été délivrées à 230 personnes
ou entreprises dans le cadre de ces lois ; quant aux étrangers,
ressortissants ou organismes, ils étaient en 2001 environ
75 à occuper un terrain.
Mais ces lois ne réglaient pas les nombreux problèmes
et contradictions créés par passage de cette société
nomade, puis socialiste, à une économie marchande.
Sur le territoire de la capitale, autorisations et permis de construire
étaient délivrés localement, sans que les conditions
préalables aient été réunies et sans
coordination avec les services de gestion du territoire, de sorte
que des constructions légales ou illégales ont fleuri
un peu partout et qu'on a fini par ne plus délivrer de permis
pour des habitations privées, en attendant une nouvelle loi.
Les migrants qui arrivent dans la capitale construisent, quant à
eux, des enclos sans autorisation, parfois dans des zones inadaptées,
voire dangereuses (des vies ont ainsi été perdues
lors d'inondations).
À la campagne, on a vu resurgir les querelles de pâturages.
En août 2001, deux riches éleveurs de la province Sükhbaatar,
à l'est de la Mongolie, se sont tués l'un l'autre
au cours d'une dispute. Trois années plus tôt, à
l'autre bout du pays, une bataille avait opposé des éleveurs
de Khovd à des éleveurs de Gobi-Altaï.
Ces querelles de pâturages avaient cessé à la
fin des années 1950 avec la collectivisation du bétail
et l'instauration de coopératives dont les chefs avaient
dès lors contrôlé autoritairement l'attribution
des pâturages, mais elles ont repris depuis le démantèlement
des coopératives au début des années 1990.
Et ce d'autant que les rumeurs de privatisation de la terre vont
bon train et que grandit parallèlement la pression sur les
pâturages du fait de l'accroissement du cheptel, du surpâturage
et des problèmes climatiques.
La question d'une réforme du statut de la terre avait beau
occuper tous les esprits, les débats houleux qu'elle soulève
ont conduit les législateurs à repousser plusieurs
fois sa discussion. Les Mongols considèrent que la terre
a été pendant des siècles la propriété
de la nation et la garantie de son indépendance, et c'est
donc avec beaucoup de suspicion que nombre d'entre eux voient se
profiler une privatisation de la terre. Les éleveurs s'inquiètent
des difficultés que cette privatisation pourrait entraîner
pour les mouvements de leurs troupeaux qui doivent sans cesse changer
de pâtures. D'autres ne cachent pas leur peur de voir en particulier
les Chinois, chaque jour plus présents sur le plan économique,
devenir maîtres des terres mongoles.
Pour leur part, les tenants de la privatisation y voient un moyen
de responsabiliser les individus et les entreprises, mais surtout
un avantage économique : la terre privatisée devient
un bien qui circule et produit du profit, elle peut être louée
ou hypothéquée, tranmise en héritage ou vendue,
et sa possession ou celle des constructions qui y sont édifiées
bénéficie d'une protection légale jusqu'ici
floue ou absente. La légalisation des formes de propriété
constitue donc un volet indispensable parachevant la transition
du pays à l'économie de marché entamée
en 1990-1991.
Face à cette importante question de société,
les réactions ne recoupaient pas toujours initialement les
divisions politiques entre les anciens communistes (PPRM, actuellement
au pouvoir) qui ont élaboré cette loi et les nouveaux
partis aujourd'hui dans l'opposition (Parti démocrate, Parti
du courage civique-républicain, etc., qui recouvrent un vaste
spectre politique allant des socio-démocrates aux partisans
du libéralisme économique le plus radical).
Parmi les anciens communistes, des voix se sont élevées
pour freiner le processus de privatisation de la terre par crainte
qu'il ne mette en danger la sécurité nationale. Le
ministre de l'Environnement, qui joue aujourd'hui un rôle
central dans la mise en uvre de ces lois, s'était prononcé
au printemps 2001 contre une telle privatisation, la jugeant prématurée
et préconisant plutôt une réforme consistant
à établir un registre des terres et à accorder
des contrats d'occupation renouvelables. Le président Bagabandi,
tout en soutenant le principe de la privatisation, aurait souhaité
que la loi sur la privatisation fasse l'objet d'un référendum.
Du côté de l'opposition, le député Dj.
Narantsatsralt 1 prônait une privatisation rapide, moins restrictive,
qui accordait un degré plus grand de liberté au propriétaire.
Ancien maire d'Oulan-Bator, premier ministre sous la précédente
législature et par ailleurs versé dans la gestion
du territoire, il a déposé lui-même un projet
de loi qui allait plus loin que celui du gouvernement et qui visait,
disait-il, non seulement à régir la possession et
l'utilisation de la terre, mais à garantir aussi les droit
du propriétaire. Le projet n'a pas été retenu
par le parlement où règne en maître absolu le
PPRM. Quant au Parti du courage civique-républicain de S.
Oyuun, il a recommandé plutôt de donner à bail
les terrains urbains et agricoles pour une période de 99
à 125 ans (bail que le preneur serait en mesure de vendre,
transmettre par héritage ou hypothéquer, comme un
bien), et de contractualiser l'occupation des pâturages en
spécifiant clairement les droits et les devoirs de l'occupant.
Le gouvernement de N. Enkhbayar a fait de cette loi sur la terre
une priorité de son programme d'action. Pour les autorités
actuelles comme pour les gouvernements précédents,
la réforme foncière se révèle en effet
indispensable pour attirer davantage d'investissements grâce
à la protection légale qu'elle apportera à
l'occupant d'un terrain, et pour permettre la création de
zones économiques libres à Altan-Bulag, ville frontalière
avec la Russie, et à Dzamiin-Üüd, ville frontalière
avec la Chine, toutes deux sur le passage du transmongolien. Sans
oublier que la privatisation sera aussi pour le gouvernement en
place un moyen de renflouer ses coffres.
