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Bloc-Notes 2001
Festival Est-Ouest : Sibérie. Ce festival, le 13e
organisé par la ville de Die dans la Drôme avec le parrainage
de Télérama, s'est tenu du 28 septembre au 7 octobre 2001.
Il comportait une vaste série de manifestations centrées
sur la Bouriatie, d'où était venue plus d'une vingtaine
de participants : concerts, films, spectacles de danse et de théâtre
(avec trois groupes de musiciens, chanteurs et danseurs, venus d'Irkoutsk
et d'Oulan-Oudé), huit expositions dans divers lieux de la ville
(dont une de sculptures sur écorce de bouleau et une autre de thankas
bouriates), de nombreuses tables rondes avec la participation de divers
spécialistes portant, entre autres, sur les écrivains contemporains,
sur le Goulag tsariste et soviétique, sur les décembristes
(exilés presque tous dans la région du Baïkal) avec
la participation de E.Iatchmenov (conservateur du musée des décembristes
à Irkoutsk), sur la situation religieuse actuelle, sur les langues
et littératures des peuples minoritaires de Sibérie.
Parmi les participants, mentionnons Anne-Victoire Charrin, professeur
à l'Institut national des langues et civilisations orientales,
qui a montré un très beau film sur les Koriaks, Dominique
Samson qui rédige sa thèse de doctorat sur les épopées
nénètses, Roberte Hamayon, professeur à l'École
pratique des Hautes Études, Bair Dugarov, président de l'Union
des écrivains de Bouriatie, qui a joué un rôle déterminant
depuis dix ans dans les manifestations organisées autour du héros
Geser [Gheser] et de la version bouriate de son épopée,
et Boris Dondukov, chargé des relations publiques du Khambo-lama,
chef de l'Église bouddhique de la Fédération de Russie.
À titre d'indication sur le succès remporté par le
festival, notons que les spectacles de musiciens et de danseurs de Bouriatie
qui se sont tenus les deux samedis soirs dans la cathédrale (un
groupe russe avec balalaïkas, un groupe avec moriin khuur - vièle
à tête de cheval -, divers chanteurs y compris un jeune rappeur,
et également E. Iatchmenov jouant Schubert au piano, etc.) ont
rassemblé un public de 600 à 800 personnes.
On peut souligner l'importance de la motivation des bénévoles
de cette petite ville de Die et leur accueil chaleureux et efficace. Le
public était venu en foule de toute la région, et même
de Lyon et de Paris, assister aux divers spectacles et suivre les discussions
passionnées autour des tables rondes.
Anda 42
Rencontres avec l'Asie centrale. À l'occasion de la parution
du numéro spécial de Missives, la revue de la Société
littéraire de La Poste et de France Télécom, intitulé
Images culturelles de l'Asie centrale contemporaine. Exemples, le Studio
Raspail (216 Boulevard Raspail, 75014 Paris) accueille deux séries
de manifestations.
Les 6 et 7 octobre 2001 : projections de films kazakhs dont Kardiogramma
de Darejan Omirbaev, un représentant de la nouvelle vague , et
La biographie d'un jeune accordéoniste de Satybaldy Narynbetov,
concert d'un ensemble féminin ouzbek, défilé de monde
ouzbèke, tables rondes sur le rôle des femmes en Asie centrale,
les catastrophes écologiques et le développement économique,
les littératures d'Asie centrale.
Les 18, 19 et 20 octobre : présentation d'ouvrages récemment
parus sur l'Asie centrale (Le Kazakhstan, de Catherine Pujol dans
la collection Que sais-je? et Le dictionnaire de l'Asie centrale
aux éditions Ellipses, entre autres), projections de films kirghizes
(L'Empire des montagnes, un documentaire de Karel Prokop, et Le bateau
blanc, de Bolot Chamchiev, d'après le livre de Tchinguiz Aïtmatov
qui sera présent lors du débat suivant la projection), divers
concerts d'ensembles de musiciens et chanteurs kirghizes et ouzbeks.
Entrée libre, à l'exception des concerts (60F).
Renseignements et réservations au 01 45 23 04 21 (Martine Rauzet)
et 01 40 22 94 43 (Anne-Marie Bence).
Anda 42
28 septembre au 7 octobre 2001
13e festival Est-Ouest / Sibérieà DIE dans la Drôme.
http://www.est-ouest.com
Du 29 septembre au 1er octobre 2000, le Salon du tourisme à
Angers présentait notamment, et avec succès, la Mongolie.
Octobre 2000. L'association humanitaire "Médecins du Monde"
a exposé en octobre au siège de l'association une exposition
de photos de Franck Desplanques consacrées à la vie des
Nénètses, peuple samoyède dont près de la
moitié (15000) vit encore de l'élevage du renne à
Yamal, mais aussi de la pêche, loin de toutes structures médicales,
aux confins de l'Oural polaire. Du fait de leur isolement, les nomades
ont été durement affectés par l'effondrement brutal
du système mis en place par les Soviétiques. Les pathologies
les plus rencontrées sont des traumatismes, des maladies pulmonaires
parmi lesquelles la tuberculose, des maladies infantiles qui se compliquent
faute des soins. En outre, l'alcoolisme fait des ravages dans les villages
nénètses, comme chez
les nombreux Russes venus travailler à l'exploitation du plus
grand gisement de gaz du monde (ils forment aujourd'hui 93% de la population
de Yamal). "Médecins du Monde" a organisé des
stages pour créer un réseau de techniciens de santé
chez les nomades de la toundra. (Médecins du Monde n° 60, sept.
2000).

Conférences - Expositions
"Chamanismes". Tel est le thème choisi cette
année par la Société des Amis du Musée
de l'Homme pour son cycle de Conférences du déjeuner
proposé par aura cette année. Notons, en particulier, les
rendez-vous suivants :
Mardi 16 octobre 2001,
"Introduction au chamanisme, une religion des peuples chasseurs.
Les grandes étapes de son étude en Occident : diabolisation,
médicalisation, idéalisation",
par Roberte Hamayon, directeur d'études à l'École
pratique des Hautes Études, fondateur du CEMS.
Mardi 13 novembre 2001,
"Le chamanisme sibérien vu à travers les collections
du Musée de l'Homme. Festins d'âmes et robes d'esprits",
par Laurence Delaby, docteur en sciences religieuses, et Marie-Lise Beffa,
maître de conférences à l'Université de Paris
VIII, membres du CEMS
Les conférences ont lieu à 12h30, dans la salle de cours
du Musée de l'Homme (3e étage), place du Trocadéro,
Paris 16e. Durée des conférences, avec diapositives et débat
: 1h30. Entrée libre.
Exposition : à Marseille, "Mongolie, terre des
hommes" : exposition photo et séances de projection de
diapositives organisées par Christine Kristof, journaliste, au
salon de thé Nasr'Eddin, 1 bis rue Pastoret, 13 006 Marseille,
tel 04 96 12 03 21, et au Cyber-Café, 75 rue de Lodi, 13 006 Marseille.
A cette occasion des collectes des vêtements chauds, de couvertures,
de duvets.... seront aussi organisées.
Pour des renseignements complémentaires, appeler le 04 91 52 42
16 ou le 06 70 03 29 12.
Exposition de photos de Sophie ZENON: "Temudjin, l'esprit du vent"
- à la FNAC de Caen du 7 au 31 mai, parallèlement au Festival
des photographes Voyageurs de Honfleur,
- à la FNAC d'Orléans du 24 septembre à fin novembre
2001.
L'exposition des photographies d'Angèle et Jacques Mayeux "Tsaatanes
: ceux qui ont des rennes" au musée de l'Hospice Comtesse
de Lille, du 1er au 30 septembre, a remporté un vif succès,
comme en ont témoigné les nombreux comptes rendus de la
presse locale et régionale.
Angèle et Jacques Mayeux, tous deux professeurs d'arts plastiques,
parcourent depuis plusieurs années les régions du globe
où vivent des populations peu connues : Zanskar, Ladakh, Hindu
Kuch, Kirghizie et, en 1997 et 2000, le pays des Tsaatanes au nord de
la Mongolie, en lisière de la république de Touva.
Passionnés avant tout de rencontres humaines, ils ont rapporté
de leurs deux derniers voyages des dizaines de photographies dont plus
de 80, de grand ou très grand format, ornaient les murs de la salle
d'exposition, au centre de laquelle trônait en outre un mannequin
de chamane darkhate avec son tambour, prêté (pour la première
fois) par le musée national d'histoire d'Oulan-Bator.
Au vernissage du 7 septembre, S.E. Monsieur G. Luudzan, ambassadeur de
Mongolie en France, a pris la parole en présence de Monsieur Pierre
de Saintignon, premier adjoint au maire de Lille qui lui a remis la médaille
d'honneur de la ville, de Madame Catherine Monnet, conservatrice du musée
de l'Hospice Comtesse, de Monsieur M. Ayuch, conservateur du musée
national d'histoire d'Oulan-Bator, de nombreuses autres personnalités
et de
plus de 400 personnes venues à cette occasion.
Le catalogue de l'exposition (20 pages format A4, texte et photos couleur)
était vendu 50 F au profit exclusif des Tsaatanes, chez lesquels
nos amis comptent bien se rendre à nouveau l'été
prochain en leur apportant des sacs de farine et des bâches pour
leurs urts (habitations en forme de tipi). Ceux qui voudraient encore
se procurer ce catalogue (20 pages format A4, texte et photos couleur)
peuvent écrire à :
J. et A. Mayeux, 306 impasse Taerte Straete, 59114 Terdeghem, en joignant
un chèque de 65 F (port compris) à l'ordre de " Association
Zanskar ".
À signaler aussi : une liaison Internet, ouverte à l'occasion
de l'exposition, pour un forum de discussion, au Centre de culture et
de langue françaises d'Oulan-Bator : www.tsaatanes.fr.st
Anda 42
L'exposition "Un rêve d'Asie", qui s'est tenue
à Bourges du 24 avril au 5 mai, a fait découvrir les uvres
de quatre peintres mongols, des yourtes (dont celle récemment arrivée
de Mongolie, remarquable par les sculptures en bois qui décorent
en particulier ses piliers, sa porte et le toono, couronne du toit : cf.
Anda 40). A cette occasion, la pianiste mongole Erdenetchimeg Gontchigsumlaa-Szaniawski
a donné deux concerts au théâtre Jacques-Coeur de
Bourges où elle a interprété des oeuvres du répertoire
mongol.
La 73e Foirexpo de Niort, du 28 avril au 6 mai, avait pour invité
la Mongolie. Elle y consacrait un pavillon, en collaboration avec, entre
autres, le Centre Pouchkine (c'est à l'initiative de ce dernier
que le Festival " Passages " de Nancy avait, rappelons-le, organisé
au printemps 1999 la venue de moines du monastère de Gandan à
Oulan-Bator pour présenter les danses religieuses bouddhiques du
Tsam : cf. Anda 33-34, avril-juillet 1999).
A Niort, c'est dans un décor reconstitué de 2000 m²
évoquant la steppe, la taïga et le sable que les visiteurs
ont pu découvrir la Mongolie, ses obos (ovoo), montjoies de pierres
ou de branchages marquant les cols, où sont honorés les
esprits des lieux, mais aussi, pour la première fois en France,
une yourte-temple agencée et décorée par des moines
venus du monastère de Gandantegtchilen (le second du monastère,
le Da lama Amgalan, était lui-même présent).
