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A propos de...Tsagaan SarTsagaan Sar, le Nouvel An mongol
" Vrai est que les Tartares font la fête solennelle qu'ils nomment blanche lors du commencement de leur année, aux calendes de février. Et le grand Sire et tous ses sujets font la fête comme je vous conterai. C'est la coutume que le Grand Can et ses sujets se vêtent tous de robes blanches, hommes et femmes, petits et grands, s'ils ont les moyens de le faire. Et cela font parce que blanche vêture leur semble de bon augure, et pour cela portent au début de leur an pour être favorisés et avoir joie tout l'an. " (Marco-Polo, Le Devisement du monde, I, LXXXIX)
Dès l'automne, les Mongols commencent les préparatifs du Nouvel An lunaire. Ils font provision de fromages, d'aïrag (koumys) et autres aliments "blancs". Durant la semaine qui précède la fête, on se réunit à tour de rôle chez les divers membres de la famille - parents, grands-parents, oncles, etc. - pour préparer les milliers de gros raviolis, les buudz, qui seront cuits à la vapeur durant cette semaine de fête. Les éleveurs apprêtent leurs montures, choisissant la robe en fonction de leur horoscope, les brossant, coupant leurs crins. Dans certaines régions, des courses sont organisées avec pour cavaliers des jeunes gens, et non de jeunes enfants comme lors des naadam. Dans le Gobi, ce sont des chameaux que l'on fait concourir. Les liens ou colliers (yaavtch, khüdzüüvtch) des bêtes gardées à l'attache - agneaux mis à l'abri à la maison ou à proximité, bufs ou yaks de trait, etc. - sont alors renouvelés.
A Tsetserleg, les habitants apportent des lampes à beurre qui brûleront toute la nuit sur les flancs de la montagne dominant la ville, Bulgan Uul, au pied de laquelle prospérait autrefois le grand monastère de Dzayani ghegheenii khüree . Le matin du Nouvel An, la maîtresse de maison se lève de très bonne heure et prépare le thé et le tsagaalar, bouillie de lait servie dans un bol d'argent avec un peu de beurre, qui est le premier aliment consommé en ce début d'année, de couleur blanche. Elle n'omettra pas d'offrir le premier thé, tsaïnii deedj, à la montagne sacrée et au ciel. Lorsque le soleil se lève, toute la famille, ou au moins le maître de maison, sort de la yourte pour "tracer la bonne direction" (dzüg tchig gargakh) : selon l'année de naissance et l'horoscope de chacun, indiqué par le lama, on fait quelques pas, accompagnés de gestes appropriés, dans une direction déterminée. Le jour du Nouvel An est aussi l'occasion, lors des salutations traditionnelles entre parents et amis - mais jamais entre époux car ce serait signe qu'ils se sépareront - de restaurer les relations entre personnes : ceux qui se sont fâchés au cours des mois précédents sont aussi tenus de se saluer et d'échanger des paroles auspicieuses et des cadeaux. Les enfants vont de yourte en yourte, d'amis en voisins, et on ne saurait les renvoyer les mains vides. Notons enfin que c'est au moment du Nouvel An que les Mongols fêtent leur anniversaire : chacun vieillit d'un an ce jour-là. Quelques interdits se rapportant à Tsagaan Sar Durant ces quelques jours, on ne doit pas, autant que possible, repriser de vieux vêtements mais en coudre des neufs. On ne coupe pas les cheveux, par crainte de voir mourir un membre de la famille maternelle dans l'année. Le matin du Nouvel An, on ne fait pas de feu sur les vieilles cendres, qui doivent être enlevées la veille. On ne doit pas prêter d'objet ni d'argent ; on ne sort pas pas non plus les détritus pendant cette période, ni les cendres du feu, dans la même idée de ne pas laisser s'échapper avec eux la chance familiale. Le premier jour du Nouvel An, il ne faut pas dormir chez un autre, ce serait signe que l'on passera l'année à droite et à gauche. Ce jour-là, il est interdit de se fâcher, de se disputer ou de pleurer. De même, on doit s'efforcer de parler en évitant tout terme de mauvais augure : un bol cassé "sourit", un mort "monte au ciel", etc. On ne doit pas non plus tuer d'animal, comme le rapportait déjà Marco Polo. Enfin, le septième jour suivant le Nouvel An, on ne doit pas faire de visites, c'est un jour "noir". par Ts. Saranguerel (édité par M.D. E.)
Dans ANDA n° 2, nous avions présenté un article de M. Budragtchaa sur le Nouvel An mongol. La contribution ci-dessus apporte d'autres détails sur cette grande fête familiale des Mongols qui se célèbre à nouveau au grand jour.
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