Que disent ces nouvelles lois foncières de juin 2002 ?
La Loi sur la terre (7 juin 2002, effective à compter du
1/01/2003), distingue trois formes d'occupation/disposition ? de
la terre : la propriété (gadzar ömtchölöx),
la possession (gadzar edzemchikh) et la jouissance (gadzar achiglakh).
Selon la version révisée de cette loi dont nous disposons,
seuls les citoyens mongols peuvent devenir propriétaires
de terres à l'exclusion des pâturages et de leurs points
d'eau, des terrains à salpêtre, des villages, villes
et autres espace publics de sédentérisation, des routes
et chemins, des forêts, des eaux et rivières, des terrains
publics d'intérêt stratégique. (Les campements
d'hiver et de printemps des éleveurs avec les abris pour
le bétail ne sont pas privatisables, les éleveurs
peuvent être propriétaires de terre au chef-lieu du
district ou de la province.) Seul 0,9 % du territoire sera privatisé.
Tout ce qui n'est pas la propriété de citoyens est
la propriété de l'État.
En ce qui concerne la possession, seuls les citoyens âgés
de 18 ans, les entreprises et les organisations mongols sont autorisés
à utiliser la terre au titre de possesseur (gadzariig edzemchidj
achiglakh). Les certificats de possession sont de trois types :
familial, d'établissement public, d'entreprise ou organisation.
La superficie du terrain d'habitation familial possédé
à titre gratuit ne peut excéder 0,07 hectare (dans
la capitale), ce à quoi peut s'ajouter 0,1 hectare supplémentaire
possédé à titre gratuit destiné à
la culture de plantes cultivées et au maraîchage. Par
ailleurs, un Mongol ayant travaillé plusieurs années
dans l'agriculture a le droit de posséder en sus jusqu'à
100 hectares de terres céréalières et jusqu'à
5 hectares de terres réservées à la culture
des pommes de terre et aux cultures maraîchères. La
localisation et la superficie de ces terres sont définies
en fonction des conditions locales par l'assemblée des représentants
du soum (sum, district rural) ou du district urbain (düüreg).
La superficie du terrain possédé par une entreprise
est fixée par le gouvernement.
La durée du bail de possession est de 15 à 60 ans,
et chaque prolongation ne peut excéder 40 années.
Il pourra être cédé ou transmis à un
héritier pour la durée initialement prévue.
Quant à la jouissance de la terre, elle concerne les organismes
étrangers ou internationaux, les personnes morales étrangères,
les entreprises à capitaux étrangers, les ressortissants
étrangers et les apatrides. Pour les trois premiers, c'est
le parlement mongol qui accorde le droit d'utilisation par bail
ou concession, le gouvernement fixant les limites du terrain et
les principes d'utilisation. Les étrangers ou apatrides résidant
de manière permanente en Mongolie (plus de 183 jours) sont
autorisés à avoir la jouissance d'un terrain à
des fins d'habitation (au plus 0,05 hectare) et d'un terrain à
des fins de culture potagère pour leur consommation privée
(au plus 1 hectare), ce pour une durée initiale de 5 ans,
chaque prolongation du contrat ne pouvant excéder 5 ans.
Le possesseur d'un terrain ou celui qui en a la jouissance est tenu
de payer une taxe foncière (gadzriin tölbör : "
paiement de la terre ") qui est défini par la loi ou
le contrat.
La loi sur l'octroi de terres en propriété aux citoyens
mongols (27 juin 2002, effective à compter du 1er mai 2003)
stipule que le terrain à usage d'habitation est donné
gratuitement, une seule fois, à un citoyen mongol et à
son conjoint, qui doit être également citoyen mongol.
Un étranger ou un apatride marié à un ressortissant
mongol ne peut pas être propriétaire d'une terre. Autrement
dit, seul un couple de mongols marié en bonne et due forme
peut devenir propriétaire d'un terrain (le même couple
ou chacun des conjoints pouvant parallèlement devenir possesseur
d'autres terrains, mais non propriétaire).
Dans la capitale, la superficie du terrain résidentiel privé
est limitée à 0,07 hectare ; dans les chefs-lieux
de province, à 0,35 hectare ; dans les centres de district
(soums), à 0,5 hecatre. En ce qui concerne les terrains agricoles,
ils ne sont pas donnés gratuitement, mais vendus aux citoyens
mongols remplissant les conditions.
L'adoption des lois foncières au mois de juin s'est accompagnée
de vives critiques de l'opposition, et en particulier du Parti du
courage civique-républicain qui, dès la mi-juin, a
accusé le PPRM d'adopter ces lois dans la précipitation,
sans prendre le temps de procéder à une évaluation
des terres, à l'établissement d'un cadastre, sans
tenir compte de l'opinion publique, etc. Il a appelé à
manifester devant le palais du gouvernement et le siège du
PPRM. Il a été soutenu par le Parti mongol traditionnel
de l'unité (de Khatanbaatar), ou encore par le poète
D. Uriankhaï, président du mouvement Bodi setgel, "
car la terre est comme nos parents et ne devrait pas être
privatisée ". L'appel à la résistance
lancé par le parti du courage civique vers le 20 juin indiquait
que le texte de loi était mal préparé, que
la terre autrefois respectée à l'égal de ses
père et mère et protégée comme la prunelle
de ses yeux est intimement liée à la souveraineté
nationale et au futur des Mongols, et qu'il était donc indispensable
que le projet de loi soit débattu nationalement afin de ne
pas répéter les erreurs des privatisations précédentes.
Le président du parlement, arguant d'un agenda trop chargé,
a refusé de rencontrer la délégation des partis
d'opposition à ce sujet.