Les visiteurs ont aussi pu rencontrer le professeur S. Djambaldordj, qui
présentait l'écriture mongole ancienne (écriture
ouïgouro-mongole), et des auteurs d'ouvrages consacrés à
la Mongolie comme le photographe Etienne Dehau, Muriel Romana ou Magali
Schneider. Des musiciens, lutteurs, contorsionnistes, dresseurs de loups,
étaient aussi présents, accompagnés d'artisans mongols.
On pouvait également admirer des peintures et aquarelles, ainsi
que des photos de Roger Roupper.
Angèle et Jacques Mayeux, fidèles membres d'Anda, qui nous
avaient déjà montré quelques-unes de leurs photos
à Boulogne, lors de la fête du 10e anniversaire de notre
association, annoncent leur exposition " Tsaatanes - Ceux qui ont
des rennes ", qui sera présentée au Musée de
l'Hospice Comtesse, 32 rue de la Monnaie, à Lille, du 1er au 30
septembre 2001. Les auteurs, qui ont séjourné à deux
reprises parmi des Tsaatanes (en 1997 et 2000), feront admirer au public
quelque 80 photographies couleur de grand format et partager leur expérience
personnelle.
Pour tout renseignement sur les horaires d'ouverture, conférences
et visites guidées éventuelles, s'adresser au secrétariat
du musée : tél. 03 28 36 84 00.
" Temudjin, l'esprit du vent ", photographies de Sophie
Zenon : à la FNAC de Caen du 7 au 31 mai, parallèlement
au Festival des photographes voyageurs de Honfleur, et à la FNAC
d'Orléans du 24 septembre à fin novembre 2001.
" Au delà de l'Altaï ", photographies de
Carole Morin, à la FNAC de Troyes (5, rue de la République,
10000 Troyes), du 9 juin au 13 juillet 2001.
Une exposition remarquable sur les fouilles menées au Turkestan
oriental par des archéologues français (équipe de
H.-P Francfort du CNRS) et leurs collègues du Bureau du patrimoine
du Xinjiang (Chine) s'est tenue du 14 février au 27 mai 2001 à
l'espace Electra, 6, rue Récamier à Paris, sous le titre
"KERIYA, mémoires d'un fleuve. Archéologie et civilisation
dans les oasis du Taklamakan".
Eté 2001
L'Odyssée des steppes, la traversée à pied de la Mongolie, par
Marc Alaux et Laurent Barroo, à la découverte des sites archéologiques.
Suivez-les sur le site Web de la Maison d'édition Transboréal (rubrique
actualité) spécialisée dans les récits de voyage au long cours.
http://www.transboreal.fr/accueil/accueil.html
Anda 41
14 février-27 mai 2001. EXPOSITION : ARCHEOLOGIE AU TAKLAMAKAN
A l'espace Electra, 6, rue Récamier, dans le 6e (M° Sèvres-Babylone),
de 12h à 19h sauf les lundis et jours fériés : "KERIYA, mémoires d'un
fleuve. Archéologie et civilisation dans les oasis du Taklamakan". Une
exposition tout à fait remarquable sur le travail de fouilles mené par
des archéologues français (équipe de H.-P Francfort du CNRS) et leurs
collègues du Bureau du patrimoine du Xinjiang dans cette région du Turkestan
oriental.
BOURGES : Exposition "Un rêve d'Asie" du 24 avril
au 5 mai 2001
Hôtel du Département, de 9h à 18h (9h à 20h
le dimanche).
L'exposition "Un rêve d'Asie" nous fait découvrir
les oeuvres de quatre peintres mongols, des yourtes (dont celle récemment
arrivée de Mongolie, remarquable par les sculptures en bois qui
décorent en particulier ses piliers, sa porte et le toono ou couronne
du toit : cf. Anda 40).
A cette occasion, la pianiste mongole Erdenetchimeg Gontchigsumlaa- Szaniawski
donnera deux concerts gratuits au théâtre Jacques Coeur de
Bourges où elle interprétera des oeuvres du répertoire
mongol : le 24 avril à 20h30, ainsi que le vendredi 27.
73e FOIREXPO DE NIORT : du 28 avril au 6 mai 2001
Cette année, la Foirexpo de Niort, seule foire municipale de
France, a pour invitée la Mongolie. Elle y consacre un pavillon,
en collaboration avec, entre autres, le Centre Pouchkine (c'est à
l'initiative de ce
dernier que le Festival Passages de Nancy avait, rappelons-le, organisé
au printemps 1999 la venue de moines du monastère de Gandan d'Oulan-Bator
pour présenter les danses religieuses bouddhiques du Tsam : cf.
Anda 33-34, avril-juillet
1999).
A Niort, c'est dans un décor reconstitué de 2000 m²
évoquant la steppe, la taïga et le sable que les visiteurs
sont invités à découvrir la Mongolie. Ils y verront
un obo (ovoo), ces monticules rituels de
pierres ou de branchages marquant les cols, lieux de culte et de festivités,
mais aussi, pour la première fois en France, une yourte-temple
agencée et décorée par des moines venus tout exprès
du monastère de Gandantegtchilen (le second du monastère,
le Da lama Amgalan, devrait être lui-même présent).
Les visiteurs pourront aussi rencontrer le professeur Djambaldordj, qui
présentera en particulier l'écriture mongole ancienne (ou
ouïgouro-mongole). Des musiciens, lutteurs, contorsionnistes seront
aussi présents, ainsi que des artisans mongols travaillant le cuir,
les métaux et le bois. Enfin, ils pourront aussi admirer des peintures
et quarelles, une exposition photos de Roger Roupper et des auteurs d'ouvrages
consacrés à la Mongolie : Homéric, Etienne Dehau,
Muriel Romana, Magali Schneider).
Foirexpo de Niort, Parc des Expositions, Boulevard Salvador Allende.
Tél. 05 49 78 71 10 / E-mail : foirexpo@mairie-niort.fr.
Jeudi 26 avril 2001, 18h : «Autour de la Kolyma: villes, villages
et autochtones (septembre-octobre 2000)»
Conférence publique de Boris Chichlo, Chritian Malet, Joëlle
Robert-Lamblin.
Lieu: 9, rue Michelet Paris 75006 (M° Luxembourg, Vavin, Port-Royal)
Tél. 01.43.26.50.89.
Organisé par: Association «France-Sibérie»,
Centre détudes sibériennes, Centre détudes
slaves, dans le cadre du séminaire de Boris Chichlo «Sibérie
: peuples, régions, cultures».
M. Pierre-Henri GISCARD, coordinateur des recherches archéologiques
menées en Mongolie sous l'égide de l'UNESCO (cf. Anda 28,
janvier 1998, p. 7-9), a donné le 24 janvier 2001 sous le titre
"L'empereur des steppes", une conférence consacrée
aux nécropoles impériales xiongnu récemment découvertes,
en particulier celle de Gol Mod.
L'exposition "Chine, la gloire des empereurs", qui se
tenait au Petit Palais à Paris jusqu'au 28 janvier 2001, présentait
de nombreuses pièces du temps de la dynastie des Liao du Nord (916-1125),
découvertes en Mongolie-Intérieure en 1986.
Deux autres expositions parisiennes ne manqueront pas d'intéresser
les lecteurs d'Anda en ce début d'année 2001.
" L'Asie des steppes, d'Alexandre le Grand à Gengis Khan
" au musée Guimet, du 19 janvier au 9 avril 2001 présente
plus de 150 uvres en provenance notamment du musée l'Ermitage de
Saint-Pétersbourg, de l'Académie des sciences d'Oulan-Bator
et des musées de Mongolie-Intérieure. Elles témoignent
des différentes civilisations qui se sont succédé
au long des siècles dans les steppes de l'Asie, soit de pure tradition
nomade, soit influencées par l'art grec, indien ou chinois. La
plupart de ces uvres ont été découvertes dans des
tombes : armes, bijoux en or, ornements de chevaux, monnaies, tissus...
On verra entre autres avec intérêt les objets exhumés
de la nécropole d'Eghiin Gol, en cours d'exploration au nord-ouest
d'Oulan-Bator.
" L'Or des amazones, peuples nomades entre Asie et Europe (6e
siècle avant J.-C - 3e siècle après) " au
musée Cernuschi, du 15 mars au 15 juillet 2001 présentera
de son côté un choix de pièces prestigieuses, représentatives
de l'art des Scythes à celui des Sarmates, dont la très
riche tombe de la princesse sarmate de Kobiakovo dont le contenu sera
exposé en totalité.
Réouverture du musée Guimet. Le Musée national
des Arts asiatiques Guimet, refait à neuf, a été
inauguré lundi 15 janvier 2001 et a rouvert ses portes au public
le 20 janvier. Plus important musée d'art asiatique d'Europe par
le nombre de ses uvres (environ 45 000 pièces), le Musée
Guimet a été créé en 1899 comme "Musée
des religions" par l'industriel Emile Guimet. Cette dernière
rénovation, décidée en 1992, devait redonner une
lisibilité au musée. Il ne s'agissait pas, explique son
responsable, Jean-François Jarrige, de montrer plus d'objets répertoriés
importants, mais de mieux les montrer. Après six ans de fermeture,
dont trois et demi de travaux s'élevant à 350 millions de
francs (53,35 millions d'euros), les surfaces utiles sont passées
de 10 000 à près de 13 000 m2 (grâce en particulier
au creusement de 11 mètres en sous-sol ) et nombre de cloisons
et de murs ont disparu. La belle rotonde et ses cariatides s'offrent à
nouveau au regard du visiteur. Les collections sont présentées
par pays et par ordre chronologique; les conservateurs ont aussi voulu
décloisonner entre les techniques (sculpture, céramique,
orfèvrerie, peinture et autres arts dits décoratifs), ainsi
qu'éviter les présentations thématiques. Une plus
grande place a été faite à certains pays (Japon,
Corée en particulier) ou à certaines collections (peintures
chinoise, coréenne et japonaise) autrefois sous-représentés.
La réouverture du musée Guimet est l'occasion de plusieurs
publications, dont l'Album du musée national des Arts asiatiques-Guimet.
A la télévision, la chaîne ARTE diffusera les 10
et 17 février, à 20h15 et 20h45, quatre documentaires (Chine
et Japon).
Enfin, les collections du musée pourront être découvertes
sur son site internet (www.museeguimet.fr).
Adresse : 6, Place d'Iéna, 75116 Paris. Tél: 01 56 52 53
00, fax: 01 56 52 53 54.
Toujours actifs, Henri et Annie Boudin nous annoncent pour le printemps
prochain deux foires-expositions axées sur la Mongolie : à
Alençon, du 28 février au 5 mars, et à Niort,
en avril-mai.
La foire exposition d'Alençon (Orne), où se pressent habituellement
quelque 40 000 visiteurs, se tiendra cette année du 28 février
(inauguration) au 5 mars 2001. Un espace y sera réservé
pour la Mongolie, avec de nombreuses animations. A côté des
stands (cachemire, vodka, artisanat, tourisme), d'une vidéo, d'un
diaporama, le visiteur pourra découvrir deux expositions sur la
vie quotidienne dont une sur "La Mongolie vue par des enfants français",
une yourte meublée avec objets de la vie quotidienne (vêtements,
jeu d'échecs, selle, couteau à sueur, tabatières,
etc.), mais aussi deux artisans venus tout exprès de Mongolie présenter
les produits en bois et en cuir de leur pays, un artiste peintre exposant
douze de ses tableaux, une contorsionniste, deux acrobates, et même
quatre mannequins, qui feront admirer des créations originales
inspirées des magnifiques costumes d'autrefois. La musique ne sera
pas oubliée, puisque les huit musiciens du groupe mongol "Eschilgen"
se produiront tous les jours.
Jours et heures d'ouverture : les l, 2, 3, 4 et 5 mars, à partir
de 10h.