L'obligation faite aux agriculteurs d'acheter leurs terres a suscité
la colère des fermiers, qui demandaient que les terres agricoles
leur soient données en propriété comme le cheptel
a été distribué aux éleveurs, c'est-à-dire
sans contrepartie financière. L'ancien député
Bat-Uul s'est particulièrement illustré dans l'organisation
du mouvement de protestation qui s'est élargi à de
nouvelles revendications telles que le droit pour les habitants
des quartiers de yourtes de devenir propriétaire de leur
enclos actuel, alors que des programmes immobiliers sont déjà
prévus en certains endroits. Ce mouvement a donné
lieu en particulier à des manifestations de tracteurs dans
la capitale début novembre, que le gouvernement a réprimées
sans ménagement dans la nuit du 12 au 13. Plusieurs personnes
ont été arrêtées, dont des journalistes,
ce qui a soulevé des réactions indignées dans
la presse et suscité de nouvelles condamnations de la politique
du gouvement Enkhbayar par les partis d'opposition.
(M.-D.E.)
(Texte des lois du 7 et du 27 juin 2001 ; EDN 23/03, 12/04, 25/07,
28/08/01, 15, 19/03, 4, 18, 22/04, 4, 10,11, 17, 19, 21, 28/06,
2,9,22, 29/07, 30/09/02, 5, 7, 14/11/2002)
1.Dj. Narantsatsralt était membre de la délégation
parlementaire qui est venue en France en octobre 2002, conduite
par M. Tömör-Otchir, président du Grand Khural
national de Mongolie.
Dixième anniversaire de la présence catholique en
Mongolie
Le dixième anniversaire de l'arrivée des premiers
missionnaires catholiques à Oulan-Bator, le 10 juillet 1992
1, a été marqué par plusieurs événements.
Tout d'abord, dès le 6 juillet, la venue du cardinal Sepe,
préfet de la congrégation pour l'évangélisation
des peuples, en compagnie du nonce du pape, Mgr Morandini, qui ont
annoncé l'élévation de la " mission "
de Mongolie au rang de " préfecture apostolique ",
premier degré d'intégration dans la hiérarchie
de l'Église d'un territoire spécifique. Ensuite, le
7 juillet 2002, l'ordination à la prêtrise de Félicien
Kadiebue, cicm (congrégation du cur immaculé
de Marie, dite " de Scheut ") et d'Andrew Tin, sdb (salésien
de don Bosco), et l'ordination au diaconat de Gabriel Tshimanga,
cicm. F. Kadiebue et G. Tshimanga, originaires de la République
démocratique du Congo, et A.Tin, coréen, sont à
l'uvre en Mongolie depuis cinq ans ou plus. Rappelons qu'en
1998, un autre scheutiste congolais, Pierre Kasemuana, avait déjà
été ordonné prêtre à Oulan-Bator.
Au cours de la fête qui a suivi les ordinations, deux des
trois fondateurs de la mission, Mgr Wens Padilla -devenu le premier
préfet apostolique- et le père Gilbert Sales, ont
été mis à l'honneur ; le père Robert
Goessens, retourné au Japon l'an dernier, n'a pas non plus
été oublié. Plusieurs personnalités
mongoles ont exprimé leur sympathie et leur admiration pour
l'uvre entreprise en 1992 : le président de la république,
M. Bagabandi, et le ministre des affaires étrangères,
M. Erdenetchuluun, avec lesquels le cardinal Sepe s'est entretenu
; M. Batdjargal, qui fut le premier ambassadeur de Mongolie auprès
du Vatican ; M. Enkhbold, maire d'Oulan-Bator; M. Batmönkh,
gouverneur de la province d'Övör-khangaï ; Mme Otgontsetseg,
directeur exécutif du Centre pour le droit des enfants ;
le vénérable Dambadjav, kambo lama du monastère
de Dach-tchoïling ; M. Minder, directeur du Centre du boud-dhisme
mahayana à Oulan-Bator, etc.
La communauté catholique d'Oulan-Bator compte actuellement
quelque 130 baptisés. Les religieux et religieuses qui y
sont présents ont entamé ou projettent plusieurs essaimages
en province : les pères de Scheut à Erdenet et Songhino
Khairkhan, les salésiens de don Bosco à Darkhan, des
prêtres détachés de leurs diocèses d'origine
à Dzuun Mod et Khan Uul, les surs icm à Chuvuu,
celles de N.D. de Chartres à Dzuun Mod, les petites surs
de Mère Teresa à Yarmag et Dair Ekh, dans la banlieue
de la capitale. L'accent continuera d'être mis sur les uvres
éducatives et sociales, surtout en faveur des familles les
plus démunies, des enfants des rues et des handicapés,
ainsi que sur la formation technique et professionnelle des jeunes
adultes, sans oublier -c'est la consigne expresse donnée
depuis le début par Mgr Padilla à tous ses collaborateurs-
le respect des convictions et traditions mongoles, dans une totale
absence de prosélytisme et d'esprit de compétitivité.
(Jacqueline Thevenet)
1. Sur les débuts de la mission, voir : R. Goessens, "
La mission catholique d'Oulan-Bator : propos recueillis par J. T.
", Anda 27 (octobre 1997) p. 10-11 ; F. Aubin, " Une colonie
étrangère d'un type nouveau à Oulan-Bator et
dans les environs : les prêtres et religieuses catholiques
(1ère partie) ", Anda 32 (janvier 1999) p. 2-5 ; J.
Thevenet, " L'Église en Mongolie ", Églises
d'Asie, supplément au n° 311 (juin 2000) p. 10-20.
Actions Mongolie 
Ce projet d'action humanitaire résulte de la rencontre d'un
étudiant, Dastan Nigamet, qui participait à un programme
MBA français à Sup de Co Lyon : il nous a sensibilisés
à la situation des nomades de Mongolie. Deux voyages d'évaluation
(juin 2001, février 2002) ont confirmé les difficultés
d'accès aux soins dans l'extrême ouest de la Mongolie.