Contact: Présence-Théma-Communications, B.P. 94, 2 Impasse
Edouard-Vaillant, 93402 Saint-Ouen Cedex. Tél.: 01 40 12 25 52
ou 06 80 01 63 22; fax: 01 40 1118 61.
En outre, du 12 au 16 mars, au C.E. Renault, à Rueil Malmaison
(92), 79, rue des Bons Raisins, la Mongolie sera aussi à l'honneur
avec une exposition retraçant l'histoire de la Mongolie, des tableaux
d'artistes mongols, conférence (J. Thevenet, le 12), la prestation
d'un musicien mongol (le 13, à partir de 11h30). Même contact
que ci-dessus.

Spectacles
Le groupe de chanteurs mongols "Egschiglen" s'est produit
courant mai au Musée des arts asiatiques de Nice.
Le groupe de chanteurs sibériens " Huun-Huur Tu "
s'est produit à Paris (les 30 juillet et 1er août au jardin
du Luxembourg, le 2 juillet au parc de Belleville), dans le cadre du programme
"Paris quartiers d'été, musiques du monde".
Anda 42
Le groupe de musiciens touvas HUUN HUUR TU s'est produit au festival
Banlieues bleues - Jazz en Seine-Saint-Denis le 3 avril 2001. Le concert
était précédé d'un atelier ouvert au public,
animé par les musiciens, et consacré aux techniques du chant
diphonique (en mongol khömii).
Le 2 mai au Théâtre de la Ville, 2 place du Chatelet, Paris,
dans le cadre de " chants et musiques des steppes " s'est produit
le morin khuurtch (joueur de vièle à tête de cheval)
mongol, M. Tsogbadarakh.
Le groupe de chanteurs et danseurs tchouktches ATASIKUN s'est produit
pour la première fois à l'étranger ce printemps :
il était à Brest en avril, à Nancy, à l'invitation
du Festival Passages et à Bar-le-Duc début mai. L'écrivain
Omruvié, qui les accompagnait, ainsi que Charles Wein-stein, étaient
aussi présents au festival "Étonnants Voyageurs "
de Saint- Malo, début juin.
Anda 41
3 avril 2001 : MUSIQUE TOUVA
Dans le cadre du festival Banlieues bleues - Jazz en Seine-Saint-Denis,
du 2 mars au 5 avril 2001, le groupe de musiciens touvas HUUN HUUR TU
se produira le mardi 3 avril à Aubervilliers, Théâtre Zingaro, 176 av.
Jean Jaurès. Le concert sera précédé (probablementà 17h30, à l'Espace
Rencontre d'Aubervilliers), d'un atelier ouvert au public, animé par les
musiciens, et consacré aux techniques du chant diphonique (mong. khömii).
Renseignements :
Banlieues bleues - tél.: 01 49 22 10 10 - fax: 01 49 22 10 11 - site:
www.banlieuesbleues.org
Pour mémoire, signalons que la Mongolie était représentée
à la Biennale de danse de Lyon, placée cette année
sous le signe des Routes de la Soie, à travers la création
d'une chorégraphe d'origine lyonnaise, Kilina Crémona, qui
a travaillé avec un musicien mongol pour un spectacle intitulé
"Le loup bleu", présenté les 21 et 22 septembre
(La Croix du 13/09/2000).
Du 14 au 25 février 2001, les Moines Danseurs du Tibet se sont
produits au théâtre du Soleil, à Vincennes. Le spectacle
fut accompagné de journées d'enseignement bouddhique.
Dans le cadre des "conférences du déjeuner",
qui se tiennent le mardi à 12h30 dans la salle de cours du 3e étage
du Musée de l'Homme, la Société des Amis du Musée
de l'Homme présente cette année un cycle tout à fait
intéressant sur "le nomadisme". Le 10 octobre 2000, Edmond
Bernus a présenté les Touaregs du Sahel; le 14 novembre,
Roberte Hamayon, "Nomades d'hier et d'aujourd'hui dans les steppes
mongoles"; le 12 décembre, Bernard Dupaigne, "Nomades
d'Asie". En 2001, on pourra encore entendre, le 16 janvier, Joëlle
Robert-Lamblin sur le nomadisme de l'Arctique; le 6 février, Serge
Bauchet sur les Pygmées des forêts d'Afrique; le 6 mars,
Thierry Mauger sur les Bédouins d'Arabie. Renseignements au 01
47 04 62 10.
La troupe Tulpan ("Tulipe") des "Choeurs et ballets d'Etat
de Kalmoukie" a effectué cet hiver une tournée en France,
notamment à Monte-Carlo en novembre et à Bourg-la-Reine
en décembre. Créée en 1937 par le chorégraphe
Valéry Erdniev, cette troupe donne à voir et à entendre
des pièces choisies du répertoire mongol de l'Ouest.
"Rétrospective du film d'Asie centrale". On nous signale
un festival "cinéma du réel" qui aura lieu du
9 au 18 mars 2001 dans la salle de cinéma du centre Georges Pompidou
à Paris tél : 01 44 78 12 33.
Cinéma
Si vous êtes à Paris le samedi 15 décembre à
20h, ou le dimanche 16 décembre à 16 h, ne manquez
pas d'aller voir à l'auditorium du Louvre (sous la pyramide, près
des guichets) un film soviétique célèbre de 1929,
d'une durée de 90 minutes :
" Tempête sur l'Asie " (titre original : Potomok
Tchinguis-Khana, Le descendant de Gengis-khan) de Vsévolod Poudovkine
; scénario d'Ossip Brik, d'après une nouvelle d'Ivan Novokchonov
(1895-1943); dans le rôle principal, le Bouriate Valéri Inkijinoff
(1895-1973); musique (création commande de l'auditorium du Louvre
2001) de Xu Yi (née en 1963).
20 mars 2001 : Film ethnographique
Dans le cadre du 20ème bilan du film ethnographique, au Musée
de l'Homme, place du Trocadéro à Paris, du 10 au 24 mars,
un documentaire "Call for Grace" de Laetitia Merli (30',
2000), sur le renouveau du chamanisme et des pratiques traditionnelles
de guérison en Mongolie, sera projeté le 20 mars,
entre 10h et 13h, dans la session "Des plantes, des hommes et des
prêtres...".
Les deux autres documentaires de la session concernent Cuba et le Venezuela.
Signalons le même jour à 20h30, une session consacrée
aux "minorités et éxilés en Inde" (Les
Amchis du Zanskar, la transmission de la langue et de la culture chez
les Tibétains exilés en Inde, la non-violence et l'indépendance
du Tibet), et le jeudi 22 mars à 20h30, cinq films sur la Chine.
Renseignements : Françoise Foucault, Laurent Pellé
Tél.: 01 47 04 38 20. Fax : 01 45 53 52 82
E-mail : cfe@mnhn.fr

Télévision
Télévision : diffusion du reportage de Jacques Pradel
(52 mn) "Mongolie: un hiver comme les autres", le 8 novembre
sur la Cinquième (câble satellite) à 20h30, suivi
d'un débat avec l'ethnologue
Isabelle Bianquis (Strasbourg), puis sur la Cinquième (herzienne)
le 9 novembre à 16h, le 11 à 14h et le 13 à 15h.
Le dimanche 12 août 2001, de 12h05 à12h55, l'émission
"Géopolis" de Claude Sérillon, sur France
2, a présenté un reportage complet sur la Mongolie actuelle,
dû aux journalistes et cinéastes Tristan Le Braz, Mirjah
Halaj et Charlotte Cailliez, ainsi qu'au réalisateur Emmanuel Maquaire.
En plus des sujets habituels (yourtes, élevage, Naadam
),
les auteurs se sont attachés aux conditions de vie des Mongols
d'aujourd'hui, dans leur contexte économique, social et culturel,
et compte tenu de l'évolution politique du pays au cours de la
dernière décennie. Un reportage qui fera date et dont nous
espérons pouvoir obtenir une vidéocassette pour les membres
d'Anda.
Autres émissions récentes sur la Mongolie, notées
au vol :
- le 29 mai 2001, sur la 5e, Les Mongols du Gobi " et
" Enfants des grands espaces "
- le 4 août 2001, sur la 5e, fête du Naadam, cérémonies
du Tsam et spectacles de l'opéra d'Oulan-Bator.
Anda 42
Dans le cadre des émissions religieuses du dimanche 20 mai 2001
sur Antenne 2, Catherine Barry a présenté, dans le temps
réservé au bouddhisme, à 8h30, " La Mongolie
" à la foire-exposition de Niort (voir infra). Parmi les invités,
on remarquait l'ambassadeur Luudzan, M. Djambaldordj et, présence
aussi remarquable qu'inatttendue, le vénérable lama Yonden
Amgalan, abbé du monastère de Gandan à Oulan-Bator.
Alexandre Cavalli, directeur du Centre Pouchkine de Nancy et invité
d'honneur de l'émission, a donné un aperçu très
pertinent de la situation générale en Mongolie, et de celle
du bouddhisme en particulier.
Anda 41
Aperçu par hasard le mercredi 22 novembre 2000, sur FR 3 à
l'heure du déjeuner, un flash d'annonce d'une page publicitaire
représentant des dessins de chevaux mongols au galop. Une voix
mâle criant "Tuyaa!" accompagnait l'image, tandis que
ce mot s'inscrivait verticalement, en écriture mongole, sur le
côté de l'écran. Qui pourra nous expliquer la raison
d'être de cette étrange apparition ?
Associations
Alliance Mongolie
Un groupe de cavaliers a fondé l'association Alliance Mongolie (Puy de
Dôme) dans le cadre d'un projet d'assistance aux éleveurs de la région
de Tsetserleg (Arkhangaï) où ils font du tourisme équestre depuis plusieurs
années. Ils se proposent notamment d'apporter une assistance vétérinaire
au cheptel en détresse et de créer des conditions de sauvegarde des animaux
à naître, d'aider à la remise en route des activités traditionnelles.
Le projet pourra être suivi sur les sites web <1cheval.com> et .
Ceux qui voudraient en savoir plus et s'associer à ce projet humanitaire
peuvent contacter :
Bernard Courpie, président de l'association Alliance-Mongolie, Le Puy
Blanc, 63270 Vic Le Comte
Tél. 04 73 69 02 50 88 ou 06 76 58 79 83
e-mail : alliancemongolie@club-internet.fr
ou Isabelle Berger au 04 73 69 08 30.
Vie scientifique
11 au 14 octobre 2001
La deuxième conférence annuelle de la Central Eurasian Studies Society
(CESS) aura lieu du 11 au 14 octobre 2001, à l’Université du Wisconsin,
Madison (USA). Elle est organisée conjointement par la CESS et le département
de langues et de cultures asiatiques del’Université du Wisconsin-Madison.
Les communications porteront sur l’histoire, les langues et les cultures,
les Etats et sociétés modernes des populations turques, mongoles, iraniennes,
caucasiennes, tibétaines, etc., de la zone eurasiatique.
Les participants sont priés d’envoyer un résumé de leur communication
accompagné de leur bulletin d’inscription avant le 15 mai 2001 à l’adresse
suivante: Center for Russia, East Europe, and Central Asia - University
of Wisconsin - 210 Ingraham Hall - 1155 Observatory Drive - Madison, WI
53706-1397 U.S.A. - Tel.: 1-608-262-3379; fax 1-608-265-3062 - E-mail:
creeca@intl-institute.wisc.edu
Inscription en ligne à: http://www.wisc.edu/creeca/
Les résumés de la première conférence annuelle
de la CESS peuvent être consultés sur son site:
http://www.fas.harvard.edu/cess
Ceux de la conférence de 2001 le seront sur ce même site
ou sur celui du CREECA indiqué supra.
Pour en savoir plus sur la CESS, sadresser à son président,
John Schoeberlein, par mail <CESS@fas.harvard.edu> ou par courrier
: John Schoeberlein/CESS, Harvard Forum for Central Asian Studies, 1737
Cambridge St., Cambridge, MA 02138 USA.
Pour en savoir plus sur la conférence annuelle, sadresser
à Steve Sabol sosabol@newmail.uncc.edu
ou au Prof. Uli Schamiloglu uschamil@facstaff.wisc.edu, (Uli Schamiloglu,
Professor of Turkic & Central Eurasian Studies, Department of Languages
and Cultures of Asia [polyglot.lss.wisc.edu/langasia], 1254 Van Hise,
1220 Linden Drive Madison, WI 53706 USA - tel. 1-608-262-7141 [office],
1-608-262-3012 [department], 1-608-265-3538 [fax]

Livres
Mongolin edzent gürend dzortchison ni (Voyage dans l'Empire mongol),
traduit du français en mongol par T. Tömörkhüleg,
d'après le livre de C. et R. Kappler, Oulan-Bator, 2000.
Dans un couvent de Saint-Jean d'Acre, de retour d'un périple de
16 000 km qui l'a mené entre 1253 et 1255 de Crimée à
la Volga, dans les campements des princes mongols de la Horde d'or, Sartak
et Batou, puis jusqu'au campement du grand khan Möngke, et enfin
à Karakoroum, le moine franciscain Guillaume de Rubrouck, envoyé
de saint Louis (Louis IX), rédige en latin à l'intention
de ce dernier une longue relation de voyage. Elle reste une description
ethnologique inégalée des Mongols de l'époque de
la conquête. En 1985, Claude-Claire et René Kappler en donnaient
aux éditions Payot sous le titre " Voyage dans l'Empire
mongol " une remarquable traduction française augmentée
d'une introduction, de notes détaillées, de commentaires
thématiques, d'un index analytique et d'un index des noms propres,
qui reflétait les acquis des travaux sur le sujet et mettait à
portée du grand public le passionnant journal de bord de Frère
Guillaume.
Sa lecture devait inspirer à Pierre Létang et à
Benoît Gayet l'organisation durant l'été 1990 d'une
mémorable chevauchée en Mongolie, de Bulgan à Karakorum,
" sur les traces de Guillaume de Rubrouck ", qu'ils
surent faire partager à d'autres enthousisates et qui fut la première
de ce type en Mongolie encore socialiste (mais pour bien peu de temps :
en mars 1991, le présidium du comité central du parti populaire
révolutionnaire mongol démissionnait en bloc, ce qui ouvrait
la voie à l'adoption d'institutions démocratiques).
Le témoignage de Guillaume de Rubrouck méritait des honneurs
tout particuliers et, en 1993, l'Imprimerie nationale offrit l'écrin
luxueux de sa collection Voyages et Découvertes à la traduction
des Kappler, qui se trouva ainsi enrichie de nombreuses illustrations
parmi lesquelles les superbes photos de Roland Michaud, l'un des membres
de l'expédition de 1990.
En 1996, à l'occasion du voyage en France du premier président
mongol élu au suffrage universel, P. Otchirbat, les deux pays décidèrent
de collaborer à l'édition d'une version mongole de cette
traduction française. Celle-ci fut confiée à T. Tömörkhüleg
Üsüd (le dernier nom, Üsüd, est l'ovog, ou nom de
clan, du traducteur ; à nouveau utilisé en Mongolie, il
ne chasse pas pour autant, on le voit, le patronyme introduit à
l'époque communiste et correspondant au nom personnel du père
- ce patronyme, souvent noté par la seule initiale, ici T., se
place avant le nom personnel, ici Tömörkhüleg). Le projet,
financé par la France, a été coordonné par
l'ambassade de France en Mongolie et le Centre de culture et de langue
françaises. Un millier d'exemplaires du livre a été
tiré, et les bénéfices devraient permettre à
l'avenir de financer la traduction d'autres ouvrages français.
Cette version mongole de la relation de Rubrouck, parue en 2000 sous
le titre Mongoliin edzent gürend dzortchison ni, fait suite à
une précédente traduction parue, elle, en 1988 (et aujourd'hui
quasiment introuvable), établie d'après la version du latiniste
russe A.J. Malein (1911) et accompagnée de la relation du voyage
en Mongolie de Jean de Plan Carpin, effectué dix ans avant celui
de Rubrouck.
L'édition mongole ne reprend pas le format luxueux et les illustrations
de l'Imprimerie nationale, trop coûteux, qui n'auraient pas permis
une diffusion large de l'ouvrage auprès du public mongol. En revanche,
elle restitue intégralement le texte et les notes et commentaires
des Kappler. Une carte nouvelle a été dressée, simplifiée,
mais prenant en compte les découvertes récentes de ce qui
aurait été, non loin de Mörön et du lac Khövsgöl,
le camp d'hiver de Möngke : sur la nouvelle carte, l'itinéraire
de Rubrouck, après avoir franchi l'Altaï et traversé
les terres du descendant de Güyük, oblique donc vers le nord,
confirmant le témoignage de Rubrouck : " Nous gravîmes
de nouveau des montagnes, gagnant toujours dans la direction du nord.
Enfin, [
] nous entrâmes dans une plaine vaste comme une mer,
si bien que nulle éminence n'apparaissait " (chap. XXVII).
Gageons que les Mongols, qui témoignent aujourd'hui d'un regain
d'intérêt pour cette période de leur histoire, apprécieront
de pouvoir lire dans une édition abordable le passionnant témoignage
de Frère Rubrouck, ainsi que les commentaires érudits ajoutés
par C. et R. Kappler à la traduction du texte.
(MDE)
S. Djambaldordj et E. Sonintogos, Nert mongol khümüüsiin
namtriin oillogo (Notices biographiques de Mongols célèbres),
Oulan-Bator, Interpress, 2000, 315 p.
M. Djambaldordj, journaliste et écrivain que les lecteurs d'Anda
connaissent bien désormais (grâce en particulier à
ses contributions sur le cheval et le chameau), actuellement lecteur de
mongol à l'Institut national des langues et civilisations orientales,
a publié avec son épouse E. Sonintogos, journaliste, ce
bien utile dictionnaire des célébrités mongoles.
Les adhérents présents à la réception du 10e
anniversaire d'Anda en mars dernier se souviendront que les auteurs en
ont offert un exemplaire dédicacé à notre association,
"solide pont entre les peuples français et mongol" (l'ouvrage
est consultable au Centre d'études mongoles et sibériennes).
De même que l'on sert le premier bol de thé au maître
de maison, les auteurs ont tenu à dédier les premières
pages au grand chef de la Mongolie, Gengis Khan. Sa notice est accompagnée
d'une chronologie des principaux événements de sa vie, ainsi
que de quelques recommandations morales qui lui sont prêtées.
Les autres personnalités mongoles sont présentées
par ordre alphabétique. Toutes les périodes et tous les
domaines sont concernés. On y trouvera aussi bien Alan Goa, l'aïeule
lointaine de Gengis, qui démontra à ses cinq fils que l'union
faisait la force, l'illustrant au moyen de cinq flèches impossibles
à briser lorsqu'elles sont réunies en faisceau, que le premier
ministre actuel de Mongolie, N. Enkhbayar. Outre les personnages célèbres
de l'histoire et de la littérature, sont inclus un grand nombre
de Mongols contemporains moins familiers au lecteur étranger, tel
Tch. Chagdarsüren (1910-1939) : ce dernier, l'un des tout premiers
aviateurs mongols, inaugura plusieurs lignes aériennes intérieures
vers Khovd, Dzamiin-Üüd, etc., mais participa également
à des combats militaires, qu'il s'agisse d'écraser dans
le sang les soulèvements anti-communistes de 1932 ou de faire face
aux attaques japonaises des années 1936-1939, qui lui coûtèrent
apparemment la vie.
Les notices sont parfois illustrées d'extraits d'uvres, ou
d'entretiens, telle celle consacrée à l'académicien
B. Chirendev, né en 1912 et disparu au printemps dernier
à l'âge de 89 ans. Nous la donnerons ici, quelque peu résumée,
comme illustration d'un parcours de cadre exemplaire dans la jeune Mongolie
socialiste.
- Dans quelles circonstances êtes-vous rentré au "Rabfac"
(l'école préparatoire à l'entrée au lycée
russe) ?
- Après avoir suivi les cours de l' école primaire
d'Arkhangaï, j'ai travaillé comme responsable d'une coopérative
du district de Tchuluut. C'était en 1929. On n'avait trouvé
personne d'autre. Après avoir passé mon temps à galoper
à cheval par-ci par-là pendant deux mois, je suis parti
avec quelqu'un d'Oulan-Bator, prévenant le chef du district (sum)
que je m'en allais, que je ne pouvais pas faire ce genre de travail. Arrivé
dans la capitale, j'ai entendu dire qu'on envoyait des jeunes étudier
à Oulan-Oudé. J'ai réussi le test et je suis parti
étudier au "Rabfac", qui préparait les élèves
à l'entrée au lycée. Ceux qui venaient de Mongolie
arrivaient là après avoir fait 5 ans d'école et ils
y recevaient une formation de 6 ans. Nous commencions par le b-a ba du
russe. Au début, nous étions angoissés, parce que
nous ne parlions pas russe, mais à la fin, nous étions parfaitement
à l'aise dans la langue.
- Après vos études, êtes-vous immédiatement
devenu le secrétaire du Premier ministre ?
- J'ai d'abord enseigné à l'Institut technique de construction,
et c'est seulement ensuite que le gouvernement m'a convoqué pour
me nommer secrétaire du Premier ministre. Par la suite, j'ai été
chargé de la propagande au sein du comité central du parti.
J'organisais des réunions de propagande pour le gouvernement et
les organisations de masse. Au départ, les messages étaient
du style : "Lavez-vous les mains!", "Portez des sous-vêtements!",
"Consultez un médecin!", "Apprenez à lire
et à écrire!". En 1948, il a y eu une décision
du comité central à mon encontre : on a estimé que
je faisais une propagande purement éducative et pas assez combative,
et j'ai été démis de mes fonctions. Après
quoi, j'ai travaillé comme recteur de l'Université d'État.
- En 1957, vous vous êtes mis en congé du bureau politique.
Pour quelle raison ?
- À cette époque-là, la lutte pour les postes prévalait
sur le souci de développement du pays. J'étais en outre
en mauvaise santé. Après le décès de Tchoïbalsan,
j'ai été chargé par le comité central du parti
du contrôle du ministère des Affaires intérieures.
J'y suis resté 6 mois et j'ai été témoin de
choses si terribles, si choquantes que j'en avais des cauchemars et des
démangeaisons incessantes.
- Vous êtes le dernier survivant de la délégation
dirigée par Tchoïbalsan qui amena au gouvernement russe les
tanks offerts par la Mongolie en 1942.
- Nous avions partagé les tanks entre les quatre fronts.