Les soins ophtalmologiques figurent parmi les besoins identifiés
relativement faciles à traiter. Le premier voyage a été
effectué comme prévu en août 2002 : il a permis
d'apporter 15 kg d'équipements, de médicaments et
de sutures. 20 kg de lunettes sont sur le point de partir.
Donne un poisson à un homme, tu le nourris
pendant un jour. Apprends-lui à pêcher,
tu le nourris pour toute sa vie
Des difficultés de financement nous ont amené à
reporter l'intervention sur place d'un chirurgien français
pour opérer les troubles de la vision les plus fréquents
- cataracte et glaucome - et aider à créer une unité
de chirurgie ophtalmologique permanente à l'hôpital
d'Ölghii, en apportant et laissant sur place le matériel
nécessaire aux opérations (microscope, lampe à
fente et biomètre).
Le budget d'une telle action est estimé à 23 K, et
correspond essentiellement à l'achat du matériel nécessaire
pour équiper l'hôpital d'Ölghii.
Par ailleurs, nous interviendrons aussi à Oulan-Bator. Des
consultations sont prévues à l'hôpital des surs
de la Charité, et des opérations seront pratiquées
à l'hôpital universitaire numéro 1, dans un
but d'échanges et de formation.
La collaboration d'un chirurgien renommé
La participation du Dr Michel ISTRE, habitué des opérations
humanitaires, puisqu'il est intervenu dans ce cadre une quarantaine
de fois depuis 1978 en Afrique et en Asie nous permettra de délivrer
des actes médicaux de qualité et de compléter
la formation de Mme Gouliza, afin qu'elle devienne rapidement autonome
pour soigner la population locale.
L' équipe
L'association Actions Mongolie est composée de membres français
et mongols. Nous collaborons aussi étroitement avec Action
contre la Faim Mongolie, qui a décidé d'intervenir
dans la même région.
Nous avons besoin de vous: contactez-nous !
Une liste de plus de 80 personnes en attente de soins, parmi lesquelles
figurent des d'enfants (cataracte congénitale) a été
établie. Et encore cette liste ne concerne-t-elle que quelques
soums de la province de Bayan Ölghii. Cette liste s'allongera
pour atteindre ou dépasser la centaine d'opérations
à effectuer dans l'Altaï
et ceci sans préjuger
du travail à effectuer sur Oulan-Bator.
Nous sommes en recherche de financements: contactez-nous pour soutenir
la mission. Sans vous elle ne pourra se faire !
Association Actions Mongolie. 10 rue Duviard, 69004 Lyon. CCP n°
038 12 911 31 B. Adhésion: 20 .
Philippe GARNIER, Président. 06 60 44 96 08 / 04 78 59 70
99. p.garnier@worldonline.fr
Alain SALMON, Trésorier.04 72 07 04 46 / 06 88 47 37 53.
alsalmon@aol.com
" Mongolie : l'archipel nomade "
Cette manifestation culturelle a été organisée
cet été à La Couarde-sur-Mer (île de
Ré, Centre culturel La Maline, Route du Mail) du 8 juillet
au 25 août) par Matthieu Hezzat et Natsag Gankhuyag, président
de l'association Goo-Ertunts [goyo yertönts " le bel univers
"]. Cette association a été créée
pour promouvoir la culture, l'art et le patrimoine traditionnel
mongol, en particulier du rituel dansé tsam en Mongolie et
en Occident. Elle offre aux jeunes générations d'artistes
l'opportunité de se faire connaître à travers
des manifestations culturelles, des expositions et des concerts.
Ses projets sont actuellement la fabrication de 108 masques et costumes
de tsam afin de voir renaître ce rituel à Oulan-Bator,
l'établissement d'un " Mini parc national MonLand "
et la restauration du monastère Baldankhadjid ling1. Gankhuyag
est également président de la société
Bi-bid2. Sculpteur de formation et antiquaire, il a réalisé
les masques du tsam d'après des pièces originales
conservées dans les musées d'Oulan-Bator, dans le
but de restaurer le grand tsam d'Ourga.
" L'archipel " nomade fait ici référence
à la grande dispersion de l'habitat mongol dans la steppe.
La manifestation, gratuite, comprenait des concerts traditionnels
mongols - cinq jeunes musiciens du groupe Khan Bogd étaient
présents -, une exposition de peintures contemporaines et
de masques de tsam réalisés par Gankhuyag, et la projection
d'anciens films mongols inédits en France, copiés
à partir d'originaux appartenant aux Archives d'Oulan-Bator.
Deux yourtes installées devant le centre culturel La Maline
(Association Rétaise de Développement Culturel - La
Maline), au bord de la route, attiraient des vacanciers étonnés
de découvrir la culture mongole dans ce lieu touristique.
L'une des yourtes était meublée selon la disposition
traditionnelle, à l'exception d'une grande télévision
qui trônait à l'emplacement du khoïmor (partie
de la yourte opposée à l'entrée). C'est dans
cette yourte que passaient les films en vidéo. L'autre tente
présentait une exposition-vente de sculptures et antiquités
bouddhiques, livres, vêtements et objets de la vie quotidienne.
Des peintures contemporaines, notamment celles de Dunbüree
figurant l'histoire du bouddhisme mongol (danse tsam à Gandan,
moines du monastère Erdene Dzuu), et de la jeune artiste
Mandakhnariin Tsegmid, également inspirée par les
divinités du tsam, étaient exposées dans le
grand hall du cinéma La Maline. De la nourriture mongole
(nourriture blanche : fromages, aïrag) est offerte aux visiteurs
dans les yourtes.
Le vernissage, qui a eu lieu le 8 juillet, a été marqué
par un discours émouvant de Monsieur Luudzan, l'ambassadeur
de Mongolie en France et par un concert du groupe Khan Bogd. Gankhuyag
et un musicien, portant les masques et costumes de tsam, ont fait
une courte démonstration de la danse du Vieillard Blanc.
Isabelle Charleux a donné une conférence sur les "
Arts et traditions bouddhistes de Mongolie " dans la yourte
principale (avec diapositives).
Nous présentons ci-dessous des extraits du texte de présentation
de la manifestation évoquant les quatre événements
constitutifs de l'exposition :
1 - Des champignons dans la prairie : rond-de-sorcière
mongol 
" Traditionnellement, l'art mongol se confond avec l'art dit
des steppes, dont l'animal offrait l'archétype par excellence.
Au XIIIe siècle, la formation du grand empire mongol a coïncidé
avec l'apparition de peintures exhibant des portraits, des scènes
de cavalerie et des paysages truffés d'animaux sauvages.
Puis, l'iconographie du panthéon des divinités tantriques
provenant du Tibet a progressivement pris une place prépondérante
jusque dans l'art religieux actuel.
À la fin du XIXe siècle un art profane apparaît
et remplace peu à peu les thèmes religieux du bouddhisme
par des scènes réalistes figurant la vie quotidienne
: c'est la fameuse " Ecole d'Ourga ", laquelle est à
l'origine de la tradition du mongol dzurag 3... Survient la révolution
de 1921. Les artistes sont désormais très vite formés
aux techniques occidentales et à l'esthétique du réalisme
socialiste, directement en Union Soviétique, à Moscou
ou Leningrad. La peinture, comme l'ensemble des créations
artistiques de Mongolie est soumise à un programme de thèmes
imposés glorifiant l'idéal communiste. Les peintres
réfractaires au régime ne sont pas exposés
et sont sévèrement réprimés dans leurs
élans créateurs.
À la faveur de la révolution démocratique,
leurs uvres sortent maintenant de l'ombre... et du pays. Ainsi,
cette renaissance politique ne s'est pas réduite au simple
ravalement des institutions ou à la libéralisation
de l'économie, elle a mobilisé et inspiré en
même temps les intellectuels et les artistes. Longtemps enfermés
dans des contraintes de création liées au contexte
politique, ils peuvent, depuis une dizaine d'années, donner
libre cours à leur créativité et l'on voit
surgir de réels talents, originaux, inventifs, mêlant
l'abstrait et le figuratif.
L'exposition " Des champignons dans la prairie : rond-de-sorcière
mongol " veut montrer la diversité du travail artistique
de plusieurs générations de peintres contemporains.
Avec les uvres de Tsegmid, Baatar, Dunbüree, Baatartsogt,
Tchimeddordj, Bat-djargal et Sosorbaram, c'est l'âme nomade
du Mongol qui se lit au-delà des traits et des couleurs ".
2 - Masques du tsam et renouveau bouddhique 
" La cérémonie du tsam est un rituel de danses
sacrées figurant, par une série de masques et de costumes,
les forces déployées pour vaincre les ennemis du Bouddha
et aider, par extension, la nation mongole à vaincre tous
les mauvais esprits. Les masques du tsam portés par des danseurs,
qui font de cette cérémonie un art théâtral
à part entière, illustrent l'apparence extérieure
et le caractère des différentes déités
et démons du panthéon des divinités tantriques
provenant du Tibet. Les figures des cultes populaires mongols sont
venues s'ajouter, par un syncrétisme historique, à
celles du bouddhisme tibétain ; les croyances locales jouent
ainsi un rôle majeur dans l'élaboration d'une danse
tsam spécifique à la Mongolie.
Au début du XXe siècle, plus de 500 monastères
sur 800 en Mongolie alors dite " Extérieure " possédaient
leur propre variante de cette cérémonie. Les grandes
purges communistes, orchestrées par le maréchal Tchoibalsan
en 1937 contre, entre autres, les monastères et les lamas,
désignés comme les " jaunes réactionnaires
féodaux ", faillirent détruire à jamais
les secrets du tsam mongol.
Dans le cadre du renouveau bouddhiste, permis par la révolution
démocratique de 1990, la cérémonie a pu renaître
sous l'impulsion du lama Dandzan et du lama Sereeter 4 dont les
connaissances compensèrent la disparition de plusieurs textes
écrits sur le sujet. Pürevbat, le chef de l'Institut
des arts religieux du monastère Gandantegtchinlen à
Oulan-Bator (suivi de quelques artistes sculpteurs parmi lesquels
Natsag Gankhuyag), s'engagea à renforcer les structures institutionnelles
nécessaires à la formation de professeurs qualifiés,
" initiés " aux particularités des masques
du tsam.
Le renouveau passe aujourd'hui par la fédération d'intellectuels
mongols, d'artistes peintres et sculpteurs autour du centre culturel
pluridisciplinaire " Odoacre " situé dans la réserve
naturelle Bogd Khaan au sud d'Oulan-Bator5. L'un des grands projets
demeure l'introduction du tsam mongol au patrimoine mondial de l'humanité
(UNESCO). Cent huit masques au total et autant de costumes aux motifs
décoratifs sertis de pierres précieuses devront être
réalisés pour la restauration du grand " Khuree
tsam " (tsam d'Ourga) originel.
Les masques présentés à la Couarde-sur-Mer
par Gankhuyag (accompagnant un échantillon d'antiquités
mongoles constitutives du patrimoine boud-dhique) sont formés
de couches de papier-mâché superposées : une
spécificité technique qui s'est rapidement développée
en Mongolie dans les années 1980. Ils ont été
reproduits à partir des pièces originales conservées
dans les musées d'Oulan-Bator. ", écrivent les
organisateurs de l'exposition.