Ts.Damdinsüren et moi-même représentions les intellectuels
mongols, et je servais aussi d'interprète. À cause de la
bataille de Stalingrad, Staline n'a pu nous recevoir qu'au début
de l'année 1943. Joukov venait d'être appelé à
Moscou à l'issue de la bataille. Une grande réception a
été donnée, et Staline a prononcé le discours
d'ouverture. Puis cela a été au tour de Tchoïbalsan
de parler [...]. La médaille de l'ordre de Sükhbaatar a été
remise à Staline et à Molotov. Sürendjav a alors commencé
un discours qui n'en finissait pas. Tchoïbalsan était furieux
et lui a dit d'abréger, mais rien n'y faisait. Alors, il m'a demandé
d'abréger la traduction, ce que j'ai fait. Sürendjav m'a alors
reproché, en russe, d'avoir mal traduit. "Traduis donc toi-même!",
ai-je rétorqué, et je me suis assis. Staline a répondu
ensuite en déclarant : "C'est dans les heures difficiles que
l'on reconnaît ses vrais amis. Nous vous avons aidé en 1921.
En 1941, c'est vous qui nous rendez la pareille avec ce don en argent".
Et, levant son verre, il a ajouté en guise de conclusion : Aujourd'hui,
nous avons appris des Mongols l'art du discours-fleuve... ".
- Vous avez participé à l'élaboration de l'Histoire
de la République populaire de Mongolie : pouvez-vous nous
livrer quelques anecdotes à ce sujet ?
- C'est moi qui ai eu l'idée du projet. Mais, de crainte que
sa réalisation ne soit source de mises en accusation ultérieures,
nous n'avons pas voulu l'écrire seuls. J'ai proposé que
nous l'écrivions en collaboration avec les Soviétiques.
Un accord a été conclu rapidement et le travail a commencé.
Finalement, les Chinois ont proposé leur collaboration. Nous avons
accepté, afin de pouvoir utiliser sources et documents chinois.
Deux ou trois historiens chinois ont donc été désignés
pour cette mission. Mais, lors d'une réunion régulière
à Moscou, les voilà qui déclarent qu'ils n'acceptaient
pas les déclarations d'indépendance [mongole] de 1911 et
de 1921. Je me suis totalement opposé à eux. À la
suite de quoi, Zhou Enlai a dit : " C'est une erreur de
vouloir collaborer à l'élaboration de l'histoire d'un pays
étranger. C'est une affaire intérieure à ce pays,
et je vais rappeler nos historiens ". Bien que très marquée
par l'influence soviétique, cette Histoire demeure toutefois le
premier ouvrage d'histoire rédigé selon des méthodes
scientifiques à l'occidentale [...]"
En raison du grand nombre de personnalités incluses dans ce dictionnaire
biographique, certaines notices sont naturellement très succinctes.
Que Yu.Tsedenbal (1910-1989), le " Brejnev mongol "
au règne si long, n'ait eu droit qu'à quelques lignes nous
montre, si besoin en était, que les Mongols ne portent plus guère
dans leur cur cet ancien secrétaire-général
du PPRM manipulé par les autorités soviétiques.
(M.-D.Even et B. Tuyaatsetseg)
Anda 42
À lire dans Les Cahiers d'histoire sociale n° 15, automne-hiver
2000, un article de M.-D. Even sur " La transition démocratique
en Mongolie " ou, mieux encore, une version revue et complétée
de cet article dans Eglises d'Asie, Document n° 5 D/2001, de mai 2001,
p. 23 à 27 : " Transitions mongoles : de la suzeraineté
mandchoue au communisme soviétique et à l'économie
de marché ".
D'Isabelle Charleux et Edith Parlier, L'art bouddhique : à
travers les pièces du musée Guimet, Editions Scala,
2000 (en vente à la librairie du musée Guimet).
Une nouvelle édition, en un seul volume (1184 pages), des deux
grands récits du père Huc, Souvenirs d'un voyage dans
la Tartarie et le Tibet et L'Empire chinois, vient de paraître
chez Omnibus. Dépourvue de notes et d'explications autres que celles
de l'auteur lui-même, cette édition a toutefois le mérite
de restituer dans leur fraîcheur originelle les textes de 1853 et
1854, tels que les lecteurs d'alors ont pu les découvrir. Une initiative
qui ne manquera pas de réjouir un vaste public même si, pour
les spécialistes, l'édition Planchet de 1924 reste irremplaçable.
- Paris, Omnibus, 2001 - ISBN 2-258-05754-X - Prix : 155 FF. (J. T.)
À signaler, une autre parution récente : la traduction
française par Nathalie Priymenko, du récit de Charles Wenyon,
médecin et missionnaire anglais qui revint de Chine en Angleterre
en 1893, alors que la construction du Transsibérien n'en était
encore qu'à ses débuts : A travers la Sibérie
: par la route de la malle-poste. - Genève, Olizane, 2000 -
ISBN 2-88086-265-5 - Prix : 120 FF.
A paru en mai 2001 la 3e édition du guide de voyage Mongolia,
de Lonely Planet. On aurait pu se féliciter de la présence
des noms des différents lieux en cyrillique, mais malheureusement
la transcription (au dire d'amis mongols) est loin d'être parfaite,
voire même compréhensible par un Mongol. Pour exemple, Arvaïkhüür
(" orge cadavre " !) au lieu de Arvaïkheer (" orge
steppe "). (J.-P. M.)
Pour les jeunes : Khan, cheval des Steppes, de Federica de Cesco,
dans la collection Castor Poche n° 749, Flammarion, sept. 2000 - ISBN
2-08-164769-9 ; et dans la même collection, Treize contes de
l'Empire mongol, par L. de Cazenave et O. Weulersse, Castor Poche
n° 665, Flammarion, oct. 1998 - ISBN 2-08-164324-3, dans lequel outre
les contes mongols, on trouvera d'autres récits des routes de la
soie, kirghizes notamment.
(J.-P. M.)
Galsan TSCHINAG, "Belek, une chasse dans le Haut-Altaï" suivi
de "Une histoire Touva", éd. L'esprit des péninsules, 2001 ISBN:2-910435-87-3
(85FF).
(L'Esprit des Péninsules : 4, rue Trousseau, 75011 Paris - tél. 01 49
23 97 44, fax : 0149 23 90 55 -
Diffusion et distribution : Harmonia Mundi)
Courrier des lecteurs : le bloc-notes du dernier Anda comprenait, à
la rubrique Livres, un paragraphe non signé concernant un livre
récent de Jean-Christophe Grangé intitulé Le Concile
de Pierre. Nous avons reçu à son propos le mail suivant
d'un de nos lecteurs :
"Je ne sais pas qui fait la critique des livres dans Anda, mais,
quand je lis dans le numéro 40 que vous recommandez
la lecture du Concile de Pierre, je grimpe au plafond. Ça se
lit, certes, car il y a du rythme, mais c'est bourré d'erreurs
et, passés les premiers chapitres, on n'y croit plus. Qu'en pensent
nos expertes en chamanisme et nos spécialistes des Évenks?"
En fait, l'auteur du paragraphe en question, qui désirait simplement
signaler la parution d'un roman dont une partie de l'action est sensée
se passer en Mongolie, a malencontreusement recopié quelques lignes
de la 4e de couverturede l'ouvrage, et c'est ainsi que nos lecteurs ont
pu croire qu'il s'agissait d'un "thriller passionant [nous entraînant]
dans les péripéties de l'époque révolutionnaire
mongole de 1921". Ce qui est loin de refléter l'opinion des
membres de la Rédaction d'Anda qui ont effectivement lu le livre.
Nous aurions préféré passer cet ouvrage sous silence,
car il ne nous semblait pas mériter une critique, mais les avis
des "expertes en chamanisme et spécialistes des Évenks"
étant sollicités, en voici un, très proche de celui
de l'auteur du mail ci-dessus.
Les premières pages se laissent lire sans déplaisir, mais
cela se gâte assez rapidement. Il s'agit d'un roman de fiction,
certes, et non d'un roman historique, mais l'accumulation d'événements
complètement abracadabrants fait sombrer dans le ridicule le bon
dernier tiers de l'ouvrage. D'ici là, on aura passé le temps
à relever erreurs et incohérences dont on ne sait si elles
sont dues à l'ignorance ou à la négligence, comme
de parler systématiquement de la Mongolie (actuelle et de 1921)
en l'appelant république populaire de Mongolie, ce qu'elle a cessé
d'être depuis plus de dix ans, et qu'elle n'était pas avant
1924. Parmi les perles les plus étonnantes, notons ces paroles
mises dans la bouche d'experts en langues sibériennes qui leur
fait classer les Samoyèdes comme peuple turco-mongol : en réalité,
les Samoyèdes appartiennent linguistiquement à la famille
ouralienne, alors que les Turcs et les Mongols parlent des langues d'une
autre famille, la famille altaïque. Ou bien les phrases d'un prétendu
spécialiste d'anthropologie, reconnaissant à vue de nez
que l'enfant dont on cherche l'origine a un physique typiquement turco-mongol
: c'est particulièrement comique quand on sait que l'exemple turc
est couramment cité pour illustrer que l'appartenance à
un groupe linguistique (les locuteurs de langues turques) n'a pas grand-chose
à voir avec le partage commun de traits anthropologiques (il suffit
de mettre côte à côte un Turc de Turquie et un Iakoute,
par exemple). Ou encore ces déclarations péremptoires sur
le chamanisme prêtées à un ethnologue membre du Centre
d'études mongoles et sibériennes de Nanterre (quelle contre-publicité!),
selon lesquelles il n'y aurait que deux positions chez les ethnologues
concernant le chamanisme : pour les uns c'est du charlatanisme ; quant
aux autres, ils y croient ! L'auteur du livre ayant heureusement affublé
cet ethnologue d'une barbe, nul au Centre d'études mongoles et
sibériennes ne s'est senti visé ! (MLB)
Anda 41
Omruvié, Éleveurs de rennes, traduit du tchouktche
et préfacé par Charles Weinstein, Autrement, collection
Littératures, 2000, 95 p. , 69 F. ISBN: 2-7467-0037-9.
Après nous avoir offert en 1999 la traduction de l'admirable roman
de Veqet, Peaux de Phoque (voir Anda 37/38, p. 34), Charles Weinstein,
nous fait découvrir ici un autre écrivain tchouktche, éleveur
de rennes et journaliste. Le roman d'Omruvié se déroule
dans ces années charnières, aux alentours de la Seconde
guerre mondiale, où la vie des Tchouktches, restée encore
très traditionnelle, commença à être profondément
ébranlée par la politique soviétique, l'intrusion
des organisations du parti, les "komsomol", les "jaran'e
[la tente en peau de renne] rouges", et la création de ces
internats où les enfants tchouktches demeuraient à l'année,
ne retrouvant le campement familial que lors les vacances d'été:
ces lieux de fabrication de futurs "homo sovieticus" auront
des effets dévastateurs pour la culture et la langue tchouktches.
Omruvié écrit sobrement et de façon très vivante,
grâce à un recours constant à la forme dialoguée,
les attitudes opposées de deux éleveurs confrontés
à la collectivisation: l'ancien, Maravié, ne veut pas entendre
parler d'abandonner ses précieux troupeaux à la coopérative,
tandis qu'Enqev, le jeune éleveur, choisit librement d'adhérer
au kolkhoze. A travers la peinture d'un conflit particulier se dessine
la condamnation d'un mode de vie au profit d'un autre dont les Tchouk-tches
ne seront plus désormais les maîtres. Le lecteur se trouve
plongé dans la vie quotidienne des éleveurs, partageant
les soucis liés à la survie des hommes et des rennes, vivant
les rivalités qu'on règle à coup de combats de lutte,
découvrant une autre façon de penser le monde et les hommes.
La traduction que donne Charles Weinstein de ce roman court et passionnant
est, comme toujours, claire et plaisante à lire. Elle bénéficie
de sa profonde connaissance des traditions et de la langue des Tchouk-tches
aux côtés desquels Ch. Weinstein vit et se bat depuis maintenant
près de dix ans. (M.-D.E.)