Il convient de rappeler que les conditions matérielles de
la renaissance du tsam en Mongolie ont été permises
en grande partie par l'initiative du Théâtre de la
Manufacture à Nancy et du Centre Pouchkine (fondé
dans cette même ville par Alexandre Cavalli), dans le cadre
de " Passages ", le festival des théâtres
de l'est de l'Europe qui se tient chaque année en Lorraine.
Le Théâtre de la Manufacture a financé pour
cette occasion la confection de nouveaux masques à partir
des originaux des musées mongols. Les moines du monastère
de Gandantegtchinlen d'Oulan-Bator ont exécuté pour
la première fois depuis soixante ans le Grand tsam à
Oulan-Bator le 16 avril 1999, avec les costumes anciens. Puis quarante
moines sont venus à Pont-à-Mousson pour jouer une
partie de ce grand rituel du 30 avril au 5 mai 1999, à l'abbaye
des Prémontrés (Anda 33-34, avril-juillet 1999). Le
rituel tsam n'est pas un spectacle mais un grand rituel religieux.
Les représentations à Oulan-Bator comme à Pont-à-Mousson,
accompagnées de prières, ont respecté les règles
du rituel (avec certaines simplifications à l'abbaye des
Prémontrés). Cette aide de l'Occident a accéléré
la reconstitution de ce rituel qui, dans d'autres circonstances,
aurait certainement mis davantage de temps à voir le jour.
Il semble que le tsam n'a pas été rejoué depuis
en Mongolie.
3 - Cinéma mongol
" Le 'septième art' fait son apparition en Mongolie
dès les années 1910. Les projections sur écran
ont alors lieu au Consulat américain et à l'Hôtel
de la Bourse Russe, au cur de la capitale. À partir
de 1913, le prince mongol Namnansüren aurait importé
quelques films de Russie afin de les présenter dans la résidence
du Bogd Ghegheen 6, soit le palais du Bogd khaan ou Palais Vert
situé au sud d'Oulan-Bator.
Suite à la révolution de 1921 les étudiants
mongols en cinéma sont directement formés en Union
Soviétique, et les équipements nécessaires
à la diffusion et à la production d'uvres cinématographiques
petit à petit importés depuis Moscou, ce qui permet
la construction d'une modeste salle de cinéma (" Ard
") dans les années 1930.
Un premier film mongol est finalement réalisé en 1936
avec l'assistance technique de la compagnie soviétique "
Lenfilm ". Il sera suivi par " Le Chemin de Nordjma "
en 1938 (Nordjmaaghiin dzam - figurant la confrontation entre médecine
tibétaine et médecine occidentale) puis " Loups
" en 1939, qui demeurent les deux premières uvres
cinématographiques mongoles produites et réalisées
de manière indépendante. Les films dirigés
par le réalisateur D. Djigdjid tels Tsogt Taidj (1945) ou
" Le message du peuple " (1959) deviendront quant à
eux des classiques mais aussi des références artistiques
pour de plus jeunes réalisateurs comme H. Damdin, Ts.Navaan,
Ch.Gombo, B.Baldjinnyam, B. Sum---khüü, O. Urtnasan ou
encore R. Dordjpalam et B.Nagnaidordj, lesquels accompagneront le
cinéma mongol jusqu'à la fin des années 1980.
Vingt studios privés ont vu le jour depuis la révolution
démocratique de 1990, ce qui a déjà permis
la réalisation de quelques 120 films. Des producteurs français,
japonais et chinois ont également participé à
la création de nombreuses uvres d'envergure, présentées
dans plusieurs festivals de films internationaux.
Un dernier mot obligé sur le film Urga du russe Nikita Mikhailkov
(lion d'or au festival de Venise en 1991 - programmé cet
été à La Maline) : une uvre généreuse,
intense, relatant l'amitié entre un camionneur russe et un
pasteur mongol de Mandchourie, qui a permis au monde entier de découvrir
les paysages du " pays du ciel toujours bleu " mais aussi
un mode de vie nomade nouvellement menacé par l'urbanisation
croissante ", explique le texte de présentation de la
manifestation.
Étaient proposés sous la deuxième yourte les
films suivants, résumés comme suit :
- " Le Tamir limpide " (Tungalag Tamir), réalisé
en 1970 par R. Dordjpalam, dépeint la vie d'un éleveur
emporté dans la tourmente des événements des
années 1920 révolutionnaires. Le film met tout d'abord
l'accent sur les disparités sociales de l'époque puis
évoque dans une deuxième partie l'accession au pouvoir
du nouveau gouvernement populaire.
- " Les Cinq Couleurs de l'arc-en-ciel " (Solonghiin
tavan öngö), réalisé en 1979 par B. Nagnaidordj,
retrace la vie du peintre Charav, comment il fut amené à
peindre pour le Bogd Ghegheen et comment son plus célèbre
tableau, " Trois journées mongoles ", entraîna
sa disgrâce. Ce film marque l'arrivée de la couleur
dans le cinéma mongol. Lorsque le héros découvre
le chemin du parti communiste, l'écran s'épanouit
en couleurs, alors que son séjour auprès du Bogd Ghegheen
était filmé en noir et blanc.
- " Selon la volonté du ciel " (Tengheriin sakhil),
réalisé en 1991 par C. Djumdan, évoque des
relations incestueuses entre enfants séparés depuis
leur petite enfance. Le cinéma mongol de ces années-là
se définit par des scenarii sinistres à l'atmosphère
lourde : les relations sociales dénaturées (relations
entre parents ou entre membres d'une même famille) semblent
particulièrement inspirer les cinéastes.
- Aldas, réalisé en 1994 par C. Djumdan. À
travers la rencontre des traditions mongoles et de la modernité
occidentale, l'auteur aborde les problèmes inhérents
à l'émergence des nouveaux riches. La narration de
la vie d'un jeune boxeur qui finit en prison révèle
le désuvrement de la jeunesse actuelle.
À cette programmation s'ajoutaient quelques courts métrages
et autres documentaires originaux. Les films n'étaient pas
traduits en français, mais des résumés étaient
distribués aux spectateurs.
4 - Khan Bogd ou le crépuscule des steppes
" La musique traditionnelle mongole, écrivent les organisateurs
de la manifestation, réunit de nombreux instruments originaux
dont le plus populaire sinon le plus caractéristique du pays
est le morin khuur, à la sonorité proche de celle
du violon. Les deux cordes, effleurées par un archet fait
de crins de cheval attachés, suivent un manche élancé
dont l'extrémité sculptée représente
une tête de cheval. Cet instrument accompagne traditionnellement
le chant du soliste qui fait valoir un large éventail d'utilisations
de la voix humaine, exaltant selon les compositions et spécialités
le mode de vie nomade ou la beauté des paysages mongols...
Le khömii par exemple, ou chant diphonique (pratiqué
quasi exclusivement par des hommes), donne l'impression, au-delà
même des sonorités gutturales (vibrations travaillées
du larynx), de plusieurs notes provenant simultanément de
la même bouche. Exercice intense, lorsqu'on lui associe des
tambours, luths ou autres instruments métalliques, l'auditeur
sensible devine l'expression d'une centralité souterraine,
efflorescence musicale du " cur mongol ".
Si l'ensemble Khan Bogd que dirige Natsag Gankhuyag est habituellement
composé de douze musiciens et chanteurs, la formation présente
à la Couarde-sur-Mer était réduite à
cinq Mongols (les plus jeunes, âgés de 17 à
26 ans) pour des concerts en soirée d'une durée moyenne
de 45 minutes. Ajoutons qu'ils se produisaient pour la première
fois en Europe, et ce, dans le cadre de l'exposition 'Mongolie :
l'archipel nomade' exclusivement ".
(résumé préparé par I. Ch.) 
Notes (I. Ch.) :
1. L'association Goo-Ertunts projette également d'ouvrir
un " entre de créateurs d'art international " en
Mongolie et d'organiser un festival international de danses masquées.
Adresse : The Mongolian Goo-Ertunts Society, P. O. Box 51/312, Ulaanbaatar,
210531 ; tél. (976-11) 55 273 ; portable : (976-991) 241
25 ; Email : <gooertunts@yahoo.com>
2. La société Bi-bid [" moi-nous "] a été
fondée en 1997 pour fabriquer des masques de tsam, des statues
bouddhiques et de l'artisanat de qualité. Depuis 2000, Bi-bid
organise des expositions et des spectacles artistiques et culturels
en Mongolie et à l'étranger (Allemagne, Suisse, Belgique,
etc.). Elle a également fabriqué une statue de Bouddha
de 5 m de haut pour le temple Gundzetchoinei à Saint-Pétersbourg,
et une cinquantaine de masques de tsam pour des représentations,
des monastères et des musées (musée ethnographique
de Genève ; musée de Stutt-gart ; musée ethnographique
d'Anvers, Belgique). Bi-bid est à l'origine de la création
du groupe Khan Bogd en 1998. Tél./fax : (976-11) 55 273 ;
portable : (976-991) 24 125 ; <bibid@magicnet.mn>
3. Peintures figuratives sur coton : scènes de la vie quotidienne
en Mongolie. Quelques mongol dzurag étaient exposés
sous la yourte principale.
4. Le vénérable lama Sereeter est l'un des deux derniers
moines encore vivants à avoir pris part au rituel tsam d'Ourga
(Khüree tsam) dans sa jeunesse.
5. En cours d'édification, d'après une initiative
de Natsag Gankhuyag.
6. Ou " Bouddha vivant d'Ourga " (au troisième
rang dans la hiérarchie du bouddhisme tibétain après
le dalaï-lama et le panchen-lama), huitième djebtsündamba
khoutouktou, alors roi d'une Mongolie théocratique depuis
la chute de la dynastie Qing en 1911.
Permanent International Altaistic Conference.
Nous avons reçu la dernière Newsletter de la PIAC,
qui reparaît après une interruption de trois ans. Le
numéro est très riche et fourmille d'informations
précieuses. Après un rappel sur les buts et les travaux
de la Conférence, " regroupement informel de chercheurs,
jeunes et vieux, intéressés par les études
altaïques et centrasiatiques ", originaires d'une vingtaine
de pays différents et se réunissant une fois par an,
la Newsletter n°27 donne la liste des dates et lieux des colloques
organisés par la PIAC depuis sa fondation en 1957. Rappelons
que la France, à deux reprises, a accueilli des colloques
: en 1970 à Strasbourg, sous la présidence de la turcologue
Irène Mélikoff, et en 1994 à Chantilly, sous
la présidence du grand historien des croisades, Jean Richard.
Les actes de ces colloques sont parus, le premier sous l'intitulé
Traditions religieuses et para-religieuses des peuples altaïques
aux PUF en 1972, et le second, dont le thème était
" L'Eurasie centrale et ses contacts avec le monde occidental
", en tant que numéro 27 de la revue Etudes mongoles
et sibériennes sous la responsabilité de M.-D. Even
en 1996. Quant à la Médaille de la PIAC, elle a été
attribuée deux fois à des Français : le professeur
Jean Richard (1995), déjà cité, et le professeur
James Hamilton (1996), turcologue et sinologue, spécialiste
mondial des Ouïgours historiques.
La Newsletter, après avoir rendu hommage au grand turcologue
Nikolaj Alexandrovitch Baskakov, publie une " confession "
de H.Walravens. Les " confessions " de la PIAC constituent,
de l'avis même de ses membres, le point culminant des colloques:
chaque participant est, en effet, invité à faire le
point sur ses propres recherches et sur celles de ses collègues
absents travaillant sur le domaine altaïque et centrasiatique.