Dans un article paru dans Central Asiatic Journal 44(2), 2000, p. 190-204,
"New Data on the Life of the Jönggen Qatun, the Third Wife
of Altan Qagan of the Tumed Mongols", Karenina Kollmar-Paulenz
fait le point, à partir de la biographie mongole du roi des Mongols
toumètes (tümed), Altan Khan (1507-1587), sur la vie de sa
brillante troisième femme, la princesse Jönggen qatun (ca
1550-1612). Celle-ci était la petite-fille d'Altan Khan et l'épousa
vers 1565, alors qu'elle avait une cinquantaine d'années de moins
que lui. Après la mort du khan, Jönggen épousa successivement
le fils de ce dernier (issu d'un premier mariage), le petit-fils et l'arrière
petit-fils. Le P. Henry Serruys ("Two Remarkable Women in Mongolia",
Asia Major 19, 1974) s'était déjà penché sur
la biographie de cette célèbre princesse, dévote
bouddhiste et femme d'Etat hors pair, qui joua un rôle politique
déterminant dans les relations sino-mongoles au XVIIe siècle.
(I. Charleux)
Treasures on Grassland. Archaeological Finds from the Inner Mongolia
Autonomous Region (Caoyuan guibao. Nei Menggu wenwu kaogu jingpin).
Shanghai: musée de Shanghai, 2000, 284 p.
Le musée de Shanghai, remarquablement rénové il
y a quelques années, a présenté cette année
une très belle exposition sur l'art et la culture matérielle
des différents peuples nomades ou d'origine nomade de l'actuelle
Région autonome de Mongolie-Intérieure. L'exposition insiste
sur les échanges culturels à la frontière chinoise,
depuis les cultures néolithiques de Xinglongwa et Hong-shan (7e-5e
millénaires av. J.-C.) aux Kitan (peuple proto-mongol fondateur
de la dynastie Liao) et à l'empire mongol (dynastie Yuan). Plus
de 200 objets célèbres (cochons-dragons et oiseaux de jade
de Hongshan, orfèvrerie Xiongnu et Xianbei et de très belles
pièces funéraires kitan) sont présentés, et
remarquablement photographiés dans ce catalogue bilingue, qui fait
également le point sur les découvertes archéologiques
récentes. On ne peut que louer cette initiative qui rassemble des
objets provenant de petits musées locaux: ceux-ci, dépourvus
de moyens financiers et techniques, sont les seuls à "bénéficier"
de la politique chinoise actuelle en matière d'archéologie,
qui privilégie une décentralisation excessive.
(I. Charleux)
Géographie et Cultures: "Les marges culturelles du territoire
chinois", n° 34, été 2000, Paris, L'Harmattan
(revue publiée avec le concours du CNRS), 143 pages, 90 FF.
Ce numéro rassemble six articles de spécialistes de la
Mongolie, de la Chine et du Tibet sur les frontières chinoises,
la pauvreté au Guizhou et la géomancie à Hong-Kong.
Intéresseront plus particulièrement les lecteurs d'Anda
trois contributions sur les Mongols et les Tibétains, qualifiés
par l'Etat chinois de "minorités ethniques", celles-ci
étant effectivement de plus en plus minoritaires sur leur territoire.
Marie-Lise Beffa et Marie-Dominique Even brossent l'histoire de la colonisation
Han depuis le XIXe siècle, dans la région soi-disant "autonome"
de Mongolie-Intérieure : "Les Mongols de Chine : colonisation
han et mutations des genres de vie". Désormais minoritaires
sur leur territoire, les Mongols sont menacés de perdre leur identité
face à une sinisation rapide. Sont également évoquées
les populations mongoles vivant au Xinjiang et au Qinghai (Kokonor).
Le lecteur trouvera dans cet article des cartes claires, une bonne introduction
sur l'histoire, la géographie et l'histoire des Mongols de Chine,
ainsi que sur la dégradation catastrophique de l'écosystème
de la Mongolie-Intérieure, entraînant paupérisation
de la population et conflits "ethniques".
Dans son article sur "Le contrôle des marches sino-tibétaines
à l'époque de la Chine républicaine", Fabienne
Jagou présente le cas de la province du Kham (Tibet oriental),
déchirée au début du siècle par les luttes
d'influence entre les roitelets locaux à la tête de principautés
autonomes, les troupes nationales tibétaines et les Chinois désireux
d'annexer la région. Le feuilleton s'appuyant sur des documents
d'archive, des télégrammes et correspondances diverses,
de la princesse amoureuse et captive délivrée par l'entourage
bien armé du défunt Panchen-lama, rend cet article particulièrement
vivant.
Dans "Les diverses autorités religieuses du Tibet face
au pouvoir chinois", Katia Buffetrille donne une grille de lecture
de la politique chinoise au Pays des Neiges. La fuite du 17e Karmapa et
l'affaire Shugden illustrent comment les Chinois, ayant renoncé
à soumettre rapidement le Tibet par les armes, utilisent le bouddhisme
tibétain pour résoudre un conflit qui a pris une ampleur
internationale. Ils réemploient à leur profit l'ancienne
relation chapelain-donateur en revendiquant le droit de désigner
les hautes réincarnations pour affaiblir l'influence du dalaï-lama,
et exploitent les dissensions au sein du clergé. (I.Charleux)
Nomads and Use of Pastures Today, International Institute for
the Study of Nomadic civilizations, Oulan-Bator, Admon, 2000, 256 p.
Sous ce titre est publiée, en anglais, une anthologie des interventions
présentées au Symposium international organisé les
13 et 14 décembre 1999 par l'Institut pour l'étude des civilisations
nomades. Rappelons que cet institut a été fondé en
septembre 1998, à l'initiative de l'UNESCO, par l'Indonésie,
le Kazakhstan, le Kirghistan, la Mongolie et la Turquie; son siège
est à Oulan-Bator. Les 59 papiers publiés ici, dont certains
se limitent à un résumé, sont en grande part dus
à des chercheurs mongols et de niveaux divers. Ils sont axés
sur deux grands thèmes : Vie et civilisation nomades, Tradition
et modernité. On y trouvera, donc, à côté de
notes ethnographiques sur la yourte, le symbolisme des couleurs ou la
vénération de la nature, d'autres paragraphes sur des sujets
plus économiques ou agronomiques. Les grandes questions qui touchent
aujourd'hui l'élevage mongol sont abordées à travers
ces textes, qu'il s'agisse de l'écart grandissant entre les éleveurs
riches et pauvres (près de 70% des éleveurs possèdent
aujourd'hui moins de 100 têtes de bétail; parmi eux, ceux
qui se sont tournés vers l'élevage au début des années
1990, qui occupent généralement les pâturages dégradés
aux abords des villes et des villages, et qui ont peu d'espoir de voir
s'améliorer leur situation), des problèmes de surpâturage
qu'entraîne une croissance du cheptel sans politique de préservation
des ressources, d'accès à l'eau ou de réforme des
pâturages. Cette dernière peut s'inspirer, note A. Enkh-Amgalang,
des formes coutumières de régulation d'usage des pâtures,
autrement dit les communautés informelles dites neg goliinkhon
"ceux d'une même rivière" ou neg djalgiinkhan "ceux
d'une même vallée", qui correspondent à des zones
allant de 200 km_ en région montagneuse de khangaï à
3 500 km_ en région de gobi, et prendre en compte les khot ail,
groupes de nomadisation fondés sur un partage des pâtures
et des travaux d'élevage. Deux articles, l'un de Sh. Orennchi,
l'autre de J. Enkhee, apportent à cet égard un intéressant
point de comparaison: ils traitent de la réforme des pâturages
entreprise dès 1982 en Mongolie-Intérieure (Chine), où
le cheptel dépasse les 56 millions de têtes pour 68 000 km_
de pâturages: aujourd'hui, les sols sont très détériorés
et en voie de désertification. Une expérience sur laquelle
les législateurs mongols feront bien de méditer. (M.-D.
E.)
Signalons par ailleurs la sortie en version brochée de l'ouvrage
de David Christian, A History of Russia, Central Asia and Mongolia,
Vol. 1: Inner Eurasia from prehistory to the Mongol empire, collection
The Blackwell History of the World (HOTW) Oxford/Malden, Blackwell, 2000,
430 p., ISBN 0-631-201814-3.
Pour réaliser ce vaste panorama historique de l'aire eurasiatique,
l'auteur, historien à Macquarie University (Australie), s'est appuyé
notamment sur les travaux des spécialistes russes et a largement
mis à contribution les publications récentes des différents
domaines concernés. Le lecteur appréciera la part importante
faite aux périodes les plus anciennes (de 100 000 ans avant notre
ère aux Xiongnu et aux invasions "barbares"), moins connues,
objet d'importantes recherches archéologiques des Soviétiques,
mais aussi, plus récemment, de fructueuses campagnes de fouille
menées en collaboration avec les archéologues occidentaux.
L'auteur y consacre la moitié de l'ouvrage, avant de traiter ensuite,
en une bonne centaine de pages, des empires türks et du développement
d'une civilisation islamique en Asie centrale (500-1200). La dernière
partie du volume (p.383-430) porte sur la fondation de son empire par
Gengis Khan et l'instauration par les Mongols d'un nouveau "système
mondial" (1200-1260). Des tableaux chronologiques détaillés,
des cartes et des illustrations, un index, facilitent la lecture et la
consultation de cet ouvrage.
Dans sa livraison de juin 2000 (n° 46) p. 91-110), la revue Histoire
de l'art publie, sous le titre "Un exemple d'architecture mongole:
le Siregetü juu de Kökeqota", un article d'Isabelle
Charleux, qui intéressera tout particulièrement ceux qui
voudraient en savoir plus sur l'art bouddhique mongol. L'auteur donne
une description claire et détaillée, enrichie de notes nombreuses,
de photos et de plans, de l'un des premiers monastères qui consacra
l'adoption définitive du bouddhisme tibétain par les princes
mongols au tournant des XVe-XVIe siècles. Le Siregetü juu
(prononcer "Chirète dzou") partage avec le Gandantegtchilen
d'Oulan-Bator la bonne fortune d'être demeuré ouvert à
un semblant de culte durant les années communistes. Le monastère
de Siregetü juu a été fondé à la fin
du XVIe siècle en Mongolie méridionale dans la nouvelle
capitale des Mongols toumètes, Kökeqota (Huhhot), "la
ville bleue", actuelle capitale de la région autonome de Mongolie-Intérieure
en Chine. Peu auparavant avait eu lieu sur les rives du Koukounor (köke
nagur, "le lac bleu", chin. Qinghai), la fameuse rencontre entre
le grand roi toumète Altan Khan et le chef de la secte réformée
des Gélougpas, qui marque le début de la conversion générale
des Mongols au bouddhisme tibétain. L'article fournit une multitude
d'informations sur les principes et les techniques de construction, les
différents éléments décoratifs ou l'histoire
du Siregetü juu qui sont autant de clés pour mieux "lire"
l'architecture religieuse mongole en général. Il témoigne
aussi de la façon dont les Mongols ont su adapter la culture architecturale
de leurs voisins sédentaires, et créer, dans un esprit ouvert
et éclectique, une synthèse originale des influences chinoises
et tibétaines pour exprimer, à leur manière, leur
nouvelle foi.
(M.-D. E.)
Paru en avril 2000 à Oulan-Bator, à l'initiative du Gouvernement
mongol et de l'UNDP, Human Development Report Mongolia 2000 : reorienting
the State : une brochure format A4 de 58 pages, abondamment illustrée
et dotée de nombreux graphiques évocateurs, ainsi que d'une
bibliographie (livres en anglais uniquement). Une mine de renseignements
sur le développement humain et économique du pays depuis
1990, les progrès sociaux, l'environnement, etc. A acheter sur
place, imprimé par ADMON Company, tél. 976-1-329253.
Dans les rayons "beaux livres" parus avant les fêtes
de fin d'année 2000, les amoureux de la Mongolie ont été
gâtés. Après *Mongolie, la vallée du grand
ciel, de Claire Sermier et Étienne Dehau, déjà recensé
dans Anda 39, oct. 2000, p.31, on aura noté, de Michel Jan, avec
des photographies de Roland et Sabrina Michaud, La Grande Muraille de
Chine, édité par l'Imprimerie nationale.
A leur tour, Bernard Dupaigne, spécialiste de l'Afghanistan, professeur
au Muséum national d'histoire naturelle à Paris, et Kevin
Kling, photographe américaine vivant en France, reporter depuis
1979 pour des magazines tels que Geo, ont uni leurs talents et leurs compétences
pour réaliser un livre grand format, Asie nomade, paru chez Hazan
en novembre 2000 (160 p., 170 illustrations, prix 250 F, ISBN 2-85025-738-9).
Du Turkménistan à la Chine en passant par les différents
pays de l'Asie centrale, le Tibet et la Mongolie, ils nous montrent et
nous commentent les superbes paysages de ces régions, les tentes
noires des hommes du désert ou les yourtes de la steppe. Une dizaine
d'ethnies se découvrent ainsi à nous, avec leurs coutumes
ancestrales de nomadisation, leurs fêtes et leur artisanat, la rudesse
et la pureté de leurs visages. Un vrai régal pour les yeux
en même temps qu'une passionante leçon d'ethnologie. (J.T.)
De Jean-Christophe Grangé, Le Concile
de pierre, un roman paru chez Albin Michel dans la collection "Spécial
Suspense" (ISBN 2-226-11649-4, prix 135 FF), nous entraîne
dans les péripéties de l'époque révolutionnaire
mongole de 1921. "Un thriller passionnant" par l'auteur de Rivières
pourpres, actuellement adapté à l'écran.
Bêtes, hommes et dieux, de Ferdinand Ossendowski, vient
d'être réédité chez Phébus, dans la
collection "Libretto", 285 p., 59 FF.
Federico Pistone et David Bellatalla ont publié en novembre 2000
un bel album de 70 photographies couleur (110 pages, format à l'italienne
21x28 cm) intitulé Tsaatan, les hommes renne [sic] de la Mongolie,
avec texte trilingue (italien, français, anglais), Lecco (Italie),
éditions Periplo / Les Cultures, ISBN 88-86113-46-3, prix 50 000
lires.
Le drame des Tsaatanes "deux cents personnes et huit cents
rennes confinés dans un coin de la Mongolie" est évoqué
ici avec force et sensibilité, et la beauté des images fait
aisément pardonner quelques tournures françaises peu adéquates.
Rappelons que le projet "S.O.S. Taigana", présenté
en 1997 à la Communauté européenne, a été
mené à bien en grande partie grâce à des fonds
italiens et compte maintenant à son actif plusieurs réalisations
remarquables dans le domaine de la santé publique et des soins
vétérinaires, comme l'expose D. Bellatalla dans le chapitre
final. On peut se procurer ce livre par l'intermédiaire de l'association
Soyombo, viale Gorizia 20, 20144 Milano, tél. 00392/83 94 920.
(J.T.)
Dans le catalogue "Sinobiblia", automne 2000, de la
Librairie Phénix, 72 boulevard de Sébastopol, 75003 Paris,
tél. 01 42 72 70 31, nous avons relevé les titres suivants,
numérotés :
2- dans Arts asiatiques, tome 54, 1999 (184 p., 195 FF), la contribution
d'Isabelle Charleux, "La peinture des donateurs du temple de Maitreya
en Mongolie méridionale"
70 - Coyaud, Maurice, Langues altaïques de Chine, P.A.F., 2000 (127
p., 150 FF)
78 - Di Cosmo, Nicola, et Dalizhabu Bao, Manchu-Mongol Relations on the
Eve of the Qing Conquest : a Documentary History, Leiden, 2000 (172 p.,
515 FF)
121 - Hong Jiang, The Ordos Plateau of China : an Endangered Environment,
Washington DC, 2000 (260 p., 295 FF)
141 - Jagchid, Sechin, The Last Mongol Prince : the Life and Times of
Demchugdongrob, 1902-1966, Bellingham, 1999 (XXVI-480 p., 530 FF)
251 - Sneath, David, Changing Inner Mongolia : Pastoral Mongolian Society
and the Chinese State, Oxford, 2000 (320 p., 565 FF)
577 - Endicott-West, Elizabeth, Mongolian Rule in China Local Administration
in the Yuan Dynasty, Cambridge MA, 1989 (217 p., 285 FF).

Presse écrite
Télérama n° 2683, du 13 juin 2001, p. 26, a
publié en " photo de la semaine " un cliché d'Elisabeth
Zingg, représentant des " enfants perdus d'Oulan-Bator "
réunis dans un Centre créé par la police. Ils sont
là une cinquantaine, écrit la photographe, attendant d'être
recueillis par des organisations caritatives.
Eglises d'Asie n° 335, du 16 juillet 2001, p. 23-24, se fait
l'écho d'un entretien avec Mgr Wenceslas Padilla, " Le point
sur la situation de l'Eglise catholique en Mongolie ". On y lit notamment
que, outre la petite communauté catholique (110 Mongols au total),
vingt dénominations protestantes sont également présentes
dans le pays. Mgr Padilla insiste sur la modération et la prudence
voulues de son action, par respect pour les autres religions. Il envisage
de s'implanter aussi à Darkhan et à Erdenet. " Mais,
ajoute-t-il, où que nous allions, nous irons lentement, et uniquement
quand nos missionnaires auront acquis la maîtrise des langues dont
ils ont besoin. "
Dans la revue protestante Réforme n° 2937, des 26 juillet-1er
août 2001, on lit sous le titre de " Mongolie : resacralisation
de la terre " l'information suivante : " Des écologistes
britanniques apportent leur soutien à des moines de Mongolie, pour
protéger des zones menacées de désertification et
de déforestation ". Selon le secrétaire général
de l'Alliance des religions et de la sauvegarde de la nature de Manchester,
Bouddha est le plus grand protecteur de la nature, et il faut aider les
moines à s'opposer à la convoitise des promoteurs immobiliers.
Dans Le Figaro du 28 août 2001, est paru un article de Fr.
Hauter, intitulé " Mongolie : le crépuscule des
fils de Gengis Khan ". L'envoyé spécial du Figaro y
présente une vision catastrophiste de la Mongolie, à laquelle,
sans pour autant minimiser les difficultés auquel le pays est confronté,
on a du mal à souscrire. Son article est émaillé
de données chiffrées, surprenantes pour les spécialistes,
et leur interprétation souvent erronée, ce qui tend à
dénoter de la part de l'auteur une connaissance superficielle du
pays : ainsi, il semble croire que les yourtes couvrant les collines entourant
Oulan-Bator seraient d'installation récente, due à l'afflux
ces dernières années d'éleveurs venus se réfugier
en ville ; or, Oulan-Bator a toujours compté un nombre très
important de quartiers de yourtes et, dans un passé encore proche,
rares étaient les constructions en dur dans la capitale mongole,
hormis les temples, les palais et les monastères. Un autre exemple
du peu de sérieux de l'article : au centre de la grand-place
d'Oulan-Bator trônerait la statue de Gengis Khan : il s'agit
évidemment de la statue du grand héros communiste Sükhebaatar
(comment imaginer que les communistes auraient pu ériger au cur
de la capitale une statue du fondateur de l'Empire mongol, alors que toute
mention de son uvre et même de son nom était bannie
à l'époque ?).
Enfin, un encart au ton polémique, " La France très
discrète ", insiste sur le peu de présence de notre
pays sur la scène mongole, où il serait représenté
par une " ambassade fantôme ". Certes, la Mongolie n'est
pas un pays auquel le gouvernement français, contrairement au gouvernement
allemand par exemple, apporte une aide prioritaire ; mais le premier à
le regretter est bien l'ambassadeur de France en Mongolie qui ne peut
malheureusement pas faire des miracles avec l'enveloppe budgétaire
extrêmement réduite qui lui est accordée.
Anda 42
Dans Paris-Match du 1er mars 2001, p. 92-101, un article de Caroline
Mangez, avec des photos d'Alvaro Canovas, sur le dzud : " Dans les
steppes mongoles saisies par la glace ".
Dans Courrier international n° 542, du 22 au 28 mars 2001, p. 31,
un reportage saisissant de David Murphy, extrait de Far Eastern Economic
Review, sur " Des millions de moutons morts de froid ".
Dans le Bulletin de l'Agence internationale Fides (Rome) n° 4154,
du 9 mars 2001, une interview du père Wens Padilla, supérieur
de la Mission catholique d'Oulan-Bator, " L'Eglise fait ses premiers
pas et mise sur les jeunes " (texte repris en partie dans Peuples
du monde n° 345, d'avril 2001) et un compte rendu sur " Un long
hiver et la famine ".
Dans La République du Centre des samedi 7 et dimanche 8 avril
2001, une page entière sur la remarquable coopération du
Centre hospitalier régional d'Orléans avec l'Hôpital
de traumatologie d'Oulan-Bator, véritable " transfert de savoirs
et de compétences " initié il y a six ans déjà
par le Dr Jacques Nègre et son épouse. Un médecin
mongol, M. Batmagnaï, anesthésiste-réanimateur, et
une infirmière-urgentiste, Mme Tsomoo, viennent d'achever un stage
à Orléans. De nombreux autres projets sont à l'étude,
tant pour la formation du personnel médical mongol que pour la
modernisation des équipements.
En première page du journal Le Monde du 29 mai 2001, un reportage
de Frédéric Bodin sur les " enfants-taupes " d'Oulan-Bator,
plus communément appelés " enfants des rues "
mais qui, on le sait, se réfugient l'hiver dans les souterrains
où passent les canalisations d'eau chaude. Le journaliste, en fait,
a surtout visité la prison pour adolescents, près d'Oulan-Bator.
L'Enfance missionnaire a publié récemment une plaquette
intitulée " Ouvre ton cur à la Mongolie ",
avec une présentation sommaire du " pays des nomades ",
le témoignage d'un petit garçon mongol de 9 ans, un jeu,
et même un mot croisé. On peut se procurer cette plaquette
au siège de la Coopération missionnaire, 5 rue Monsieur,
75343 Paris cedex 07, Fax 01 47 34 26 63, Email <enfants.jeunes@opm.cm.org>.
Dans Terre sauvage n° 159 (mars 2001), sont à signaler un
article sur les chevaux de Przewalski dans la réserve du Causse
Méjean, au Villaret (Lozère) et un autre sur le second terrible
hiver qu'a connu la Mongolie, avec un appel à collaborer au nouveau
groupe " Alliance Mongolie " pour l'aide aux éleveurs
(voir rubrique " Associations ").
Dans le Bulletin de l'association des anciens élèves de
l'INALCO, d'avril 2001, p.5-10, Philippe Coué, membre de la Commission
de l'exploration spatiale et de la Société astronomique
de France, signe un article assez inattendu, " De la steppe aux étoiles
", consacré aux cosmonautes mongols, en particulier au premier
d'entre eux, le capitaine Dj. Gurragtchaa, né en 1947 dans l'aïmag
de Bulgan, qui embarqua le 22 mars 1981 à bord de Soyouz-39, après
trois ans d'entraînement intensif à la " Cité
des étoiles " soviétique. Il revint sur terre le 30
mars, après avoir exécuté un double programme scientifique
de nature médicale et d'observation de la Terre. L'auteur souligne
qu'après avoir reçu diverses distinctions honorifiques (mongoles
et soviétiques), Gurragtchaa a " rejoint l'anonymat pour se
consacrer à d'autres étoiles : son épouse Batmönkh
et leur petit garçon ". C'était il y a vingt ans
(Rappelons que le premier Mongol dans l'espace est devenu, à la
faveur des dernières législatives, ministre de la Défense.