La " confession " de H.Walravens, Some Notes on Central
Asian Studies, est particulièrement intéressante,
car remarquablement documentée sur tout ce qui concerne les
études mandchoues actuelles.
Autres rubriques pouvant susciter la curiosité des lecteurs
d'Anda: la liste des articles d'Ugo Barkmann consacrés aux
études mongoles, une sélection des publications du
Research Institute for Inner Asian Studies of Indiana University
(Papers on Inner Asia) pour ces dix dernières années,
ainsi qu'une sélection de celles de la Mongolia Society,
parmi lesquelles l'admirable biographie du dernier descendant de
Gengis Khan à avoir joué un rôle politique majeur,
The Last Mongol Prince: The Life and Times of Demchugdongrob, 1902-1966,
par Sechen Jagchid.
Enfin, last but not least, le secrétaire de la PIAC, Denis
Sinor lui-même, narre avec la verve et l'humour qu'on lui
connaît la petite histoire de la PIAC en une dizaine de pages
absolument passionnantes. Pour les lecteurs qui désireraient
entrer en contact avec la PIAC:
Permanent International Altaistic Conference. Prof.Denis Sinor,
Goodbody Hall 157, 1011 E. 3rd St., Bloomington, IN 47405-7005.
Fax: 812-855-7500. E-mail : <sinord@indiana.edu>
Signalons que le professeur Denis Sinor, membre de l'Académie
des Inscriptions et belles-lettres, a donné une conférence
vendredi 15 novembre à l'Institut de France. Le thème
abordé était le manuscrit d'une lettre en latin médiéval
qui lui avait été remis par un collègue. Il
a identifié son auteur comme étant le dominicain Julien
de Hongrie et a retrouvé l'original du manuscrit à
la bibliothèque de l'Université de Innsbruck (deux
copies sont conservées au Vatican).
La lettre traite des expéditions menées par des frères
dominicains à la recherche de la " Seconde Hongrie ",
encore appelée Grande Hongrie ou Hongrie ancienne.
L'analyse de la lettre a conduit le professeur Sinor, entre autres
résultats, à mettre en doute la qualité de
Hongrois de Frère Julien, et à situer la Seconde Hongrie
près de la mer d'Azov et non dans le bassin de la moyenne
Volga. Un débat fort intéressant a suivi auquel a
participé l'historien des croisades Jean Richard, actuel
président de l'Académie.
(M.-L.B.) 
Les colloques Sénat-Centre français du commerce
extérieur : Rencontre Mongolie
à l'occasion de la visite en France de M. Tumur Ochir, président
du Parlement mongol
Palais du Luxembourg - Vendredi 18 octobre 2002 de 9h30
à 14h30 (accueil à partir de 9h)
Participation : 273,88 euros TTC (remise de 20 % pour les membres
du Club Carrefour Iéna International)
Information : Sylvie Mailleux-Prévotat, Attachée Asie
- Tél.: 01 40 73 33 31
Inscriptions : Valérie Tordjman, Cellule logistique - Tél.:
01 40 73 34 78
L'année 2002 a été qualifiée "d'année
des investissements" par le gouvernement mongol qui vient de
réunir sur ce thème plus de 450 entreprises étrangères
à Oulan-bator, du 17 au 19 septembre dernier. Cinq secteurs
de développement sont jugés prioritaires : les infrastructures,
l'agroalimentaire, les mines, les technologies de l'information
et de la communication et le tourisme.
La Mongolie a entrepris depuis 1991 la modernisation de ses institutions
et sa transition vers l'économie de marché. C'est
aujourd'hui une des démocraties les plus avancées
et les plus stables d'Asie. Plus lente à se mettre en place,
la libéralisation de l'économie est néanmoins
une réalité. Le secteur privé représente
déjà 70 % du PIB. En dépit de hadicaps
réels (climat, sous-développement des infrastructures),
la Mongolie dispose d'importants atouts pour accéder à
terme au rang de pays émergent : niveau d'éducation
élevé de la population, ressources du sous-sol, potentiel
de l'élevage. La communauté des pays bailleurs d'aide
(Japon, Etats-Unis, Union européenne) et des institutions
financières internationales (Banque mondiale, BAD, FMI) la
soutient depuis dix ans. 320 millions de dollars de dons et
de prêts sur deux ans ont ainsi été annoncés
en mai 2001 lors de la réunion des donateurs de Paris.
La France n'occupe encore qu'un rang modeste puisqu'elle représente
moins de 1 % du marché. Des entreprises françaises,
dont quelques PME, on réussi à se faire une place
importance dans certains secteurs, tels les télécommunications
(Alcatel) ou les mines (Cogema). Les financements multilatéraux,
y compris européens (Tacis), devraient permettre à
des entreprises françaises de s'imposer dans des secteurs
(agroalimentaire, énergie) où nous disposons de références
non négligeables en Asie.
La visite officielle de M. Tumur Ochir fait suite à une mission,
en juillet dernier, du groupe sénatorial france-Mongolie.
Le rapport réalisé à cette occasion sera présenté
lors de la réunion.
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Jacques-Olivier Manent
Ambassadeur de France en Mongolie |
Avec les interventions de :
- Patrice Gélard, président du groupe interparlementaire
France-Mongolie au Sénat
- Jacques-Olivier Manent, ambassadeur de France en Mongolie
- Caroline Cerruti, responsable Monde chinois-Mongolie à
la Direction des relations économiques extérieures
- Hervé Jevardat, responsable suivi marchés publics
et projets internationaux Asie au C.F.C.E.
- Témoignages d'entreprises
et l'allocution du président Tumur Ochir qui rejoindra la
réunion, avec les membres de sa délégation,
à 11h45.
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