Des célébrations ont eu lieu en mars dernier pour marquer
le 20e anniversaire du vol spatial russo-mongol, en présence d'une
délégation de cosmonautes russes : ces derniers et leurs
collègues mongols ont rencontré, place Sükhbaataar,
61 des 175 jeunes Mongols nés le 20 mars 81, jour du lancement
et qui ont nom Gurragtchaa, Janibekov, Cosmos (Sansar) ou encore, dans
le cas de jumelles, Odgherel et Otchgherel, litt. Etoile-Lumière
et Etincelle-Lumière.)
Anda 41
À signaler : dans le Herald Tribune du 27 avril 2000, un article
de Michael Wines sur " le chamanisme au sud de la Sibérie
"
Le Monde du 29/12/2000, publie un long article de Gérard Albouy
sur l'expédition de Gilles Elkaïm, parti du cap Nord en Norvège
en mai 2000 pour rejoindre 10 000 km plus loin, en suivant la bordure
arctique de la Sibérie, Ouélen et le détroit de Béring
en mai 2003. Ses moyens de transport: kayak ou chariot qu'il tire, puis
ski et traîneau (à rennes ou à chiens). Son expédition
l'amène à traverser les régions où vivent
les Saami (Lapons), Nénètses, Nganassanes, Dolganes, Evenks,
Evènes, Ioukaghirs et Tchouktches. C'est sur le sort actuel de
ces populations vulnérables, aujourd'hui abandonnées à
elles-mêmes, "pour lesquelles l'aventure est un problème
de survie au quotidien", que ce physicien de formation veut attirer
l'attention. Rappelons que G. Elkaïm a aussi, entre autres, séjourné
chez les éleveurs mongols et en a tiré un très bel
album de photographies (voir Anda 37-38, p. 35).
La revue américaine Science a publié le 19 janvier 2001
dans son n° 5503 (vol. 291) un article de Carles Vilà et al.,
généticiens suédois et américains, intitulé
"Wide-spread Origins of Domestic Horse Lignages ", qui vient
étayer la thèse d'une domestication du cheval en des lieux
et sur des populations de chevaux distincts. Ces résultats vont
à l'encontre de l'idée couramment acceptée d'une
domestication du cheval qui aurait eu lieu uniquement en Asie centrale
sur les ancêtres des chevaux modernes. Les auteurs ont analysé
l'ADN mitochondrial de 191 chevaux domestiques, et trouvé une grande
diversité dans leurs origines. Une comparaison avec l'ADN de chevaux
exhumés dans des sites archéologiques et des dépôts
du Pléistocène, et avec l'ADN de chevaux de Przewalski (en
mongol, takhi) indique que cette diversité ne peut être attribuée
à une mutation accélérée ou à une domestication
particulièrement ancienne, mais implique que les hommes ont dressé
et utilisé des chevaux sauvages sur une aire géographique
très étendue et croisé largement les lignées.
Notons que si les auteurs ont pu déduire des liens de parenté
entre certains chevaux préhistoriques et les chevaux actuels, ils
classent en revanche les takhi dans un groupe distinct des précédents.
Voir aussi Libération du 19 janvier 2001.
J. Tsolmon, coordinateur de l'"International Institute for the Study
of Nomadic Civilizations" (IISNC), rend compte dans l'IIAS Newsletter
n° 23, d'octobre 2000, de la fondation en 1998 de cet Institut (voir
Anda 33-34, avril-juillet 1999, p. 43), et de son symposium de décembre
1999 à Oulan-Bator. Plus de 200 spécialistes mongols ou
étrangers, de onze pays différents, ont participé
à ce symposium, écrit J. Tsolmon. Deux thèmes y furent
traités séparément, regroupant chacun une quarantaine
de communications : "Vie nomade et civilisations" et "Tradition
et modernisation".
"Mongolie : un prénom, c'est bien; un nom de famille, c'est
mieux", tel est le titre d'un article du Courrier international n°
66, des 5-11/10/2000. Le problème, plusieurs fois évoqué,
de la recherche par les Mongols de leur patronyme, volontairement occulté
pendant la période communiste, est rappelé ici. Ce n'est
qu'en 1995 qu'une loi autorisa cette recherche et en 1999 que furent établies
les premières cartes d'identité. Les Mongols qui n'arrivent
pas à retrouver leurs origines peuvent choisir un nom de famille
à leur convenance, d'où une floraison du "patronyme
prestigieux de Bordjighin, celui du clan de Gengis-Khan". Et l'article
(anonyme) de signaler, non sans humour, que la tâche est d'envergure
: "A Oulan-Bator, sur 770 000 habitants, 10 000 femmes s'appellent
Altantsetseg (Fleur d'or) et 4 000 Narantsetseg (Fleur ensoleillée)"...
La venue en Mongolie de la célèbre actrice Julia Roberts,
pour le tournage du film "Wild Horses in Mongolia With Julia Roberts",
a fait l'objet de plusieurs commentaires dans la presse mongole, mais
aussi américaine, dont celui de Julie Salomon dans The New York
Times du 26/10/2000. Commentaire favorable du reste, même si l'auteur
souligne le côté quelque peu "Hollywood Glamour"
du film. Celui-ci a été projeté le dimanche 28/10/2000
dans la série "Nature" de la chaîne américaine
PBS : quand le verrons-nous en France ?
Dans Victor (supplément hebdomadaire du journal belge Le Soir)
des 4-5/11/2000, nous avons lu avec un certain étonnement l'article
de Patrice Caron intitulé "Le sourire du Mongol". L'auteur,
qui rapporte pourtant avec compétence et sympathie son voyage de
l'été dernier en Mongolie, prétend que "ces
habitants du bout du monde (...) ignorent la plus jolie des grimaces",
le sourire. Curieuse affirmation sauf peut-être en ce qui concerne
les "portraits de famille" où chacun se doit de poser
avec beaucoup de sérieux devant l'objectif. Gageons que si M. Caron
connaissait un peu mieux les Mongols et pouvait vivre dans leur intimité,
il nuancerait ses propos !
Dans le magazine Point de vue des 22-28/11/2000, un reportage consacré
aux souverains belges par le photographe Olivier Polet, qui a vécu
deux ans dans leur intimité, présente en p. 12 une photo
grand format d'une réception des "représentants diplomatiques
de la Mongolie" par le roi Albert II. On reconnaît sur le cliché
S.E. l'ambassadeur Ch. Altangherel avec, à ses côtés,
son interprète, Ch. Bayarkhuu, troisième secrétaire,
et derrière eux Dj. Chichmichig, deuxième secrétaire,
et le colonel A. Sukhebaatar, attaché militaire. Comme quoi, même
la presse "mondaine" s'intéresse à la Mongolie.
Le magazine Grands Reportages a publié au mois de décembre
2000 un article de Dominique Samson sur "Les Nénets"
de Sibérie.
Stéphane Divet, dans Le Monde des 3-4/12/2000, rend compte d'un
concert de "rock mongol" du groupe Yat-kha auquel il a assisté
le 1er décembre à la MJC de Cleunay, dans la banlieue de
Rennes. Ce groupe, explique-t-il, qui est en fait originaire de Touva
et se produit depuis 1991, pratique le chant diphonique, accompagné
aux instruments par le yat-kha (ou yataga, cithare sur table) et le morin-khuur
(vièle à tête de cheval). Deux disques du groupe étaient
vendus à cette occasion, "Yenisei Punk" et "Aldyn
Dashka".
Dans Télérama n° 2658 du 20 décembre 2000, Martine
Laval annonce " Les survivants des steppes", deux livres récemment
parus : Éleveurs de rennes d'Omruvié (voir article ci-après,
p. 38) et Une histoire Touva de Galsan Tschinag, Éditions Esptit
des péninsules, que nous commenterons dans le prochain Anda.
Dans Pélerins Magazine n° 61/62 du 5 janvier 2001, Patrick
Bard et Marie-Berthe Ferrer signent (pp. 36 à 41) un très
joli article " Mongolie : les petits cavaliers de la steppe ".
François Hauter, envoyé spécial du Figaro à
Hohhot (Mongolie-intérieure) décrit, dans le n° du 23
janvier 2001 les terribles ravages causés par le dzud.

Divers
Ambassade de Mongolie en France. En ce début d'année
2001-2002, des modifications sont intervenues dans l'organigramme de l'Ambassade.
Aux côtés de Son Excellence Monsieur G. Luudzan, ambassadeur
extraordinaire et plénipotentiaire depuis le 16 décembre
1998, nous trouvons désormais Monsieur T.Tömörkhüleg,
conseiller (affaires politiques, éducation et presse), l'auteur
de la traduction en mongol de la relation du voyage de Rubrouck, Madame
R. Oyuun, deuxième secrétaire (affaires économiques
et commerciales) et Monsieur B.E.Gontchig, troisième secrétaire
(affaires culturelles et consulaires).
Monsieur R.Altangherel, qui avait quitté l'ambassade l'an
dernier pour entamer des études à l'École Nationale
d'Administration de Strasbourg, nous a fait part de l'heureuse issue de
son cursus et remercie les membres d'Anda qui lui ont apporté leur
soutien. Il a reçu le 25 juillet 2001 le "Brevet d'Administration
Publique " de l'ENA, avec la mention Très Bien, ce qui lui
permet maintenant de s'inscrire pour l'obtention ultérieure du
"Master in Public Administration". Nous le félicitons
tous très cordialement et admirons sa volonté et son assiduité
à l'étude, tant de la langue française que des matières
complexes et ardues abordées à l'ENA.
Anda 42
On nous signale qu'un enseignement du mongol est dispensé à
Paris par le Centre Georges Pompidou, dans le cadre de l'apprentissage
des langues par cassettes audio. Se renseigner auprès de la BPI
(Bibliothèque publique d'information) du Centre, tél. 01
44 78 12 33.
Véritable chef-d'oeuvre de l'art traditionnel mongol, une yourte
attend l'occasion d'être exposée en France et en Europe.
Cette yourte unique a été construite, peinte et sculptée
entre 1975 et 1985 par Dordjiin Semjaandondjid, un artisan de génie
originaire de l'Övorkhangai. Ses dimensions sont de 6,50m de diamètre
au sol et 2,80m de hauteur. Elle est entièrement meublée
et décorée d'objets de l'artisanat mongol. Elle est disponible
actuellement pour être exposée lors de manifestations culturelles,
artistiques ou commerciales. Son auteur peut également présenter
des meubles et des sculptures sur bois. Possibilité de location
à la journée ou à la semaine. Plusieurs autres yourtes
sont également disponibles en location ou à la vente.
Contact : Ulziihishig Dessberg, 27, rue Louis Désavis
78570 Andrésy
Tel : 01-39-74-94-21.
udessberg@hotmail.com
Ce sont des yourtes mongolo-américaines d'un tout autre genre
qui sont proposées à la vente sur Internet par une entreprise
basée à Montrose, dans le Colorado. Après avoir fabriqué
et vendu des tipis, Emma et Dan Kigar s'inspirent maintenant de la yourte
mongole pour créer des habitations tout confort : toile de polyester
et vinyl |